Soldats japonais devant le quartier-général de la flotte de Beiyang, après la chute de Lüshunkou.
La première guerre sino-japonaise est un conflit militaire qui se déroule du au et oppose la dynastie Qing et l'empire du Japon, principalement autour d'une lutte pour l’influence sur la Corée. En Chine, elle est communément connue sous le nom de guerre de Jiawu (chinois: 甲午战争;chinois simplifié: 甲午戰爭;pinyin: Jiáwǔ Zhànzhēng) et au Japon de guerre Japon-Qing (japonais: 日清戦争; rōmaji: Nisshinsensō). Le conflit tourne rapidement en la défaveur de la dynastie Qing, qui perd plusieurs batailles terrestres comme navales ainsi que le contrôle des ports de Lüshunkou (Port-Arthur) et de Weihaiwei, ce qui fait peser une menace sur Pékin, la capitale impériale. En , le gouvernement chinois demande donc la paix et signe le traité de Shimonoseki deux mois plus tard, mettant fin à la guerre.
À la fin du XIXesiècle, la Corée demeure l’un des États tributaires des Qing, tandis que le Japon la considère comme une cible pour son expansion impérialiste, ce qui va engendrer une série de crises dans les années 1880 et 1890. En , le gouvernement Qing, à la demande de l’empereur coréen Gojong, envoie 2 800 soldats afin d’aider à réprimer la révolution paysanne Donghak. Les Japonais considèrent cela comme une violation de la convention de Tientsin de 1885 (qui régulait les présences chinoises et japonaises dans la péninsule) et envoient un corps expéditionnaire de 8 000 hommes, qui débarque à Incheon. Cette armée avance vers Séoul, capture l’empereur coréen et met en place un gouvernement pro-japonais le lors de l’occupation du Gyeongbokgung. Le gouvernement Qing décide de retirer ses troupes, mais refuse de reconnaître le nouveau gouvernement, qui accorde alors à l’armée impériale japonaise le droit d’expulser par la force les troupes chinoises de la péninsule coréenne. Environ 3 000 soldats Qing demeurent encore en Corée à ce moment et ne peuvent être ravitaillés que par mer: le , la marine japonaise remporte la bataille de Pungdo et coule le vapeur chinois Kowshing, qui transporte 1 200 hommes et du matériel à destination de la Corée. Les déclarations de guerre des deux pays suivent, le .
Après avoir perdu la bataille de Pyongyang le , les troupes Qing se replient vers la Mandchourie, permettant aux Japonais de prendre le contrôle complet de la Corée. Deux jours plus tard, la flotte de Beiyang subit une défaite décisive lors de la bataille du fleuve Yalu, et ses navires survivants se replient vers Lüshunkou. En , l’armée japonaise envahit la Mandchourie et s'empare deLüshunkou le . Le Japon capture ensuite Weihaiwei, sur la péninsule du Shandong le . Cela lui donne le contrôle des approches de Pékin, et la dynastie Qing entame donc des négociations avec le Japon au début du mois de mars. La guerre se conclut par le traité de Shimonoseki le , qui oblige les Qing à payer une énorme indemnité et à céder l’île de Taïwan au Japon, qui acquiert également une position prédominante en Corée. Une partie des territoires annexés par le Japon sont cependant rendus après la Triple intervention, lors de laquelle la Russie, la France et l'Allemagne cherchent à limiter l'expansion japonaise en Asie.
La guerre démontre de manière spectaculaire et humiliante l’échec des tentatives de la dynastie Qing de moderniser son armée et de repousser les menaces contre sa souveraineté, surtout en comparaison avec le succès de la restauration Meiji au Japon, qui a atteint ce but en quelques décennies et est justement couronnée par la victoire dans cette guerre. La domination régionale en Asie de l'Est passe de la Chine au Japon, et le prestige de la dynastie Qing, ainsi que la tradition classique en Chine sont durement touchés. Dans la décennie qui suit, l'empire chinois est progressivement démembré par les puissances coloniales occidentales, qui s'y taillent des zones d'influence considérables. Sur le plan intérieur, la défaite agit comme un catalyseur pour une série de bouleversements politiques menés par Sun Yat-sen et Kang Youwei, culminant avec la révolution chinoise de 1911 et la fin définitive du régime impérial en Chine.
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