[Communiqué FERC-Sup CGT] Pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, le 4 juillet agissons !

Du sexisme « ordinaire » au féminicide en passant par le harcèlement, les violences sexistes et sexuelles (VSS) forment un continuum qui rythme – voire, parfois, organise – la vie des femmes. Un rapport du Sénat vient de reconnaitre la dangerosité des mouvements masculinistes et les risques qu’ils représentent pour la société et les femmes, c’en est assez !

Au cours de leur carrière, 30 % des salariées en France ont déjà subi du harcèlement ou des agressions sexuelles sur leur lieu de travail ; 9 % déclarent avoir déjà eu un rapport sexuel forcé ou non désiré avec une personne de leur milieu professionnel ; 10 viols ou tentatives de viol ont lieu chaque jour sur un lieu de travail.

Nos champs professionnels ne sont pas épargnés, l’actualité se charge de nous le rappeler. Pour autant, nos employeur·ses public·ques et privé·es n’ont toujours pas pris la mesure de l’importance de mettre en place la formation, que ce soit de l’encadrement ou de tous les personnels, les dispositifs de signalement et d’écoute, et les enquêtes dûment menées quand les cas sont signalés. Le « pas de vague » est encore trop souvent à l’œuvre.

Nous le savons, l’École a un rôle décisif dans la prévention, la détection et la prise en charge des violences faites aux enfants. Ce sont toujours 160 000 enfants qui sont victimes d’inceste selon les chiffres de la CIVIISE. 1 enfant sur 10. 2 ou 3 par classe. Nous aurions dû nous réjouir de la mise en œuvre à la rentrée 2025 du programme d’Éducation à la Vie Affective et Relationnelle et à la Sexualité. Las ! Les enseignant·es et personnels ont commencé l’année sans les supports pédagogiques prévus, la formation est indigente, et les personnels formateur·rices n’ont pas de moyens pour former leurs collègues. Le Ministère de l’Éducation nationale est loin d’être à la hauteur de cet enjeu !

La FERC CGT revendique la mise en place immédiate de mesures ambitieuses pour protéger les victimes et lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail que ce soit pour les personnels ou les usager·es.
Elle exige l’application des lois existantes, un plan d’urgence national, des politiques publiques promouvant la prévention, la protection et la solidarité vis-à-vis des victimes et des co-victimes, et mettant fin à l’impunité des agresseurs.

La FERC CGT exige la mise en place réelle des 3 séances annuelles d’information et d’éducation de toutes et tous à la vie affective et sexuelle, dans l’enseignement public et privé sous contrat avec l’État, comme le stipule la loi de 2001 ; ainsi que les moyens à la mise en œuvre effective du programme d’EVAR-S. Elle demande le soutien de l’administration aux personnels contre les campagnes de désinformation et les attaques menées par les collectifs réactionnaires de parent·es.

La FERC CGT exige la protection des élèves, étudiant·es et apprenant·es contre les violences sexistes et sexuelles lors des périodes de stages, de formation en milieu professionnel (PFMP) et d’apprentissage.

Avec la CGT, la FERC demande une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, comme en Espagne, et les 2,6 milliards d’euros nécessaires pour la mettre en œuvre pour faire reculer toutes les formes de violences sexuelles : viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel, système prostitutionnel, proxénétisme, traite des êtres humains, violences obstétricales et gynécologiques, mutilations sexuelles féminines, mariages forcés et violences sexuelles en ligne, que les auteurs et les victimes soient majeur·es ou mineur·es, que ces violences aient lieu au sein ou en dehors du couple et de la famille.

La FERC CGT appelle à participer aux rassemblements qui auront lieu dans les semaines à venir, notamment à la grande marche citoyenne du 4 juillet, à Paris au départ de Bastille et partout en France.

Montreuil, le 29 juin 2026

[Communiqué des représentant·es de l’École supérieure d’art | Dunkerque-Tourcoing] Alerte majeure sur l’avenir de l’enseignement artistique dans les Hauts-de-France

Les représentant·es du personnel et les représentant·es des étudiant·es de l’École supérieure d’art | Dunkerque-Tourcoing, avec le soutien des syndicats Force Ouvrière;
CAAP (Comité pluridisciplinaire des artistes-auteurs et des artistes-autrices) ; STAA CNT SO (Syndicat des Travailleur·euses Artiste-Auteur·ices de la Confédération Nationale des Travailleur·euses – Solidarité Ouvrière); CGT spectacle Hauts-de-France ; Snéad-CGT (Syndicat national des écoles d’art et design); SNAP-CGT (Syndicat National des Artistes Plasticien·ne·s) et du collectif Travailleur·euses de l’art 59 alertent publiquement sur une menace grave pour l’avenir de l’enseignement supérieur artistique public dans les Hauts-de-France.

Selon les informations portées à la connaissance des équipes et des étudiant·es,
un désengagement de la Ville de Dunkerque de l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC) à l’horizon 2028 est envisagé. Si cette hypothèse se confirmait, la suppression du financement et la fin de la mise à disposition des locaux mettrait en péril l’équilibre même de l’établissement. L’Esä│Dunkerque-Tourcoing est un établissement public d’enseignement supérieur artistique, habilité à délivrer des diplômes nationaux du ministère de la Culture. Elle occupe une place structurante dans un réseau de coopérations pédagogiques, artistiques et scientifiques associant institutions culturelles, universités, artistes, chercheur·euses et professionnel·les. Sa fragilisation affecterait directement ces partenariats, les projets de recherche, la création artistique et l’attractivité du territoire.

Dans une région déjà touchée par la fermeture définitive de l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes en 2025, la remise en cause de l’existence de l’Esä│Dunkerque-Tourcoing constituerait un tournant critique. Elle priverait durablement les Hauts-de-France d’une offre publique essentielle de formation supérieure en art. Les conséquences seraient immédiates pour les étudiant·es, dont les parcours seraient déstabilisés par l’interruption de projets pédagogiques, de partenariats, d’échanges et de résidences engagés depuis plusieurs années. Elles le seraient tout autant pour les personnels enseignants, techniques et administratifs, confrontés à une incertitude majeure sur l’avenir de leurs missions et de leurs emplois. Au-delà de l’école, c’est tout l’écosystème régional des arts visuels qui serait affaibli.

Cette situation révèle une impasse structurelle et systémique. Le modèle de financement actuel des EPCC est devenu intenable pour les collectivités territoriales et inadapté à l’enseignement supérieur. Il met aujourd’hui en danger la survie des écoles supérieures d’art à l’échelle nationale. Un rééquilibrage financier entre les tutelles avec un soutien de l’État renforcé devient indispensable pour assurer l’avenir de ces jalons essentiels à la vie culturelle, scientifique et sociale des territoires. Nous attendons donc que les tutelles institutionnelles, les responsables au niveau local, régional et national trouvent des solutions, travaillent sur des hypothèses !

Nous condamnons les coupes budgétaires qui touchent la culture à toutes les échelles. Nous défendons le maintien d’une offre publique d’enseignement supérieur artistique en art dans les Hauts-de-France, fondée sur un maillage territorial cohérent et sur l’égalité d’accès aux études supérieures, dont les diplômes sont reconnus au grade de Licence et de Master.

Pour cela, nous demandons :
• à la Ville de Dunkerque de maintenir son engagement financier et la mise
à disposition des locaux dans l’attente d’une solution pérenne, et d’envisager
à long terme un avenir pour le site dunkerquois de l’Esä│Dunkerque-Tourcoing;
• à la Ville de Tourcoing de garantir son soutien financier à long terme;
• à la Région Hauts-de-France de clarifier et de renforcer son engagement pour éviter l’asphyxie de l’établissement;
• à l’État de reconnaître pleinement sa responsabilité et d’assumer son rôle dans le soutien à l’enseignement supérieur;
• aux tutelles de mobiliser l’ensemble des partenaires institutionnels, et d’envisager de nouveaux apports, notamment de la Métropole Européenne de Lille et de la Communauté Urbaine de Dunkerque;
• aux acteurs économiques, scientifiques et culturels du territoire de s’engager concrètement à nos côtés par des partenariats, des mécénats et un soutien public à cette mobilisation.

Dans l’attente de ces garanties, nous resterons pleinement mobilisé·es !

Nous refusons que l’enseignement supérieur artistique public soit sacrifié par des arbitrages budgétaires de court terme. La disparition ou l’affaiblissement de l’Esä│Dunkerque-Tourcoing engagerait une responsabilité politique claire et aurait des conséquences dramatiques et durables pour les étudiant·es, les personnels et l’ensemble de la vie artistique, scientifique et culturelle régionale.

[Communiqué FERC-Sup CGT] Contre la guerre, réaffirmons notre internationalisme

Si le soulagement est de mise après l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines en Iran, l’inquiétude reste tant les revirements des dirigeants belligérants peuvent être rapides.

Ainsi, Donald Trump est passé en un jour d’une menace d’anéantissement précisant qu’ « une civilisation entière va mourir ce soir », à un cessez-le-feu et une nouvelle phase où « il y aura beaucoup d’initiatives positives ! L’argent va couler à flots. L’Iran peut entamer sa reconstruction ».

Les États-Unis s’appuient sur un soi-disant changement de régime en Iran pour justifier cette nouvelle phase. Or le régime n’a pas changé, il est de même nature que celui qui a écrasé dans le sang les révoltes populaires du début d’année.

L’inquiétude est d’autant plus forte que le gouvernement israélien poursuit ses opérations militaires au Liban.

Dans des conditions similaires à l’invasion du Venezuela début janvier, l’agression lancée le 28 février dernier contre l’Iran a été menée sans aucune justification et sans qu’aucun débat n’ait eu lieu ni dans les instances internationales ni au sein des institutions états-uniennes. L’une des premières attaques sur le pays a donné lieu à la destruction d’une école entraînant la mort de 175 élèves. La guerre s’est ensuite généralisée à la Région entière : attaques israéliennes sur le Liban, missiles iraniens contre l’Azerbaïdjan, les Émirats, Israël…

À Gaza, le cessez-le-feu n’est qu’un nom, tant les destructions sont irrémédiables, notamment celles des infrastructures scolaires et universitaires : un an après le début de la guerre faite en représailles des attaques du Hamas contre des civils israéliens le 7 octobre 2023, 95 % des écoles de la bande de Gaza étaient entièrement ou partiellement détruites ainsi que l’ensemble des 12 universités. Les organismes d’aide humanitaire sont fréquemment empêchés d’entrer dans le territoire. En Cisjordanie, l’ONU estime que 36 000 palestinien·nes ont été déplacé·es en un an par les colons israéliens.

L’invasion criminelle de Poutine en Ukraine se poursuit, les offensives sont toujours aussi dévastatrices, en particulier par des attaques sur les infrastructures énergétiques, et cela en plein hiver. Régulièrement, des établissements d’enseignement sont visés.

En Syrie, le gouvernement intérimaire a attaqué l’administration autonome du Rojava en janvier 2026. Les personnels de l’éducation de la région ont reconstruit et maintenu l’éducation publique au milieu de la guerre et de la pauvreté sur une base inclusive, laïque et féministe. Aujourd’hui, il existe un réel danger que tout ce système soit démantelé et remplacé par des structures éducatives autoritaires et imposées religieusement.

Cuba reste sous la menace permanente de Trump et l’imposition du blocus pétrolier en janvier dernier qui aujourd’hui renforce les difficultés de la population victime de coupures d’électricité quotidiennes.

Au Soudan, la guerre se déroule au moins depuis avril 2023. 1,9 millions personnes sont déplacé·es dans le Soudan du Sud. Les attaques meurtrières qui se poursuivent touchent également les écoles et nombreuses sont celles qui n’existent tout simplement plus. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui dépend de l’ONU, s’inquiète des manques de financement pour l’aide humanitaire et accuse un déficit de 29 millions de dollars pour son plan d’intervention 2026 ; déficit lié aussi aux baisses drastiques des subventions des États-Unis.

En République démocratique du Congo, malgré un accord de cessez-le-feu sous l’égide de Trump en décembre dernier, le conflit se poursuit depuis plus de 30 ans, rendant la situation intenable pour les populations de l’est du pays. Le 11 mars dernier, c’est une humanitaire française de l’Unicef qui a été tuée.

La guerre se propage, alimentée par des pouvoirs de plus en plus dirigés ou influencés par l’extrême droite ; le droit international est attaqué ; la vague autoritaire semble inexorable et s’attaque clairement à l’éducation pour tous et aux services publics.

Que ce soit par la guerre ou par l’autoritarisme, l’éducation, les universités, la recherche sont partout attaquées, notamment et surtout parce qu’elles sont des facteurs d’émancipation. Sans compter que la guerre détruit également sites archéologiques et patrimoniaux.

La FERC, fédération des personnels de l’Éducation et de la formation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, du sport et de l’éducation populaire, continuera à appeler à la paix, à la protection des civils, à la protection des écoles, des universités, des sites de recherche, des centres sportifs, dont nous condamnons toute prise comme cibles.

Notre fédération appelle à une cessation immédiate des hostilités, à la désescalade et à un retour à la diplomatie.

Plus que jamais, le 1er mai, avec les syndicats du monde entier, réaffirmons notre lutte pour la paix, le désarmement, l’internationalisme.

[Communiqué collectif] Alerte majeure sur l’avenir de l’enseignement artistique dans les Hauts-de-France

 Les représentant·es du personnel et les représentant·es des étudiant·es de l’École supérieure d’art | Dunkerque-Tourcoing, avec le soutien des syndicats Force Ouvrière ; CAAP (Comité pluridisciplinaire des artistes-auteurs et des artistes-autrices) ; STAA CNT SO  (Syndicat des Travailleur·euses Artiste-Auteur·ices de la Confédération Nationale des Travailleur·euses – Solidarité Ouvrière) ; CGT spectacle Hauts-de-FranceSnéad-CGT (Syndicat national des écoles d’art et design) et du collectif Travailleur·euses de l’art 59 alertent publiquement sur une menace grave pour l’avenir  de l’enseignement supérieur artistique public dans les Hauts-de-France.

Selon les informations portées à la connaissance des équipes et des étudiant·es, un désengagement de la Ville de Dunkerque de l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC) à l’horizon 2028 est envisagé. Si cette hypothèse se confirmait, la suppression du financement et la fin de la mise à disposition des locaux mettrait en péril l’équilibre même de l’établissement.

L’Esä│Dunkerque-Tourcoing est un établissement public d’enseignement supérieur artistique, habilité à délivrer des diplômes nationaux du ministère de la Culture. Elle occupe une place structurante dans un réseau de coopérations pédagogiques, artistiques et scientifiques associant institutions culturelles, universités, artistes, chercheur·euses et professionnel·les. Sa fragilisation affecterait directement ces partenariats, les projets de recherche, la création artistique et l’attractivité du territoire.

Dans une région déjà touchée par la fermeture définitive de l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes en 2025, la remise en cause de l’existence de l’Esä│Dunkerque-Tourcoing constituerait un tournant critique. Elle priverait durablement les Hauts-de-France d’une offre publique essentielle de formation supérieure en art.

Les conséquences seraient immédiates pour les étudiant·es, dont les parcours seraient déstabilisés par l’interruption de projets pédagogiques, de partenariats, d’échanges et de résidences engagés depuis plusieurs années. Elles le seraient tout autant pour les personnels enseignants, techniques et administratifs, confrontés à une incertitude majeure sur l’avenir de leurs missions et de leurs emplois. Au-delà de l’école, c’est tout l’écosystème régional des arts visuels qui serait affaibli.

Cette situation révèle une impasse structurelle et systémique. Le modèle de financement actuel des EPCC est devenu intenable pour les collectivités territoriales et inadapté à l’enseignement supérieur. Il met aujourd’hui en danger la survie des écoles supérieures d’art à l’échelle nationale. Un rééquilibrage financier entre les tutelles avec un soutien de l’État renforcé devient indispensable pour assurer l’avenir de ces jalons essentiels à la vie culturelle, scientifique et sociale des territoires. Nous attendons donc que les tutelles institutionnelles, les responsables au niveau local, régional et national trouvent des solutions, travaillent sur des hypothèses !

Nous condamnons les coupes budgétaires qui touchent la culture à toutes les échelles. Nous défendons le maintien d’une offre publique d’enseignement supérieur artistique en art dans les Hauts-de-France, fondée sur un maillage territorial cohérent et sur l’égalité d’accès aux études supérieures, dont les diplômes sont reconnus au grade de Licence et de Master.

Pour cela, nous demandons :

• à la Ville de Dunkerque de maintenir son engagement financier et la mise à disposition des locaux dans l’attente d’une solution pérenne, et d’envisager à long terme un avenir pour le site dunkerquois de l’Esä│Dunkerque-Tourcoing;

• à la Ville de Tourcoing de garantir son soutien financier à long terme;

• à la Région Hauts-de-France de clarifier et de renforcer son engagement pour éviter l’asphyxie de l’établissement;

• à l’État de reconnaître pleinement sa responsabilité et d’assumer son rôle dans le soutien à l’enseignement supérieur;

• aux tutelles de mobiliser l’ensemble des partenaires institutionnels, et d’envisager de nouveaux apports, notamment de la Métropole Européenne de Lille et de la Communauté Urbaine de Dunkerque;

• aux acteurs économiques, scientifiques et culturels du territoire de s’engager concrètement à nos côtés par des partenariats, des mécénats et un soutien public à cette mobilisation.

Dans l’attente de ces garanties, nous resterons pleinement mobilisé·es !

Nous refusons que l’enseignement supérieur artistique public soit sacrifié par des arbitrages budgétaires de court terme. La disparition ou l’affaiblissement de l’Esä│Dunkerque-Tourcoing engagerait une responsabilité politique claire et aurait des conséquences dramatiques et durables pour les étudiant·es, les personnels et l’ensemble de la vie artistique, scientifique et culturelle régionale.

Contact :  vosrepresentant.e.sdupersonnelca@esa-n.info

⚠️ ALERTE ⚠️ Mobilisons-nous d’ici au 10 avril pour ne pas nous faire voler le 1er mai !

Les macronistes, la droite et l’extrême droite se coalisent pour faire voter le 10 avril prochain une loi qui remet en cause le 1er mai !

ÇA CONCERNE TOUT LE MONDE

Aujourd’hui, dans le code du travail, le 1er mai est le seul jour férié chômé et payé. Le travail ce jour-là est donc interdit sauf pour quelques secteurs très limités : les services publics vitaux, les usines qui ne peuvent pas s’arrêter et les hôtels, cafés, restaurants. Dans le secteur du commerce, si les enseignes veulent ouvrir, c’est le patron qui doit travailler sans les salariés.

Cette journée a été arrachée par les luttes du mouvement ouvrier et existe dans 163 pays. Que la France, pays où est née la revendication en 1889, remette aujourd’hui en cause cette journée serait un symbole catastrophique dans le monde entier ! 1,4 millions de salarié·es seraient sommé‧es de travailler immédiatement dès le 1er mai 2026 : dans les établissements culturels (cinémas, musées, commerces culturels, lieux de spectacles…) ou encore le secteur de l’artisanat alimentaire (boulangeries, boucheries, traiteurs, etc.), des commerces de vente alimentaire (primeurs mais aussi supermarchés), des établissements qui vendent notamment des fleurs (animaleries et autres gros commerces…)

LE VOLONTARIAT ET LA MAJORATION : UN LEURRE

Le résultat, on l’a déjà vu pour le travail du dimanche. Alors qu’il devait se faire sur la base du volontariat et avec une majoration, de très nombreux‧euses salarié‧es se voient aujourd’hui imposer le travail du dimanche et n’ont plus aucune majoration ! Quant à être payé·e le 1er mai en cas de travail : on l’est déjà ! Cet argument est une énorme arnaque. 

On connaît la chanson, ça commence pour 1,4 millions de salarié‧es et ça s’étendra ensuite à l’ensemble des autres salarié‧es. Nous sommes donc toutes et tous concerné·es !

TOUT SE JOUE D’ICI LE 10 AVRIL

Le Sénat a voté la proposition de loi le 3 juillet 2025. Le gouvernement a enclenché une procédure accélérée. Le 10 avril, on s’oriente vers une adoption identique à l’Assemblée nationale. La promulgation et le décret d’application suivront très rapidement (sous 15 jours maximum), rendant possible son application dès le 1er mai 2026 !

ON PEUT GAGNER !

Les députés LR ont déjà essayé de faire adopter cette proposition de loi le 22 janvier 2026. Grâce à la mobilisation, la Proposition de Loi n’a pas été votée. On peut donc réitérer mais pour cela :

– Il faut interpeller et faire interpeller très massivement les député·es : https://alloparlement.fr/ (simple : il suffit de renseigner votre code postal, et rapide : le courrier est déjà pré-renseigné avec l’adresse de votre député·e et le texte rédigé !)

– Il faut informer le plus de monde possible autour de vous :

• infos et tract CGT https://www.cgt.fr/attaque1ermai

Ne nous résignons pas ✊

[Communiqué FERC-Sup CGT] Contre l’austérité, un printemps des luttes !

Les budgets de la transition écologique, de la formation continue, de la cohésion sociale et de la culture sont sacrifiés. L’ensemble des champs de la FERC sont visés par les politiques austéritaires. Les secteurs de l’éducation populaire et de la culture sont aussi fortement impactés, par la baisse des dotations aux collectivités territoriales, mais aussi par des arbitrages propres aux départements ou aux régions, ce qui entraine des suppressions de postes.

Malgré de grandes déclarations sur la jeunesse qui va mal et à la santé mentale fragile, qui subit le harcèlement, les phénomènes de violence… le gouvernement ne répond que par des projets répressifs voués à l’échec et se refuse à donner les moyens nécessaires à la prévention.

Face à ces politiques austéritaires, les mobilisations fleurissent.

Le 26 mars, les organisations de l’enseignement supérieur et de la recherche appellent à se réunir en assemblées générales, à se rassembler et/ou à manifester partout dans les établissements pour le service public d’enseignement supérieur et de recherche, pour défendre les libertés d’expression et académiques, et pour un financement de l’ESR public à la hauteur des missions de recherche et de formation permettant l’amélioration des conditions de travail et d’études.

Dans les écoles, les collèges et les lycées, une mobilisation unitaire s’organise le 31 mars pour refuser les fermetures de classes, les augmentations des effectifs dans les classes.

Le 2 avril, les CROUS se mobilisent pour demander les moyens humains et financiers pour accompagner la généralisation du repas à 1 euro pour tou·tes les étudiant·es.

Avec le soutien de certain·es parlementaires, du gouvernement et de l’extrême droite, une proposition de loi sera débattue le 10 avril à l’Assemblée pour s’attaquer au 1er mai ! 
La FERC-CGT appelle à participer aux mobilisations pour refuser ce vol de jour férié !

Plutôt que des cadeaux aux entreprises et un budget de l’armée en hausse, nous revendiquons un budget pour l’émancipation, la Paix et la cohésion sociale. 
La FERC-CGT appelle à participer et à amplifier ces mobilisations partout.

Montreuil, le 25 mars 2026

[Communiqué Snéad] Le préfet des Hautes-Pyrénées et la direction de l’ÉSAD de Tarbes font leur carnaval : NON à la criminalisation de l’art, NON à la complicité institutionnelle!

Une performance artistique carnavalesque dénonçant les violences policières en France et dans le monde a été réalisée le 29 janvier 2026 à la Haute école des arts du Rhin de Mulhouse, à la suite de laquelle une machine d’intimidation s’est déployée à l’échelle nationale : diffusion tronquée par la maire de la ville, amplification par l’extrême droite, relais par CNews, intervention du président de LR. Cette campagne ne visait pas à rétablir un fait, mais à faire peur et à entraver l’exercice de la liberté de création.

En solidarité avec la HEAR, des étudiant·es de nombreuses écoles d’art et design ont réalisé d’autres performances artistiques qui en ont repris la forme et le sujet, dont celles et ceux de l’ÉSAD Pyrénées (site de Tarbes) qui ont publié sur Instagram une version vidéo de leur action artistique. En réponse, le préfet des Hautes-Pyrénées a déposé plainte contre X pour « apologie de la violence par voie électronique » — après signalement du syndicat de police UN1TÉ 65. Dans le cadre d’une enquête judiciaire, la police a obtenu par réquisition les trombinoscopes de l’école afin d’identifier plusieurs étudiant·es et enseignant·es, dont l’identité a été confirmée par des membres de l’équipe de direction de l’ÉSAD. Celle-ci a de son côté ouvert une enquête administrative à la demande de la présidence de l’établissement, assortie de convocations. On attendrait pourtant de l’institution qu’elle protège ses membres et défende sans ambiguïté la liberté de création, à l’instar de la direction de la HEAR à Mulhouse.

Ce que vivent les étudiant·es et membres du personnel de l’ÉSAD Pyrénées n’est pas un incident isolé, mais un épisode de plus dans une offensive réactionnaire qui s’attaque méthodiquement aux espaces de pensée critique et de création. Dans ce contexte, la prudence calculée n’est pas une position neutre. La direction de l’ÉSAD Pyrénées a publié un communiqué le 5 mars qui se voulait mesuré, mais il est en réalité inacceptable : il tait le rôle d’UN1TÉ 65, ne dément pas un mensonge selon lequel la vidéo-performance porterait le sigle « ACAB », discrédite les gestes de solidarité en invoquant un contexte politique postérieur à leur publication et annonce une enquête interne sans en préciser l’objet ni offrir de garanties aux personnes visées. Il avance enfin, sans pouvoir le justifier, que la performance en question serait « oublieuse de l’esprit et du cadre artistique dans lesquels l’original avait été produit à Mulhouse », en contradiction avec les nombreux communiqués de soutien publiés dans les écoles d’art. 

Les étudiant·es qui se sont mobilisé·es ne créent pourtant pas de confusion. Ils et elles donnent de la visibilité, par les moyens de l’art, à des faits de violences policières largement documentés, participant à l’exercice de leur liberté de création, incontournable à leur profession d’artistes. Ils et elles rappellent que la République s’est construite, après la Seconde Guerre mondiale, contre le fascisme et sur la réaffirmation de la liberté comme principe fondamental. Ils et elles ne sont pas isolé·es : plus de 30 organisations politiques, syndicales et associatives d’Alsace, des syndicats nationaux, des directions et des conseils d’administration d’autres écoles ainsi que l’Andéa ont clairement pris position en leur faveur.

Faudrait-il que les artistes renoncent au carnaval comme forme de critique du pouvoir et de la société ? Ouvrir une enquête, judiciaire ou administrative, contre ces actions artistiques, c’est agiter la menace de sanctions à l’encontre d’une pratique satirique vieille de plusieurs siècles et qui a toujours été le vecteur de propositions artistiques. Qu’est-ce qu’une démocratie sans critique, sans satire et sans art ?

Dans ce contexte, nos organisations se joignent aux étudiant·es et membres du personnel de l’ÉSAD des Pyrénées (site de Tarbes) pour dénoncer l’attitude abusive de la Préfecture des Hautes-Pyrénées et le manque de soutien de la direction de l’ÉSAD des Pyrénées. Nous exigeons avec elles et eux : la protection immédiate des étudiant·es et enseignant·es visé·es ; un démenti public sur les mensonges colportés au sujet des vidéo-performances artistiques réalisées en soutien aux étudiant·es de la HEAR ; l’arrêt de toute enquête interne visant les auteur·ices de ces vidéo-performances ; la transparence sur les informations transmises aux autorités judiciaires ; la consultation des personnels de l’ESAD avant toute prise de position publique engageant l’institution.

Nous ne laisserons pas criminaliser la solidarité, ni une enquête interne transformer une école d’art en instrument de répression ou d’intimidation. Nous exprimons notre solidarité totale avec les étudiant·es et enseignant·es de l’ÉSAD Pyrénées et avec toutes les personnes visées dans cette affaire.

Le SNÉAD-CGT de l’ÉSAD Pyrénées, avec l’Union départementale CGT 65, Le Massicot – union syndicale des étudiant·es d’écoles de la création, la Ligue des droits de l’homme Tarbes Bagnères de Bigorre (LDH), la Coordination Antifasciste pour l’Affirmation des Libertés Académiques et Pédagogiques (CAALAP), la FERC Sup CGT, le Syndicat national des écoles d’art et design (SNÉAD-CGT), le Syndicat national des artistes plasticiens (SNAP-CGT), la CGT Spectacle (fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action Culturelle CGT), le Syndicat des travailleur·euses artistes-auteur·ices (STAA-CNT-SO).



L’ESAD Saint-Étienne s’oppose à la tenue d’un meeting du RN dans la Cité du Design !

St-Etienne le 1er mars 2026, 

lettre à l’attention de Mme Sylvie Fayolle, présidente de Saint-Etienne Métropole, membre du conseil d’administration de l’EPCC Cité du design ESADSE 

Madame Sylvie Fayolle, 

Vendredi 6 mars 2026 se tient un meeting du candidat Rassemblement National aux municipales dans l’enceinte de la Cité du Design, dans l’amphithéâtre Marc Charpin des bâtiments de la Platine. Le directeur général de l’ESADSE-Cité du Design, Eric Jourdan, a décidé de la fermeture de notre école ce jour-là. 

L’amphitéâtre, s’il a été celui de l’école récemment, ne relève plus de la responsabilité de notre établissement puisqu’il est propriété de SEM et qu’il fait l’objet d’une délégation de service public, c’est la raison pour laquelle nous vous envoyons ce courrier. Cependant, il jouxte notre bibliothèque et le nom qu’il porte est un hommage à l’un de nos collègues décédé Marc Charpin, cheville ouvrière de l’école et de la Biennale internationale du Design, dont les valeurs étaient à l’opposé des propos qui pourraient s’y tenir. 

Professeur·es et agent·es de l’ESADSE, nous tenons par ce message à vous faire part de notre indignation à ce sujet. Comment-est-il possible que l’on accepte la tenue d’un tel meeting à proximité d’un lieu d’étude et de formation en art et en design alors que ce parti reste une émanation du fascisme et qu’il propage encore des idées sexistes, racistes et homophobes. L’inverse des valeurs d’ouverture, d’accueil et de solidarité prônées dans les écoles d’art et design contemporaines où sont pratiquées les disciplines de la création. 

Par ce courrier nous affirmons être solidaires avec nos étudiant·es, choqué·es et inquièt·es. 

Nous vous demandons d’annuler ce meeting. 

Si celui-ci était maintenu, ce serait un signal déplorable pour toutes les écoles d’art et design de France ainsi que pour la population stéphanoise. L’image de la Cité du Design et de la prochaine Galerie du Design n’ont certainement pas besoin de cette polémique aujourd’hui. 

De plus, comment expliquer, sinon par une forme de provocation, pour faire un coup politique, qu’un tel meeting puisse se tenir, dans ce lieu étudiant la veille des élections dans le climat d’hostilité et de violence actuelle. Ce n’est pas à une école de fermer ses portes au savoir et à la culture pour laisser se dérouler des propos d’exclusion. Nous n’abandonnerons pas nos étudiants face à la vacance de la gouvernance de notre établissement et à l’incrédulité décisionnelle qui laisse de plus en plus de place à un parti xénophobe, homophobe, transphobe… 

Accepter ce meeting c’est fondamentalement s’opposer aux enseignements qui sont les nôtres. 

Madame, nous comptons sur vous pour intervenir.
Nous vous en remercions. 

Des enseignant·es et agent·es de l’école supérieure d’art et design de Saint-Etienne – Cité du Design premiers signataires: Philippe Roux, Jean-Claude Paillasson, Sandrine Binoux, Ernesto Oroza, Emilie Perotto, David-Olivier Lartigaud, Anouk Schoellkopf, Alexandra Caunes, Anne-Sophie Seguin, Emmanuelle Becquemin, Alexandre Dupont, Juliette Fontaine, Gregory Granados, Karim Ghaddab, Marie-Hélène Desestre, Damien Baïs, Pierre-Olivier Arnaud, Stéphane Lemercier-Dauny, Adélie Lacombe, Marie-Caroline Terenne, Laurent Gregory, Jérémie Nuel, Simone Fehlinger, Jean-Philippe Jullien, Cécile Van der Haegen, Marc Laganier, Adeline Barras, Karoline Jeuffroy, Elen Gavillet, Camille Corlieu-Maezaki, François Brument, Joël Canovas, Nathalie Collonge, Maëlle Dagron, Caroline D’auria, Denis Coueignoux, Jean-François Dingjian, Michel Lepetididier, Lucile Schrenzel, Marie-Aurore Stiker-Metral, Valérie Orgeret, Molly Jacob, Julie Jacob-Coeur, Liza Maignan, Christophe Marx, Frédéric Beuvry, Sandra Jacquier, Laurence Mauderli, Anna Diop-Dubois, Jacques-Daniel Pillon… 

Lien vers le communiqué étudiant

Alerte CGT : La répression syndicale atteint un niveau inédit en France

Alors que la répression syndicale atteint un niveau inédit en France, la mise en examen, en décembre dernier, de la Secrétaire générale de la CGT a marqué un nouveau seuil. Mercredi 4 février, la CGT organisait un grand meeting national, rassemblant 2500 personnes, à son siège de Montreuil pour lancer sa campagne nationale pour les libertés syndicales. 

Si les tentatives d’intimidation contre le mouvement syndical ne sont pas nouvelles, viser directement la dirigeante de l’une des principales organisations syndicales du pays constitue une attaque d’une gravité sans précédent. Cette procédure, initiée par un lobby patronal financé par l’extrême droite, vise à faire taire toute organisation syndicale qui dénonce les pratiques patronales et défend les droits des travailleurs et travailleuses. 

Au-delà de la personne de la secrétaire générale de la CGT, avec cette plainte, c’est l’ensemble des libertés syndicales qui sont visées. Or ces libertés sont fondamentales : elles constituent l’un des piliers du fonctionnement démocratique et de l’État de droit.

Chercher à en entraver l’exercice constitue une atteinte grave à un droit essentiel, le droit syndical, protecteur de l’ensemble du monde du travail. Au-delà de cette affaire, la CGT alerte sur une tendance inquiétante : c’est la cinquième procédure judiciaire contre un·e membre du bureau confédéral de la CGT en deux ans. Sur le terrain, des centaines de militants et militantes font face à une répression de plus en plus décomplexée sur leurs lieux de travail et dans leurs pratiques syndicales. Pour la CGT,
cette stratégie d’intimidation vise à réduire au silence toutes celles et ceux qui défendent l’intérêt général et les travailleurs et travailleuses.

C’est dans ce contexte que la CGT lance sa campagne nationale de défense des libertés syndicales à l’occasion d’un grand meeting organisé à la Bourse nationale du travail. Le choix de ce lieu historique, symbole des luttes sociales, en dit long sur la gravité du moment que nous traversons et l’urgence de la mobilisation.

La situation actuelle ne relève en rien de l’exceptionnel. Elle est le fruit des politiques menées depuis presque une décennie d’attaques des libertés syndicales, des restrictions et des diminutions des prérogatives des représentant·es des salarié·es
dans les entreprises, et d’attaques contre le droit du travail avec la mise en place des ordonnances Macron.

Les ordonnances Macron : un tournant pour la démocratie sociale

Les ordonnances Macron, mises en place à l’automne 2017, constituent un tournant démocratique. En fusionnant les instances représentatives du personnel et en renforçant les accords d’entreprise au détriment de la hiérarchie des normes, elles ont profondément déstructuré les équilibres de la démocratie sociale dans l’entreprise. En supprimant certaines instances de prévention des risques professionnels, elles ont aussi accru les risques d’accidents du travail. Enfin, en plafonnant les indemnités prud’homales, elles ont facilité les licenciements.

Ces réformes ont contribué à l’affaiblissement de la démocratie sociale en entreprise, en restreignant les capacités de protection collective des salarié·es, en accentuant la pression sur les représentant·es syndicaux, en affaiblissant les moyens alloués aux élu·es, leurs possibilités de recours et en remettant en cause leur légitimité.

Les ordonnances travail ne sont que le début d’un processus de restriction des libertés, enclenché par la suite sous les quinquennats Macron : 

  • tentative de restriction du droit de grève, 
  • réquisitions ou sanctions contre les grévistes, 
  • répression des manifestations, intimidation et chantage à l’emploi. 

En parallèle des restrictions induites par le pouvoir politique, d’autres formes de répression sont mises à l’œuvre par le patronat dans les entreprises mais aussi dans les administrations et les services publics.

Rappelons par exemple qu’en 2023, en plein mouvement contre la réforme des retraites, la note de la Direction Générale du Travail (DGT), à la demande du ministre du travail de l’époque, indiquait l’autorisation administrative des licenciements pour faits de grève de salarié·es protégé·es du fait de leur mandat syndical ou de leur représentation du personnel (note révélée par L’Humanité – 23 mars 2023).

Une montée en puissance de la judiciarisation des procédures et des tentatives d’intimidation

Le recours systématique aux procédures judiciaires est devenu l’outil principal d’intimidation des syndicalistes. Là où le débat social et démocratique devrait primer, les procédures-baillons sont devenues l’outil privilégié de celles et ceux qui défendent les intérêts du capital et du patronat aux dépens des travailleurs et travailleuses.

Dépôts de plainte, mises en examen pour diffamation, convocations policières, sanctions disciplinaires et licenciements ciblant des militant·es syndicaux·ales sont devenus la norme.

Des centaines de militant·es ont été inquiété·es, voire harcelé·es ou réprimé·es, chaque jour dans le cadre de leur activité syndicale. Pour la CGT, cette stratégie vise à dissuader l’engagement syndical, à épuiser les équipes syndicales, les représentant·es du personnel par des batailles juridiques longues, coûteuses, et à intimider pour empêcher toute contestation de terrain.

En ciblant des dirigeant·es nationaux·ales, le signal envoyé est clair : personne n’est à l’abri de représailles pour son engagement. Cela participe à un glissement dangereux qui renvoie le conflit social et démocratique non plus à une expression légitime, mais à un trouble de l’ordre public, voire à des infractions. Parallèlement, la répression des droits démocratiques fondamentaux comme la grève et les manifestations s’intensifie.

Les sanctions, retenues sur salaire, interventions policières violentes et disproportionnées (nasses, gardes à vue, violences..) se banalisent.

Le mouvement social contre la réforme des retraites en est une illustration claire. Le conflit social n’est plus accepté, il est dissuadé et réprimé. L’usage de la force comme mode de gestion des mobilisations devient acceptable, et largement relayé par les forces de droite et d’extrême droite dominante, notamment par la participation des
médias aux mains des milliardaires.

Une répression syndicale inscrite dans l’histoire sociale 

La répression syndicale n’est pas nouvelle dans l’histoire sociale de notre pays. Le mouvement ouvrier s’est souvent construit contre les forces patronales en proximité des pouvoirs de police et politiques. Les libertés syndicales ont toujours été conquises de haute lutte.

Pour autant, le niveau de violence et de récurrence des attaques de notre époque contre les syndicalistes sont inédits. Il ne s’agit plus de répressions ponctuelles, mais du développement d’un système articulant des réformes législatives, des restrictions dans les entreprises, un recours multiplié à la justice, et à l’usage de la force. La répression se déploie dans un cadre accepté par l’État, à l’opposé de son rôle initial d’État de droit .

Restriction des libertés : un terrain préparé pour l’extrême droite 

En France comme ailleurs, la montée de l’extrême droite s’accompagne toujours d’un même mouvement : la remise en cause progressive des libertés fondamentales. La concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires favorise la banalisation de discours réactionnaires, tandis que des propositions visant à restreindre le droit de grève, le droit de manifester ou les droits des personnes les plus précaires s’installent dans le débat public. Ces offensives successives repoussent les limites de l’État de droit et fragilisent les principes démocratiques.

Cette dynamique n’est ni nouvelle ni isolée. 

Partout en Europe et dans le monde, l’arrivée au pouvoir de gouvernements d’extrême droite ou autoritaires se traduit par des attaques systématiques contre les syndicats, les juges, les médias indépendants et la société civile. Répression des mobilisations sociales, criminalisation de l’action militante, surveillance des organisations : les exemples internationaux montrent une constante.

C’est pour alerter sur cette dérive et affirmer la nécessité de défendre les libertés syndicales et démocratiques que la CGT organise ce meeting national, conçu comme un temps de mobilisation, de prises de parole et de résistance collective face aux menaces qui pèsent sur l’État de droit.

Défendre les libertés syndicales, défendre toutes les libertés

Face aux offensives répressives du patronat en France, à la menace d’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite, consciente du continuum d’atteintes aux libertés qui s’installe à travers le monde : la CGT se mobilise. La mise en examen de sa Secrétaire générale est une alerte. Cette tentative d’intimidation vise l’ensemble des travailleurs et des travailleuses dans le pays. Dans cette accélération de l’Histoire, la CGT est solidement debout pour défendre les libertés syndicales et, avec, la liberté d’expression, d’opposition et de contestation et lance aujourd’hui la riposte.

Pour la première fois, la CGT fait le choix de rendre publique une liste des 1000 syndicalistes inquiété.es en France, pour des faits directement liés à leur engagement syndical. Cette liste, totalement inédite par son ampleur, documente une répression trop souvent banalisée et invisibilisée : la criminalisation massive de l’action syndicale dans les entreprises mais aussi dans l’exercice des droits constitutionnels que sont les grèves et les manifestations.

Derrière ces chiffres, ce sont des militants et militantes, convoqué·es au commissariat, poursuivi·es pour diffamation, sanctionné·es, licencié·es ou menacés pour avoir exercé leurs droits. En publiant cette liste, c’est le caractère systémique de la répression qui est ici ciblé. C’est dénoncer la stratégie assumée visant à faire taire les syndicalistes par la peur, l’isolement, ou la contrainte.

Parallèlement, les attaques contre les bourses du travail se sont multipliées dans plusieurs villes, avec des projets de fermeture, de désengagement financier ou de remise en cause de leur existence-même. Ces lieux ne sont pas de simples bâtiments administratifs : ce sont des espaces historiques d’organisation collective, de solidarité, de formation syndicale, et d’accès aux droits pour des milliers de salarié·es, privé·es d’emploi, précaires ou isolé·es. S’en prendre aux bourses du travail c’est chercher à affaiblir matériellement et symboliquement le syndicalisme, et renier le droit aux travailleurs d’avoir des lieux qui leur sont propres.

Ces offensives traduisent une volonté politique claire, notamment dans les mairies dirigées par la droite ou l’extrême droite : désarmer le monde du travail, non seulement dans les entreprises mais aussi dans leur lieu d’organisation et de résistance.

https://www.cgt.fr/actualites/france/libertes-syndicales/la-repression-syndicale-atteint-un-niveau-inedit-en-france

Face aux attaques de l’extrême droite visant les étudiantxs de la HEAR, faisons bloc !

Le SNAP CGT et le SNÉAD CGT condamnent fermement les dernières attaques de l’extrême droite à l’encontre des étudiantxs de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR) de Mulhouse, et expriment toute sa solidarité avec elleux, ainsi qu’avec les enseignantxs et personnels de l’école, victimes d’une campagne mensongère et diffamatoire, après la performance présentée lors de l’exposition Tranche de Quai 46 le 29 janvier 2026.

La performance incriminée explorait la question des violences systémiques à travers le prisme du carnaval et de la fête populaire, et relevait d’une recherche artistique critique. Aucun propos, ni geste n’incitait à la haine ou à la violence et aucun individu n’était visé dans cette oeuvre. Cette oeuvre participait à ouvrir des échanges sur les violences policières réelles et les problèmes systémiques dont elles relèvent. 

La diffusion tronquée d’extraits vidéo par la maire LR de Mulhouse, amplifiée par des élu·es d’extrême droite et relayée par le média fasciste CNEWS, la préfecture de police, puis par l’ancien ministre Bruno Retailleau s’inscrit dans une stratégie d’intimidation des milieux artistiques et académiques. Ces manipulations constituent une nouvelle atteinte orchestrée par l’extrême droite aux libertés de création et d’expression.

Si cette performance est attaquée c’est parce qu’elle expose la question des violences policières. Cette censure n’est pas anodine dans le contexte de répression massive qui est le nôtre : censurer cette oeuvre, c’est vouloir étouffer ces débats au profit des actuelles politiques fascistes.

S’en prendre aux auteur·ices de cette performance lors d’une restitution de workshop, dans un cadre scolaire et de recherche, relève d’un abus de pouvoir visant à censurer et à intimider des étudiantxs. 

Face aux pressions qu’iels subissent, le SNAP CGT et le SNÉAD CGT demandent à la HEAR la protection immédiate des étudiantxs, et l’abandon de toutes poursuites et judiciaires auxquelles l’école ou ses étudiantxs pourraient faire l’objet. 

Face à l’extrême droite qui cherche à museler la pensée critique, la création et ses créateur•ices, nous devons faire bloc ! 

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