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Institut d’anglais Charles-V

Dernière modification le 20/07/2025

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CHUQUET Hélène, DUCHET Jean-Louis, "Institut d’anglais Charles-V", Dictionnaire des études anglophones en France : histoire et épistémologie, publié le 28 août 2023, modifié le 20 juillet 2025, consulté le 26 mai 2026
https://hepistea.huma-num.fr/structures/institut-danglais-charles-v/
DOI : https://doi.org/10.71909/3b8w-t690

Informations générales

  • Date de fondation : 1969.
  • Date de fermeture : 2012.
  • Site internet : https://u-paris.fr/etudes-anglophones/
  • Adresses : UER, puis UFR de l’université Paris 7–Denis-Diderot, 10, rue Charles-V, 75004 Paris. Depuis 2013, uni­ver­sité Paris 7–Denis-Diderot, devenue en 2019 l’université Paris–Cité, campus des Grands Moulins, 8, place Paul Ricœur, bâtiment Olympe-de-Gouges, 75013 Paris.

Fondation

Au lendemain des « évé­ne­ments » de mai–juin 1968, la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur d’Edgar Faure (12 novembre 1968) conduit à la recon­fi­gu­ra­tion du paysage uni­ver­si­taire parisien, avec la division de l’unique uni­ver­sité de Paris (composée de six facultés) en treize uni­ver­si­tés plu­ri­dis­ci­pli­naires, consti­tuées d’Unités d’enseignement et de recherche (UER). Les angli­cistes de l’institut d’anglais de la Sorbonne sont amenés à se « redis­tri­buer » entre les UER de ces nouvelles uni­ver­si­tés : le centre uni­ver­si­taire expé­ri­men­tal de Vincennes (Paris 8), l’UER École de médecine (Paris 3–Sorbonne Nouvelle, l’UER Danton (Paris 4, la « vieille Sorbonne ») et l’université Paris 7–Denis-Diderot (plus connue, jusqu’aux années 2000, sous le nom de son site, Jussieu).

Leurs choix s’effectuent largement en fonction de positions péda­go­giques et poli­tiques, reflétant à la fois les tensions, les enga­ge­ments et les désirs de trans­for­ma­tion de cette fin des années 1960. Co-fondateur de l’université plu­ri­dis­ci­pli­naire Paris 7, le linguiste Antoine Culioli (1924–2018) est, avec l’américaniste Michel Oriano, à l’origine de l’institut d’anglais Charles-V, dont il devient le premier directeur en 1970, tout en créant au sein de Paris 7 le dépar­te­ment de recherches lin­guis­tiques (DRL), qui ouvre en 1972. Ces deux dis­ci­plines – lin­guis­tique et études nord-américaines – peu reconnues dans l’université française à l’époque, sont dès le départ au cœur de ce qui va faire l’originalité de l’institut Charles-V.

Reste à trouver un lieu où implanter cette nouvelle UER, car l’une des raisons de la scission de la Sorbonne était l’explosion des effectifs d’étudiants et le manque criant de place. Divers locaux sont proposés, dans le 6e arron­dis­se­ment et dans le quartier du Marais qui com­men­çait tout juste à être rénové et ne s’était pas encore embour­geoisé : c’est là que se porte le choix final, sur un hôtel par­ti­cu­lier (une ancienne usine de trayeuses élec­triques suédoises Alfa Laval) au 10, rue Charles-V, locaux « repérés par des maîtres-assistants amé­ri­ca­nistes » (Gaubert et Pouly 2012, p. 87) et achetés par l’État pour la somme de 800 000 francs. À propos de ce choix, Michel Oriano se souvient, dans le film d’Ariane Hudelet, L’expérience Charles-V (voir sources) : « Culioli a voulu traverser la Seine pour ne pas rester à côté de la Sorbonne » – choix qui conduira des géné­ra­tions d’étudiants, de doc­to­rants et d’enseignants-chercheurs à faire des allers-retours sur le pont Sully entre « Charles-V » et « Jussieu », où sont basés les services admi­nis­tra­tifs de Paris 7.

Ce sont quatre-vingts ensei­gnants qui optent pour la nouvelle UER de Paris 7 à Charles-V, attirés par la pers­pec­tive de pouvoir tra­vailler autrement, par l’esprit réso­lu­ment plu­ri­dis­ci­pli­naire du projet, par la pos­si­bi­lité de tenter des expé­riences qui allient la théorie, la pratique et la trans­mis­sion de leurs dis­ci­plines ; c’est aussi un choix politique, contre la hié­rar­chie man­da­ri­nale de la « vieille Sorbonne », qui conduit quelques jeunes pro­fes­seurs, mais surtout des maîtres-assistants et des assis­tants (appelés à devenir plus tard des pro­fes­seurs reconnus) à se lancer dans l’aventure, et qui reflète le bouillon­ne­ment intel­lec­tuel de cette fin des années 1960 et du début des années 1970. Quatre-vingts ensei­gnants, pour seulement huit cents étudiants inscrits à Charles-V en 1969 (Gaubert et Pouly 2014, p. 141) : des condi­tions humaines idéales pour mettre en place cette nouvelle com­mu­nauté uni­ver­si­taire d’anglicistes. Ce taux d’encadrement favorable se main­tien­dra longtemps dans l’institut d’anglais Charles-V.

Spécificités

L’originalité de Charles-V, c’est d’abord le lieu lui-même : les escaliers et les couloirs étroits, tortueux, un peu laby­rin­thiques, le parquet des salles de cours qui craque, la cafétéria en sous-sol, sans fenêtres, peu accueillante a priori, mais lieu de ren­contres, de ras­sem­ble­ments, de concerts, de spec­tacles ; l’ascension labo­rieuse (à moins de se hasarder à prendre l’ascenseur hors d’âge) jusqu’à la grande salle du cinquième étage, avec sa vue splendide sur les toits de Paris ; la cour surtout, le véritable centre de la vie de Charles-V, où tout le monde se rencontre, discute ou débat, sans dis­tinc­tions hié­rar­chiques – ensei­gnants, étudiants, membres du personnel admi­nis­tra­tif, technique et d’entretien ; la « salle des casiers », enfin, siège des com­mis­sions et conseils, sur laquelle ouvraient les bureaux de la coor­di­na­tion des ensei­gne­ments et de la scolarité.

Les ensei­gnants chargés de la coor­di­na­tion jouent un rôle décisif dans un institut qui, de manière excep­tion­nelle pour sa taille, n’avait pas de res­pon­sable admi­nis­tra­tif. La coor­di­na­tion est d’abord assurée par Georges Groussier (1934–2011), qui déjà en 1968, comme en témoignent Gaubert et Pouly, est « celui qui prenait des notes ». Responsable de la licence (3e année) avec à ses côtés pour le DEUG Anne-Marie Fraisse puis Sarah Fredj, il établit les emplois du temps, gère les salles (heu­reu­se­ment assez nom­breuses), organise l’inscription aux groupes de TD, est à l’écoute des étudiants avec des per­ma­nences de réception et à l’écoute des ensei­gnants pour de multiples requêtes, gère les modalités de contrôle des connais­sances où la part du contrôle continu est excep­tion­nel­le­ment élevée, agit comme force de pro­po­si­tion pour le conseil et sait résoudre avec équité, diplo­ma­tie et humour les problèmes les plus délicats. L’esprit de ce lieu très ouvert reflète les convic­tions de la col­lec­ti­vité qui l’occupe : par principe, pas de cours magis­traux, donc pas d’amphi, afin d’introduire un nouveau mode d’enseignement et de relation aux étudiants, sans le for­ma­lisme qui carac­té­ri­sait l’ancien ; volonté d’accueillir et de mener à la réussite des étudiants venant de milieux qui n’auraient, à l’époque, pas fait d’études à la Sorbonne, comme le souligne Michel Oriano dans L’Expérience Charles-V. Ce nouveau regard sur la formation des étudiants est illustré par la remise en question du concours de l’agrégation et la tentative d’instaurer un « mode unique de recru­te­ment » (le MUR) des ensei­gnants du secon­daire, qui n’aboutira pas, jugé trop « révo­lu­tion­naire » dans le contexte politique des années 1970 (la pré­pa­ra­tion à l’agrégation sera malgré tout assurée à partir de 1974).

La formation des ensei­gnants du second degré est l’un des nombreux aspects pionniers de Charles-V dès ses débuts avec la création par des lin­guistes, André Gauthier (1928–2009) et Danielle Bailly, du DIREL (dépar­te­ment interdisciplinaire de recherche sur l’enseignement des langues), dont les sémi­naires étaient ouverts aussi bien aux étudiants de maîtrise et de DEA qu’aux pro­fes­seurs de collège et de lycée, dans une démarche inédite de formation per­ma­nente. Nombreux sont les ensei­gnants du secon­daire qui en ont bénéficié, qui ont utilisé dans leurs classes les ouvrages didactiques réalisés par les cher­cheurs de Charles-V, souvent col­lec­ti­ve­ment (par exemple la méthode Charlirelle, voir réfé­rences biblio­gra­phiques), et qui s’y sont initiés à la recherche en lin­guis­tique dans les sémi­naires de Janine Bouscaren (1926-2023), de Jacqueline Guillemin-Flescher (1930-2024) et d’autres. Cette même équipe, alliée à des collègues d’autres dis­ci­plines, met sur pied dès 1984 une filière de licence spé­ci­fique « FIMA » (formation initiale des maîtres d’anglais), création précoce d’un parcours spé­ci­fique à orien­ta­tion pré­pro­fes­sion­nelle pour les étudiants se destinant à l’enseignement. Un même esprit d’innovation péda­go­gique a inspiré André Gauthier avec l’enseignement expé­ri­men­tal de « l’anglais zéro », visant les étudiants qui n’avaient pas étudié l’anglais dans le secon­daire et qu’il s’agissait d’amener au niveau licence par une formation intensive et raisonnée.

Le « secteur » lin­guis­tique réunit autour d’Antoine Culioli des lin­guistes qui, tra­vaillant pour la plupart dans le cadre de la théorie des opé­ra­tions énon­cia­tives qu’il avait fondée, ont constitué un pôle important et ont permis, grâce à leurs publi­ca­tions et aux thèses qu’ils ont inspirées, de la diffuser dans de nom­breuses uni­ver­si­tés en France et à l’étranger. Les liens forts avec le dépar­te­ment de recherches lin­guis­tiques (DRL) de Paris 7, sur le site de Jussieu, favo­risent les échanges et les col­la­bo­ra­tions avec ce pôle important de lin­guis­tique générale. Bientôt, d’autres lin­guistes venus des horizons de la dia­chro­nie (Marie-Line Groussier), de la socio­lin­guis­tique (Marina Yaguello), de la syntaxe (Alain Deschamps), rejoignent l’équipe de Charles-V. Une autre carac­té­ris­tique de Charles-V est l’accent mis sur la langue orale, consi­dé­rée comme une com­po­sante essen­tielle de la formation, autour d’André Gauthier, Claude Charreyre, Ruth Huart, Wendy Halff, de lecteurs et lectrices anglo­phones et de tech­ni­ciens. Sous l’impulsion de Lionel Guierre (1921–2001) se développe un centre reconnu d’enseignement et de recherche en pho­né­tique et pho­no­lo­gie de l’anglais, qui va lui aussi inspirer les dépar­te­ments d’anglais d’autres uni­ver­si­tés. C’est également à partir de Charles-V, des ensei­gne­ments et de la recherche de Jacqueline Guillemin-Flescher, que s’est déve­lop­pée ce que l’on peut appeler l’école de lin­guis­tique contras­tive énon­cia­tive, inspirée par son ouvrage fondateur, Syntaxe comparée du français et de l’anglais. Problèmes de tra­duc­tion (Ophrys, 1981).

Dès la fondation de Charles-V est créé un secteur de civi­li­sa­tion, qui n’avait pas encore, à l’époque, le statut de dis­ci­pline « à part entière ». C’est la civi­li­sa­tion nord-américaine qui, dans le sillage du cofon­da­teur Michel Oriano, spé­cia­liste de culture populaire et tra­duc­teur, confère dès le départ à l’institut son statut de pionnier des études nord-américaines. La grande ouverture de Charles-V est reflétée par la présence parmi les amé­ri­ca­nistes non seulement d’anglicistes, comme Rachel Ertel ou Geneviève Fabre, mais aussi d’historiennes, comme Élise Marienstras ou Barbara Karski, ou encore du critique de cinéma Michel Ciment et, plus tard, de l’historien de la pho­to­gra­phie François Brunet (1960–2018). D’autre part, les « fron­tières » entre civi­li­sa­tion, lit­té­ra­ture et arts tendent à s’effacer, ainsi qu’en témoignent certains ouvrages impor­tants des années 1970, par leur titre (Françoise Basch, Les Femmes vic­to­riennes. Roman et société) ou co-écrits par des autrices repré­sen­tant plusieurs dis­ci­plines (Rachel Ertel, Geneviève Fabre et Élise Marienstras, En marge : sur les minorités aux États-Unis).

C’est encore le décloi­son­ne­ment des dis­ci­plines qui frappe dans le domaine de la lit­té­ra­ture, bri­tan­nique ou amé­ri­caine que l’on trouve dans l’approche phi­lo­so­phique et politique de Richard Marienstras (1928–2011) des œuvres de William Shakespeare dans le cadre de la société éli­sa­bé­thaine, ou encore dans les liens que tissent entre poésie et tra­duc­tion Paul Volsik et, plus tard, Antoine Cazé. À partir des années 1980 et surtout 1990 s’est développé un pôle important de lit­té­ra­ture et arts, témoi­gnant de la conti­nuité de cette forte plu­ri­dis­ci­pli­na­rité : lit­té­ra­ture (bri­tan­nique et amé­ri­caine), théâtre et arts visuels, repré­sen­ta­tions cultu­relles et histoire de la pho­to­gra­phie, cinéma et culture populaire, croisant aussi le chemin des lin­guistes et des tra­duc­teurs, comme dans plusieurs numéros des Cahiers Charles-V (n° 16, 33, 44).

Les rapports entre lit­té­ra­ture, histoire des idées et arts visuels, tant dans le domaine américain que dans le domaine bri­tan­nique, prendront au fil des années 1990–2000 une impor­tance accrue, reflétant la place essen­tielle et originale qu’a toujours occupée le dialogue entre les dis­ci­plines dans cette UFR, dans la formation des étudiants comme dans la recherche. C’est aussi à Charles-V qu’au début des années 1990, Michel Gresset (1936–2005), tra­duc­teur et spé­cia­liste de William Faulkner, crée le premier DESS de tra­duc­tion lit­té­raire dans une uni­ver­sité française ; y inter­viennent à la fois des tra­duc­teurs pro­fes­sion­nels, des lit­té­raires, des lin­guistes, des repré­sen­tants du monde de l’édition, et ce diplôme, « pionnier du genre », demeurait encore récemment « la référence en matière de formation des tra­duc­teurs, notamment auprès des éditeurs » (Translittérature 36).

Unités de recherche

Dès la création de l’institut Charles-V se sont formés des groupes et centres de recherche, bien avant le processus de struc­tu­ra­tion de la recherche dans les uni­ver­si­tés à partir de la fin des années 1980. En 1975 est formé à Paris 7 le GEF, un des tout premiers groupes en France d’études fémi­nistes, sur l’initiative de l’angliciste Françoise Basch (1930–2023) et de l’historienne Michelle Perrot, qui, avec celui fondé par Hélène Cixous à Paris 8–Vincennes, introduit dans l’université française le concept de women’s studies et réunit des uni­ver­si­taires et mili­tantes de tous les horizons dis­ci­pli­naires (lit­té­raires, his­to­riennes, lin­guistes, didac­ti­ciennes…).

En lit­té­ra­ture et civi­li­sa­tion, les groupes de recherche tels que le CIRNA (centre inter­dis­ci­pli­naire de recherches nord-américaines) et le CRIB (centre de recherches sur les îles bri­tan­niques) se regroupent au milieu des années 1980 en équipe de recherche, dirigée suc­ces­si­ve­ment par Richard Marienstras, John Atherton et Rachel Ertel : le LICIBA (lit­té­ra­ture, civi­li­sa­tion bri­tan­nique et amé­ri­caine) va également accueillir le CRHEU (lentre de recherche sur l’histoire des États-Unis), le CEJA (centre d’études judéo-américaines), le CRIB, ou encore le GRIP (groupe de recherche inter­uni­ver­si­taire sur la poésie anglo­phone), fondé par Paul Volsik, qui restait encore unique en France au milieu des années 2000. En 1998, le LICIBA se scinde en deux équipes d’accueil (EA), le CIRNA, sous la direction de Marie-Jeanne Rossignol, puis de Catherine Collomp et François Brunet, et le SIECLE (secteur inter­dis­ci­pli­naire d’études sur la civi­li­sa­tion et la lit­té­ra­ture anglaises), codirigé par Françoise Barret-Ducrocq et Catherine Bernard, à côté d’une équipe sur les African-American studies animée par Geneviève Fabre. Celles-ci fusionnent en 2006 sous le nom de LARCA (labo­ra­toire de recherche sur les cultures anglo­phones) ; dirigé suc­ces­si­ve­ment par Frédéric Ogée, Robert Mankin (1952–2017) et François Brunet, il obtient la recon­nais­sance du CNRS en 2013.

Du côté de la lin­guis­tique, l’évolution a été similaire : du DIREL évoqué plus haut, du groupe de recherche « lin­guis­tique et didac­tique de l’anglais » et des liens avec le dépar­te­ment de recherches lln­guis­tiques fondé par Antoine Culioli à Jussieu naît d’abord le LILA (lin­guis­tique inter­langues et lin­guis­tique anglaise), dirigé par Alain Deschamps ; puis, au moment des regrou­pe­ments du début des années 2000, en par­ti­cu­lier avec l’équipe CIEL (centre inter­langues d’études lexi­co­lo­giques) rattachée à l’UFR EILA (études inter­cul­tu­relles de langues appli­quées) de Paris 7, le CLILLAC–ARP (centre de lin­guis­tique inter­langues, de lexi­co­lo­gie, de lin­guis­tique anglaise et de corpus–atelier de recherche sur la parole), réunis­sant les lin­guistes de l’UFR d’anglais Charles-V et de l’UFR EILA de Paris 7 en une unité de recherche codirigée par Agnès Celle et Natalie Kübler, couvrant l’ensemble des domaines de la lin­guis­tique anglaise faisant l’objet de recherches à Paris 7. Le rat­ta­che­ment de cette équipe à une troisième UFR de Paris 7, celle de lin­guis­tique, issue du DRL, permet aussi les échanges et col­la­bo­ra­tions avec le labo­ra­toire de lin­guis­tique formelle (LLF), fondé par Antoine Culioli en 1972.

Dans tous les secteurs de Charles-V, la tradition de plu­ri­dis­ci­pli­na­rité a été maintenue à travers les diverses évo­lu­tions au fil des années, avec toujours le souci d’ouverture du travail uni­ver­si­taire sur des actions et des évé­ne­ments culturels ou festifs (théâtre, drama workshop, « semaines thé­ma­tiques », concerts, par­te­na­riats avec des musées…) ayant pour objectif « d’incarner la langue et la lit­té­ra­ture » et de « dés­ins­ti­tu­tion­na­li­ser » la culture. Nous n’avons pas pu, dans les limites de ce texte, évoquer toutes les figures qui ont fait partie de la com­mu­nauté de l’institut Charles-V au fil des années d’occupation du lieu et ont marqué le monde des études anglo­phones. Lors de la fête des quarante ans de Charles-V, le 6 juin 2012, qui a réuni au moins trois géné­ra­tions d’enseignants-chercheurs, d’étudiants (anciens et nouveaux) et de per­son­nels non-enseignants, fut projeté le film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles-V, dans lequel on trouvera de nombreux témoi­gnages de ce qu’a repré­senté l’institut.

Revues et collections

  • Cahiers Charles-V (1979-2010), une des premières revues dédiées aux études anglo­phones en France, dans laquelle sont parus des volumes consacrés à chacune des trois grandes « dis­ci­plines » de Charles-V, https://www.persee.fr/collection/cchav.
  • Interfaces, revue semes­trielle bilingue créée en 1991, qui accueille des recherches en lit­té­ra­ture, lin­guis­tique, arts, médias, civi­li­sa­tion, épis­té­mo­lo­gie, https://journals.openedition.org/interfaces/.
  • TV/Series, revue lancée en 2012, première revue française scien­ti­fique à accueillir des articles, en français et en anglais, sur les fictions sérielles audio­vi­suelles de tous les pays, https://journals.openedition.org/tvseries/.
  • Cahiers de recherche en lin­guis­tique anglaise (1982-2008), col­lec­tion dirigée par Janine Bouscaren aux éditions Ophrys, dans laquelle sont parus dix volumes d’articles (dont certains issus de mémoires de maîtrise des étudiants) et six mono­gra­phies issues de thèses de doctorat, https://www.ophrys.fr/categorie-produit/cahiers-de-recherche/.
  • Linguistique contras­tive et tra­duc­tion (1992-2009), col­lec­tion dirigée par Jacqueline Guillemin-Flescher aux éditions Ophrys, dans laquelle sont parus six volumes d’articles et douze mono­gra­phies issues de thèses de doctorat, portant pour la plupart sur l’anglais et le français, mais aussi sur d’autres paires de langues (grec/polonais/arabe et français), https://www.ophrys.fr/categorie-produit/linguistique-contrastive/.

Unités de recherche de l’université ParisCité

  • Linguistique :
  • Littérature, civi­li­sa­tion et arts :

Quelques ouvrages emblématiques des fondateurs et fondatrices

  • Civilisation et lit­té­ra­ture :
    • Basch, Françoise, Les Femmes vic­to­riennes. Roman et société, Paris, Payot, 1979.
    • Ertel, Rachel, Fabre, Geneviève et Marienstras, Élise, En marge : sur les minorités aux États-Unis, Paris, Éditions Maspero, 1971.
    • Ertel, Rachel, Le Roman juif américain, une écriture mino­ri­taire, Paris, Payot, 1980.
    • Fabre, Geneviève, Le Théâtre noir aux États-Unis, Paris, Éditions du CNRS, 1982.
    • Gresset, Michel, Faulkner ou la fas­ci­na­tion, poétique du regard, Paris, Klincksieck, 1982.
    • Jaworski, Philippe, Melville : le Désert et l’Empire, Paris, Presses de l’ENS, 1986.
    • Marienstras, Élise, Les Mythes fon­da­teurs de la nation amé­ri­caine : essai sur le discours idéo­lo­gique aux États-Unis à l’époque de l’indépendance, 1763–1800, Paris, Éditions Maspero, 1976.
    • Marienstras, Élise, La Résistance indienne aux États-Unis du xvie au xxe siècle, Paris, Gallimard, 1980.
    • Marienstras, Élise, Nous, le peuple : les origines du natio­na­lisme américain, Paris, Gallimard, 1988.
    • Marienstras, Richard, Le Proche et le Lointain. Sur Shakespeare, le drame éli­sa­be­thain et l’idéologie aux xvie xviie siècles, Paris, Éditions de Minuit, 1981.
    • Oriano, Michel, Initiation à la civi­li­sa­tion amé­ri­caine, Paris, Masson, 1969.
    • Oriano, Michel, Les Travailleurs de la frontière. Bûcherons, cowboys, cheminots amé­ri­cains au xixe siècle, Paris, Payot, 1981.
    • Rozenberg, Paul, Le Romantisme anglais, le défi des vul­né­rables, Paris, Larousse, 1973, réédition Presses uni­ver­si­taires du Midi, 2011.
  • Linguistique et didac­tique
    • Bouscaren, Christian (avec J. Rey et A. Mounoulou), Le Mot et l’idée 2, anglais : voca­bu­laire thé­ma­tique, Gap, Ophrys, 1976, 5e édition 2021.
    • Culioli, Antoine, Pour une lin­guis­tique de l’énonciation, col­lec­tion « L’homme dans la langue », Gap/Paris, Ophrys, T. 1, 1990, T. 2 et 3, 1999 ; articles publiés dans diverses revues entre 1968 et 1998, réunis sous la direction de Janine Bouscaren.
    • Culioli, Antoine, Pour une lin­guis­tique de l’énonciation, T. 4, Limoges, Lambert-Lucas, 2018 ; articles, confé­rences et entre­tiens, parus entre 1995 et 2015, réunis sous la direction de Rémi Camus.
    • Charlirelle, Behind the Words, Méthode d’enseignement de l’anglais en classe de 6e et 5e (manuels et « fiches concep­tuelles »), Paris, OCDL/Hatier, 1975 et 1976.
    • Deschamps, Alain, De l’écrit à l’oral et de l’oral à l’écrit : pho­né­tique et ortho­graphe de l’anglais, Gap/Paris, Ophrys, 1994.
    • Gauthier, André, Food for Thought : exercices d’initiation à une réflexion lin­guis­tique, Paris, Didier, 1972.
    • Gauthier, André, Opérations énon­cia­tives et appren­tis­sage d’une langue étrangère en milieu scolaire : l’anglais à des fran­co­phones, Les Langues Modernes, numéro spécial, 1981.
    • Groussier, Marie-Line et Georges, Pierre Chantefort, Grammaire anglaise, thèmes construits, Paris, Hachette, 1973.
    • Guierre, Lionel, Drills in English stress-patterns, Harlow, Longmans, 1965.
    • Guierre, Lionel, Règles et exercices de pro­non­cia­tion anglaise, Paris, Armand Colin, 1987.
    • Guillemin-Flescher, Jacqueline, Syntaxe comparée du français et de l’anglais. Problèmes de tra­duc­tion, Gap, Ophrys, 1981.
    • Yaguello, Marina, Les mots et les femmes : essai d’approche socio-linguistique de la condition féminine, Paris, Payot, 1978.
    • Yaguello, Marina, Alice au pays du langage. Pour com­prendre la lin­guis­tique, Paris, Seuil, 1981.

Sources

  • Gaubert, Christophe et Pouly, Marie-Pierre, « Transformations mor­pho­lo­giques et mobi­li­sa­tions dis­ci­pli­naires. Les ensei­gnants et étudiants de l’Institut d’anglais de la Sorbonne en 1968 », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 194, 2012, p. 7897, [En ligne] consulté le 27/01/2025, https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2012-4-page-78.htm.
  • Gaubert, Christophe et Pouly, Marie-Pierre, « La recon­fi­gu­ra­tion ins­ti­tu­tion­nelle après 1968 de l’ancien Institut d’anglais de la Sorbonne » in Luc, Jean-Noël et al. (dir.), Les archives uni­ver­si­taires. De nouvelles sources pour l’histoire de l’enseignement supérieur et de la recherche, Paris, Éditions du Centre d’histoire du xixe siècle, 2014, p. 133142.
  • Historique du LARCA, document com­mu­ni­qué par Marie-Jeanne Rossignol, [en ligne] consulté le 27/12/2022, http://www.larcaold.univ-paris-diderot.fr/IMG/pdf/historique_larca_14_07_2017-3.pdf.
  • Huart, Ruth, « In memoriam André Gauthier », Les Langues Modernes n°4, 2009 [en ligne].
  • Hudelet, Ariane, L’Expérience Charles-V, film docu­men­taire sur « le passé, le présent et l’avenir d’un dépar­te­ment d’anglais pas comme les autres », 2012, 72 min [en ligne], consulté le 27/01/2025, https://vimeo.com/45015349.
  • Picq, Françoise, Histoire du Groupe d’études fémi­nistes de l’université Paris 7 : GEF (1975–1991) [en ligne], consulté le 23/01/2025, http://francoisepicq.fr/histoire-du-groupe-detudes-feministes-de-luniversite-paris-7-gef-1975-1991/.
  • Samarkand, Vera, « Le master et après ? », Translittérature 36, revue éditée à Paris par l’ATLF et ATLAS, 2009.
  • Témoignages per­son­nels d’Élise Marienstras, de Janine Bouscaren, Sarah Fredj et Marie-Jeanne Rossignol, que nous remer­cions.

Crédits illustrations

  • La cour de l’institut, 6 juin 2012, 40e anni­ver­saire, pho­to­gra­phie per­son­nelle de Jean Chuquet.
  • La salle des casiers, plan tiré du film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles V, 2012.
  • Antoine Culioli, Séminaire de l’AFLA, Marseille-Luminy, 1971, pho­to­gra­phie repro­duite dans Gaubert et Pouly 2012, https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2012-4-page-78.htm.
  • Antoine Culioli, 2012, plan tiré du film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles V, 2012.
  • Antoine Culioli et Michel Oriano accueillent la pré­si­dente de Paris VII, Nadine Forest, 20e anni­ver­saire de Charles V, 1992, archives Jean-Louis Duchet.
  • Michel Oriano, 2012, plan tiré du film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles V, 2012.
  • Danielle Bailly, 2012, plan tiré du film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles V, 2012.
  • Janine Bouscaren, 2014, pho­to­gra­phie per­son­nelle de Jean Chuquet, juin 2014, plan tiré du film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles V, 2012.
  • Jacqueline Guillemin-Flescher, 2014, pho­to­gra­phie per­son­nelle de Jean Chuquet, juin 2014.
  • Marina Yaguello, 2012, plan tiré du film d’Ariane Hudelet, L’Expérience Charles V, 2012.
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