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100, jillian

Oh, Paris...

La première fois que j'y suis allée, j'ai détesté. La deuxième, c'était un peu rapide. La troisième, on avait des... bagages. La quatrième. Bin la quatrième, j'étais seule. Il faisait froid. Il a neigé pendant la nuit. Mon vol (tous les vols, d'ailleurs) a été annulé. J'ai découvert le cinéma de la Pagode dans le 7ème, et visité le musée d'Orsay gratuitement (premier dimanche du mois... bon à savoir). J'ai lu, dessiné, marché. Beaucoup marché. Pas assez dormi. Pris le métro dans toutes les directions. Pris tout plein de photos. Vu le premier film de Beigbeder. Pas mal pour un écrivain nombriliste taciturne, cynique et ... lent. Je le recommande fortement. "L'amour dure trois ans". Faites un googling rapide pour voir où ça joue. Mangé une baguette fraîchement chaude en marchant sur les boulevards congelés.

Et sur le chemin du retour, je me suis redécouverte à demi poète. Non pas que je puisse écrire des vers. Quatrains, alexandrins, rhythmes et autres coloris du langage me dépassent, mais plutôt que je m'exprime en effet mieux, ou plus joliment en français. Que voulez-vous? l'anglais est moins... Mélodieux? Coloré? Rhythmé? Beau? Expressif? Je crois que je ne saurai jamais vu que ce n'est que la quatrième langue que j'ai étudiée et acquise. Oh, je parle couramment, et même suis tout à fait capable de corriger le plus avide des dandys de la langue du Grand Empire. Mais quand je reviens à écrire dans mon journal. À réfléchir. À vouloir dire quelque chose. Je reviens d'instinct au langage de Corneille, Molière, Balzac, Voltaire... Ah, mes amis! Vous m'avez tant manqué! La prochaine fois, promis, je brave le froid du Père-Lachaise pour vous dire un petit bonne-éternité, et merci. À part Shakespeare, l'anglais a tout à envier du français. Mais bon. Ce n'est que mon opinion.

Sur le chemin du retour donc, j'ai réalisé que je voulais écrire. Non pas deux vers, non pas une page ou un cahier. Mais un livre. Serait-ce une histoire? D'amour, peut-être? De voyages? Avec une leçon à la Coelho? Ou juste un bel exercice du langage à la D'Ormesson? On verra bien. Quand je le finis, vous recevrez tous une copie. Seule chose chiante pour la plupart de mes amis... Il risque fort (très fort, même) d'être en français. Désolée. Ça roule mieux pour moi, en gallique.