Strasbourg

capitale de la région historique d'Alsace, préfecture du Bas-Rhin et de la région Grand Est

Strasbourg (prononcé /stʁas.buʁ/[Note 1] Écouter en français ; en alsacien : Strossburi /ʃdɾoːsburi/ ; en allemand : Straßburg /ʃtraːsbuʁk/Écouter) est une commune française située dans la collectivité européenne d'Alsace dont elle est le chef-lieu. Elle est la préfecture du Bas-Rhin et de la région Grand Est. Capitale de la région historique d'Alsace, elle est bordée par le Rhin et frontalière avec l'Allemagne.

Strasbourg
De haut en bas, de gauche à droite : Vue de la ville vers la cathédrale Notre-Dame ; Cathédrale Notre-Dame et rue Mercière ; Ponts couverts ; Petite France ; Palais Rohan ; Palais du Rhin ; Église Saint-Pierre-le-Jeune catholique et palais de justice ; Quartier européen.
Blason de Strasbourg
Blason
Image illustrative de l’article Strasbourg
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est (chef-lieu)
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace (siège)
Circonscription départementale Bas-Rhin (préfecture)
Arrondissement Strasbourg
(chef-lieu)
Intercommunalité Eurométropole de Strasbourg et Eurodistrict Strasbourg-Ortenau
(siège)
Maire
Mandat
Catherine Trautmann
2026-2032
Code postal 67000, 67100, 67200
Code commune 67482
Démographie
Gentilé Strasbourgeois, Strasbourgeoise
Population
municipale
293 771 hab. (2023 en évolution de +4,56 % par rapport à 2017)
Densité 3 754 hab./km2
Population
unité urbaine
494 536 hab. (2023)
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 24″ nord, 7° 45′ 08″ est
Altitude 142 m
Min. 132 m
Max. 151 m
Superficie 78,26 km2
Type Grand centre urbain
Unité urbaine Strasbourg (partie française)
(ville-centre)
Aire d'attraction Strasbourg (partie française)
(commune-centre)
Élections
Départementales Cantons de Strasbourg-1, Strasbourg-2, Strasbourg-3, Strasbourg-4, Strasbourg-5 et Strasbourg-6
(bureau centralisateur)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Inclus les Biens Strasbourg : de la Grande-Île à la Neustadt, une scène urbaine européenne
Localisation
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Strasbourg
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Strasbourg
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Strasbourg
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Strasbourg
Liens
Site web www.strasbourg.eu

Par sa population, Strasbourg intra-muros est la première commune du Grand Est français et, à la date du , la huitième de France. Son aire d'attraction est la huitième de France, comptant 864 993 habitants en 2021 dans sa seule partie française[Note 2] et 1 342 186 habitants en comptant sa partie allemande. Ses habitants sont appelés les Strasbourgeois. Elle est le principal pôle économique de la région Grand Est et se distingue par un secteur secondaire très diversifié, un secteur marchand important et un secteur tertiaire essentiellement tourné vers les activités financières, juridico-administratives publiques et parapubliques, la recherche scientifique et le conseil aux entreprises. En 2023, pour la première fois, Strasbourg entre dans le classement GaWC des villes à rayonnement mondial, basé sur leurs fonctions politiques, culturelles et d'affaires.

Strasbourg a été marquée par les différentes administrations germaniques puis allemandes et françaises. Son histoire, riche et tourmentée, a laissé un patrimoine architectural remarquable, aux influences culturelles françaises et germaniques uniques. Son centre-ville, situé sur la Grande Île, est intégralement inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1988, et comprend notamment la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg et le quartier de la Petite France. En 2017, le périmètre classé est étendu à une partie de la Neustadt, quartier construit par les autorités allemandes à partir de 1880, après la défaite de Sedan[1].

Strasbourg est également devenue le symbole de la réconciliation franco-allemande et plus généralement de la construction européenne. La ville s’est progressivement spécialisée dans les fonctions politiques, culturelles, et institutionnelles. Elle est une des trois « capitales européennes » de l'UE historiques aux côtés de Bruxelles et Luxembourg, et est parfois qualifiée de « capitale parlementaire de l'Union européenne »[2] ou de capitale européenne de la démocratie, par opposition à Bruxelles qui accueille surtout des fonctionnaires européens et des lobbyistes. Elle accueille la totalité des institutions européennes dépendant du conseil de l'Europe (secrétariat général, conseil des ministres, assemblée parlementaire, congrès des pouvoirs locaux, agences, organes et tribunaux des droits de l'homme ou administratifs de l'Europe des 46 états y siégeant). Elle est le siège officiel du Parlement européen, qui y organise ses douze sessions plénières annuelles, ainsi que des réunions du Médiateur européen depuis 2024. Le Conseil de l'Europe (distinct de l'Union européenne) dont dépendent la Cour européenne des droits de l'homme et la Pharmacopée direction de la qualité des médicaments européenne entre autres. Genève, New York et Strasbourg sont les trois seules villes au monde à être les sièges de plusieurs institutions politiques internationales sans pour autant être capitales politiques d’un État[3]. Strasbourg est également la deuxième ville diplomatique de France et par le nombre de congrès internationaux tenus, après Paris[4].

La présence de plusieurs établissements nationaux renommés, comme le théâtre national, la bibliothèque nationale et universitaire et l’Opéra national du Rhin en fait un centre culturel important.

Strasbourg est une importante ville étudiante. Accueillant plus de 85 000 étudiants au cours de l’année universitaire 2020-2021[5], elle est une des villes les plus étudiantes de France avec 289 étudiants pour 1000 habitants. Strasbourg est aussi très attractive pour les étudiants étrangers, comptant plus de 20% d'étudiants européens et extra-européen au sein de ses établissements. Son université, ses grandes écoles et son hôpital universitaire forment un pôle universitaire important.

Géographie

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Situation géographique

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Excentrée par rapport au reste de la France, dont la plaine d'Alsace représente l'extrême façade nord-est, Strasbourg occupe en revanche une position centrale en Europe de l'Ouest, sur une importante voie de passage nord-sud. Il faut en effet la replacer dans l'entité plus vaste dont elle fait partie de la vallée du Rhin supérieur qui, de Bâle à Mayence, forme un couloir naturel.

À la limite de l'Europe atlantique et de l'Europe continentale, elle communique au sud par les vallées de la Saône et du Rhône avec l'Europe méditerranéenne et s'ouvre au nord, au-delà des massifs hercyniens allemands, sur les grandes plaines de l'Europe du Nord jusqu'à la vallée de la Ruhr.

Strasbourg est distante de 190 kilomètres de Francfort-sur-le-Main, de 192 kilomètres de Luxembourg, de 397 kilomètres de Paris et de 406 kilomètres de Bruxelles (distance orthodromique)[6],[7]. La ville est par ailleurs située à une trentaine de kilomètres du massif des Vosges à l'ouest et à la même distance de la Forêt-Noire à l'est.

Les communes limitrophes sont Bischheim, Eckbolsheim, Eschau, Illkirch-Graffenstaden, Lingolsheim, Oberhausbergen, Ostwald, Schiltigheim et La Wantzenau.

Géologie et relief

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Repère Normalnull à Strasbourg.

Située à une altitude moyenne de 140 mètres[8], Strasbourg est caractérisée par un relief relativement plat. Ainsi au centre-ville, on ne perçoit que de très légères ondulations du terrain, culminant notamment à proximité de la cathédrale et à la croisée de la Grand'Rue et de la rue du Fossé-des-Tanneurs, correspondant aux zones d'habitation les plus anciennes, établies à l'origine sur une butte émergeant des marais environnants. Pour des raisons historiques, le niveau normal d'Amsterdam, ou Normalnull, a pu servir de référent altimétrique, comme en témoignent de vieilles plaques encore visibles. Mais à l'instar du reste de la France métropolitaine, le nivellement général de la France s'applique, et les altitudes sont données par rapport au niveau du marégraphe de Marseille.

Le territoire de la commune se situe au sein de la plaine d'Alsace. Ce fossé rhénan d'effondrement, séparant le massif des Vosges à l'ouest de celui de la Forêt-Noire à l'est, est né il y a 65 Ma à l'occasion de l'érection des Alpes. Des fissures orientées Nord-Sud se formèrent alors ; la partie médiane s'effondra et fut envahie par la mer à l'Éocène supérieur (vers -35 Ma) et à l'Oligocène inférieur (Rupélien, vers -30 Ma)[9]. D'abord comblée par des dépôts marins qui recouvrirent le socle hercynien, la plaine accueillit le cours du Rhin qui y déposa ses alluvions fluviatiles[10], il y a un million d'années seulement[9]. Le bassin houiller de la vallée de Villé s'étend à quelques kilomètres de la banlieue strasbourgeoise, au sud-ouest et au centre du département, quelques lambeaux de ce gisement sont dispersés vers le nord[11].

Hydrographie

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Les quais de l’Ill dans le quartier de la Petite France.

La ville est construite sur l'Ill ainsi que le long de la rive gauche du Rhin. L'Ill est la colonne vertébrale de la ville, reliée au Rhin par des anciens bras désormais canalisés (le canal de jonction et différents bassins portuaires). Plusieurs affluents traversent les différents quartiers de la ville : la Bruche et le canal de la Bruche à la Montagne Verte et à Koenigshoffen, l'Aar au Contades et au Wacken, le Krimmeri et le Ziegelwasser (anciens bras du Rhin) à la Meinau, au Neuhof et au Neudorf, le canal de la Marne au Rhin au nord. Ainsi Strasbourg est constituée de plusieurs îles dont l'ellipse insulaire du centre historique, l'île Sainte-Hélène dans le quartier du Contades, l'île aux Épis et l'île du Rohrschollen dans le quartier du Port du Rhin.

La ville est par ailleurs située sur l'une des plus grandes réserves d'eau potable d'Europe (près de 35 km3)[12]. La densité importante de l'hydrographie cumulée à l'affleurement de la nappe phréatique rhénane contribue à rendre le secteur très sensible aux inondations. C'est pourquoi la plupart des extensions urbaines de la ville puis de l'agglomération se sont faites au moyen de remblais importants (notamment pour la construction du quartier allemand), accompagnées du comblement ou de la canalisation des multiples bras d'eau, réduisant d'autant les surfaces d'épandage et augmentant la rapidité et le débit des eaux en cas de crue.

Strasbourg est aujourd'hui confrontée à un risque d'inondation important dans certains quartiers (Montagne Verte au sud-ouest et La Robertsau au nord) qui pèse sur les projets d'extension urbaine et de densification de l'habitat.

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Strasbourg[Note 3].

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[13]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[14]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[15] et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à 30 jours)[16]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[17],[18].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 637 mm, avec 0,8 jours de précipitations en janvier et 10,3 jours en juillet[13]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Entzheim à 9 km à vol d'oiseau[19], est de 11,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 635,7 mm[20],[21]. La température maximale relevée sur cette station est de 38,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −23,6 °C, atteinte le [Note 4].

Statistiques 1991-2020 et records station STRASBOURG-ENTZHEIM (67) - alt : 150 m, lat : 48°32'58"N, lon : 7°38'25"E (à 8,7 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
17,6
25.01.25
21,2
27.02.26
26,3
31.03.21
30
22.04.18
34,6
20.05.22
38,8
30.06.19
38,9
25.07.19
38,7
07.08.15
33,4
11.09.23
31
13.10.23
22,1
18.11.1926
18,6
31.12.22
38,9
2019
Maximale moyenne 5,2 7,3 12,1 17 20,9 24,4 26,4 26,1 21,6 15,8 9,4 5,9 16
Moyenne 2,5 3,6 7,4 11,3 15,5 18,9 20,6 20,3 16,1 11,5 6,3 3,3 11,4
Minimale moyenne −0,2 0 2,6 5,7 10,1 13,4 14,9 14,5 10,7 7,2 3,3 0,8 6,9
Record de froid
date du record
−23,6
23.01.1942
−22,3
15.02.1929
−16,7
04.03.1965
−5,6
21.04.1938
−2,4
11.05.1953
1,1
02.06.1936
4,9
07.07.1961
4,8
30.08.1998
−1,3
27.09.1943
−7,6
31.10.1950
−10,8
30.11.1973
−23,4
23.12.1938
−23,6
1942
Précipitations
Hauteur (mm) 35,4 34,1 38,6 41,8 77,2 68,5 71,9 61,3 54,6 59,5 47,6 45,2 635,7
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
31,6
12.01.1936
36
06.02.1958
26,2
31.03.1952
36,7
05.04.1968
65,6
29.05.1935
55,7
23.06.1975
66,3
20.07.14
56,6
18.08.1986
58,4
24.09.1927
44,6
02.10.06
40,4
20.11.15
31,4
05.12.1988
66,3
2014
Ensoleillement
Heures 55,5 85,8 146,4 186,9 209,1 226,4 239,7 224,2 173,5 100,4 55,2 44,2 1 747,3
Source : « Fiche 67124001 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, édité le : 06/10/2025 dans l'état de la base (consulté le )
5,2
−0,2
35,4
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
7,3
0
34,1
fév.
12,1
2,6
38,6
mars
17
5,7
41,8
avril
20,9
10,1
77,2
mai
24,4
13,4
68,5
juin
26,4
14,9
71,9
jui.
26,1
14,5
61,3
août
21,6
10,7
54,6
sep.
15,8
7,2
59,5
oct.
9,4
3,3
47,6
nov.
5,9
0,8
45,2
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Urbanisme

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Typologie

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Au , Strasbourg est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[22]. Elle appartient à l'unité urbaine de Strasbourg (partie française)[Note 5], une agglomération internationale regroupant 23 communes, dont elle est ville-centre[Note 6],[23],[24]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est la commune-centre[Note 7],[24]. Cette aire, qui regroupe 268 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[25],[26].

Occupation des sols

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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (66,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (65,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (37,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (22,3 %), forêts (16,6 %), eaux continentales[Note 8] (8,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (6,5 %), terres arables (3,9 %), zones agricoles hétérogènes (2 %), prairies (1,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,7 %)[27]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

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Tissu urbain

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Strasbourg vue par le satellite SPOT.

Le centre historique de Strasbourg, qui occupe la Grande Île, se caractérise par des rues étroites typiquement médiévales, notamment autour de la cathédrale Notre-Dame et dans le quartier de la Petite France. Le secteur allant de la cathédrale à la place Broglie et jusqu'à la place Gutenberg est néanmoins encore marqué par le plan en damier datant de l'époque romaine dont le cardo decumanus se croise rue des Hallebardes et rue du Dôme. Au nord, le vaste quartier de la Neustadt construit entre 1880 et 1914 s'étend de la gare centrale jusqu’aux bassins du port. Il est irrigué par de larges avenues rectilignes qui débouchent sur des zones moins denses, notamment sur le quartier du Conseil des XV dont les premières constructions remontent au début du XXe siècle. Le sud-est est occupé par le quartier de la Krutenau, l'un des plus anciens de la ville. Un peu plus à l'est se trouve le quartier de l'Esplanade. Construit à partir des années 1960 pour faire face à la poussée démographique, il est essentiellement composé de grands immeubles (plus de dix étages) ce qui en fait le plus dense de la ville. Ce quartier accueille le campus central de l'université.

Les quartiers centraux sont entourés par la « ceinture verte ». Il s'agit de l'ancienne zone non ædificandi qui faisait partie des défenses de la ville. Les constructions y sont limitées à 20 % de surface bâtis au sol (les routes, autoroutes et voies ferrées ne sont cependant pas considérées comme des constructions)[28].

À l'ouest et au nord, les quartiers de Cronenbourg, Koenigshoffen et La Robertsau ont conservé leur aspect d'anciens faubourgs.

Au sud, les habitations de densité moyenne prédominent, comme dans le quartier de Neudorf. Les habitations les plus récentes sont réparties dans l'agglomération, mais aussi au sein de la commune, notamment dans les quartiers sud et sud-est de la ville Danube, Rives de l'Étoile et Porte de France. Dans les quartiers ouest et sud-ouest, on retrouve la plupart des logements sociaux de la ville construits dans les années 1960 et 1970 sous la forme de grands ensembles : cité Nucléaire à Cronenbourg, Hautepierre, Koenigshoffen, Montagne Verte, Elsau et Neuhof.

La ville compte deux zones industrielles : la plaine des Bouchers au sud-ouest et le Port du Rhin sur toute sa frange est.

Afin d'améliorer la desserte du Port du Rhin et du pont de l'Europe, la route du Rhin (RN4) a été réaménagée en avenue. Elle doit permettre à terme de désengorger le trafic des poids lourds sur cet axe majeur et ainsi contribuer à créer une nouvelle centralité transfrontalière en désenclavant le quartier du Port du Rhin. L'objectif principal étant de paysager l'entrée en France depuis l'Allemagne. De l'habitat plus dense devrait donc apparaître, et connecter la ville aux franges du Rhin.

Quartiers

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Les 15 quartiers administratifs de Strasbourg.

Strasbourg compte 15 quartiers « fonctionnels »[29]. Ces 15 quartiers ont vu le jour en 2013 après que la ville décida d'affiner le découpage des quartiers, qui comportait au départ 10 quartiers calqués sur les cantons de la ville, formant des regroupements de plusieurs véritables quartiers.

  1. Bourse - Esplanade - Krutenau ;
  2. Centre-ville ;
  3. Gare - Tribunal ;
  4. Orangerie - Conseil des XV ;
  5. Cronenbourg ;
  6. Hautepierre - Poteries ;
  7. Koenigshoffen ;
  8. Montagne Verte ;
  9. Elsau ;
  10. Meinau ;
  11. Neudorf - Musau ;
  12. Port du Rhin ;
  13. Neuhof 1 ;
  14. Neuhof 2 comprenant le Stockfeld et la Ganzau ;
  15. Robertsau - Wacken (dont le quartier européen).

Logement

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En 2014, Strasbourg compte 26 181 bâtiments. La ville possède 3 250 bâtiments soit 12,4 % du total tandis que l’État en détient 325 soit 1,2 %. Parmi ces 26 181 bâtiments, 44,6 % appartiennent à des copropriétés, 722 immeubles sont détenus par des SCI, 95 par des compagnies d'assurances et 78 par des banques[30]. L'ensemble de ces 26 181 bâtiments est estimé à 28 milliards d'euros[31].

En 2005, la commune de Strasbourg comptait 135 340 logements. Par rapport à 1999, le nombre de logements a augmenté de 1,9 % alors que le nombre de ménages a grimpé de 6,8 % sur cette même période[32]. Néanmoins, Strasbourg compte plus de 9 % de logements vacants[33].

Selon le recensement complet de 1999, la ville compte 87,9 % de résidences principales contre seulement 0,4 % de résidences secondaires[34]. Les logements individuels représentent 6,6 % du parc immobilier, ce qui est très faible comparé à des villes comme Bordeaux (26,9 %) ou Nantes (23,4 %) mais supérieur à Lyon (3,3 %). La ville se caractérise aussi par l'importance des logements anciens puisque 35,5 % d'entre eux ont été construits avant 1949. En revanche, les logements construits après 1990 ne représentent que 8,9 % du parc. Enfin, les logements strasbourgeois sont essentiellement de grande taille avec 38,3 % de 4 pièces et plus.

Entre 1999 et 2005, la part des propriétaires a légèrement augmenté en passant de 24 % à 26 %, mais reste relativement faible. La part des locataires s’établit à 71 %.

Les logements sociaux représentent environ 22 % des logements. Parmi les 30 507 logements sociaux que compte la ville, 3,4 % d’entre eux sont vacants. Ces logements sont essentiellement des 3 pièces (37,6 %) et des 4 pièces (31,0 %). On dénombre en revanche peu de petits appartements (studios et 1 pièce)[32].

Projets d'aménagement

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Le développement de la ville s'appuie sur plusieurs grands projets urbains, notamment :

Aménagement des Fronts de Neudorf et des Deux-Rives

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Le nouveau quartier Fronts de Neudorf articulé autour du centre commercial Rivetoile, du cinéma multiplexe UGC Ciné-Cité Étoile , du môle Seegmuller et de la médiathèque André Malraux.

Depuis les années 1990, la ville envisage la requalification des anciennes zones portuaires situées aux abords de la place de l’Étoile.

Lancé en 2011, le projet d'aménagement urbain « Deux-Rives » consiste à urbaniser l'axe Strasbourg - Kehl soit environ km du Heyritz jusqu'au Port du Rhin. Selon la municipalité, cela devrait permettre d'ouvrir Strasbourg « à 360° »[35]. Il s'agit d'un projet urbain de grande ampleur concernant près de 250 hectares et visant à la construction de 9 000 logements. L'opération est articulée autour de l’extension de la ligne D du tramway de Strasbourg vers Kehl qui est inaugurée le . À cette occasion, un nouveau pont sur le Rhin est mis en service[36]. Dans ce projet, on trouve notamment l'aménagement du quartier du Heyritz, la construction de l'écoquartier Danube ou la requalification du quartier du Port du Rhin avec le lancement d'un concours d'urbanisme pour les anciennes emprises douanières de Kehl et Strasbourg[37]. La réalisation est échelonnée de 2012 à 2025.

La presqu'île André Malraux, ou se trouvait l'ancien Armement Seegmuller, constitue le cœur du projet « Deux-Rives ». Celui-ci comprend, entre autres, la construction de trois tours de 55 mètres de haut, baptisées « Black Swans », dont la réalisation a été confiée à l'architecte Anne Demians fin 2012 (les travaux se déroulent de 2014 à 2018[38]), la construction d'une tour à énergie positive (la tour Elithis Danube) et l'aménagement de l'espace urbain.

Parmi les équipements urbains déjà réalisés, citons : la création du parc du Heyritz, le réaménagement de la place de l’Étoile et de la route du Rhin, la construction de la Cité de la musique et de la danse, le centre commercial Rivetoile, le cinéma multiplexe UGC Ciné Cité Strasbourg Étoile, la médiathèque André Malraux ainsi que la réhabilitation de la tour Seegmuller en « Maison universitaire internationale »[39],[40] et d'un ancien bâtiment portuaire comportant logements, commerces et un lieu consacré à la culture numérique, le Shadok.

Aménagement de « l'Archipel » (ancien projet « Wacken-Europe »)

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Le projet comprend la construction d'un nouveau parc des expositions (PEX), la rénovation et l'agrandissement du palais de la musique et des congrès (PMC), la construction d'un nouveau théâtre du Maillon mais principalement la réalisation d'un quartier d'affaires à la place de l'ancienne patinoire et d'anciens halls du parc des expositions.

Le nom initial du projet, « Wacken-Europe », est changé pour celui d'« Archipel » en [41].

L'extension et la restructuration du palais de la musique et des congrès est achevée en 2016. Le quartier d'affaires comprendra 45 000 m2 de bureaux, 30 000 m2 pour les institutions européennes, 18 000 m2 de logements, 2 000 m2 de commerces, 10 000 m2 pour les équipements hôteliers ainsi que plusieurs parkings. Les travaux, réalisés en plusieurs lots, s'échelonneront jusqu'en 2022[42],[43]. Le premier occupant du quartier, Adidas France, s'y installe en [44].

Le nouveau parc des expositions, conçu par l'architecte japonais Kengo Kuma, est livré en .

Le club de basket-ball SIG Strasbourg souhaite également agrandir et transformer sa salle, le Rhénus Sport. Celle-ci passerait de 6 000 à 8 000 places et comprendrait aussi 6 000 m2 de surfaces commerciales[45].

Aménagement de la gare basse

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Le projet d'aménagement de la gare basse de Strasbourg se tient à un horizon plus lointain ; 2025, car c'est le délai que la SNCF estime nécessaire pour déplacer toutes les installations ferroviaires de cette partie de la gare. À cette échéance, la ville souhaite aménager ce secteur pour permettre l'ouverture à 360° de la gare. Un quartier d'affaires prendra place sur ces emprises, en lien direct avec la LGV Rhin-Rhône et la LGV Est européenne[46]. Toutefois, en 2014, ce projet est au point mort[47]. En 2019, le maire Roland Ries laisse entendre que l'« ouverture de la gare à 360° » pourrait se faire après la mise en service du contournement ouest de Strasbourg (A355) et la requalification de l'autoroute A35 en boulevard urbain[48].

Voies de communication et transports

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Dès l'origine, Strasbourg doit son nom à sa position « à la croisée des chemins ». Encore aujourd'hui, la ville bénéficie d'une situation géographique privilégiée qui en fait un important carrefour européen, à l'intersection de quelques-uns des principaux axes de communication du continent.

Transports urbains

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Rames du tramway de Strasbourg, près de la station République

Strasbourg se dote d'un premier réseau de tramway en 1878. À son apogée, en 1937, celui-ci comptait près de 83 kilomètres de lignes urbaines tandis que le réseau suburbain était composé d'environ 200 kilomètres de lignes des deux côtés du Rhin. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le tramway entre dans une période de déclin et les dernières lignes sont définitivement fermées en 1960.

En 2025, le réseau moderne du tramway, exploité par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), est le troisième plus étendu de France (derrière ceux de Lyon et d'Île-de-France), avec 95 stations et 72 kilomètres de lignes commerciales. Outre Strasbourg, le tramway dessert huit communes de l'Eurométropole ainsi que la ville de Kehl en Allemagne. Le maillage du réseau permet d'utiliser un tronçon pour plusieurs lignes. La capacité de transport (tram et bus) est de 442 000 voyages par jour[49].

La première ligne du tramway moderne fut inaugurée le . Depuis cette date, le réseau n'a cessé de se développer et compte actuellement six lignes en service : A, B, C, D, E et F. La dernière extension est mise en service le  : la ligne F est prolongée jusqu'à Wolfisheim[50].

Par ailleurs, le projet de tram-train devant relier Strasbourg à Gresswiller et Barr est abandonné fin 2012[51],[52].

Une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS), reliant la gare centrale à l'Espace européen de l'entreprise à Schiltigheim, est mise en service le . Elle est complémentaire du réseau de tramway et prend ainsi la désignation de ligne G. Une seconde ligne — désignée ligne H et utilisant des bus électriques — est ouverte le entre la gare centrale et le quartier du Wacken[53]. Le 20 novembre 2023, la ligne G est prolongée de la gare centrale jusqu'à la cité Rotterdam via la place de l'Étoile.

Un réseau de bus, également exploité par la CTS, dessert l'ensemble de l'agglomération strasbourgeoise. Il comporte 39 lignes urbaines à la suite de la dernière restructuration intervenue en . Les lignes de bus portent un numéro pour les distinguer des lignes de tram et de BHNS, ces dernières étant désignées par une lettre.

La ville compte également deux gares routières : place des Halles pour le trafic interurbain (réseau Fluo Grand Est) et place de l'Étoile pour les lignes nationales et internationales.

Réseau routier

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Principaux axes routiers (avant la mise en service du contournement ouest et de la rocade sud).

Strasbourg se situe sur un axe est-ouest qui la relie d'une part à Paris via Reims et Nancy/Metz (autoroute A4/RN4) et d'autre part à Munich via Stuttgart (E52). La ville est également placée sur un axe nord-sud qui la relie d'une part au Sud de la France via Lyon (autoroute A6, autoroute A7) et d'autre part à Francfort-sur-le-Main via Karlsruhe (E35). Strasbourg est par ailleurs reliée à l'Allemagne par deux ponts : le pont de l'Europe, situé à l'est de la ville et le pont Pierre-Pflimlin, situé dans l'agglomération sud et qui permet une meilleure desserte des villes d'Offenbourg et de Fribourg.

Du fait de la conception des autoroutes  comme étant à la fois des voies de transit et des voies de desserte des grandes agglomérations  qui prévalait dans les années 1970 et 1980, Strasbourg voit son agglomération traversée par des voies autoroutières portées aujourd'hui à deux fois trois voies (deux fois quatre voies sur un court tronçon prolongeant un tronçon surélevé condamné à rester en deux fois deux voies), et ce à moins d'un kilomètre du centre-ville. Il en résulte de fortes nuisances dans certains quartiers (Gare, Cronenbourg). L'autoroute A35, avec environ 170 000 véhicules (dont 19 000 camions)[54] par jour à hauteur de Cronenbourg[55], est en effet la plus saturée de France après le périphérique parisien. Entre 1990 et 2000, le trafic a en outre augmenté de 40 %[55].

La construction d'une nouvelle autoroute de deux fois deux voies (autoroute A355), dite grand contournement ouest de Strasbourg (GCO ou COS) est évoquée depuis les années 1970. Il a pour objectif de capter le trafic de transit nord-sud et de délester la rocade ouest. Il doit permettre une réduction de la pollution et des nuisances sonores à proximité de la ville grâce à la requalification de l'A35 en boulevard urbain. Cependant, ses opposants craignent un effet d’aspirateur du trafic nord-sud européen et un accroissement des nuisances[56]. Le tracé, de 24 km, relie la jonction A4/A35 au nord, à la bifurcation A35/A352 au sud. Les travaux débutent en pour une mise en service le [57].

Voies ferrées

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Verrière de la gare de Strasbourg-Ville.

La gare de Strasbourg-Ville, aussi appelée gare centrale, est le centre d'une importante étoile ferroviaire à cinq branches. Elle est le principal pôle d'échanges de l'agglomération. Elle est la 2e gare de province en France la plus fréquentée après celle de Lyon Part-Dieu avec plus de 20 millions de voyageurs.

Strasbourg est l'une des étapes de la « Magistrale européenne », principal axe ouest-est de l'Europe, de Paris à Budapest (soit le trajet de l'ancien Orient-Express). Le premier tronçon de la LGV Est européenne — reliant la gare de Paris-Est à Baudrecourt en Moselle — a été mis en service le , ramenant le meilleur temps de trajet vers Paris de 4 h à 2 h 20 min. Le second tronçon, entre Baudrecourt et Vendenheim, est ouvert le . Le temps de parcours entre Paris et Strasbourg est désormais d'environ 1 h 50 min[58]. L'ouverture de la LGV Rhin-Rhône, fin 2011, permet de placer la ville sur un second axe à grande vitesse entre mer du Nord et Méditerranée[59].

Le trafic de la gare de Strasbourg-Ville était d'environ 35 000 passagers par jour en 2006[60], mais l'arrivée des TGV Est puis Rhin-Rhône et le développement des TER portent ce nombre à 60 000 passagers en 2012[61] et 70 000 par jour en 2015[62]. La gare accueille un total de 550 trains dont environ 50 TGV par jour.

Les gares de Krimmeri-Meinau et Strasbourg-Roethig sont deux haltes ferroviaires affectées au trafic TER.

Les autres gares voyageurs de l'Eurométropole sont les gares de Bischheim, Entzheim-Aéroport, Fegersheim - Lipsheim, Geispolsheim, Graffenstaden, Hœnheim, Lingolsheim, Mundolsheim, Vendenheim et La Wantzenau.

Depuis le , les abonnés de la Compagnie des transports strasbourgeois résidant dans une commune de l'Eurométropole peuvent également utiliser les trains du réseau TER Grand Est au sein de l'agglomération[63].

La ville compte aussi trois gares ouvertes uniquement au service du fret : les gares de Strasbourg-Cronenbourg, Strasbourg-Neudorf et Strasbourg-Port-du-Rhin. Enfin, la vaste gare de triage de Hausbergen se trouve au nord de l’agglomération.

Transport aérien

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Aéroport international de Strasbourg-Entzheim.

L’aéroport international de Strasbourg-Entzheim est situé à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de la ville, dans la commune d’Entzheim, et dispose d’une piste unique en béton de 2 400 m de long. Concurrencé par les proche aéroports de Bâle-Mulhouse-Fribourg et Karlsruhe-Baden-Baden ainsi que par la LGV Est européenne, son trafic oscille entre 1,1 et 1,3 million de passagers par an depuis l’ouverture de celle-ci en 2007. Il a toutefois la particularité de légèrement augmenter d’année en année, alors que le trafic aérien global est en baisse en France[64],[65].

L’aérodrome de Strasbourg-Neuhof, aussi appelé aérodrome du Polygone, est situé dans le quartier du Neuhof et comporte deux pistes en herbe. Fondé en 1910, il est destiné essentiellement à l’aviation légère et de loisirs depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[66].

Trafic fluvial

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Bateau-promenade Batorama sur l’Ill, près des ponts couverts.

Strasbourg a été fondée sur l'Ill et les activités batelières y ont toujours été très importantes vu la densité du réseau hydrographique. En 2019, on compte 786 000 passagers sur les bateaux-promenades de Batorama, le service touristique du Port autonome de Strasbourg (PAS). La ville accueille chaque année plus de 200 000 visiteurs grâce au tourisme fluvial.

La ville possède d'importantes installations portuaires sur le Rhin, qui constitue la première voie navigable d'Europe et le premier fleuve commercial du monde. En 1920, le siège de la Commission centrale pour la navigation du Rhin fut transféré de Mannheim à Strasbourg et logée dans l'ancien palais impérial, rebaptisé palais du Rhin. Le Port autonome de Strasbourg est le deuxième port fluvial de France et le quatrième d'Europe (après Duisbourg, Paris et Liège) avec, en 2019, un trafic de 7,6 millions de tonnes de marchandises transbordées et 381 565 conteneurs. Les principales marchandises qui transitent par le port sont les céréales, les graviers et les produits pétroliers[67].

Mobilité active

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Ville marchable
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En 2021, Strasbourg est classée deuxième dans le classement des villes marchables de plus de 200 000 habitants[68].

Réseau cyclable et location de vélos
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Station Vélhop.

Située à la jonction des deux EuroVelo routes EV5 et EV15, Strasbourg possède le premier réseau cyclable de France et l'un des plus importants d'Europe avec 560 kilomètres de pistes et bandes cyclables en 2017.

Dès 1869, la municipalité strasbourgeoise édite un arrêté sur l'usage du vélo, complété par une réglementation détaillée en 1892. La première piste cyclable de la ville, reliant le cimetière Sainte-Hélène à la place du Faubourg de Pierre, est réalisée en 1930. Un « schéma directeur vélo » est adopté en 1978. Dix ans plus tard, la ville compte 100 kilomètres de pistes cyclables. D'autres plans d'action en faveur du vélo sont adoptés en 1994 puis en 2010[69].

Strasbourg est reliée à Rotterdam, au nord, et à Andermatt en Suisse, au sud, par la véloroute Rhin (EuroVelo 15). Une jonction directe au réseau allemand s'effectue par la passerelle des deux rives empruntée par une piste européenne transfrontalière de près de 60 kilomètres de long qui relie Molsheim, sur la véloroute du vignoble d'Alsace, à Offenbourg, étape du « Drei Täler Radweg » sur la Route des Vins badoise, en longeant le canal de la Bruche. Une autre piste revêtue de longueur similaire, partie intégrante de l'EV5 (Via Francigena de Londres à Rome/Brindisi), entre dans l'agglomération par le canal de la Marne au Rhin depuis la sortie du tunnel d'Arzviller à proximité du plan incliné de Saint-Louis-Arzviller via Saverne. À Strasbourg, l'EV5 croise l'EV15 (véloroute Rhin) et quitte la capitale européenne vers l'ouest par la voie verte du canal de la Bruche pour rejoindre la véloroute du vignoble d'Alsace à Soultz-les-Bains. Quant à l'EuroVelo 15, elle quitte la ville par le sud sur le chemin de halage du canal du Rhône au Rhin pour rejoindre la Suisse par Bâle.

Le principal itinéraire cyclable de l'agglomération est la Piste des Forts. Celle-ci propose un parcours de 85 kilomètres, de part et d'autre du Rhin, permettant de découvrir l'ancienne ceinture de forts construite durant l'annexion de l'Alsace-Lorraine[70].

La ville s'est dotée d'infrastructures adaptées et compte aujourd'hui plus de 7 700 arceaux[71]. Strasbourg compte également plusieurs parkings à vélos répartis en son centre. Le plus grand d'entre eux, couvert et sécurisé, est situé près de la gare et compte 760 places[72].

Inauguré le , l'Eurométropole propose un service de location de vélos, le Vélhop. Basé sur la technologie Smoove et géré par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), il permet de louer une bicyclette pour une courte (heure, journée) ou longue durée (semaine, mois, trimestre, année)[73]. Ne permettant pas de trajets occasionnels d'une station à une autre, le Vélhop n'est pas un service de vélos en libre-service.

Enfin, la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), qui fédère plus de 170 associations locales de promotion du vélo en tant que mode de transport au quotidien, s'est implantée à Strasbourg à sa création en 1980.

Forêts et espaces verts

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Le parc de l'Orangerie.
Le château de Pourtalès et son parc, dans le Quartier de la Robertsau.

Le Nord-Est et le Sud-Est de la commune sont couverts de vastes forêts : la forêt de la Robertsau (493 hectares) et la forêt du Neuhof (797 hectares)[74]. Elles sont les vestiges de l'ancienne luxuriante forêt rhénane qui occupait tout le lit majeur du Rhin, fleuve tumultueux et sauvage jusqu'au XIXe siècle. Cette forêt présentait une vitalité et une richesse en espèces remarquables, abritant une avifaune très diversifiée. Si l'endiguement et les aménagements successifs du fleuve l'ont fortement réduite, elle conserve son caractère de zone humide et abrite, dans la partie sud du quartier du Port du Rhin, la réserve naturelle de l'île du Rohrschollen. Elle demeure un terrain d'élection pour la LPO. En outre, le programme « Rhin vivant » dans le cadre du projet « LIFE Nature conservation et restauration des habitats naturels de la bande rhénane » a été lancé avec l’objectif de restaurer les écosystèmes rhénans.

En 2016, le domaine public de la ville compte 80 313 arbres. Près de 5 000 spécimens ont été plantés entre 2013 et 2015[75].

Par ailleurs, la ville compte 324 hectares de parcs et de jardins[74] dont le plus réputé est le parc de l'Orangerie. Situé face au palais de l'Europe, il comporte des attractions telles qu'une mini-ferme, un élevage de cigognes et s'agrémente d'un lac avec une cascade romantique ainsi que d'un pavillon construit en 1804 en l'honneur de l'impératrice Joséphine. Il couvre une superficie de 26 hectares. L’Orangerie comportait également un zoo mais ce dernier est fermé en 2022 sur décision de la municipalité écologiste, souhaitant transformer le zoo en parc animalier pédagogique[76].

Le jardin botanique possède quant à lui des origines très anciennes. Le premier jardin botanique de la ville est créé en 1619 puis transformé en cimetière en 1870 après le siège de la ville par les Allemands. Le jardin actuel, situé à l'arrière du palais universitaire, a été inauguré en 1884 pour les étudiants de la faculté de médecine et de pharmacie. Il regroupe 6 000 espèces réparties sur une surface de 3,5 hectares[77].

Très original puisque situé sur les vestiges de la citadelle de Vauban construite en 1681 à l'Esplanade, le parc de la Citadelle s'étend sur 12,5 hectares. Plus conventionnel, le parc du Contades créé au XVIIIe siècle par le maréchal de Contades est d'abord une promenade arborée extérieure à la ville. Aujourd'hui, il fait partie intégrante de la Neustadt et couvre 7,9 hectares.

De nombreuses places de la Neustadt comportent un jardin central, caractéristique typiquement germanique.

Situé à La Robertsau, aux abords de la forêt, le parc de Pourtalès est un espace de 24 hectares entourant le château du même nom qui abrite notamment une collection de sculptures contemporaines. Une grande partie des berges est également aménagée, notamment dans le centre, à la Montagne Verte, à la Robertsau et à la Meinau.

Le nouveau quartier des Poteries situé à l'ouest de Strasbourg a été aménagé autour du parc du même du nom, de conception très contemporaine, inauguré en 1995.

Le jardin des Deux Rives, ancien parc du Rhin, est quant à lui un parc transfrontalier situé de part et d'autre du Rhin, en partie dans la commune de Kehl. La superficie de sa partie française est d'environ 25 hectares. Les deux rives du Rhin sont reliées par la passerelle piétonne Mimram.

En 2003, la place de l’Étoile a été réaménagée pour devenir un parc. Non loin de là, le nouveau parc du Heyritz a été inauguré en 2014.

Enfin Strasbourg est la première ville en France à soutenir un projet de jardin partagé en permaculture sur 80 ares dans le quartier de Koenigshoffen[78],[79].

Strasbourg a également été récompensée par deux fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris[80] et a obtenu sa troisième fleur en 2013[81],[82].

La ville de Strasbourg est aussi propriétaire des forêts du Hohwald (880 hectares), du Herrenwald près de Brumath (188 hectares), de l'Oedenwald près de Cosswiller (1 001 hectares) et de l'Elmerforst près de Balbronn (362 hectares)[83].

Qualité de l'environnement

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Toponymie

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Attestations anciennes : Argentorate, Argentoratum, Argentina (Antiquité), Stradeburgum (590), Strateburgo (590), Stratburgo (728), Strasburga (762), Strazburc (1061), Straborc (1262), Estrabourch (1289).

Le premier nom de la ville fut en celtique Argantorati < Argentorate[84], romanisé en Argentoratum (Argentoraton IIe siècle), même nom qu'Argentré (Mayenne, Argentrato IXe siècle). L’étymologie de ce terme est discutée, certains y voyant un lien avec la Grande déesse celte, dont Argantia est une des épithètes et qui est identifiée avec la lune. L’acception la plus courante[85] voudrait que la racine celtique arganto- (argent, luisant) renvoie à la couleur et la brillance argentée d'un cours d'eau (cf. l’Argens, l'Arc, etc.), en l'occurrence de l'Ill (Ainos en gaulois). Cette hypothèse est renforcée par l’ancien nom de Horbourg (Argentovaria), commune également située sur l’Ill, dont l'élément ver / var désigne précisément un cours d'eau en indo-européen.

-rate de rāti désigne une levée de terre ou une fortification (cf. vieil irlandais ráith / ráth, fortin, fortification). Cette hypothèse affirme donc qu'Argentoratum est l'enceinte sur l'Argenta, in extenso la cité de la rivière, du fleuve. Ce nom était alors en parfaite cohérence avec la perception de ce lieu frontière, situé à proximité du Rhin, fleuve large de plusieurs kilomètres dont les bras d'eau s'entremêlaient avec ceux de l'Ill.

Avec la chute de l'Empire romain, les Alamans la renomment Stratiburg ce qui signifie « la place forte des routes ». La ville était en effet située à la croisée de routes importantes et au niveau de l’un des rares ponts permettant de franchir le Rhin. Par ailleurs, les longues voies romaines pavées de plusieurs kilomètres reliant les faubourgs au castrum, cœur de l'ancienne cité romaine, semblent bien octroyer cette nouvelle appellation. Son nom évolua ensuite en Straßburg, le château/la place forte (die Burg, bâtiment fortifié[Note 9],[Note 10]) sur les routes (die Straße), issu de Stratiburg nom antérieur à la mutation consonantique du haut allemand mentionné pour la première fois au VIe siècle par saint Grégoire[86]. En allemand, Straß(e) = rue et Burg = château fort.

La commune est appelée Strassburg ou Straßburg en allemand, Strossburi ou Stroßbùrri[87] en alsacien (Alémanique) Strossburch en francique rhénan (Nord de l'Alsace, Plateau lorrain, Palatinat), et Chtrasbourg en welche (dialecte francophone des vallées vosgiennes, notamment haute vallée de la Bruche).

Histoire

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Préhistoire

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De nombreux objets du Néolithique, de l’âge du bronze et de l’âge du fer ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques. Mais c’est des environs de 1300 av. J.-C. que date l’installation durable de peuples protoceltes.

Antiquité

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Vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. le site est devenu une bourgade celte du nom d’Argentorate, dotée d’un sanctuaire et d’un marché. Grâce à d’importants travaux d’assèchement, les maisons sur pilotis cèdent leur place à des habitations bâties sur la terre ferme[88].

Les Romains arrivent en Alsace en 58 av. J.-C. et s’installent sur le site de Strasbourg. En 12 av. J.-C. la ville devient un camp militaire fortifié (castrum) positionné sur le limes du Rhin faisant partie des forts de Drusus. Au fil du temps, la ville va prendre de l’importance. Promue colonie militaire, Argentorate est déjà un carrefour commercial important et aux alentours de l’an 20 la population est estimée à près de 10 000 habitants, armée romaine incluse[89]. La ville reste néanmoins essentiellement militaire et donc totalement dépendante de cette activité. Au cours des IIe et IIIe siècles, avec l’agrandissement de l’Empire romain, Argentoratum va servir de base de repli pour les troupes romaines installées en Germanie. Mais en 260, les légions quittent la Germanie et Strasbourg redevient une ville frontière[90].

À son apogée la ville romaine est constituée du castrum dans l'angle nord-est de la Grande Île, entre la place Broglie, la rue du vieux marché aux vins et les deux bras de l'Ill. Elle est prolongée par de vastes faubourgs qui se poursuivaient de manière rectiligne (avant les dévoiements du XIXe siècle pour les voies ferrées) sur la route des Romains (nommée route de Pierre jusqu'en 1911). L'analogie entre la route de Pierre et la rue du Faubourg de Pierre n'est pas un hasard : elles correspondaient dès le Haut Moyen Âge aux deux routes pavées romaines. Cette première enceinte va constituer le noyau pré-urbain de la future ville[91].

En 355, la ville est saccagée par les Alamans, mais dès 357, Julien reconquiert la ville après une victoire décisive lors de la bataille d'Argentoratum. En 406 les Germains envahissent à nouveau la Gaule. Argentorate repasse sous administration romaine sous le terme d'un « comes argentoratum » pour un demi-siècle. En 451, la ville est complètement détruite (à l'instar de dizaines d'autres villes telles que Metz) par Attila[92].

Moyen Âge

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Ville épiscopale

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L'histoire est muette sur ce qui se passe entre 451 et la fin du Ve siècle. Il est probable que les restes de la chrétienté romaine y subsistent et y côtoient les Alamans qui s'installent dans la région. La cité est restaurée sous le nom de Strateburgum[84]. Il semblerait que les Alamans, dans leur majorité, privilégient des implantations en campagne et évitent la ville. La transition linguistique entre le latin et l'alémanique dans la ville s'est faite très rapidement, du fait de l'apport important d'Alamans et du peu de gallo-romains restés sur place. Après une série de batailles, dont la plus connue est celle de Tolbiac en 496, les Francs finissent par prendre l'ascendant sur la gouvernance de la ville et de la région (coté Alsace mais pas coté suisse alémanique) vers 530. Ces derniers favorisent le développement de la ville, après la conversion de Clovis Ier au christianisme. En effet, elle est l’une des rares villes de la région à devenir le siège d'un évêque, véritable gouverneur de l’époque[93], à l'instar de Bâle plus au sud et de Cologne au nord.

En cette période de paix, la ville se développe à nouveau. Dès le VIIe siècle, sous l’impulsion de l’évêque Arbogast, une première cathédrale est édifiée à l’emplacement d’un ancien sanctuaire romain utilisé par les chrétiens depuis le IVe siècle (actuelle église Saint-Étienne)[94].

La cathédrale Notre-Dame.
Passerelle des Juifs enjambant l'Ill.

Sous l’ère mérovingienne, Strasbourg devient ville royale mais reste de taille très modeste. Au VIIIe siècle, la ville compte plus de 1 500 habitants et dirige le duché d'Alsace ainsi que les deux comtés d'Alsace, allant de Haguenau jusqu'au-delà de Bâle ainsi qu’en Forêt-Noire. Les activités sont essentiellement agricoles mais on exporte déjà du vin, du blé et du bois de chêne vers l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre et la Scandinavie. En 842, la ville accueille Charles II le Chauve et Louis II de Germanie qui s’allient contre leur frère Lothaire pour le partage de l’Empire légué par leur grand-père Charlemagne et prononcent les Serments de Strasbourg, le plus ancien texte rédigé en langue romane (ancêtre du français, entre autres) et en langue tudesque (ancêtre de l’allemand)[95].

En 843, le traité de Verdun attribue Strasbourg à Lothaire. Mais peu après sa mort, en 870, la ville revient à Louis le Germanique. En 962, Otton le Grand fonde le Saint-Empire romain germanique et Strasbourg va connaître une période d’expansion. Au cours du Xe siècle, les enceintes romaines sont réfectionnées et la construction d’une nouvelle cathédrale débute en 1015. Au XIIe siècle de nouvelles enceintes fortifiées et un hôpital voient le jour tandis que la construction de l'actuelle cathédrale débute en 1180 tout en conservant le cœur roman de l'ancienne[96]. En seulement deux siècles, la ville passe de 3 000 à 10 000 habitants et devient l’une des plus grandes villes du Saint-Empire.

Les ponts couverts du XIIIe siècle.
Grand sceau des bourgeois de Strasbourg, 1201.

L'enceinte fortifiée est agrandie aux XIIe et XIIIe siècles et le système défensif des ponts couverts édifié. Les quatre tours actuelles faisaient partie des remparts (qui comptaient quatre-vingts tours) et étaient reliées par des ponts couverts d'une toiture en bois, disparue au XVIIIe siècle. Elles abritaient les corps de garde mais servaient aussi de prison.

En 1201, Philippe de Souabe élève Strasbourg au rang de ville libre. Peu après, en 1220, naît le conseil municipal. Il est alors chargé de fonctions jusque-là attribuées au clergé, notamment l’administration et la justice. La bourgeoisie acquiert une autonomie remarquable vis-à-vis du pouvoir épiscopal. Mais en 1260, Walter de Geroldseck est élu évêque de Strasbourg et exige qu’on lui restitue les pleins pouvoirs. Très vite, une guerre éclate entre les Strasbourgeois et l’armée épiscopale. En 1262, le prélat est vaincu à la bataille de Hausbergen, par les troupes strasbourgeoises, bien aidées par Rodolphe Ier du Saint-Empire[97].

Strasbourg tombe alors entre les mains des plus grandes familles nobles de Strasbourg dont les rivalités incessantes, ainsi que leur mépris des bourgeois, finissent par agacer et en 1332 une guerre civile éclate. Le pouvoir revient alors à la classe marchande.

Au milieu du XIVe siècle, la peste envahit toute l’Europe et atteint Strasbourg. Comme dans de nombreuses villes, les juifs sont accusés d’avoir empoisonné les puits. Lors du pogrom de Strasbourg le près de 2 000 juifs sont brûlés vifs pour ce motif ou pour spolier leurs biens, notamment à la passerelle des Juifs qui enjambe un bras de l'Ill, près de la porte des Juifs de l'ancienne enceinte de la ville conduisant au cimetière près de l'actuelle place de la République, dans ce pogrom de Strasbourg appelé aussi « massacre de la Saint-Valentin »[98],[99],[100].

Ville impériale libre

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Affranchie du pouvoir épiscopal, Strasbourg est reconnue Ville libre d'Empire par Charles IV. En cette période de trouble politique, la cité va cependant accroître sa notoriété et de nombreux édifices y seront construits. Le commerce fluvial se développe sous l'égide de la corporation des bateliers, chargée de taxer les marchandises[101].

À la fin du XIVe siècle, un nouvel agrandissement de la ville est entrepris. Toute la cité se transforme en un véritable chantier d'églises et de couvents, fondés par des moines ou des familles nobles. De cet ensemble demeurent le cloître de l'église Sainte-Madeleine et celui de Saint-Pierre-le-Jeune ou la commanderie Saint-Jean. En 1439, après quatre siècles de construction, la flèche de la cathédrale Notre-Dame est achevée. Elle est alors le monument le plus haut de la chrétienté et symbolise la puissance de la ville.

Cinq ans plus tard, en 1444, Strasbourg compte 26 000 habitants  dont 10 000 réfugiés de la guerre de Cent Ans qui vivent extra muros[102]  et peut lever, à tout moment, une armée de 4 500 hommes[103]. Son enceinte fortifiée et son impressionnant dispositif d’artillerie en font une place fortifiée de tout premier plan. La ville est à son apogée[104]. La ville sera jusqu'à la guerre de Trente Ans, l'un des grands centres du commerce des munitions de guerre (armes, armures, accessoires et poudre) en Europe. La cité en fabrique, mais en importe  principalement d'Allemagne  et en exporte dans la région, en France et en Allemagne. Une partie ne fait que transiter et est vendue aux foires de Lyon[105].

Vue de Strasbourg en 1493.

S’ensuit au début du XVe siècle une période de conflits qui oppose les bourgeois strasbourgeois gouvernant la ville, à la noblesse alsacienne. Ville bancaire par excellence, Strasbourg est en effet une ville riche qui suscite la convoitise. La vie intellectuelle est marquée au XVe siècle par la révolution de l'imprimerie. Né à Mayence et installé à Strasbourg depuis 1434, Johannes Gensfleisch, dit Johannes Gutenberg, conçoit l’imprimerie à caractères mobiles. On note cependant que Gutenberg est retourné à Mayence entre 1444 et 1448 ce qui fait qu’on ignore exactement où a été finalisée cette invention majeure. Toujours est-il que Strasbourg devient très vite un des grands centres de l'imprimerie, puisque dès la fin du XVe siècle la ville compte une dizaine d’ateliers d’imprimerie, notamment la prestigieuse officine des Grüninger. De fait, Strasbourg va attirer nombre d’intellectuels et d’artistes. Sculpteurs, architectes, orfèvres, peintres, horlogers, la ville excelle dans de nombreux domaines[106].

Temps modernes

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Berceau de l'humanisme et bastion de la Réforme

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Plan de la ville en 1572.

Le développement de l'imprimerie favorise le courant humaniste qui fait jour à Strasbourg et qui va préparer l'avènement de la réforme protestante.

En effet, l’humanisme et la Réforme sont les faits marquants de l'époque et Strasbourg est une des premières villes qui appelle au changement. Dès 1519, les thèses de Martin Luther sont affichées aux portes de la cathédrale et les dirigeants de la ville, notamment Jacques Sturm, sont favorables à ce changement. La ville adopte la Réforme en 1525 et devient protestante en 1532 avec l’adhésion à la confession d'Augsbourg. Strasbourg est alors l’un des principaux bastions de la Réforme protestante, ce qui va largement contribuer à son rayonnement.

La ville devient une terre d’accueil pour les huguenots, ces protestants chassés de France pour leur croyance. Parmi eux, notamment Jean Calvin qui s’installera plus tard à Genève. Cependant, devenue ville protestante, Strasbourg ne sera pas autorisée à créer sa propre université. La ville propose déjà de nombreux enseignements, notamment en médecine et en théologie depuis 1538 grâce au gymnase de Jean Sturm, mais ceux-ci ne donnent pas lieu à un grade universitaire reconnu[107].

Une période de conflits

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Frontispice d'une Relation de 1609.

Dans les années 1530, l’empereur Charles Quint, catholique, entre en guerre contre les princes protestants et leurs alliés et les vainc en 1547 à la bataille de Muehlberg. Strasbourg va alors conclure plusieurs alliances, notamment avec Zurich. Mais en 1592, après d’interminables délibérations, la cathédrale est partagée en deux avec l’élection de deux évêques : un catholique et un protestant. Commence alors la longue guerre des évêques qui va plonger la ville dans d’importantes difficultés financières. Ce conflit qui durera jusqu’en 1604 se solde par la victoire des Catholiques, Charles de Lorraine devenant l'unique évêque de la ville. En 1605, l'éditeur Johann Carolus commence à Strasbourg à produire la première gazette hebdomadaire du monde au nom de « Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien » (« Communication de toutes histoires importantes et mémorables »).

Dans toute l’Europe, la tension monte entre les protestants et les catholiques et en 1618, la guerre de Trente Ans éclate. Strasbourg, à l’abri dans ses fortifications modernisées par Daniel Specklin, n’intervient pas dans le conflit[108].

Vue de Strasbourg en 1644.

À l’issue de la guerre en 1648, par les traités de Westphalie, une partie de l’Alsace (les possessions des Habsbourg) est rattachée à la France, mais Strasbourg demeure ville libre impériale. Épargnée par la guerre, la ville est néanmoins isolée, financièrement affaiblie, et n’a rien à attendre de l’Empire germanique vaincu. Le , la ville est assiégée par une armée de 30 000 hommes sous le commandement de Louis XIV et deux jours plus tard, après de rapides négociations, Strasbourg accepte la reddition[109]. Les privilèges et les institutions de Strasbourg sont confirmés et liberté de culte garantie, mais la cathédrale est rendue aux catholiques. Le , le roi Louis XIV fait une entrée somptueuse à Strasbourg, au son des cloches et des canons pour célébrer l'annexion de la ville à la France, qui sera confirmée en 1697 par le traité de Ryswick[110].

Ville du royaume de France

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La maison Kammerzell, de type Renaissance rhénane.

Un accord est passé entre Louis XIV et Strasbourg visant à préserver les libertés essentielles de la cité, sur les plans politique, administratif et religieux. Par contre, elle est privée de son artillerie et de ses milices et doit accepter l'installation d'une troupe de garnison. De surcroît, un prêteur royal doit veiller à ce qu’aucune décision ne soit préjudiciable aux intérêts du roi.

Si la ville a changé de nationalité, elle reste une ville frontière et un point de passage important pour rejoindre l’empire germanique.

De fait, Louis XV séjournera à Strasbourg durant la guerre de Succession d'Autriche. La société aristocratique se développe et de nombreux hôtels particuliers voient le jour. Si l’allemand reste la langue courante, Strasbourg accueille de nombreux immigrants : entre 1681 et 1697, la ville passe de 22 000 à 26 500 habitants. Par ailleurs, Strasbourg abrite environ 6 000 soldats français, basés pour la plupart à la citadelle de Vauban dont les travaux ont débuté dès 1682[111].

Sur le plan religieux, la ville prend un tournant important. En 1704, un prince de la famille Rohan devient évêque de la ville. La famille conservera le pouvoir épiscopal jusqu’en 1790 et fera construire le fameux palais Rohan de Strasbourg, situé tout près de la cathédrale, sur les rives de l’Ill. Durant toute cette période, le catholicisme va se développer même si les protestants restent majoritaires[112]. En 1716, peu après la mort de Louis XIV, des sociétés françaises de colonisation de l'Amérique décident de faire un vaste appel à l'émigration alsacienne, en particulier strasbourgeoise. Des publicités attirent en Louisiane des Alsaciens, qui fondent la ville Des Allemands.

Assoupie depuis l’annexion de Strasbourg à la France, l’université de Strasbourg retrouve peu à peu son éclat d’antan et entre 1721 et 1755 la ville va accueillir plus de 4 000 étudiants. L’université est déjà internationale : les étudiants étrangers viennent généralement d’Allemagne, de Scandinavie ou des Pays-Bas, mais aussi de Grande-Bretagne et de Russie. Certains d’entre eux sont devenus célèbres, comme Johann Wolfgang von Goethe qui y fit des études de droit. Le rayonnement universitaire de Strasbourg est important et certains enseignements comme le droit et la médecine sont très réputés[113].

Époque contemporaine

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Révolution et Empire

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Statue du général Kléber, sur la place du même nom.
Mise à sac de l’hôtel de ville de Strasbourg, le .

Lorsque le la Bastille tombe aux mains des révolutionnaires, la population strasbourgeoise se soulève. Le , l’hôtel de ville est saccagé. Le calme revient très vite jusqu’en 1792, date à laquelle la France entre en guerre contre la Prusse et l’Autriche. Le , le jeune Rouget de l’Isle compose, à la demande du maire de Strasbourg, Un chant pour l’armée du Rhin sans se douter qu’il deviendra un symbole de la Révolution française en devenant la Marseillaise[114]. Cette même année, François Christophe Kellermann, natif de Strasbourg, est nommé à la tête de l'armée de la Moselle, avec laquelle il remporte la bataille de Valmy, arrêtant les troupes ennemies à Verdun et Longwy, et sauve la France. Il sera par la suite nommé Duc de Valmy par Napoléon en 1808 en souvenir de son rôle historique.

C'est également à cette époque que Jean-Baptiste Kléber, natif lui aussi de Strasbourg, commence à s'illustrer dans de nombreuses batailles pour la défense de la jeune République française. Lors de la déclaration de guerre de 1792, Kléber s'engage dans l'armée du Rhin et s'illustre dans la défense de la forteresse de Mayence assiégée en 1793. Il meurt assassiné au Caire, durant l'expédition napoléonienne. Sa statue trône au centre de la place Kléber, l'ancienne place d'Armes au cœur de la cité. Sa statue est l'œuvre de Philippe Grass en 1840.

En 1797, l’armée française prend plusieurs villes allemandes, notamment Kehl et Offenbourg. Strasbourg est hors de danger, mais la révolution a profondément désorganisé la ville. Deux ans plus tard, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir et plusieurs institutions voient le jour : la préfecture, la bourse de commerce en 1801, la chambre de commerce en 1802. Un nouveau pont sur le Rhin est construit et les routes sont rénovées. Autant d’évolutions qui vont favoriser les activités commerciales de la ville. Strasbourg redevient un carrefour commercial important ; on vend notamment du tabac, du vin, du coton et des épices[115]. Sur la cinquantaine de noms qui composent la « liste des négociants et commerçants les plus distingués de Strasbourg » de 1810, cinq d'entre eux seulement appartiennent à de vieilles familles strasbourgeoises, toutes luthériennes : Franck, de Turckheim, Oesinger, Mannberger et Saum[116].

Plan-relief de Strasbourg au milieu du XIXe siècle.

Révolution industrielle

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À la fin du XVIIIe siècle, la ville est engoncée dans ses murailles, et d’importants travaux débutent au début du XIXe. C'est le début de la révolution industrielle. De nouveaux canaux vont être construits, reliant la Marne et le Rhône au Rhin. La ligne Strasbourg - Bâle est mise en service entre 1840 et 1844 par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. La gare provisoire est alors installée à Koenigshoffen, en dehors des murs de la ville. La première gare intra-muros de Strasbourg est ouverte en 1846. La ligne de chemin de fer reliant Paris à Strasbourg est achevée en 1852. Le télégraphe électrique est mis en place la même année. Néanmoins, la ville reste essentiellement tournée vers le commerce et la finance, contrairement à Mulhouse dont l’industrie connaît un véritable essor[117].

À partir de 1853, le français devient la seule et unique langue d’enseignement, mais l’allemand et l’alsacien restent les langues les plus utilisées au quotidien[118].

Capitale du Reichsland d'Alsace-Lorraine

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Plan de Strasbourg en 1870.
Vue de Strasbourg vers 1890-1900.

La ville est prospère, mais en , une nouvelle guerre éclate. Dès le mois d’, les Prussiens, sous le commandement du général August von Werder, envahissent l’Alsace et assiègent Strasbourg. La ville est mal préparée et son enceinte fortifiée du XVIIe siècle n’est pas adaptée aux tirs de l’artillerie moderne[119].

Le , après plus d’un mois de bombardements discontinus, Strasbourg capitule et les Prussiens entrent dans la ville[120]. Le traité de Francfort, signé le , rattache le Bas-Rhin, le Haut-Rhin (moins l'arrondissement de Belfort), une partie de la Moselle, une partie de la Meurthe et quelques communes des Vosges à l’Empire allemand. Strasbourg devient la capitale du Reichsland Elsass-Lothringen[121]. Les Strasbourgeois sortent traumatisés de cette guerre, et le rattachement de la ville à l’Allemagne est très mal vécu[122].

Mais Strasbourg retrouve rapidement la prospérité, grâce notamment à la volonté du gouvernement qui souhaite faire de la ville une vitrine du savoir-faire allemand. Un vaste plan d’urbanisation est mis en place, la Neustadt voit le jour. Celui-ci s’organise selon deux axes, les avenues des Vosges et de la Forêt-Noire d'ouest en est et l'actuelle avenue de la Paix vers le nord. La place impériale (aujourd’hui place de la République) constitue alors le nouveau centre névralgique de la ville, regroupant l’hôtel des Postes, le palais impérial, la bibliothèque universitaire et, un peu plus loin, la nouvelle université. Une nouvelle gare est édifiée, ainsi que plusieurs églises, notamment l’église Saint-Paul. La ville s’agrandit considérablement et se modernise jusqu’à la Première Guerre mondiale[123].

Plan de Strasbourg en 1888.
La place Kléber, vers 1900.

À partir de 1870, l’industrie va ainsi connaître un développement rapide, principalement dans les secteurs alimentaire (brasseries, conserverie) et mécanique. Ces nouvelles activités sont bien relayées par un réseau de tramway étendu (apparu en 1878 et électrifié en 1894) et le nouveau port autonome, construit hors de la ville. Les anciennes glacières, ensemble de bâtiments situés sur les canaux de l’Ill dans le quartier de la Petite France, ont abrité de 1897 à 1990 une usine de froid artificiel. Ils ont aujourd'hui été reconvertis en un hôtel cinq étoiles. Parallèlement, les activités bancaires s’intensifient, notamment depuis la création de la banque mutualiste du Crédit mutuel[124]. Entre 1871 et 1914, la ville va gagner près de 100 000 habitants et la vie culturelle se développe. La Première Guerre mondiale va cependant mettre un terme à cette prospérité. Contrairement au conflit de 1870, Strasbourg est bien préparée à la guerre.

Première Guerre mondiale et entre-deux-guerres

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Dès le début du conflit, les manifestations francophones sont interdites. Rudolf Schwander, maire de la ville, va cependant œuvrer de sorte que la population ne soit pas touchée par la faim et à l’issue de la guerre, Strasbourg sort relativement indemne. Par le traité de Versailles, l'Alsace-Moselle est rendue à la France. Durant la transition, influencé par la République des conseils de Bavière, un court épisode de République des conseils de Strasbourg a lieu. Le changement de nationalité se fait sinon dans la violence, du moins dans la brutalité : les Allemands sont expulsés de la ville et certains monuments impériaux sont détruits, notamment la statue de Guillaume Ier. Le bilan démographique est plus lourd. Aux Allemands chassés de la ville ou partis de leur plein gré s’ajoutent 3 000 Strasbourgeois morts au combat sous l’uniforme allemand. Durant les années 1930, la croissance démographique reprend avec l’arrivée de juifs d’Europe centrale qui fuient la montée rapide de l’antisémitisme[125].

La ville retrouve une certaine prospérité et le trafic fluvial augmente considérablement malgré une conjoncture économique peu favorable, due à la crise des années 1930. Le port autonome ainsi que le réseau de chemin de fer vont favoriser le développement de l’industrie et en 1932, une nouvelle bourse de commerce est édifiée[126].

Seconde Guerre mondiale

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Le , l'Allemagne envahit la Pologne. Conscient que la guerre est imminente, le gouvernement français ordonne l'évacuation de 375 000 Alsaciens et 210 000 Mosellans. L'opération nommée « Exécutez Pas-de-Calais » avait été planifiée dès 1935[127]. En 48 heures, près de 200 000 habitants quittent la ville. Une garnison civile, composée de quelques centaines d'ouvriers municipaux et pompiers, veille à l'entretien de la ville. Le dispositif est appelé par les autorités « Strasbourg maintenue »[128].

Après l'armistice du 22 juin 1940, l'Alsace-Lorraine est, de fait, annexée au Troisième Reich. Contrairement à l'annexion de 1871 à 1918, les deux départements alsaciens et la Moselle ne sont pas réunis. L'Alsace devient le CdZ-Gebiet Elsass et est intégrée au Gau Baden-Elsaß.

La synagogue, avant sa destruction par les nazis en 1940.

Une politique de germanisation et de nazification est menée sous l'impulsion de Robert Wagner. Lorsqu’en les premiers réfugiés reviennent dans la ville, seuls les habitants d’origine alsacienne sont acceptés. Les juifs sont refoulés et la synagogue est incendiée. Les rues retrouvent leurs noms allemands ou sont rebaptisées et la langue française est interdite.

La plaque commémorative apposée sur la façade du Collège épiscopal Saint-Étienne à Strasbourg.

Dès , Marcel Weinum, âgé de 16 ans, organise un réseau de résistance constitué de 25 garçons de 14 à 16 ans et spécialisé dans la propagande, le sabotage et le renseignement appelé La Main noire. Le groupe uni et déterminé débuta ses actions de manière « modeste » mais non moins courageuse à la lumière des sanctions encourues. Leurs premières mesures se concentrèrent sur la distribution de tracts et pamphlets en faveur de la France libre et contre l'occupant allemand, la levée du drapeau tricolore sur le fronton des enceintes publiques mais également le caillassage des boutiques allemandes ou des commerçants affichant le portait d'Hitler sur leur devanture. C'est par un jeu de circonstances que le jeune Marcel découvrit la voiture du régent de la nouvelle entité administrative, et décida de fomenter son attentat. Celui-ci fit grand bruit et irrita les plus hautes instances du pouvoir occupant. À la suite de l'attaque contre le Gauleiter Robert Wagner qui blessa le prélat, une traque fut mise en place et les membres du groupe furent tous arrêtés. Dix d'entre eux furent jugés par un tribunal spécial. Marcel Weinum quant à lui est condamné à mort et décapité à Stuttgart le . Il déclarera la veille de sa mort dans une lettre adressée à ses parents : « si je dois mourir, je meurs avec un cœur pur ». Ses compagnons, pour leur part, n'ont eu d'autre choix que l'incorporation forcée dans une armée et une guerre qui n'était pas la leur. Ils périront sur le front de l'Est en Russie.

À partir de 1942, l'embrigadement est obligatoire et les jeunes d’Alsace et de Moselle sont enrôlés de force dans l'armée allemande. Les malgré-nous sont envoyés sur le front russe et très peu d’entre eux reviendront[129].

Le , la ville est bombardée par une vingtaine d'appareils américains. Ce premier bombardement fit 195 victimes. Quatre autres suivront les , , et . On dénombre 1 035 morts et environ 20 % des bâtiments de la ville sont touchés[130],[131]. L'église Saint-Jean et l'ancienne douane sont entièrement détruites (elles seront reconstruites à l'identique après la guerre), le palais du Rhin, l'hôtel des Postes, l'église Saint-Paul et le palais de la diète d'Alsace-Lorraine (actuel théâtre national de Strasbourg) sont endommagés. Les secteurs de la place de l'Homme-de-Fer, de la place Gutenberg et de la place du Corbeau sont également touchés. Neudorf est le quartier qui subit le plus de dégâts. Cependant, Strasbourg est libérée assez facilement, grâce à la rapidité de l'offensive menée par le général Leclerc, et grâce à la reddition tout aussi rapide du général Vaterrodt. Le , le drapeau français est hissé au sommet de la cathédrale.

Seconde moitié du XXe siècle et débuts du XXIe siècle

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Le quartier de l'Esplanade, construit dans les années 1960.

En 1947, lors d’un discours à Strasbourg, le général de Gaulle annonce la création du Rassemblement du peuple français. Jusqu’en 1962, la droite gaulliste domine la scène politique, dont l’une des figures les plus emblématiques est Pierre Pflimlin[132].

En 1949, Strasbourg se voit attribuer les premières institutions européennes, notamment le Conseil de l'Europe. À ce titre, le ministre britannique des Affaires étrangères, Ernest Bevin, a déclaré « Nous cherchions un centre qui puisse convenir aux nations européennes et devenir un symbole de l'unité de l'Europe. Le choix de Strasbourg m'a paru évident. Cette grande cité avait été témoin de la stupidité du genre humain qui essayait de régler les affaires par la guerre, la cruauté et la destruction ». Un an plus tard, Strasbourg accueille la Cour européenne des droits de l'homme. Puis, en 1952, la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). En 1969, l'Institut des droits de l'homme. En 1972, le Centre européen de la jeunesse. En 1979, le Parlement européen est élu pour la première fois au suffrage universel et son maintien à Strasbourg confirmé.

Tombé en désuétude, le tramway effectue son dernier voyage le . Le nouveau pont de l'Europe, reliant Strasbourg et Kehl, est inauguré le de la même année.

Le préfet du Bas-Rhin, siégeant à Strasbourg, devient également préfet de la région Alsace à partir de 1964.

La communauté urbaine de Strasbourg (CUS) est créée le . Elle regroupe 27 communes et est l’une des quatre premières communautés urbaines de France avec Lyon, Lille et Bordeaux. Son objectif est d’optimiser la gestion des différentes communes. Au cours des années 1970, le port autonome se développe et le charbon laisse progressivement place à des marchandises à plus forte valeur ajoutée (pétrole, produits chimiques)[133].

En 1967, le Conseil de l'Europe donnait à la ville de Strasbourg le prix de l'Europe[134].

Durant les Trente Glorieuses, de grands projets urbains sont mis à pied d’œuvre. Les édifices historiques sont restaurés et le quartier de l’Esplanade est construit. Les logements sociaux se multiplient, notamment dans les quartiers de Neuhof et de Hautepierre[135]. L’université de Strasbourg est scindée en trois en 1970 puis est finalement réunifiée en 2009.

La ville célèbre son bimillénaire en 1988. À cette occasion, la fontaine de Janus — dessinée par l'artiste strasbourgeois Tomi Ungerer — est érigée au nord de la place Broglie.

En 1991, c'est à Strasbourg qu'est déployé et testé le premier réseau de téléphonie mobile français : le Bi-Bop.

Après avoir envisagé la réalisation d'un métro automatique[136], la ville opte finalement pour la construction d'un nouveau réseau de tramway[137]. La première ligne est ouverte le et connaît un vif succès.

Ce réseau comporte 53,1 km de lignes physiques pour 72,5 kilomètres de lignes commerciales[138] et 95 stations.

La quasi-totalité de la ville est accessible en tram qui se divise en six lignes. En , la première ligne du bus à haut niveau de service de Strasbourg est mise en service.

L'achèvement du premier tronçon de la LGV Est européenne en 2007 place Strasbourg à 2 h 20 min de Paris et renforce la position centrale de la ville au sein de l'Europe. Le second tronçon de cette ligne à grande vitesse est mis en service le . La capitale alsacienne est désormais à 1 h 46 min de Paris.

Strasbourg mise beaucoup sur la coopération transfrontalière. La convention relative à la création de l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau a été paraphée en 2005. Son objectif est double : développer les échanges entre Strasbourg et l'Allemagne d'une part, et d'autre part franchir une nouvelle étape dans la construction de l'Europe en posant les jalons de ce qui pourrait être une métropole binationale de près d'un million d'habitants[139]. L'accord de 2005 vise en effet à développer des projets communs dans les principaux domaines (transports, urbanisme, éducation, santé, emploi, environnement). L'Eurodistrict regroupe notamment les villes de Strasbourg, Kehl, Offenbourg, Lahr et Achern[140]. Un arrêté préfectoral paru le rend officiel l'Eurodistrict dans sa forme de groupement européen de coopération territoriale (CEGT)[141].

Pour des raisons de rationalisation et d'internationalisation, le marque la fusion des trois universités strasbourgeoises : Louis-Pasteur pour les sciences, Robert-Schumann pour le droit, et Marc-Bloch pour les lettres. L'université de Strasbourg redevient ainsi un établissement unique tel qu'il avait été fondé au XVIe siècle[142].

Les et , Strasbourg accueille le 21e sommet de l'OTAN.

Entre et , la ville célèbre le millénaire des fondations de la cathédrale par une série d’événements et de manifestations[143].

Le , la Communauté urbaine de Strasbourg devient l'Eurométropole de Strasbourg.

Depuis le , la ville est le chef-lieu de la nouvelle région Grand Est (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine).

Le soir du , le centre-ville est le théâtre d'un attentat djihadiste à proximité du marché de Noël. Un terroriste ouvre le feu sur des passants, cinq personnes sont mortellement blessées[144], le terroriste est abattu après deux jours de cavale. L'attaque est revendiquée par Daech[145].

Le , les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont regroupés au sein de la collectivité européenne d'Alsace. Les deux préfectures, à Strasbourg et Colmar, sont cependant maintenues. Le siège de cette nouvelle collectivité est fixé à Strasbourg mais les assemblées se tiennent à Colmar.

Politique et administration

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Découpage territorial

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Strasbourg est une commune membre et siège de l’Eurométropole de Strasbourg, une métropole créée en 2015 par transformation de la communauté urbaine de Strasbourg, fondée le . Celle-ci fait elle-même partie d’autres groupements, notamment de l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, dont elle est le siège[146].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l’arrondissement de Strasbourg, dont elle est le chef lieu, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, dont elle est la préfecture, et à la région Grand Est, dont elle est chef lieu de région.

Sur le plan électoral, Strasbourg est divisée depuis 2015 en six cantons pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace, qui a succédé en 2021 au conseil départemental du Bas-Rhin[147].

Élections municipales et communautaires

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Réunion du conseil municipal de Strasbourg le .

À la suite des élections municipales de , Catherine Trautmann (PS) redevient maire de Strasbourg et succède à Jeanne Barseghian (LE). Catherine Trautmann avait déjà exercé cette fonction entre 1989 et 1997 puis entre 2000 et 2001.

Historiquement, Strasbourg n'a pas d'ancrage politique particulier au sein d'une région qui est pourtant traditionnellement de centre droit. Avant la Seconde Guerre mondiale, la ville était majoritairement de gauche, voire d'extrême gauche avec l'élection de Charles Hueber en 1929. En 1935, la droite prend la tête de la ville avec Charles Frey, qui sera réélu à la fin du conflit, en 1945. Après le long mandat de Pierre Pflimlin, qui dirige la ville entre 1959 et 1983, et celui de Marcel Rudloff, maire de 1983 à 1989, les forces politiques se sont équilibrées.


Scrutin 1er tour 2d tour
1er % 2e % 3e % 4e % 1er % 2e % 3e % 4e %
Municipales 2020[148] EELV 27,88 LREM 19,86 PS 19,77 LR 18,26 EELV 41,70 UDC 34,95 PS 23,33 Pas de 4e
Municipales 2026[149] PS 25,93 LR 24,23 LE 19,72 LFI 12,03 PS 37,00 LE 31,70 LR 31,29 Pas de 4e

Liste des maires

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Maires de la ville de Strasbourg depuis 1989
Période Identité Étiquette Qualité
19891997Catherine TrautmannPSThéologienne[150]. Bat Marcel Rudloff en 1989. Nommée ministre de la Culture, elle démissionne en cours de mandat.
19972000Roland RiesPSEnseignant, adjoint faisant fonction.
20002001Catherine TrautmannPSElle reprend son mandat de maire après avoir quitté le ministère de la Culture.
20012008Fabienne KellerUDF puis UMPSénatrice, fonctionnaire, elle bat Catherine Trautmann en 2001.
20082020Roland RiesPS puis DVG (app. LREM)[151]Enseignant, consultant en transports publics, il bat Fabienne Keller en 2008.
mars 2026Jeanne Barseghian[152]EELV puis LEJuriste, elle bat Catherine Trautmann qui se représentait et Alain Fontanel.
en coursCatherine TrautmannPSMaire de Strasbourg de 1989 à 1997 et de 2000 à 2001, elle est à nouveau élue en mars 2026.

Autres élections

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Perspective historique

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Lors de l'élection présidentielle de 2007, le candidat Nicolas Sarkozy a remporté 51,08 % des suffrages contre 48,92 % pour la candidate socialiste Ségolène Royal. Quelques semaines plus tard, lors des élections législatives, le seul député PS d'Alsace est réélu dans la première circonscription (centre de Strasbourg) avec plus de 56 % des voix.

François Hollande est arrivé en tête lors des premier et second tours de l'élection présidentielle de 2012, avec 54,7 % des voix au second tour[153]. Lors des élections législatives de la même année, la première circonscription du Bas-Rhin, entièrement localisée sur Strasbourg, a vu Armand Jung (PS) remporter le scrutin[154]. La deuxième, située sur certains cantons de la ville et la commune voisine d'Illkirch-Graffenstaden, a vu remporter Philippe Bies (PS)[155]. En revanche, c'est un candidat UMP, André Schneider, qui a remporté les élections dans la troisième circonscription[156] (quartiers nord de Strasbourg et quelques communes voisines).

Derniers résultats

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Scrutin Candidat Suffrages Pourcentage inscrits Pourcentage exprimés Blancs et nuls[157] Abstentions[158] Inscrits
Élection présidentielle de 2022[159] Emmanuel Macron 71 124 50,56 % 77,65 % 3,16 % 31,50 % 140 675
Marine Le Pen 20 474 14,55 % 22,35 %
Législatives 2024 (synthèse des trois circonscriptions)[160],[161],[162] Sandra Regol, Emmanuel Fernandes, Thierry Sother 51 546 36,12 % 52,72 % 0,69 % 43,16 % 142 722
Étienne Loos, Rebecca Breitman, Bruno Studer 32 071 22,47 % 32,80 %
Virginie Joron, Stéphanie Dô[163] 11 059 7,75 % 11,31 %
Élections européennes de 2024[164],[165] Union Populaire 17 175 11,95 % 21,28 % 0,69 % 43,16 % 143 720
Réveiller l’Europe 14 687 10,22 % 18,20 %
Élections régionales de 2021[166],[167] Eliane Romani 14 886 10,65 % 36,11 % 0,74 % 69,77 % 139 881
Jean Rottner 14 452 10,33 % 35,04 %
Brigitte Klinkert 6 555 4,69 % 15,89 %

Finances publiques et fiscalité

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La capacité d'autofinancement de la commune de Strasbourg reste élevée en 2010 grâce à l'augmentation des recettes d'investissement (+37,8 millions d'euros) ainsi qu'à la baisse des dépenses (environ 69,1 millions d'euros).

En 2010, la dette représentait 4,7 % du buget de fonctionnement de la communauté urbaine de Strasbourg, soit environ 200 millions d'euros (environ 443  par habitant), ce qui reste faible[168]. En revanche, la dette a tendance à augmenter du fait d'importants projets d'investissement (1 milliard d'euros sur la période 2011-2014). Les dépenses d'investissement étant sensiblement supérieures aux recettes, la capacité de désendettement de la communauté urbaine pourrait passer de 2,3 ans actuellement à environ 8,0 ans.

Le budget pour l'année 2009 est d'environ 340 millions d'euros pour le fonctionnement et de 103 millions pour l'investissement. Le budget de la communauté urbaine de Strasbourg est de 696 millions d'euros pour le fonctionnement et de 179 millions pour l'investissement[169].

Taux de fiscalité directe.
Taxe 2003 2005
d'habitation 22,68 %24,06 %
foncière sur le bâti 20,08 %21,30 %
foncière sur le non-bâti 64,75 %68,69 %
professionnelle 19,99 %20,24 %
Source des données : Site du ministère de l'Intérieur, fiscalité locale[170].
Taxes en pourcentage de la valeur locative cadastrale.
Hôtel de Hanau, l'hôtel de ville de Strasbourg depuis 1806.

En 2024, le budget de la commune était constitué ainsi[171] :

  • total des produits de fonctionnement : 464 033 000 , soit 1 577  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 447 511 000 , soit 1 521  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 203 732 000 , soit 692  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 183 245 000 , soit 623  par habitant ;
  • endettement : 3 779 970 000 , soit 1 285  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 25,40 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 37,44 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 75,52 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation : 20 260 [172].

Institutions internationales

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Le palais de l'Europe, œuvre de l'architecte Henry Bernard, abrite le Conseil de l'Europe.

Avec près de quatre-vingt représentations diplomatiques et consulaires, Strasbourg est la deuxième ville diplomatique française et une des rares ville dans le monde à accueillir des institutions internationales sans être la capitale d'un État. Le Conseil de l’Europe y est ainsi installé depuis sa fondation en 1949 et plusieurs de ses organes y siègent également, comme la Cour européenne des droits de l'homme depuis 1952, la Commission de Venise depuis 1990, l’Observatoire européen de l'audiovisuel depuis 1992, la Direction européenne de la qualité du médicament et soins de santé depuis 1996, le Groupe d'États contre la corruption depuis 1999 ou encore l’observatoire de l’enseignement de l'histoire en Europe depuis 2020. L’Union européenne y a également installé le siège de plusieurs de ses institutions, notamment le Parlement européen et le Médiateur européen. Parmi les autres organismes européens siégeant à Strasbourg figurent par exemple la Commission centrale pour la navigation du Rhin, présente depuis 1919 ou encore le Corps européen[173],[174].

Jumelages

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Strasbourg est jumelée avec les villes suivantes :

Carte
Jumelages et partenariats de Strasbourg.Voir et modifier les données sur Wikidata
Jumelages et partenariats de Strasbourg.Voir et modifier les données sur Wikidata
VillePaysPériode
Aida[175]Palestinedepuis
Boston[175]États-Unisdepuis
Dresde[175]Allemagnedepuis
Leicester[175]Royaume-Unidepuis
Ramat Gan[175]Israëldepuis
Stuttgart[175]Allemagnedepuis

La commune entretient des coopérations avec les villes suivantes :

La commune entretient des partenariats de coopération décentralisée avec 10 autres villes[176] :

La ville a aussi conclu des accords de coopération avec[177] :

Équipements et services publics

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Enseignement

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La ville est le siège de l'académie de Strasbourg qui couvre la collectivité européenne d'Alsace.

Enseignement primaire et secondaire

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Le lycée des Pontonniers.

Pour l'année 2004-2005, la ville comptait 128 écoles maternelles (17 325 élèves), 117 écoles élémentaires (26 842 élèves) et 43 collèges (21 655 élèves). Strasbourg comptait aussi 18 731 lycéens répartis dans 38 établissements[179].

À la rentrée 2008, la première école européenne de France est inaugurée à Strasbourg, accueillant une école maternelle et les deux premières années du cycle primaire et secondaire ; elle est destinée en priorité aux enfants du personnel des institutions européennes siégeant à Strasbourg[180].

Le lycée Kléber, fondé en 1871 et reconstruit entre 1955 et 1959, est l'un des plus grands[réf. souhaitée] établissements publics d'Alsace. Il accueille chaque année plus de 2 000 élèves dont 900 étudiants en classes préparatoires. Le taux de réussite au baccalauréat oscille entre 90 % et 94 % suivant les années, dont 45 % de mentions[181]. Le lycée Kléber dispose de plus de 250 chambres d'étudiants individuelles.

Le lycée international des Pontonniers qui est une ancienne école de jeunes filles fondée en 1815, est le plus réputé. Il occupe un édifice du tout début du XXe siècle et propose un enseignement résolument tourné vers l'international et les activités artistiques (théâtre, histoire des arts). Son taux de réussite au baccalauréat était de 100 % en 2006[182] et de 99,6 % en 2007. Le lycée international est par ailleurs le dixième mieux coté de France[183].

Le lycée Fustel-de-Coulanges, situé en plein cœur de Strasbourg, jouxte la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. C'est l'ancien Collège royal de jésuites construit en 1685 par Louis XIV quand la ville de Strasbourg est devenue française. C'est l'un des 39 lycées impériaux que Napoléon Ier crée en 1804. Il accueille des classes du second cycle, de la seconde à la terminale, ainsi que des classes préparatoires aux grandes écoles littéraires. Le lycée est d’ailleurs l’un des trois lycées de France préparant à l’École des chartes, sections classique et moderne.

Par ailleurs Strasbourg accueille le plus grand établissement privé protestant de France, le Pôle Comenius, qui regroupe les classes de la première section de maternelle à la terminale. Cette école est le résultat de la fusion entre les lycées gymnase Jean-Sturm et Lucie-Berger.

Enseignement supérieur

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Repères
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Avec plus de 53 000 étudiants en 2009[184], Strasbourg est une ville étudiante importante. Mais elle est surtout résolument tournée vers l'international. En effet, plus d'un étudiant sur cinq n'est pas de nationalité française (21 % des étudiants universitaires en 2008), près de la moitié d'entre eux étant originaires d'Europe. Un tiers de ces étrangers vient d'Afrique. Au total, ce sont plus de cent nationalités qui sont représentées. 96 % des étudiants sont localisés à Strasbourg (75 % à elle seule) et Mulhouse. Viennent ensuite par ordre décroissant Illkirch, Colmar, Schiltigheim et Haguenau.

Les étudiants en Alsace sont majoritairement des filles : elles représentent 56 % des inscrits. Elles sont sur-représentées dans les langues (73 %), les lettres et arts (69 %) ou encore le droit et Sciences-Po (63 %). En revanche, dans les sciences dites « dures », elles n'y sont plus que 26 %. Près de 70 % des étudiants en Alsace ont obtenu leur bac dans la région. En 2017, le site L'Étudiant élit Strasbourg comme meilleure ville de France pour la vie étudiante. Trois points ont été pris en compte : les initiatives locales telle que l'accueil des étudiants ou l'accessibilité à l'offre culturelle, le nombre d'étudiants pour 100 habitants et le score « offre culturelle ».

Université
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Le palais universitaire de Strasbourg.
Université de Strasbourg, faculté de droit.

L’origine de l’université de Strasbourg[185] remonte à 1538, avec la création d’un gymnase protestant, transformé en académie en 1566 par l’empereur Maximilien II, puis en université luthérienne en 1621. Après le rattachement de Strasbourg à la France, Louis XIV transfère en 1702 dans la ville l’ancienne académie catholique de Molsheim, qui devient université épiscopale. La Révolution supprime les anciennes structures, d’obédience religieuse, et les remplace par deux écoles spécialisées : l’école de santé en 1794, qui deviendra école de médecine en 1802, et l’école d’accouchement en 1796. En 1803, Napoléon met sur pied un enseignement universitaire cohérent fondé sur des facultés et entretenu par l’État. L’université impériale perdurera jusqu’en 1870 et s’illustrera par des savants tels que Fustel de Coulanges, Louis Pasteur ou encore Charles Gerhardt, inventeur de l’aspirine.

Après la défaite de 1870, l’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées à l’Empire allemand. Un décret impérial de 1871 conduit à la création de la « Kaiser Wilhelm Universität » à Strasbourg. La volonté politique des gouvernements successifs, allemands et français, d'ancrer l'Alsace dans leurs espaces respectifs les conduit à investir Strasbourg en tant que pôle scientifique et universitaire. Dès la création de l'université allemande, un ensemble complet de nouveaux bâtiments sont érigés en quelques années et l'université est dotée de 124 postes d'enseignants, dont 62 professeurs en chaire, alors que Berlin et Leipzig n’en comptent à l'époque que 102[réf. nécessaire]. Après 1918, la reconstitution d'une université française passe par la création de 150 postes de professeurs et de maîtres de conférences, ce qui fait de Strasbourg une université mieux dotée que la plupart des autres universités de province.

Ces enjeux ont particulièrement marqué, davantage que d'autres disciplines, les sciences sociales naissantes de l'époque[186]. La chaire de sociologie qui est occupée jusqu'en 1918 par Georg Simmel, un père fondateur de la discipline côté allemand, est maintenue après la guerre de sorte que, jusqu'en 1945, Strasbourg est la seule autre université en France, avec la Sorbonne, à bénéficier d'un enseignement de chaire professorale en sociologie. Le poste est occupé successivement par Maurice Halbwachs et Georges Gurvitch.

En 1970, l'université de Strasbourg est scindée en trois établissements, l'université Louis-Pasteur (ULP) - Strasbourg-I (sciences)[187] qui couvrait l'ensemble des domaines scientifiques, de la médecine aux sciences économiques en passant par la physique-chimie, l'université Marc-Bloch (UMB) - Strasbourg-II (nommée auparavant université des sciences humaines de Strasbourg, USHS)[187] dont les filières étaient essentiellement consacrées aux sciences humaines et sociales et l'université Robert-Schuman (URS) - Strasbourg-III (droit, sciences politiques, gestion)[188] qui était spécialisée dans les sciences politiques et juridiques. Dès les années 1990, les universités strasbourgeoises s'étaient regroupées au sein du pôle universitaire européen.

Le , les trois entités ont fusionné pour constituer une université multidisciplinaire, l'université de Strasbourg. Elle fait partie des premières universités françaises à accéder à l'autonomie au et est aussi l'une des premières à se doter d'une fondation, la Fondation Université de Strasbourg[189]. L'université est aujourd'hui avec près de 43 053 étudiants (dont 20,5 % d’étudiants étrangers), 2 672 enseignants et enseignants-chercheurs, 38 composantes (unités de formation et de recherche, facultés, écoles, instituts) et 76 unités de recherche[190] la seconde université française en termes d'étudiants et d'enseignants. Elle est aujourd'hui membre de plusieurs réseaux universitaires en Europe tel que la Confédération européenne des universités du Rhin supérieur (réseau EUCOR), un réseau regroupant les universités de Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Karlsruhe et Mulhouse, ou encore la Ligue européenne des universités de recherche, regroupant de prestigieuses universités européennes et dont elle est l'un des membres fondateurs. Elle fut parmi les trois premiers lauréats des initiatives d’excellence (IDEX) en 2011[191].

Autres établissements
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Vue sur les bâtiments de l'INSA de Strasbourg, boulevard de la Victoire.
L'Institut national du service public est installé dans l'ancienne commanderie Saint-Jean.

La plus ancienne des grandes écoles d'ingénieurs de Strasbourg a été fondée en 1875. Il s'agit de l'INSA de Strasbourg (anciennement ENSAIS, Institut national des sciences appliquées de Strasbourg). C'est la plus importante de toutes les grandes écoles de Strasbourg avec ses 1 300 élèves et ses 8 spécialités (du génie-civil à la plasturgie, en passant par le génie électrique). Elle est à l'origine du réseau Alsace Tech, qui regroupe les 9 grandes écoles d'ingénieurs d'Alsace. L’INSA de Strasbourg est également l'une des grandes écoles d'architecture en France. Elle est la seule école française à délivrer les deux diplômes et l’habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre. Une autre école d'ingénieurs, l'École nationale supérieure d'informatique pour l'industrie et l'entreprise, possède un campus dans la ville.

Créé en 1919, l'EM Strasbourg Business School (IECS) est une école supérieure de commerce tournée vers l'international (cursus grande école de trois ans, dont un à l'étranger) et membre de la Conférence des grandes écoles. L'IECS est à l'origine du réseau HERMES, projet coopératif basé sur le principe du double diplôme[192]. L'IECS publie par ailleurs le Strassbuch, guide gratuit des bonnes adresses de Strasbourg réactualisé chaque année[193]. L'IECS est devenue en 2007 l'EM Strasbourg Business School en fusionnant avec l'IAE.

Au niveau du centre-ville, on compte aussi la présence de l'Institut supérieur européen de gestion Group. L'ISEG Group propose trois écoles en 5 ans : ISEG Marketing & Communication School, ISEG Business School et ISEG Finance School[194]. Concernant l'école ISEG Business School, la valeur ajoutée de l'école est Sports, santé et loisirs[195]. Le groupe se situe au sein d'un ancien hôtel particulier près de la place Broglie, en marge donc du Campus central de l'Esplanade.

Strasbourg abrite plusieurs autres écoles d'ingénieurs, membres de la Conférence des grandes écoles, comme l'École pour l'informatique et les techniques avancées. La ville bénéficie par ailleurs d'une spécialisation dans les secteurs de la chimie, des biotechnologies et de l'environnement avec l'École européenne de chimie, polymères et matériaux de Strasbourg[196] (ECPM), l'École nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg[197] (ENGEES), l'École supérieure de biotechnologie de Strasbourg[198] (ESBS) et l'École et observatoire des sciences de la Terre (EOST). Enfin, Télécom physique Strasbourg[199], école associée de l'Institut Mines-Télécom[200], offre une formation généraliste dans les domaines des TIC, et de la physique. L'établissement propose 7 options à ses élèves ingénieurs : Acquisition et traitement des images, Génie logiciel, systèmes et réseaux, Ingénierie des systèmes, automatique et vision, Ingénierie et sciences physiques du vivant, Micro et nanoélectronique : du composant au système sur puce, Physique et modélisation, Physique et technologies photoniques, ainsi qu'un master, Master IRIV (Images, Robotique et Ingénierie pour le Vivant), proposé aux élèves ingénieurs et à tout autre élève ayant validé les acquis nécessaires dans les matières concernées. L'école ne compte pas moins de 7 laboratoires : LSIIT, InESS, SERTIT, LSP, IPCMS, IREPA LASER, IMFS. Un partenariat avec l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg[201] (ESAD) existe également, et permet à certains élèves des deux écoles de travailler ensemble sur des projets communs.

Créée en 1921, l'École hôtelière de Strasbourg connut plusieurs dénominations et changements depuis sa création. Elle est aujourd'hui installée aux portes de Strasbourg à Illkirch-Graffenstaden, s'appelle « lycée des métiers de l'hôtellerie et du tourisme Alexandre Dumas »[202] et offre des formations à plusieurs niveaux (CAP cuisine et Service, BEP, BTH, BTS).

Depuis 1992, sous l'impulsion d'Édith Cresson, Strasbourg accueille les élèves de l'École nationale d'administration (ENA) qui y suivent l'intégralité de leur scolarité depuis 2004. Le , l’ENA est remplacée par l’Institut national du service public. La ville abrite d'autres établissements spécialisés dans les fonctions politiques et géopolitiques, notamment l'Institut d'études politiques de Strasbourg Sciences Po Strasbourg »), l'Institut national des études territoriales (INET)[203] et le Centre universitaire d'enseignement du journalisme (CUEJ). Enfin, Strasbourg accueille deux universités étrangères : l'université anglo-saxonne spécialisée dans le domaine spatial, l'International Space University[204] (ISU) et la Schiller International University.

Les arts graphiques sont représentés par l'école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg[201] (ESAD) et l'Institut supérieur des arts appliqués[205] (LISAA) et l'École nationale supérieure d'architecture de Strasbourg[206] (ENSAS). Enfin, l'école supérieure d'art dramatique, implantée au sein du théâtre national de Strasbourg, assure une formation théâtrale de grande qualité[207].

Deux universités américains ont un siège à Strasbourg: l'Université de Syracuse (New York) et Center College, Danville (Kentucky).

Culture

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Musées

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L'ancienne grande boucherie, actuel musée historique.

Depuis les années 1990, l'offre culturelle s'est développée et diversifiée[208]. D'abord avec le nouveau musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS), inauguré en 1998 et qui expose sur ses 5 500 m2 des œuvres contemporaines de 1870 à nos jours[209]. Puis avec la réouverture du musée historique, situé dans le bâtiment de l'ancienne grande boucherie. L'édifice de 1586 nécessitait en effet d'importants travaux de stabilisation. Ce musée est essentiellement axé sur l'histoire urbaine, militaire et économique de la ville. On y découvre notamment une maquette à l'échelle 1/600e de Strasbourg en 1727[210].

La culture alsacienne est représentée par le musée alsacien, des arts et traditions populaires. On y découvre notamment la vie rurale alsacienne entre 1750 et 1860 à travers des objets de toutes sortes : mobilier, jouets, documents, couverts et autres ustensiles[211].

Le musée des arts décoratifs, situé dans l'enceinte du palais Rohan nous fait également découvrir l'artisanat strasbourgeois du XVIIe siècle sous toutes ses coutures, ainsi que les appartements du palais[212]. Le palais Rohan abrite aussi le musée archéologique, qui propose une importante collection d'objets anciens (de 600 000 av. J.-C. à 800 ans apr. J.-C.) découverts en Alsace et le musée des beaux-arts, qui retrace l'histoire de la peinture en Europe. Ce musée propose entre autres de nombreuses œuvres italiennes dont la plus ancienne, de Sandro Botticelli, est datée de 1485[213]. Le cabinet des estampes et dessins, fondé en 1890, abrite quant à lui environ 200 000 œuvres dont les plus anciennes datent du XVe siècle[214].

Non loin de là, face à la cathédrale de Strasbourg, le musée de l'Œuvre Notre-Dame déploie une riche collection d'œuvres anciennes, bien souvent à caractère religieux. On y retrouve notamment l'un des plus anciens vitraux de France[215] , la tête romane de Wissembourg de 1060, ainsi que la statuaire du XVe siècle de la cathédrale[216].

Plus ludique, le musée zoologique, rattaché à l'université, propose une collection impressionnante d'animaux, parfois rarissimes. Le musée abrite aussi une collection gigantesque d'un million d'insectes[217].

Le musée de minéralogie, lui aussi universitaire, abrite plus de 30 000 minéraux. S'y trouve notamment la deuxième collection de météorites en France (450 échantillons)[218]. L'observatoire astronomique avec son planétarium est un autre lieu intéressant. Sous sa coupole se cache la troisième lunette astronomique de France après celles de Meudon et de Nice. Le planétarium propose de nombreuses séances destinées à la découverte de l'Univers[219].

Ouvert en 2005, Le Vaisseau est un espace de découverte scientifique destiné aux enfants. Il propose au public jeune d'apprendre tout en s'amusant[220].

Inauguré en , le musée Tomi-Ungerer – Centre international de l'illustration présente la collection Tomi Ungerer, donation de l'artiste à sa ville natale. Il est désormais installé à la villa Greiner, à deux pas du centre historique. Ce musée possède un fonds de 8 000 dessins originaux et 6 000 jouets anciens[221].

Dans un registre plus surprenant le musée de la Coop, installé dans les locaux historiques de l'entreprise au Port du Rhin, permet de découvrir l'histoire de la fameuse coopérative alsacienne[222],[223]. Un musée du parachutisme est présent à l'aérodrome de Strasbourg-Neuhof[224]. La chocolaterie Schaal à Geispolsheim comporte également un musée du chocolat[225].

En , un musée Vodou s'installe dans l'ancien château d'eau de la gare.

Le premier musée français permanent consacré au jeu vidéo, « Pixel Museum », accueille ses premiers visiteurs le à Schiltigheim[226]. Trois ans après son ouverture, le musée ferme définitivement ses portes en pour des raisons économiques[227].

Quelques jours après l’ouverture du Pixel Museum, le , c'est le musée militaire « MM Park France » qui ouvre ses portes à La Wantzenau[228].

L'Eurométropole de Strasbourg propose aussi, depuis 1994, la carte « Atout Voir », destinée aux jeunes de 11 à 25 ans, qui permet à ceux-ci d'avoir des réductions sur le prix d'entrée de nombreux sites culturels, la gratuité d'accès aux musées de la ville, et un tarif réduit du lundi au vendredi dans les cinémas[229].

Bibliothèques et archives

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La médiathèque André Malraux.

La lecture publique est portée par huit médiathèques communales, auxquelles s’ajoutent la médiathèque André Malraux, gérée par l’Eurométropole, et un bibliobus[230]. Outre les services habituels de ce type d’établissement, elles disposent également d’une artothèque[231], d’un centre de l’illustration spécialisé dans l’image[232], ainsi que d’un fond patrimonial comptant près de trois cent mille ouvrages, dont les plus anciens remontent au Xe siècle[233].

Ville universitaire, Strasbourg compte un grand nombre de bibliothèques universitaires. La principale est la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, qui dispose d’une collection d’environ quatre millions d’ouvrages avec une spécialisation dans les études germaniques, les études nordiques, les études européennes et l’Europe médiane, les sciences religieuses et les sciences de l’Antiquité, domaines pour lesquels elle est labelisé Collections d'excellence. Cette bibliothèque est également responsable du dépôt légal pour tous les ouvrages édités en Alsace[234]. À la BNUS s’ajoutent une trentaine de bibliothèques universitaires disséminées sur les différents campus et couvrant toutes les spécialités enseignées dans les établissements d’enseignement supérieurs de la ville[235]. Ces bibliothèques forment un réseau unique, intégré par ailleurs dans l’EUCOR, ce qui permet à une personne inscrite dans l’une de ces bibliothèques d’accéder à la majeure partie des bibliothèques universitaires de la région rhénane[236].

Les archives publiques sont principalement représentées par les Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, qui collectent et donnent accès aux archives municipales et intercommunales, ainsi que par le site de Strasbourg des archives d’Alsace, anciennement Archives du Bas-Rhin.

Enfin, il existe un grand nombre de bibliothèques et d’archives spécialisées tenues par d’autres acteurs : la bibliothèque du Crédit Mutuel est spécialisée dans les alsatiques, une bibliothèque spécialisée dans les arts se trouve au musée d’art moderne et contemporain, tandis que l’Œuvre Notre-Dame dispose, outre ses archives et sa photothèque, d’une bibliothèque centrée sur la cathédrale et l’architecture médiévale.

Théâtres et salles de spectacle

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Le théâtre national de Strasbourg.

Le théâtre national de Strasbourg (TNS), est l'un des hauts-lieux culturels de Strasbourg. C'est le seul théâtre national de France ne se trouvant pas à Paris. Descendant du Centre dramatique de l'Est, il obtient son statut de Théâtre national en 1968[237]. Idéalement implanté aux abords de la place de la République, il propose entre 15 et 20 pièces par saison. La programmation laisse une place importante aux œuvres européennes, souvent méconnues du public français. Premier établissement national décentralisé, le TNS est également membre de l'Union des théâtres de l'Europe dont l'objectif est de développer une action culturelle commune.

Strasbourg abrite d'autres structures, comme le TJP, fondé en 1974 par André Pomarat, et qui est spécialisé dans les arts de la marionnette. Aujourd'hui centre dramatique national, ce théâtre accueille environ 60 000 spectateurs par an[238]. Autre scène de qualité, Le Maillon est un théâtre à la programmation particulièrement contemporaine. Essentiellement basé au Wacken (deux salles : 600 et 150 places)[239] cette institution culturelle dispose aussi d'une salle (en travaux) à Hautepierre, son siège historique. Le TAPS (Théâtre actuel et public de Strasbourg), que l'on retrouve sur le site de la Laiterie (TAPS Laiterie) et dans le quartier de Neudorf (TAPS Scala) sont gérées par la direction des affaires culturelles de la ville. Théâtre municipal de proximité, le TAPS propose une programmation tournée vers la création (de compagnies régionales particulièrement) et l’écriture contemporaine.

Pôle Sud, scène conventionnée pour la musique et la danse, se situe dans le quartier de la Meinau. Ce lieu peut accueillir 320 spectateurs[240].

Le Hall des Chars est un lieu interdisciplinaire géré par l'association La Friche Laiterie et consacré aux arts vivants. Il propose au public de découvrir la scène émergente du Grand-Est, sur ses trois espaces.

Le café-théâtre et l'humour sont présents à l’Espace K (situé rue du Hohwald) avec la compagnie Le Kafteur, et au restaurant-spectacle Au Camionneur (situé dans le quartier de la gare). Le Cube noir du CREPS, à Koenigshoffen, est davantage tourné vers le théâtre amateur.

L'activité théâtrale de Strasbourg est aussi orientée vers les traditions régionales, avec la Choucrouterie, cabaret de Roger Siffer. Ce petit théâtre de 80 places accueille 20 000 spectateurs chaque année et propose des spectacles humoristiques sur le thème de l'Alsace[241]. Le théâtre alsacien de Strasbourg, créé en 1898 est lui aussi essentiellement réservé aux metteurs en scène épris de théâtre dialectal[242].

Musique

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L'opéra de Strasbourg.

L'Opéra national du Rhin est né de la fusion des opéras municipaux de Colmar, Mulhouse et Strasbourg. Il a obtenu le statut d'opéra national en 1997 et propose plus de 130 représentations par an avec la collaboration de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg[243]. Fondé en 1855, ce dernier est composé de 110 musiciens et donne plus de 30 concerts par an à Strasbourg. L'orchestre se produit également à l'étranger et a obtenu plusieurs récompenses nationales et internationales[244]. La Cité de la musique et de la danse, consacré à la musique classique et contemporaine organise régulièrement des concerts. Son festival de musique, le plus ancien de France, y est organisé depuis 1932.

Les musiques d'aujourd'hui sont également très diffusées grâce à La Laiterie - salle des musiques actuelles. Ce lieu inauguré en 1994 sur une friche industrielle est devenu, malgré sa taille modeste (deux salles : 1 000 et 300 places), un lieu renommé avec 200 concerts et 100 000 spectateurs par an[245],[246]. Sa programmation est très éclectique. Strasbourg abrite d'autres petites salles, comme le Pôle Sud qui est essentiellement consacré au jazz et à la danse. Le Molodoï, centre autonome jeune crée en 1988, est pour sa part essentiellement tourné vers les musiques alternatives (hip-hop, punk, hardcore)[247]. Le centre culturel de Neudorf possède une salle de 700 places et accueille spectacles de danse, concerts et meetings politiques. La salle est également équipée d'un bar et offre occasionnellement des services banquet[248].

La ville compte aussi trois grandes structures. Le palais de la musique et des congrès qui s'étend sur 50 000 m2 et abrite notamment deux auditoriums (de 2 000 et 1 100 places), accueille des concerts de musique classique. Il s'y déroule environ 350 manifestations pour 320 000 participants chaque année[249],[250]. Le Rhenus est l'une des plus vastes salles de concerts de la ville. Ce hall peut accueillir 8 000 spectateurs et couvre 10 932 m2. Il n'est néanmoins pas adapté aux concerts, sa vocation première étant d'accueillir des manifestations sportives et des expositions temporaires[251]. D'où la construction du Zénith Europe à Eckbolsheim. Inauguré en , sa capacité maximale est de 12 000 spectateurs ce qui en fait le plus grand de France[252].

Dans un domaine plus éducatif, Les Percussions de Strasbourg, sont un groupe instrumental créé en 1962 par six percussionnistes et qui se produit régulièrement dans le cadre de manifestations musicales. Les percussions de Strasbourg proposent aussi des cours, des stages et des interventions scolaires.

La ville compte aussi des structures actives en musique contemporaine, comme la Fanfare des Externes et Internes de Strasbourg (Intimement appelée la FEIS et prononcée "la fesse")[253]. Elle se compose d’une vingtaine de fanfaron⋅ne⋅s qui interprètent des rythmes endiablés, allant du dernier hit « groovy » au tube pop des années 80 et représente Strasbourg dans des événements tels que le festival des fanfares de médecine.

Église Saint-Thomas, orgue de Jean André Silbermann (1740).

Strasbourg est également réputée pour la quantité et la variété de ses orgues baroques, néo-classiques, romantiques, germaniques, modernes et éclectiques, dont beaucoup sont classés monument historique. La présence d'organistes réputés comme Marie-Joseph Erb, Albert Schweitzer et Helmut Walcha a contribué au renom des instruments de la ville et a favorisé la restauration des plus anciens de ceux-ci. Plusieurs dynasties de facteurs d'orgues sont représentés dans les églises mais aussi les salles de concert (palais des Fêtes, ancien Conservatoire, Cité de la musique et de la danse) de Strasbourg : les Silbermann, André et Jean-André (église Saint-Thomas, église Saint-Guillaume, église Saint-Pierre-le-Jeune protestante, église Sainte-Aurélie) ; les Schwenkedel, Georges et Curt (église Saint-Jean) ; les Walther ; les Roethinger, Edmond-Alexandre et Max (église Sainte-Madeleine, église Saint-Pierre-le-Vieux catholique) ; les Kern, Alfred, Gaston et Daniel (cathédrale Notre-Dame). D'autres grands noms de la facture d’orgues incluent Joseph Merklin (Temple Neuf, chœur de la cathédrale Notre-Dame) et Eberhard Friedrich Walcker (église Saint-Pierre-le-Vieux protestante)[254].

Cinémas

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Le cinéma Vox.

Strasbourg compte cinq cinémas dont un multiplexe. Le centre-ville est investi par les cinémas indépendants à vocation culturelle, notamment le Cosmos[255]. Ce petit cinéma situé dans les locaux d'un ancien théâtre cinématographique de 1913 propose par ailleurs une bibliothèque consacrée au cinéma (6 000 revues, 2 500 photographies). Strasbourg abrite en son centre deux autres cinémas d'art et d'essai, le Star (5 salles) et le Star Saint-Exupéry (5 salles, surnommé Star Saint-Ex). Le Vox (7 salles) a une offre plus généraliste.

Près de la place de l’Étoile, le multiplexe UGC Ciné Cité Strasbourg Étoile est le plus grand complexe UGC d'Europe (22 salles, 5 400 places, un écran de 23,5 mètres). Un multiplexe Pathé (12 salles, 2 750 places) est situé dans la commune périphérique de Brumath à une quinzaine de kilomètres au nord de Strasbourg.

L'arrivée des multiplexes de cinéma a entraîné le déclin des salles en centre-ville, plus particulièrement dans la rue du Vieux Marché aux Vins : le Pathé Club a fermé ses portes en 1999, le Méliès en 2000, et enfin l'ancien UGC Capitole situé rue du . On trouvait également avant cela un cinéma dans le quartier du Neudorf, Le Scala, aujourd'hui reconverti en théâtre.

L'association des Films du Spectre organise depuis 2006, le Spectre Film Festival, un événement annuel, se déroulant en septembre et consacré au cinéma de genre science-fiction, horreur et fantastique.

L'Association La Cigogne Enragée organise depuis 2011 le Festival Chacun son Court, un festival consacré aux courts métrages professionnels mais également étudiants[256].

L'hôpital civil.

Les Hôpitaux universitaires de Strasbourg comptent six établissements publics à Strasbourg et dans sa banlieue[257] qui emploient 11 046 salariés pour un total de 2 540 lits. 83,0 % des patients sont d'origine Bas-Rhinoise. Les principaux sites sont l'hôpital civil (hôpital pavillonnaire d'une capacité de 889 lits et existant depuis 1398), l'hôpital de Hautepierre (1 021 lits) et l'hôpital de La Robertsau (395 lits)[258]. En a été mis en service le Nouvel Hôpital civil (NHC) d'une capacité de 715 lits et places, il tend à moderniser la prise en charge médicale offerte par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg ; plus grand chantier hospitalier de France, le NHC a été conçu par l'architecte Claude Vasconi. Le budget 2006 des hôpitaux universitaires de Strasbourg est de 688 millions d'euros et 5,12 millions d'euros sont consacrés à la recherche et à l'innovation[258].

Le Centre Paul Strauss, créé en 1923, est spécialisé dans la lutte contre le cancer[259].

Strasbourg dispose aussi d'un Institut Universitaire de Réadaptation, le centre Clemenceau[260].

La ville compte également plusieurs cliniques privées : la Clinique Sainte-Anne (qui a repris les activités de l'ancienne clinique Bethesda fermée fin 2008[261]), la clinique Sainte-Barbe, la clinique de l'Orangerie et la clinique de la Toussaint.

Le regroupement des cliniques Adassa, Diaconesses et Sainte-Odile aboutit à la création de la clinique « Rhéna », ouverte fin , dans le quartier Port du Rhin[262].

Outre la tradition hospitalière strasbourgeoise existant depuis le XIVe siècle, les hôpitaux universitaires de Strasbourg font partie des pionniers de la télé-chirurgie. En 2001, lors de l'opération Lindbergh dont le nom fait référence à l'aviateur Charles Lindbergh, le chirurgien Jacques Marescaux opère depuis New York une patiente située à Strasbourg. La création du pôle de compétitivité BioValley France consacré aux sciences de la vie et de la santé favorise les synergies entre les hôpitaux de Strasbourg et les entreprises impliquées dans le secteur de la santé. Le pôle est constitué de plus de 400 entreprises et 60 laboratoires publics. Il a permis depuis sa création en 2005, de générer en Alsace la création de plus de 2 200 emplois directs et indirects et la création de 46 entreprises, tout en labellisant plus de 63 projets de recherche-développement impliquant des entreprises et des laboratoires publics[263]. Ce pôle de compétitivité à vocation mondiale est implanté au cœur de la Biovalley. Cet équivalent de la « Silicon Valley » dans le domaine de la chimie, de la biologie et des technologies médicales regroupe les régions frontalières du Rhin supérieur que sont l'Alsace, le Bade-Wurtemberg en Allemagne et la région de Bâle en Suisse[264]. Strasbourg compte également plusieurs centres de recherche et organismes spécialisés dans la santé, comme l'Institut de recherche contre les cancers de l'appareil digestif (IRCAD), l’Institut de pharmacologie clinique Roche (IPCR), l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM, dont Strasbourg gère le quart nord-est de la France) et l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, fondé par le généticien Pierre Chambon).

Justice, sécurité, secours et défense

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Sécurité

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Voiture de la police municipale de Strasbourg (Renault Scénic III).

Strasbourg est intégralement située en zone police. Une partie des communes limitrophe est toutefois située en zone gendarmerie, ce qui pose parfois des problèmes de coordination. Par exemple le zénith de Strasbourg se trouve géographiquement à Eckbolsheim et donc en zone gendarmerie, même s’il y a continuité urbaine avec Strasbourg[265]. La police nationale opère depuis le commissariat central situé dans le quartier Étoile. Elle est supplée par une police municipale basé elle aussi à l’Étoile et comptant cent-cinquante-huit agents en 2012[266]. D’autres unités de maintien de l’ordre sont basés dans la ville, sans y opérer ou de manière plus limitée : la Compagnie républicaine de sécurité no 37 est installée à La Robertsau, une CRS autoroutière assure la sécurité des voies rapides traversant la ville[267], une brigade et une brigade motorisée de la Gendarmerie nationale sont installées dans la caserne Ganeval, la Direction régionale des Douanes.

Le taux de criminalité à Strasbourg est de 78,18 actes pour 1 000 habitants en 2009 et est donc sensiblement supérieur à la moyenne nationale (56,39 ). Nonobstant, la ville se place dans la moyenne basse des grandes villes françaises, à mi-chemin entre Nice (109,12 ) et Orléans (66,37 )[268].

Défense

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Prise d'armes du corps européen sur la place Broglie.

La ville est le siège de la zone de défense et de sécurité Est depuis 2016. Auparavant le siège était situé à Metz, dans le département voisin de la Moselle. Le préfet de la région Grand Est étant également le préfet de la zone de défense et de sécurité. Les services de la préfecture de la zone Est restent quant à eux localisés à Metz[269].

Ville historique de garnison, Strasbourg comporte de nombreuses casernes. Si une partie a été réaffectée à des usages civils du fait de la disparition de nombreuses unités militaires, la commune est encore la base de la 2e brigade blindée, dont le général est gouverneur militaire de Strasbourg[270], du commandement des actions dans la profondeur et du renseignement et du corps européen. La garnison de Strasbourg comprend aussi le groupement de soutien commissariat de Strasbourg, la 2e chefferie du service de santé, une unité de soutien de l'infrastructure de la Défense, un centre du service national, un centre information recrutement des forces armées ainsi qu’un poste d'information et de recrutement de la Légion étrangère.

Population et société

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Démographie

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[271],[Note 11].

En 2023, la commune comptait 293 771 habitants[Note 12], en évolution de +4,56 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
47 25449 05651 46549 68049 71257 88570 29871 99275 565
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
77 65682 01484 16785 65494 306104 471111 987123 500135 608
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
151 041167 678178 891166 767174 492181 465193 119175 515200 921
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
228 971249 396253 384248 712252 338264 115272 975272 222279 284
2021 2023 - - - - - - -
291 313293 771-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[272] puis Insee à partir de 2006[273].)
Histogramme de l'évolution démographique

Évolution démographique

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Vue de la ville, vers le nord, depuis la plate-forme de la cathédrale.

En 2023, la commune de Strasbourg comptait 293 771 habitants répartis sur 78,26 km2, ce qui fait de Strasbourg la ville la plus peuplée du Bas-Rhin, d'Alsace et du Grand Est français[274], ainsi que la 8e ville la plus peuplée de France[275]. La ville se caractérise par une faible densité de population, à peu près équivalente à celle de Toulouse et presque trois fois moindre que celle de Grenoble. Entre 1990 et 1999, le taux de croissance annuel moyen était de 0,5 %. Ce taux est supérieur entre 2013 et 2018, avec 0,65 % par an.

Strasbourg est par ailleurs l'une des premières villes de France à avoir fusionné la majeure partie de son administration avec celle de la communauté urbaine, fusion motivée en 1966 par un souci d'efficacité et d'économie budgétaire et qui a donné naissance à la communauté urbaine de Strasbourg (CUS), devenue l'Eurométropole de Strasbourg le [276]. Sur ses 338 km2, elle comptait 511 552 habitants en 2020[277].

L'unité urbaine de Strasbourg, c'est-à-dire l'agglomération au sens géographique de l'Insee, comptait dans sa partie française 484 217 habitants au recensement de 2020 et 521 162 avec la partie allemande[278].

L'aire urbaine de la ville a été évaluée en 2019 à 802 437 habitants et 1 245 648 habitants avec la partie allemande, dans la nouvelle délimitation de 2010, ce qui en fait la 5e aire urbaine de France[279],[280]. Avec une augmentation moyenne de 0,65 % par an entre 2013 et 2018, la croissance de la population de l'aire urbaine de Strasbourg est la plus rapide du quart Nord-Est de la France. En 2005 la CUS a créé l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, en partenariat avec les villes françaises et allemandes (notamment Kehl, Offenbourg, Lahr et Achern). Il regroupe à ce jour 1 006 000 habitants et sera amené à remplacer l'Eurométropole à plus long terme[281].

Structure de la population

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Strasbourg est une ville jeune puisque les moins de 20 ans représentent 25,1 % de la population[282]. 46,2 % des Strasbourgeois ont moins de 30 ans. De fait, les petits ménages (une ou deux personnes) sont largement majoritaires puisqu'ils représentent 65,3 % des ménages[283]. Par ailleurs, même si l'écart tend à se résorber, l'espérance de vie en Alsace est légèrement inférieure à la moyenne nationale, et plus particulièrement celle des femmes[32].

Pyramide des âges

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En 2021, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 45,3 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (35,6 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 19,0 % la même année, alors qu'il est de 25,2 % au niveau départemental.

En 2021, la commune comptait 138 165 hommes pour 153 148 femmes, soit un taux de 52,57 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,37 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :

Pyramide des âges de la commune en 2021 en pourcentage[284]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,4 
4,9 
75-89 ans
6,8 
11,6 
60-74 ans
12,5 
16,3 
45-59 ans
15,6 
20,1 
30-44 ans
19,4 
28,2 
15-29 ans
28,5 
18,2 
0-14 ans
15,8 
Pyramide des âges du département du Bas-Rhin en 2022 en pourcentage[285]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90 ou +
1,6 
6,7 
75-89 ans
8,8 
16,5 
60-74 ans
17 
20,4 
45-59 ans
19,8 
19,1 
30-44 ans
18,9 
19,5 
15-29 ans
18,5 
17,2 
0-14 ans
15,5 

Immigration

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La ville est également très cosmopolite, multiculturelle et hétéroclite puisqu'elle compte 51 625 immigrés en 2008 soit 19 % de sa population (dont un tiers né en Europe et deux tiers nés hors d'Europe)[286]. Elle se place donc loin devant les moyennes nationale (8,5 %) et régionale (10,5 %) et se classe en 2e juste derrière Paris (20 %) parmi les villes françaises ayant plus de 200 000 habitants. Les immigrés non européens sont principalement d'origine maghrébine (28,4 %), turque (12,9 %) et d'Afrique noire (12,5 %)[32]. Les nouveaux immigrants originaires d'Europe méditerranéenne et d'Algérie sont de moins en moins nombreux (les Italiens étaient majoritaires dans les années 1960). Depuis les années 2000, la majorité des immigrés viennent de Turquie, d'Allemagne, du Maroc et des Balkans. Enfin, la répartition des immigrés est très disparate. Ils représentent près de 40 % dans le quartier du Polygone, contre 3,6 % dans le quartier du Contades.

Entre 1975 et 2015, la proportion des jeunes de moins de 18 ans immigrés d'origine extra-européenne ou vivant avec au moins un parent immigré d’origine extra-européenne est passée de 6 % à 37 %. Les petits-enfants d'immigrés ne sont pas pris en compte[287].

Sources :

Manifestations culturelles et festivités

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Depuis 2013, Strasbourg mon amour propose de célébrer la Saint-Valentin durant une dizaine de jours au cours du mois de février. Soirées, concerts, spectacles, expositions ou encore conférences, décalés ou conventionnels, sont programmés sur le thème de l'amour.

Musiques classiques et contemporaines

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Strasbourg accueille plusieurs festivals musicaux. Le plus ancien d'entre eux est le Festival de musique de Strasbourg. Créé en 1932 par la Société des amis de la musique de Strasbourg, il est consacré à la musique classique et à l'art lyrique[288].

On doit aussi à cette société le Festival de jazz de Strasbourg, créé en 1987[289]. Le festival Jazzdor réunit lui aussi les passionnés de musique jazz. Fondé en 1986, il organise environ 40 concerts à Strasbourg. Le festival produit également des concerts en Allemagne ; à Offenbourg depuis 2002 et à Berlin depuis 2007 avec son édition berlinoise jazzdor berlin[290]. Le Festival Musica, ou Festival international des musiques d'aujourd'hui, créé en 1982, réunit plus de 20 000 spectateurs chaque année. En 2007, 58 compositeurs ont proposé une centaine d'œuvres contemporaines[291].

Le Chœur de Saint-Guillaume est un chœur strasbourgeois de l’Église Saint-Guillaume créé en 1885 par Ernest Münch. Chaque année, il interprète, depuis 1894, en alternance, lors du Vendredi saint la Passion selon saint Jean ou la Passion selon saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach.

Les musiques actuelles sont représentées essentiellement par le Festival des Artefacts, créé au début des années 1990. Il se déroule sur plusieurs jours au mois d'avril, au Zénith Europe et à La Laiterie[292]. Au mois de juin se déroule dans divers lieux de l'agglomération, le festival electro-groove et cultures urbaines Contre-Temps. La musique électronique est représentée par les Nuits électroniques de l'Ososphère, qui se déroulent chaque année en septembre à La Laiterie, à la Friche Laiterie et au Molodoï[293]. Enfin l'un des événements de la rentrée culturelle strasbourgeoise, est le festival des Nuits européennes, investissant l'Eurométropole en collaborant avec ses institutions culturelles et ses lieux de vie nocturne dans un dialogue constant avec les grandes cités européennes[294].

Danse et théâtre

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Strasbourg accueille plusieurs festivals de danse et de théâtre, dont le festival Nouvelles Strasbourg Danse au mois de mai, qui investit les salles les plus importantes de la ville ainsi que les places et les rues ; mais également au mois de juin le festival de théâtre Premières, durant lequel de jeunes metteurs en scène européens présentent leurs premiers travaux.

La ville possède également une importante structure polyvalente : le parc des expositions du Wacken, qui regroupe quatre halls d'une superficie de 5 200 à 6 000 m2 pour un total 22 000 m2. Il accueille notamment la Foire européenne (1 100 exposants et 220 000 visiteurs par an) et le salon des vignerons indépendants[295],[296]. Strasbourg organise également la foire européenne d'art contemporain St-art. Créé en 1995, cet évènement accueille 30 000 visiteurs annuels et met l'accent sur l'ouverture européenne puisque près de 50 % des 95 galeries sont d'origine européenne[297].

Littérature et livre

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Depuis 2005 ont lieu chaque année en mars les Rencontres européennes de littérature à Strasbourg[298], organisées par l'Association Capitale européenne des Littératures (ACEL)[299] en partenariat avec l'université de Strasbourg. C'est notamment dans le cadre de ces Rencontres que sont remis le prix européen de littérature, le prix Jean-Arp de littérature francophone et le prix du patrimoine Nathan Katz. Le but de ces Rencontres est de promouvoir, en collaboration avec l'ensemble des acteurs culturels locaux, nationaux et européens, la place de Strasbourg en tant que capitale européenne des littératures et de mettre en valeur, dans une perspective largement ouverte sur l'espace européen comme sur l'espace francophone, le très riche patrimoine littéraire de l'Alsace, qui reste largement encore à découvrir.

En , Strasbourg a accueilli la première édition de la manifestation consacrée au 9e art, Strasbulles.

Capitale mondiale du livre 2024
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En juillet 2022, Strasbourg est désignée Capitale mondiale du livre 2024 par L'UNESCO[300]. Vingt-quatrième ville à porter le titre de Capitale mondiale du livre depuis 2001, Strasbourg succède à Accra (2023) et précède Rio de Janeiro (2025). Elle est la première ville française à obtenir ce label de l'UNESCO[301]. Du 23 avril 2024 au 22 avril 2025, Strasbourg propose une année d'événements littéraires touchant des publics variés sous le titre « Lire notre monde »[302]. Elle réalise plus de 1 500 actions avec 450 partenaires[303].

Sports et loisirs

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Équipements et investissements sportifs de l'agglomération

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Le stade de la Meinau.

Avec plus de 73 300 licenciés (soit 26,9 % de la population) répartis dans 220 clubs, Strasbourg est une ville résolument tournée vers le sport et dotée d'un équipement de qualité. L'Eurométropole de Strasbourg abrite une trentaine de stades (dont le stade de la Meinau), une cinquantaine de gymnases, 9 piscines (dont 5 à Strasbourg)[304] et une patinoire de 1 500 places[305].

De plus en 2003 a été inauguré le Rhénus Sport, un hall à vocation sportive d'une capacité de 8 000 places (6 200 places assises)[306]. La plupart des sports sont représentés dans l'agglomération tandis que la proximité du massif des Vosges permet la pratique du ski en hiver. Strasbourg disposait d'un centre aquatique, l'Océade, situé dans le parc du Rhin. Ouvert en 1986, il est définitivement fermé en 1996[307].

Selon le classement du journal L'Équipe, Strasbourg est la sixième ville sportive de France. La part du budget des sports s'élève à 6,3 %, soit 111 euros par habitant[308]. La ville propose aux seniors des activités sportives gratuites. Au printemps 2015, la ville a mis en place plusieurs parcours de santé urbains baptisés « Vitaboucle »[309].

Principaux clubs

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Strasbourg abrite plusieurs clubs de renommée nationale.

En football d'abord, avec le Racing Club de Strasbourg. Ce club, fondé en 1906[310] est basé au Stade de la Meinau. Après une rétrogradation administrative en CFA2 prononcée en , le Racing retrouve le football professionnel en 2016 grâce à sa montée en Ligue 2 après avoir été sacré Champion de France de National.

Le , le Racing Club de Strasbourg retrouve l'élite du football français en terminant Champion de France de Ligue 2[311]. En 2019, le Racing Club de Strasbourg remporte la Coupe de la Ligue pour la troisième fois de son histoire et se qualifie pour les tours préliminaires de Ligue Europa[312].

En basket-ball, avec la SIG Strasbourg, fondée en 1928, qui évolue en Pro A (1re division). Le club est sacré champion de France en 2005 et est présent dans l'élite du basket français depuis quelques années, notamment en participant à cinq finales consécutives en championnat de France entre 2013 et 2017, ne parvenant cependant pas à s'imposer (record)[313].

En hockey sur glace, avec l'Étoile noire qui participe au championnat en Division 1, deuxième échelon du hockey français. L'équipe évolue dans la patinoire de l'Iceberg.

D'autres sports sont représentés au niveau national comme le handball. Le Strasbourg Eurométropole Handball (fusion de l'ASL Robertsau Handball et du Handball Club Schiltigheim) porte les couleurs de l'Eurométropole.

Les sports aquatiques sont bien représentés à Strasbourg grâce à une solide équipe de water polo évoluant en pro A et à des nageurs de niveau national, le tout sous le nom d'un même club : le Team Strasbourg[314].

En badminton, la ville est représentée par de nombreux clubs : le CEBA Strasbourg a été sacré champion de France en 1993 tandis que l'ASPTT, avec ses nombreux joueurs en équipe de France et évoluant en première division Top 12 et a été champion de France par équipe 2013.

En rugby à XV, le Rugby Club Strasbourg évolue en Fédérale 1 depuis la saison 2015-2016.

Les Strasbourg Kangourous représentent le football australien, En 2006, l'équipe a participé au championnat d'Allemagne et décroché la cinquième place. En 2009, les Kangourous prennent la deuxième place du premier championnat de France.

En ultimate, avec les Sesquidistus, section d'ultimate du Strasbourg Université Club, fondés en 1998. Le club est sacré champion de France dans la division mixte outdoor en 2017 2022 et 2023[315].

Le CES (Cercle d'Échecs de Strasbourg) de la rue des Glacières, avec 15 coupes de France et 3 champions de France en individuel, est certainement l'un des clubs sportifs strasbourgeois le plus titré.

L'handibasket est aussi présent au plus haut niveau national avec l'ASHPA Strasbourg.

Le football américain est également représenté avec Le Minotaure qui évolue en Division 3 du championnat de France et se qualifie régulièrement pour les playoffs.

Événements sportifs

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Compétitions
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  • Depuis 1987, Strasbourg accueille au mois de mai les Internationaux féminins de Strasbourg, ce tournoi de tennis est le deuxième du circuit féminin après l'Open de Paris.
  • Également au mois de mai, la ville organise les Courses de Strasbourg-Europe au cours desquelles a lieu le semi-marathon.
  • Le Marathon Eurodistrict est organisé au mois d'octobre. Le départ et l'arrivée de la course sont situés au cœur de Strasbourg et une partie du parcours traverse l'Allemagne.
  • Strasbourg est régulièrement traversée par le Tour de France.
  • De 2010 à 2014, la ville a accueilli le Rallye d'Alsace, étape française du Championnat du monde des rallyes.
  • Strasbourg avait par ailleurs déposé sa candidature au Championnat d'Europe de football de 2016 mais a renoncé à accueillir cet événement.
  • L'association des sports d'orientation du pays d'Erstein organise une compétition internationale de course d'orientation urbaine nommée « Strasbourg City Race ».
Tournois de préparation
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  • Depuis 1994, l'Eurotournoi de handball est organisé à Strasbourg. Il sert de préparation aux équipes nationales les années olympiques et aux clubs les autres années.
  • Depuis 2006 le Tournoi international de Strasbourg est une compétition amicale de basket-ball en préparation aux grands évènements.

Catholicisme

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Strasbourg est le siège d'un diocèse catholique depuis le IVe siècle. Celui-ci est devenu en 1988 un archidiocèse, dont les limites correspondent à celles des départements du Haut-Rhin et Bas-Rhin[316]. La ville est également le siège d’un doyenné, qui s’étend du Rhin à Ittenheim et de Gambsheim à Plobsheim et compte douze communautés de paroisses[317].

La communauté de paroisse Strasbourg-cathédrale couvre le quartier de la Krutenau et une partie de la Grande Île ; elle comprend les paroisses Saint-Laurent, dont le siège est la chapelle Saint-Laurent de la cathédrale, et Sainte-Madeleine siégeant en l’église Sainte-Madeleine. La communauté Remparts de Strasbourg couvre l’ouest de la Grande Île, la Petite France et la quartier gare et siège à l’église Saint-Pierre-le-Vieux. La communauté de paroisse Esplanade dessert le quartier du même nom et siège à l’église du Christ Ressuscité. La communauté Saint Maurice Saint bernard dessert le quartier des Quinze et comprend les paroisses éponymes, qui siègent aux églises Saint-Maurice et Saint-Bernard. Les quartiers de la Neustadt et Contades sont desservis par la communauté de paroisse Saint-Pierre-le-Jeune, qui siège dans l’église du même nom, tandis que le quartier de la Robertsau est desservi par une communauté de paroisse siégeant à l’église Saint-Louis. La communauté de paroisse de Cronenbourg regroupe les paroisses Saint-Florent Saint-Antoine et du Bon Pasteur, chacune centrée sur l’église éponyme. La communauté de paroisse Neudorf-Port-du-Rhin siège à l’église Saint-Aloyse. Le quartier du Neuhof dispose d’une communauté de paroisse siégeant à l’église Saint-Aloyse, tandis que celle de la Meinau occupe l’église Saint-Amand. Enfin, le quartier de Koenigshoffen est desservi depuis l’église Saint-Joseph, tandis que la communauté de paroisse Berges de l’Ill s’occupe du quartier Montagne Verte et siège à l’église su Sacré-Cœur[318].

L’enseignement catholique est présent dans la ville au travers de six écoles, cinq collèges et trois lycées, l’établissement le plus important étant le collège épiscopal Saint-Étienne[319]. S’y ajoutent la faculté de théologie catholique de l’université de Strasbourg, seule faculté publique de théologie catholique en France, et le séminaire Sainte-Marie-Majeure, le premier assurant la formation supérieure en théologie et le second celle des prêtres[320].

Protestantisme

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L'église Saint-Thomas.
L'église Saint-Nicolas.
L’église Saint-Pierre-le-Vieux comporte une partie catholique et une partie protestante.
L'église Saint-Paul en 2014 après restauration.

La ville se caractérise, du fait de son histoire, par une forte implantation protestante. Strasbourg possède donc une faculté de théologie protestante qui, à l'instar de la faculté catholique, est intégrée au système d'enseignement public (dû au statut particulier du droit local maintenant le régime des cultes reconnus[321]).

L'unité d'enseignement de théologie protestante est également, depuis toujours, une formation privée pour les élites intellectuelles de la ville. Ainsi, Catherine Trautmann, maire de la ville, y a fait ses études de premier cycle. La communauté a, pour autorité reconnue, le président de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL).

L'église luthérienne Saint-Guillaume est particulièrement pittoresque. Achevé en 1667, l'ouvrage se distingue en effet par une obliquité flagrante[322] et des vitraux pré-Renaissance. Cette église enferme également un exceptionnel tombeau à gisants du XIVe siècle exécuté par Woelflin de Rouffach. Le long de l'Ill, se dresse également l'église Saint-Nicolas, de style gothique. Sa construction commence en 1381, mais le clocher ne sera édifié qu'en 1585[323] . Cette église protestante présente des fresques médiévales. Albert Schweitzer y joua de l'orgue.

L'église Sainte-Aurélie abrite une nef baroque, un orgue d’André Silbermann et une horloge de Jean-Baptiste Schwilgué. Certains éléments de l'église originelle du XIIe siècle sont encore visibles aujourd'hui. Elle a cependant été remaniée à plusieurs reprises, notamment en 1765 (portail principal)[324] . Construite non loin du quartier de la Petite France, l'église Saint-Thomas, a été construite à la fin du XIIe siècle. Protestante depuis 1524, elle est d'un type architectural très particulier puisqu'il s'agit d'une église-halle à cinq nefs d'égale hauteur, s'opposant ainsi à la conception d'église à plan basilical habituelle. Elle conserve dans son chœur le célèbre tombeau du Maréchal de Saxe, dont l'auteur est le sculpteur du XVIIIe siècle Jean-Baptiste Pigalle. Mozart et Albert Schweitzer ont joué sur son orgue Silbermann.

L'église Saint-Pierre-le-Vieux, autre édifice religieux particulier, est constituée de deux édifices perpendiculaires : une église protestante et une église catholique. La partie protestante a été bâtie entre 1381 et 1428 où le simultaneum est imposé par Louis XIV en 1683. De nouveaux aménagements sont entrepris en 1867 avec la construction d'une église catholique séparée. D'autres travaux ont été effectués au début du XXe siècle[323] . L'église Saint-Pierre-le-Jeune protestante, abrite quant à elle un remarquable jubé, un cloître récemment[C'est-à-dire ?] rénové, des fresques du XIVe siècle et une sépulture mérovingienne du VIe. L'édifice est commencé au milieu du XIIe siècle et sera remanié à plusieurs reprises. Devenue simultanée en 1681 sous ordre de Louis XIV, l'église est redevenue uniquement protestante en 1893[325] .

L'église du Temple-Neuf, édifiée en 1260 par les dominicains, est devenue la première paroisse réformée. En effet, dès 1538 cette église devient le lieu de culte des protestants et Jean Calvin y prêchera entre 1538 et 1541[326]. L'édifice est détruit lors du siège de Strasbourg, en 1870. Une nouvelle église est construite par l'architecte strasbourgeois Émile Salomon entre 1873 et 1876, dans un style néo-roman. Son clocher culmine à 60 mètres de hauteur[327] . L'église réformée du Bouclier a elle aussi adopté la Réforme au cours du XVIe siècle.

D'autres églises sont construites sous l'ère allemande, au sein des nouveaux quartiers qui voient le jour. La plus fameuse d'entre elles est sans doute l'église Saint-Paul, anciennement Evangelische Garnisonskirche (église luthérienne de la garnison). Située avantageusement entre le palais universitaire et la place de la République, elle est aujourd'hui vouée au culte réformé. Cette église aux proportions remarquables a été construite entre 1892 et 1897 dans un style néo-gothique par l'architecte Louis Muller. Ses flèches élancées, hautes de 76 mètres, en font l'église la plus haute de la ville. Le cœur comprend deux loges surélevées réservées à l'empereur et à l'impératrice[328],[329] .

Orthodoxie

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L'église orthodoxe de Tous-les-Saints.

Un certain nombre d'églises orthodoxes sont présentes à Strasbourg, notamment de rite byzantin : églises serbe, russe, bulgare, roumaine, grecque.

Dans le quartier du Port du Rhin, les locaux de la chapelle protestante de la Rencontre sont utilisés pour les offices de la paroisse orthodoxe Saint-Jean-Cassien (dépendante du vicariat Sainte-Marie-de-Paris-et-Saint-Alexis-d'Ugine[330], regroupant des paroisses de tradition russe au sein de la métropole orthodoxe grecque de France, cette dernière elle-même rattachée canoniquement au patriarcat œcuménique de Constantinople).

L'église orthodoxe serbe Saint-Georges a été achevée en 2007 dans le quartier de Koenigshoffen.

L'église orthodoxe de Tous-les-Saints est située au bord du canal de la Marne au Rhin, dans le quartier des Quinze. Elle est coiffée d'un bulbe doré culminant à 42 mètres de hauteur et comporte également un centre culturel. Elle est consacrée par le patriarche Cyrille de Moscou le .

La ville de Strasbourg compte églament une église orthodoxe francophone situé rue du Coq, paroisse sous la responsabilité du métropolite Nestor.

Judaïsme

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La grande synagogue de la Paix.

Strasbourg compte une très importante communauté juive, avec plus de 15 000 membres[331]. Il s'agit de la sixième en nombre après celles de Paris, Marseille, Lyon, Toulouse et Nice, et de la troisième en proportion de la population totale après celles de Paris et Marseille. Il s'agit en outre de la communauté ayant la plus forte proportion d'ashkénazes.

Les juifs furent pourtant bannis de Strasbourg durant exactement quatre siècles (de 1389, à la suite du Pogrom de Strasbourg, à 1789), époque où ils se réinstallent alors massivement dans les villages et petites villes des environs. Dès le XIXe siècle, l'Alsace était de loin la région où habitait le plus grand nombre de Français de confession hébraïque.

Strasbourg compte plusieurs synagogues, notamment la vaste Grande synagogue de la Paix près du parc du Contades, la synagogue de Cronenbourg et la synagogue de Meinau. La ville est aussi dotée d'une clinique privée (la clinique Adassa, place de Haguenau), d'un hospice pour seniors (l'EHPAD/maison de retraite de la fondation Élisa, situé sur le territoire de Geispolsheim) ainsi que de plusieurs écoles et établissements secondaires (école Aquiba, école Yehouda Halévi, l'ORT) gérés par la communauté juive, elle-même guidée par le grand rabbin M. Harold Abraham Weill. Il existe plusieurs cimetières israélites : à Cronenbourg, 3 route d'Oberhausbergen, à Koenigshoffen, à l’angle de la rue de la Tour (no 29) et du Breuscheckweg, Adath Israël, 5 rue Jean-Pierre Clause à Cronenbourg.

La grande mosquée de Strasbourg.

En 2020, la ville compte 35 lieux de cultes musulmans, mosquées et salles de prière[332]. Le principal lieu de culte est la grande mosquée de Strasbourg, ouverte en 2011 dans le quartier du Heyritz[333]. La construction d’une autre mosquée de grande dimension, la plus grande d’Europe, dans le quartier de la Meinau fait polémique du fait que son commanditaire est l’association turque Millî Görüş, considérée proche du dictateur Recep Tayyip Erdoğan et des frères musulmans. Débutée en 2014, l’opération n’est toujours pas achevée en 2026 du fait de difficultés de financement liées à la baisse des dons d’origine étrangère et du retrait des subventions publiques dans le contexte de l’adoption de la loi confortant le respect des principes de la République en 2021[334],[335],[336].

La ville dispose d’un cimetière musulman ouvert en 2012. Il s’agit d’un cas rare en France, rendu possible en Alsace-Moselle du fait que le droit local y permet l’existence de cimetières confessionels, c’est-à-dire réservés aux adeptes d’une religion particulière, interdits dans le reste du pays[337].

Autres spiritualités

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En 2015, le bouddhisme compte environ cinq mille adeptes à Strasbourg. Le principal lieu de culte est la pagode Phô Hiên, dans le quartier de la Robertsau, qui relève de la communauté vietnamienne[338].

La Société théosophique est implantée à Strasbourg depuis 1920. La loge d’origine survit au travers de l’Association philosophique et humanitaire de la Bibliothèque Pythagore[339] tandis que l’Église catholique libérale dispose d’une paroisse de Strasbourg, dont l’église se situe toutefois à Illkirch[340].

Cimetières

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La ville de Strasbourg dispose de treize cimetières. Le cimetière du Polygone, le cimetière israélite Adath Israël, le cimetière israélite de Cronenbourg, le cimetière juif de Koenigshoffen, la nécropole militaire, le cimetière musulman, le cimetière nord, le cimetière ouest, le cimetière Saint-Gall, le cimetière Saint-Urbain, le cimetière Saint-Louis, le cimetière Sainte-Hélène, et le cimetière sud[341].

Médias

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Chaînes de télévision

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Strasbourg est le siège de la chaîne culturelle franco-allemande Arte depuis sa création en 1991, de France 3 Alsace (qui diffuse notamment un journal en dialecte alsacien, le Rund Um) et de BFM Alsace. En 2008, StrasTV.com, la première web-tv française fut créée à Strasbourg. Par ailleurs, Strasbourg accueille l'antenne MEDIA Strasbourg, succursale d'information et d'assistance technique du programme MEDIA de l'Union européenne, ainsi que l'Observatoire européen de l'audiovisuel. La ville concentre l'essentiel des activités audiovisuelles de la région. Le secteur emploie en effet plus de 1 000 personnes à Strasbourg sur les 1 355 en Alsace[342].

Plusieurs radios sont installées à Strasbourg en plus des stations nationales[343]. Les plus renommées sont :

L’arrivée de la DAB+ fin 2018 permet la diffusion de nouvelles stations (par exemple : (Africa Radio, Azur FM, etc.).

Malgré sa grande superficie et la diversité des radios proposées, Strasbourg est dépourvue de grandes radios nationales (RMC, Fun Radio, RTL2, Chérie FM, Rire et Chansons…) du fait de sa proximité allemande l'empêchant d'exploiter de nouvelles fréquences. Skyrock (96.0)[345] et Oui FM (106.5)[346] ne sont arrivées que récemment[C'est-à-dire ?] sur Strasbourg après de nombreux mois de négociations avec les autorités outre-Rhin. Ces deux radios émettent depuis la Tour de Chimie, sur la rue Blaise Pascal, alors que les autres radios privées diffusent leurs programmes depuis le site TDF du Port du Rhin. Radio France a renoncé au 94.2 pour Mouv', sélectionné en même temps que Skyrock et Oui FM.

Presse écrite

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La presse locale est quant à elle dominée par le quotidien régional Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA), fondé en 1877 et dont le siège est à Strasbourg. Ce quotidien fait partie du groupe Est Bourgogne Rhône Alpes. Son tirage quotidien d'environ 200 000 exemplaires fait qu'il devance aisément l'autre journal régional L'Alsace implanté à Mulhouse[347]. Le journal régional d’information L'Ami hebdo est également publié à Strasbourg.

Les quotidiens gratuits Métro et 20 Minutes (qui offrent une édition locale) sont diffusés depuis 2005. Le petit format hebdomadaire wik-Strasbourg (anciennement Repères) diffusé gratuitement sur papier et sur internet rapporte les programmations cinéma et culturelle de l'agglomération. Est également diffusé gratuitement dans les cafés et cinémas le mensuel CUT, revue de cinéma, placée sous le parrainage de Gustave Kervern.

Début 2012, le paysage des médias locaux a également vu l'arrivée d'un nouveau média en ligne spécialisé dans l'information locale : Rue89 Strasbourg.

La municipalité édite deux mensuels officiels gratuits et distribués dans les boîtes aux lettres : Strasbourg Magazine et Eurométropole Magazine.

Économie

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Repères

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Le Neue Bau, place Gutenberg, est le siège de la CCI Alsace Eurométropole.

Strasbourg est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie Alsace Eurométropole ainsi que de la Chambre de métiers d'Alsace.

Grâce à son emplacement géographique, Strasbourg a toujours été un lieu de passage pour les biens et les personnes. Au centre de l’Europe, la ville se situe au carrefour d’un axe nord-sud historiquement très utilisé et d’un axe est-ouest. Son emplacement sur le Rhin favorise les échanges par voie fluviale. Comme toute grande ville, le secteur d’activité prédominant est le secteur tertiaire, bien que l’industrie représente encore une part non négligeable des emplois, en particulier dans les communes voisines. Strasbourg et son agglomération accueillent plusieurs grands sièges sociaux, Le Coq sportifEntzheim), le Crédit mutuel Alliance fédérale, Lidl France, Lohr IndustrieHangenbieten), Puma France, SteelcaseSchiltigheim), Wienerberger FranceAchenheim).

Adidas transfère son siege social pour la France de Landersheim à Strasbourg en 2018 mais quitte la ville dès 2024[348].

L'économie strasbourgeoise est marquée par l'implantation de cinq pôles de compétitivité labellisés[349] :

  1. sciences de la vie, biotechnologies et à la pharmacie : innovations thérapeutiques ;
  2. véhicule du Futur ;
  3. fibres d'éco-matériaux ;
  4. Alsace Énergivie : renforcer l'efficacité énergétique ;
  5. Hydreos : eau et écosystèmes.

Strasbourg est classée 3e ville française préférée des entrepreneurs derrière Lyon et Lille[350].

En 2006, la commune de Strasbourg comptait 159 557 actifs dont voici la répartition :

Répartition des emplois par secteur[351].
Secteur Strasbourg France
Tertiaire 87,3 %71,5 %
Industrie 9,4 %18,3 %
Construction 3,0 %6,1 %
Agriculture 0,2 %4,1 %
Sources des données : Insee.

La CUS (aujourd'hui Eurométropole de Strasbourg) comptait environ 212 000 actifs dont voici la répartition :

Répartition des emplois par branche d'activité[60].
Branche d'activité Emplois Part
Éducation et santé 41 50019,6 %
Services aux entreprises 34 10016,1 %
Commerce 32 00015,1 %
Industrie 31 00014,6 %
Administration 26 70012,6 %
Transport 12 7006,0 %
Finance 10 3004,8 %
Construction 9 5004,5 %
Autre 14 2006,7 %
Sources des données : CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin.

Le taux de chômage à Strasbourg est, comme dans beaucoup de grandes villes françaises, supérieur à la moyenne nationale. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Pendant longtemps, la ville s'est distinguée par un taux de chômage remarquablement faible, bien aidée par un secteur secondaire dynamique. Cependant, le recul des activités industrielles en France a progressivement réduit l'écart entre les moyennes strasbourgeoise, française[352] et régionale. La ville est en outre la 8e ville la plus inégalitaire de France, avec un coefficient de Gini de 0,445[353].

Évolution du taux de chômage[354].
Année 2003200420052006200720082009 2010201120122013201420152016 201720182019
Strasbourg 7,8 %8,6 %9,1 %9,3 %8,3 %7,7 %9,6 % 9,8 %9,5 %9,6 %10,1 %10,2 %10,4%10,1% 9,5 %9,0 %8,4 %
Sources des données : Insee

En 2021, le revenu médian par unité de consommation s'établit à 20 260  :

Histogramme des revenus médians disponibles par unité de consommation - département du Bas-Rhin[355],[356]

10 000
20 000
30 000
40 000
Communes de plus de 2 000 habitants du département - Insee 2021 - Fichier localisé social et fiscal - géographie du 01/01/2025
  • Strasbourg: 20 260 
  • Autres communes du département
  • Bas-Rhin: 24 090 
  • France métropolitaine: 23 080 

Secteur secondaire

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L'ancienne douane, (« Käufhüss »), bâtiment représentant le commerce médiéval de la ville (reconstruction XXe siècle).

Les activités industrielles à Strasbourg ont pour particularité d'être totalement diversifiées[4]. Elles représentent 14,6 % des emplois. Sur les 3 000 entreprises industrielles, plus de 30 % sont à capitaux étrangers, notamment allemands et américains. Les principaux secteurs sont l’automobile avec une plateforme logistique et un centre d'appel de BMW[357] et Adient ; l’industrie pharmaceutique avec Lilly, Octapharma, Prestwick Chemical, Carex, Boiron, JZ Produits Naturels[358] et l’agroalimentaire avec une usine Carambar & Co, la Société des Malteries d'Alsace (Groupe Soufflet), la malterie Cargill[359], les cafés Sati[360], Reck[361] et Henri[362], l'informatique avec les serveurs 2CRSi

Depuis les années 1990, la création du pôle de compétitivité BioValley France a apporté de nombreux emplois dans l’industrie pharmaceutique. Outre les emplois de recherche créés par les laboratoires universitaires, avec la création de nouveaux centres de recherche comme l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire[363] ou l’institut clinique de la souris[364] sur le campus d'Illkirch, un certain nombre de multinationales se sont implantées à Strasbourg ou dans sa périphérie. Le point d’orgue de ce développement a été le transfert du siège social d’Aventis à Strasbourg en 2002, mais le rachat de la société par Sanofi-Synthélabo en 2004 a retransféré le siège social du nouveau groupe à Paris.

Le port autonome de Strasbourg et la facilité de transport des marchandises sur le Rhin ont joué un rôle important dans le développement économique de la ville. Aujourd'hui, certains des espaces du port autonome sont des friches industrielles ; les anciens bassins situés près du centre-ville ont été revalorisés. Il reste des aciéries de part et d’autre du Rhin, celles du côté français avaient tendance à péricliter avant la remontée du prix de l’acier dans les années 2000 ; celles du côté allemand (groupe BSW - Badische Stahlwerke) se sont muées en micro-aciéries très rentables, embauchant alors beaucoup de travailleurs frontaliers.

Électricité de Strasbourg et Gaz de Strasbourg, deux entreprises ayant échappé à la nationalisation au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, assurent la distribution d'électricité et de gaz.

L'usine de valorisation énergétique des déchets ménagers résiduels est gérée par Sénerval, filiale de Séché Environnement, depuis 2010[365].

Désindustrialisation

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La ville et son agglomération sont cependant touchées par la désindustrialisation.

La commune voisine de Schiltigheim était surnommée « la cité des brasseurs », toutefois les brasseries Adelshoffen, Schützenberger et Fischer ont fermé au cours des années 2000. La société Brasseries Kronenbourg a définitivement quitté son site historique du quartier de Cronenbourg pour Obernai, à 25 kilomètres de Strasbourg, début 2014. La brasserie de l'Espérance, dernière grande brasserie de l'agglomération, est fermée par Heineken fin 2025.

La manufacture des tabacs de la Seita, construite au milieu du XIXe siècle, ferme en 2010.

L'imprimerie Istra, fondée en 1675 et implantée à Schiltigheim depuis 1958, est placée en liquidation judiciaire début 2010.

La raffinerie de Reichstett, située au nord de Strasbourg, employait 250 personnes. Elle est définitivement fermée en 2011, seul subsiste un dépôt pétrolier. Une seconde raffinerie, nommée raffinerie de Strasbourg, se trouvait à Herrlisheim. Ouverte en 1963, elle est fermée en 1984 puis démantelée.

Fondée en 1902, Coop Alsace est liquidée en 2015.

D’autres activités industrielles historiques disparaissent en 2023 : les Grands Moulins de Strasbourg ferment en avril[366]et la papeterie Lana de La Robertsau est placée en liquidation judiciaire en juin[367]. En janvier 2026, Dumarey Powerglide (ex-General Motors) annonce une cessation d'activité[368].

Secteur tertiaire

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Commerce

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Le centre commercial Place des Halles.

L'activité commerciale représente plus de 30 000 emplois à Strasbourg.

La Grande Île et le centre-ville rassemblent de nombreuses boutiques ainsi que la Place des Halles, centre commercial abritant près de 120 boutiques et 8 restaurants. Au Neudorf, un nouveau centre commercial baptisé Rivetoile a ouvert ses portes en .

En 2014, le chiffre d'affaires commercial du centre-ville était de 891 millions d'euros soit 38 % du total de l'Eurométropole[369].

Selon une étude menée en 2016, le centre-ville de Strasbourg est le plus dynamique de France. Il compte 18 000 m² de surfaces commerciales et 12 000 emplois[370].

La zone commerciale nord sur le territoire des communes de Vendenheim, Mundolsheim, Reichstett et Lampertheim est l'une des plus grandes de France. Une extension appelée Shopping Promenade Cœur Alsace est ouverte en . La zone commerciale de La Vigie se trouve au sud de l'agglomération sur le territoire des communes d'Ostwald et Geispolsheim.

Finance

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Strasbourg est l’une des premières places financière et bancaire de France et jouit d'une spécificité importante dans ce domaine. La ville compte plusieurs sièges sociaux de banques (notamment : le Crédit mutuel, le CIC Est, la Caisse d’épargne Grand Est Europe, le Crédit agricole Alsace-Vosges, le Crédit lyonnais Alsace-Lorraine, le Centre financier de la Banque postale, la Banque populaire Alsace-Lorraine-Champagne, le Crédit foncier et communal d'Alsace et de Lorraine), cinq salles de marchés et de nombreux établissements étrangers (UBS, Barclays, HSBC, Legal & General, Monte dei Paschi di Siena, etc.). Strasbourg s'est également doté en 1979 du premier World Trade Center de France. Les activités financières emploient plus de 15 000 personnes sur Strasbourg, secteur immobilier inclus[371].

Tourisme

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Le marché de Noël, place Broglie.
Le grand sapin, place Kléber.

Le tourisme est une activité importante pour l'Alsace. Le secteur y emploie près de 25 000 personnes dont 8 300 à Strasbourg[372] et Strasbourg était 4e au classement des dix destinations les plus durables de France, derrière Nantes, Angers et Lyon[373]. L'arrivée du TGV Est a permis d'enrayer la baisse des activités touristiques qui touchait la région depuis 2004[32]. En revanche, la part des touristes étrangers continue de baisser : ils représentaient 32 % en 2007 contre 38 % en 2004[32]. Par ailleurs, les touristes étrangers sont davantage présents l'été (environ 44 % des touristes) que l'hiver (environ 26 %). Chaque année, depuis 1570, le célèbre marché de Noël (ou Christkindelsmärik) ouvert pendant le mois de décembre, draine un nombre considérable de visiteurs, les capacités hôtelières de la ville et de toute la région faisant le plein à cette période. Ces capacités d’accueil sont moins utilisées le reste de l’année avec un taux d'occupation moyen des chambres de 54,7 % contre 60,4 % pour la France[374]. Située à la jonction des EuroVéloroutes EV5 (Via Francigena – de Londres à Rome/Brindisi) et EV15 (véloroute Rhin de la source du Rhin à Rotterdam), Strasbourg, par ailleurs première ville cyclable de France, est visitée par de nombreux cyclistes de Pâques à fin octobre.

Culture locale et patrimoine

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Lieux et monuments

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Le centre historique, la Grande Île (ou ellipse insulaire), a été classé patrimoine mondial par l’UNESCO en 1988. En 2017, la partie centrale de la Neustadt, vaste extension de la ville réalisée à partir de 1880, est également inscrite au patrimoine mondial dans le cadre d'une extension du périmètre classé[1]. Strasbourg est aussi labellisée ville d'art et d'histoire par le ministère de la Culture depuis 2014[375]. Si les vestiges de la ville romaine ont quasiment disparu, Strasbourg conserve en revanche un patrimoine architectural remarquable qui s'étend du Moyen Âge à aujourd'hui.

Les ponts couverts du XIIIe siècle vus du barrage Vauban. En arrière-plan, la cathédrale Notre-Dame.

Moyen Âge et Renaissance

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La Petite France.
La Petite France.
Les ponts couverts.

Strasbourg abrite de nombreux témoins du Moyen Âge et de la Renaissance, notamment en son centre historique. Parmi les plus anciens vestiges de la ville, les ponts couverts, construits au XIIIe siècle avaient pour rôle de protéger l'accès fluvial. Le système défensif est revu à plusieurs reprises jusqu'à la fin du XVIe siècle. Les tours visibles encore aujourd'hui sont les dernières des 90 que comptaient les défenses de la ville jusqu'au XIXe siècle[376] . Le barrage Vauban est la suite logique du système défensif des ponts couverts. Écluse fortifiée construite à partir de 1685 par Sébastien Le Prestre de Vauban, ce barrage vise à renforcer les défenses de la ville. Il pouvait servir à inonder l'accès sud de la ville afin de ralentir (voire de stopper) la progression ennemie.

Strasbourg compte aussi de nombreuses maisons à colombages. La maison Kammerzell est sans doute l'une des plus emblématiques. Construite au XVe siècle, elle prend son aspect actuel en 1589 à la suite d'importants travaux. Cette maison se distingue par sa structure originale : un premier niveau en pierres, puis trois niveaux en bois de type Renaissance rhénane, et enfin trois niveaux de combles[377] . Les ornements extrêmement nombreux et détaillés évoquent l'Antiquité, les cinq sens, le travail des hommes.

Les maisons à colombages sont nombreuses dans le quartier de la Petite France. Miraculeusement épargné par les guerres, ce quartier implanté sur l'Ill offre un véritable panorama de la Renaissance rhénane. Les maisons les plus remarquables sont la maison des tanneurs (construite en 1572 et retouchée au début du XVIIe siècle par son propriétaire) et la maison Haderer.

Édifiée en 1358 le long de l'Ill, l'ancienne douane est l'un des rares témoins du commerce médiéval de la ville. Détruite par les bombardements de 1944, elle a été restaurée en 1956 et accueille aujourd'hui un restaurant traditionnel ainsi qu'un magasin de producteurs alsaciens. Toujours le long de l'Ill se trouve l'ancienne boucherie. Construit entre 1586 et 1588, l'édifice en forme de « U » se caractérise par la sobriété de son architecture. Il n'abandonne sa fonction initiale qu'en 1859 et abrite aujourd'hui le musée historique[378] .

Situé au sud du centre historique, l'hôpital civil est édifié à la fin du XIVe siècle. En 1716, un incendie le détruit partiellement. La construction d'un nouvel hôpital (encore visible aujourd'hui) commence dès 1717 sous le contrôle de l'architecte Rodolphe Mollinger. Ses immenses toitures abritent trois étages de greniers. L'édifice est agrandi en 1741[379] . Parmi les rares éléments ayant subsisté à l'incendie du XVIIIe siècle, la cave historique est sans doute le plus remarquable. Construite entre 1393 et 1395, elle est utilisée pour élever le vin servi aux malades. Cette cave abrite notamment un vin blanc de 1472. Ce nectar de plus de 500 ans n'a été servi qu'à trois reprises : en 1576, en 1716 ainsi qu'en 1944 aux libérateurs de la ville[380].

Sur la place Gutenberg, l'un des plus anciens sites de Strasbourg, se trouve le Neubau qui abrite la chambre de commerce et d'industrie. Construit à partir de 1582 sous l'impulsion d'entrepreneurs suisses, le bâtiment est représentatif du style Renaissance. Il fit notamment office d'hôtel de ville. Il a été agrandi en 1867 dans le respect du style originel[381] ,[382].

L'hôtellerie du Corbeau est un autre lieu intéressant. Fermée au XIXe siècle, elle a reçu des hôtes illustres tels que Frédéric II, Jean-Jacques Rousseau ou encore Alexandre Dumas. Le lycée Fustel-de-Coulanges (anciennement collège royal, lycée impérial et école centrale sous la République), jouxtant la cathédrale, a d'abord été le petit séminaire pour les jésuites après sa construction en 1685. Mais le lieu est surtout connu pour avoir abrité la première imprimerie de Strasbourg, dans la maison dite zum Thiergarten[383].

XVIIIe et XIXe siècles

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Le palais Rohan.
L'hôtel de Klinglin.

Strasbourg abrite plusieurs témoins de cette époque. L'Aubette, dessinée par l'architecte Jacques-François Blondel est édifiée entre 1765 et 1778 dans un style néo-classique sur la place Kléber. Ce bâtiment qui utilise un grès rose très coloré, sert dans un premier temps de corps de garde. Endommagé en 1870, il abrite par la suite le conservatoire de musique. Ce bâtiment est, avec la place du Marché-Gayot construite en 1769, la seule réalisation issue du plan d'embellissement Blondel qui prévoyait une restructuration complète de la Place Kléber. Un important projet de restauration a été achevé en 2010. L'Aubette abrite désormais une galerie commerçante[384] .

Le palais Rohan est lui aussi remarquable. C'est notamment l'un des rares édifices de l'époque à utiliser un grès clair et non rose. Cet ancien palais épiscopal est construit entre 1728 et 1741 par l'architecte royal Robert de Cotte[385]. Sa façade est ornée de nombreuses sculptures que l'on doit à Robert le Lorrain, de personnages religieux ou mythiques[386]. Il accueille aujourd'hui trois musées : le musée archéologique, le musée des beaux-arts et le musée des arts décoratifs. Près de la place Broglie, on retrouve l'hôtel de Klinglin, imaginé par Jean-Pierre Pflug et construit entre 1731 et 1736 à la demande de François-Joseph de Klinglin alors prêteur royal de la ville. Il accueille un temps la préfecture du Bas-Rhin, c'est aujourd'hui la résidence du préfet. Détruit en 1870 pendant le siège de Strasbourg, il est rapidement restauré[387] . Juste à côté, le bâtiment du Théâtre municipal (où joue l'Opéra national du Rhin), est édifié entre 1804 et 1821 par l'architecte Villot. Il est partiellement détruit en 1870 à la suite de bombardements allemands. Lors de sa restauration en 1888, la façade arrière est enrichie d'un avant-corps circulaire[388]. Toujours aux abords de la place Broglie se trouve l'hôtel de Hanau, imaginé par Joseph Massol et achevé en 1736. Sa construction est financée par Régnier III de Hanau-Lichtenberg qui meurt avant la fin des travaux. Le bâtiment devient hôtel de ville en 1806. Aujourd'hui, il est principalement utilisé pour les célébrations de mariage[389] .

Dans le quartier de La Robertsau, le château de Pourtalès est un monument remarquable. Construit au XVIIIe siècle, il a été remanié à plusieurs reprises au cours du XIXe puis au début du XXe. Les pavillons sont agrandis, un parc à l'anglaise est aménagé, un nouveau corps de bâtiment voit le jour. Ce château est aujourd'hui la propriété d'une université américaine, la Schiller International University[390] .

Architecture impériale allemande

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Le palais du Rhin.
La bibliothèque nationale et universitaire.
Carte postale montrant partiellement et en perspective la gare de Strasbourg, un imposant bâtiment de style wilhelmien, avec son entrée par la partie centrale et son aile droite. Ses façades, librement inspirées du style Renaissance, s'ouvrent par de grandes baies vitrées. Devant l'auvent de la gare stationnent plusieurs personnes et chevaux attelés ou montés. Les impressions en allemand Strassburg et Zentralbahnhoff figurent au-dessus de la gare parmi d'autres mots manuscrits.
La gare de Strasbourg au début du XXe siècle.

On prétend qu'après les destructions massives de la Seconde Guerre mondiale, où les grandes villes allemandes furent rasées par les bombardements alliés, c'est à Strasbourg qu'on peut admirer les plus beaux exemples de l'architecture wilhelmienne. Notamment dans le vaste quartier bâti par les Allemands, la Neustadt (nouvelle ville en allemand) dont le point central est la Kaiserplatz (place impériale) actuelle place de la République. C'est pourquoi une partie de la Neustadt est inscrite au patrimoine mondial depuis 2017.

On retrouve en effet sur la place de la République plusieurs bâtiments caractéristiques comme le palais du Rhin, ancien palais impérial construit entre 1883 et 1888 par l'architecte Hermann Eggert dans le plus pur style germanique. Édifié pour accueillir l'empereur lors de ses visites à Strasbourg, il marque le rattachement de la ville à l'Empire allemand, et s'inscrit dans un programme de rénovation urbaine de grande ampleur. Il abrite depuis 1920 la Commission centrale pour la navigation du Rhin. L'actuel théâtre national de Strasbourg, dû aux architectes Hartel et Neckelmann, est un autre bâtiment important. Construit entre 1888 et 1899, il accueille dans un premier temps les sessions de la Délégation régionale. En 1911, il devient le Parlement d'Alsace-Lorraine, Landtag, jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale[391]. Rattaché depuis 1972 au Ministère de la Culture, il est le premier théâtre national implanté en province[392].

On doit aussi à ces deux architectes la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg de style néo-renaissance, inaugurée en 1895. Elle est aujourd'hui, avec ses trois millions d'ouvrages, la deuxième bibliothèque de France[393].

Strasbourg abrite d'autres bâtiments publics remarquables construits à la même époque, comme la préfecture (ancien ministère d'Alsace-Lorraine), édifiée en 1911, mais aussi, l'hôtel des Postes dessiné par l'architecte Von Rechenberg dans un style néo-gothique[394]. Édifié entre 1896 et 1899 par l'administration des Postes, ce bâtiment a été lourdement endommagé en 1944. Lors de sa reconstruction, on utilisa du grès rose. Aujourd'hui encore il est utilisé par La Poste[395] . L'établissement des bains municipaux, imaginé par Fritz Beblo et construit de 1905 à 1908, s'éloigne des standards d'alors, avec son imposante façade rouge et son style néo-roman[396] . Le palais de justice, dû à Skjöld Neckelmann et réalisé entre 1894 et 1897 est aussi un témoin intéressant de l'époque. À l'instar de la plupart des édifices publics construits sous l'ère allemande, ce palais utilise un grès gris clair[397] .

Plusieurs bâtiments affectés à l'enseignement font également partie du patrimoine strasbourgeois, notamment le palais universitaire « Kaiser-Wilhelms-Universität Strassburg » édifié en 1884 sous le contrôle du jeune et talentueux Otto Warth. Il accueille aujourd'hui encore certaines filières universitaires (histoire, archéologie, histoire de l'art, arts plastiques, théologie)[398] et est considéré comme l'un des plus beaux monuments construits sous l'ère allemande. Le lycée international des Pontonniers est un ex-lycée de jeunes filles inauguré en 1904 qui rompt clairement avec les tendances néo-renaissance allemandes[399] .

La Neustadt offre également d'autres bâtiments publics à l'architecture caractéristique comme la gare centrale, inaugurée en 1883. Celle-ci est l'un des premiers édifices entrepris après le rattachement de l'Alsace-Lorraine à l'Empire allemand. La façade du bâtiment n'a quasiment pas été retouchée, elle est aujourd'hui surmontée d'une grande verrière. Le bâtiment de la « Gallia » (« Germania » à sa construction) achevé en 1885 est également typique de la ville et de l'époque. Il a d'abord abrité une compagnie d'assurances. Depuis les années 1920, il est le siège d'associations étudiantes (aujourd'hui le CROUS et l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg)[400] . On doit le quartier Stirn à l'architecte Von Lilienstern. Construit entre 1884 et 1897, cet édifice est très moderne à l'époque. Il couvre une superficie de 4 hectares et peut accueillir trois bataillons d'infanterie[401] . Après la guerre de 1870, Strasbourg devient en effet une base importante de l'armée allemande.

Enfin, la ville offre des exemples remarquables d'ensembles architecturaux Art Nouveau ou Jugendstil, comme le 22, rue du général Castelnau (architectes F. Lütke et H. Backes), la villa Schützenberger, au 76, allée de la Robertsau (architectes : Berninger & Krafft) ou encore l'hôtel Brion, 22, rue Sleidan (architecte : Auguste Brion).

Citons aussi la capitainerie du Port du Rhin de style néo-gothique avec son haut beffroi.

Architecture contemporaine

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La tour Valentin-Sorg, emblématique des transformations des années 1970 et la cathédrale Notre-Dame.

Strasbourg possède également de nombreux monuments plus contemporains comme le monument aux morts de Strasbourg, œuvre symbolique situé dans une région qui fut tantôt allemande et tantôt française au gré de l'Histoire. Situé place de la République et inauguré en 1936 par le président de la République Albert Lebrun, il porte comme seule inscription « À nos morts » sans mentionner la patrie pour laquelle les soldats sont tombés. La sculpture représente une mère (symbolisant la ville de Strasbourg) tenant sur ses genoux ses deux enfants mourants, l'un allemand et l'autre français. Ils se sont combattus et devant la mort enfin ils se rapprochent. La sculpture a été réalisée par Léon-Ernest Drivier. C'est un des rares monuments aux morts pacifistes français.

La ville compte aussi quelques représentants du style art déco : rue du Travail et place des Halles, à l'angle de l'avenue des Vosges et de la rue Oberlin ou encore le parc des expositions au Wacken.

Plusieurs bâtiments modernes se trouvent dans le quartier européen. Le palais de l'Europe, dessiné par l'architecte Henry Bernard et inauguré en 1977, abrite le Conseil de l'Europe. Le palais des droits de l'homme dû à Richard Rogers accueille depuis 1998 la Cour européenne des droits de l'homme. Le bâtiment épouse le cours de l'Ill, d'où sa forme en arc de cercle. Enfin, le parlement européen que l'on doit au cabinet Architecture-Studio est un autre bâtiment remarquable. Inauguré en 1999, il fait suite au sommet d'Édimbourg qui, en 1992, fixe définitivement le siège du parlement européen à Strasbourg[402]. Sa surface totale est de 220 000 m2 pour 60 mètres de hauteur[403].

L'architecture contemporaine est également marquée par des édifices à vocation culturelle comme le musée d'Art moderne et contemporain dû à l'architecte Adrien Fainsilber. Inauguré en 1998 il est situé à proximité du barrage Vauban et fait face à l'hôtel du Département (1989) dont l'architecture rappelle celle d'un paquebot. Plus récemment[C'est-à-dire ?], le zénith, imaginé par Massimiliano Fuksas a été achevé en 2008 après deux ans de travaux. La Cité de la musique et de la danse, inaugurée en 2006, a été conçue par l'architecte Henri Gaudin ; elle est occupée par le pôle des écoles de musique de Strasbourg et principalement par le Conservatoire à rayonnement régional de Strasbourg. Enfin, la maison de la Radio-Télévision, inaugurée en 1961[404] et aujourd'hui siège de France 3 Alsace, abrite une mosaïque de 25 mètres de long imaginée par Jean Lurçat et intitulée La Création du monde[405] . Dans le domaine éducatif, on citera l'Escarpe, de l'université Robert-Schuman que l'on doit aux architectes Knecht et Schweitzer et surtout le Pôle européen de gestion et d'économie qui loge dans une ancienne manutention en briques rouges subtilement modernisée.

L'hôtel de la Région a été construit par le cabinet Chaix et Morel entre 2002 et 2004 dans le quartier du Wacken. L'immense verrière de 125 mètres de long et de 23 mètres de haut conçue par Jean-Marie Duthilleul recouvre la façade historique de la gare centrale depuis l'arrivée du TGV Est en 2007. Les façades du grand magasin Printemps, place de l'Homme-de-Fer, ont été modernisées en 2013 par l'architecte Christian Biecher.

Côté urbanisme, la Cité-jardin du Stockfeld et la cité ouvrière Ungemach ont été construites au début du XXe siècle selon un concept d'intégration d'un lotissement de logements sociaux dans des espaces verts. La passerelle Mimram, du nom de son architecte Marc Mimram est également une œuvre importante de l'urbanisme strasbourgeois. Située dans le jardin des Deux Rives et exclusivement piétonne, elle relie Strasbourg à la ville allemande de Kehl. Sa fonction, essentiellement symbolique, traduit la volonté de rapprocher les deux rives du Rhin et donc les deux pays.

L'ancien môle Seegmuller donnant sur le bassin d'Austerlitz, près de la place de l’Étoile, est un témoignage remarquable de l'architecture portuaire et industrielle des années 1930, les anciennes grues de manutention ont même été conservées. Le site est actuellement[Quand ?] en pleine réhabilitation (médiathèque, logements, commerces, résidence étudiante), la ville veut en faire le cœur d'un vaste projet d'urbanisme reliant le quartier du Heyritz jusqu'au Port du Rhin.

Panorama urbain strasbourgeois

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La ville compte quelques immeubles et édifices de grande hauteur. Outre la cathédrale et ses 142 mètres, l'église Saint-Paul, avec ses deux clochers, culmine à 76 mètres ; elles sont suivies par : la tour de Chimie (73 mètres)  située sur le campus de l'Esplanade , le Parlement européen et ses 70 mètres, deux silos de 69 et 67 mètres au Port du Rhin, l'église Saint-Maurice dont le clocher atteint 65 mètres, la tour Europe (haute de 62 mètres) de la place des Halles, et la tour Schwab de la cité de l'Ill avec ses 56 mètres.

La tour Elithis Danube, inaugurée en 2018, dans l'écoquartier Danube, atteint également 56 mètres, tandis que les trois tours dites « Black Swans », près du môle Seegmuller, en mesurent 55. Dans le même secteur, la tour « NoLiStra » (qui sera livrée fin 2019) culmine à 57 mètres[406].

L'ensemble immobilier « Porte de France », près de la place de la Bourse, mesure environ 50 mètres de hauteur au maximum, tandis que la tour « Canopée » (anciennement « Maison du Bâtiment »), place de Haguenau, atteint 48 mètres. Enfin, l'ancien silo Seegmuller et le centre administratif de l'Eurométropole sont hauts de respectivement 50 et 46 mètres[407]. Par ailleurs, la tour Valentin-Sorg, avec 48 mètres, surplombe la place de l'Homme-de-Fer.

Le château d'eau de la brasserie de l'Espérance, à Schiltigheim, domine le nord de l'agglomération avec ses 65 mètres.

Patrimoine culturel

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Strasbourg dans la littérature

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Au XVIIIe siècle

Au XIXe siècle

  • Honoré de Balzac cite cette ville comme le lieu de naissance des grands banquiers comme Aldrigger ou Frédéric de Nucingen dans La Maison Nucingen, 1837[409], comme un havre de sérénité et d'espoir pour l'aristocrate émigré qui revient enfin en France dans Le Lys dans la vallée, 1836[410], comme la rivale de Besançon et de Dijon dans Albert Savarus, 1842[411].
  • Victor Hugo a consacré à la métropole alsacienne une pagination limitée dans Le Rhin, gros ouvrage mis en forme en 1841, qu'il corrigea et augmenta par la suite en utilisant les notes prises au cours de deux voyages et en se documentant. Il n'évoqua guère que « le Munster, véritablement une merveille » et Saint-Thomas, où le tombeau du maréchal de Saxe lui parut « une grande machine d'opéra en marbre, dans le maigre style de Jean-Baptiste Pigalle ». À défaut de s'attarder dans la ville, dont il ne décrit aucunement la vie, il la découvrit presque du ciel : « Je n'aurais eu garde de manquer la plus haute flèche du monde (…). C'est une chose admirable de circuler dans cette monstrueuse masse de pierre toute pénétrée d'air et de lumière, évidée comme un joujou de Dieppe, lanterne aussi bien que pyramide, qui vibre et qui palpite à tous les souffles du vent (…). D'où j'étais, la vue est admirable. On a Strasbourg sous ses pieds, vieille ville à pignons dentelés et à grands toits chargés de lucarnes, coupée de tours et d'églises, aussi pittoresque qu'aucune ville de Flandre. L'Ill et le Rhin, deux jolies rivières, égaient ce sombre amas d'édifices de leurs flaques d'eau claires et vertes. (Le Rhin, Bueb et Reumaux éditeur, 1980) »
  • Gérard de Nerval évoque Strasbourg dans La Lorely.
  • Hippolyte Taine dans ses Carnets de Voyage.
  • Stendhal dans Mémoires d'un touriste et Le Rouge et le noir.
  • Johann Wolfgang von Goethe dans Poésie et Vérité.
  • Théophile Gautier dans Loin de Paris.
  • Le chroniqueur Alfred Delvau tint le journal du voyage qu'il fit en 1865 avec Alphonse Daudet. Ils avaient pris le train : « Nous roulons vers Strasbourg à la vitesse qu'on connaît aux trains express. Cette vitesse est brutale. (Du pont des Arts au pont de Kehl, collection Duo, éditions le Grand Miroir, 2005). »

Au XXe siècle

Au XXIe siècle

Strasbourg au cinéma

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En 2008, l'intrigue de Dans la ville de Sylvia de José Luis Guerín se déroule à Strasbourg. En 2011, Philippe Claudel filme une grande partie des scènes de Tous les soleils au centre-ville de Strasbourg et sur les quais.

Tourné en 1967 à Strasbourg, le premier épisode de L'Homme du Picardie se déroule dans le centre-ville et sur le Port du Rhin. Ce feuilleton télévisé français réalisé par Jacques Ertaud a été diffusé à partir du sur la première chaîne de l'ORTF.

L'intrigue de Sherlock Holmes : Jeu d'ombres de Guy Ritchie (2011) débute par un attentat à Strasbourg sur le parvis de la cathédrale.

Pratique du dialecte alsacien

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Signalisation bilingue du centre historique de la ville.

L'alsacien désigne l'ensemble des dialectes haut-allemands vernaculaires traditionnellement parlés en Alsace. Ces dialectes sont l'alémanique (du sud de la région jusque vers Haguenau) et un peu le francique (méridional vers Wissembourg et rhénan en Alsace bossue). Le parler strasbourgeois, bien qu'étant de l'alémanique, se différencie de ses alentours par une forte influence du francique qui marque son vocabulaire.

Au cours du XXe siècle et à l’instar du reste de l’Alsace, la pratique du dialecte chute, en partie du fait des politiques de francisation menées par l’État français menant au non renouvellement des locuteurs[412],[413],[414],[415],[416].

Personnalités liées à la commune

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Dans le domaine politique, outre les anmeister et stettmeister tels que Jacques Sturm, la ville compte quelques maires ayant eu un rayonnement national, voire international, notamment Pierre Pflimlin, qui a également été président du parlement européen, Catherine Trautmann, député européenne et ministre ou Fabienne Keller, elle aussi députée européenne. La ville a également donné à la France plusieurs grands généraux de la Révolution et de l’Empire, comme Jean-Baptiste Kléber et François Christophe Kellermann.

Dans le domaine religieux, outre les évêques de Strasbourg, la ville a été la résidence de nombreux humanistes et réformateurs comme Sébastien Brant, Jean Geiler de Kaysersberg, Beatus Rhenanus ou encore Martin Bucer. Le saint catholique Charles de Foucauld y a passé sa jeunesse.

Si Gutenberg est le plus ancien inventeur en lien avec Strasbourg, la présence de l’université et d’écoles de qualité font que la ville a hébergé de nombreux scientifiques. Elle est notamment réputé pour ses chimistes dont Louis Pasteur, Charles Gerhardt, inventeur de l’aspirine, ou Jean-Marie Lehn, Martin Karplus et Jean-Pierre Sauvage, tout trois récipiendaires du prix Nobel de chimie. Parmi les autres prix Nobel figurent Louis Néel en physique et Jules Hoffmann en médecine.

En architecture, la ville est surtout connu pour les architectes de la cathédrale. En peinture, illustration et photographie se démarquent notamment Gustave Doré, Charles David Winter, Jean Arp et Tomi Ungerer, . De nombreux élèves de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg ont également poursuivi de grandes carrière, comme John Howe, Blutch ou Marjane Satrapi. Le domaine de la musique est également bien représenté, avec les musiciens et chefs d’orchestre Charles Munch et des chanteurs populaires comme M. Pokora ou Abd al Malik . Enfin dans les arts du spectacle se démarquent Amélie Diéterle, Alex Lutz, Germain Muller ou encore Claude Rich.

Parmi les sportifs se trouvent des footballeurs liés au Racing Club de Strasbourg, comme Gilbert Gress ou Arsène Wenger, le coureur Mehdi Baala et l’escrimeur médaillé olympique Vincent Anstett.

Héraldique, logotype et devise

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Héraldique

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Armes de Strasbourg

Les armes de Strasbourg se blasonnent ainsi : « D'argent (avec ou sans diapré) à la bande de gueules ». Le blason de la ville est le résultat d'une inversion des couleurs du blason de l'ancienne principauté épiscopale de Strasbourg (De gueules à la bande d'argent) à l'issue de la révolte des bourgeois de la ville au Moyen Âge qui ont pris leur indépendance face à la tutelle de l'évêque. Celui-ci conserva néanmoins son pouvoir sur la campagne environnante. Le même phénomène s'est observé à Bâle, expliquant ainsi l'actuelle inversion des couleurs des blasons des cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne.

Cependant le blasonnement est apparemment sujet à discussion. Outre l'interprétation graphique ci-contre, on rencontre au moins deux blasonnements différents :

D'argent à la bande de gueules (le champ diapré). (Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes)
D'azur, à une Notre-Dame de carnation assise sur un trône d'or et sous un pavillon de même, tenant de la main dextre un sceptre d'or, et sur le bras sénestre l'enfant Jésus : auprès de la Vierge est un écusson d'argent, chargé d'une bande de gueules. (Malte-Brun, La France illustrée, 1884)
Armes de Strasbourg avec ornements

Les Grandes Armes de Strasbourg se composent du blason bandé et de certains ajouts à l'extérieur. Le musée historique de Strasbourg ainsi que d'autres bâtiments historiques en conservent des exemples, sur pierre ou sur vitraux, dont l'emploi remonte au XIIIe siècle. Il sert officiellement pour la première fois de décor sur une charte municipale de 1399, où est venue se joindre, en 1919, la Légion d’honneur. Si les ornements extérieurs font appel à l'ancienne condition de ville libre du Saint-Empire romain germanique, le champ diapré n'est qu'un élément décoratif[417].

Les Grandes Armes de Strasbourg ont servi de décoration à des fins officielles, comme pour les médailles de l'Exposition de la ville[418], timbres postaux et documents officiels jusque dans les années 1980, quand la corporation municipale décida de faire usage d'un logo.

Blason de Strasbourg sous le Premier Empire

Les armes de Strasbourg sous le Premier Empire se blasonnent ainsi : « D'azur diapré d'or à la bande d'argent, au chef de gueules chargé de trois abeilles d'or ».

Pendant le Premier Empire, Strasbourg fut au nombre des bonnes villes et autorisée à ce titre à demander des armoiries au nouveau pouvoir. Elles devenaient : D'azur diapré d'or à la bande d'argent, au chef de gueules chargé de trois abeilles d'or, qui est des bonnes villes de l'Empire.

Logotype et drapeau

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Le drapeau de la ville dérive de son blason, il présente une large bande rouge diagonale sur un fond blanc. Le rouge et le blanc sont également les couleurs traditionnelles de l'Alsace.

Le premier logo de la ville et de la communauté urbaine, adopté dans les années 1990, représente la flèche de la cathédrale stylisée. Le cercle coloré symbolise le mouvement et la dynamique.

Le logo actuel est adopté en 2015. Il est dérivé de celui créé en 2010, qui a été adapté à l'occasion de la transformation de la communauté urbaine en métropole. Le « .eu » fait directement référence au site web de la ville ; il montre également que Strasbourg est tournée vers les nouvelles technologies et confirme la vocation européenne de la ville. Ledit logo est généralement accompagné d'une vignette rouge portant la mention Capitale européenne. Le plus souvent, le logo est vert, mais il existe également des variantes de différentes couleurs[419] : bleu, rouge, noir, orange, etc.

Voir aussi

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Bibliographie

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Histoire

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  • Collectif d'historiens et d'archéologues Strasbourg 2000 ans d'Histoire , dans Dossiers d'archéologie, N°420, novembre-décembre 2023, 82.p.
  • Collectif d’historiens sous la direction de Georges Livet et Francis Rapp, Histoire de Strasbourg des origines à nos jours, quatre volumes (env. 2 000 pages), 1982 (ISBN 2-7165-0041-X).
  • Centre national d'archéologie urbaine, Strasbourg, Association pour les fouilles archéologiques nationales, Paris, 1992, 285 p. (ISBN 2-906796-09-3).
  • Collectif, Strasbourg : fouilles archéologiques de la ligne B du tram, Musées de la ville de Strasbourg, Strasbourg, 2000, 74 p. (ISBN 2-901833-46-2).
  • Michel Bertrand, Histoire secrète de Strasbourg, Albin Michel, , 326 p. (ISBN 2-22602-0462).
  • Christian Lamboley, 40-45, Strasbourg bombardé, Contades, Strasbourg, 1988, 158 p.
  • Bastien Gissinger, Recherches sur le site fortifié de Strasbourg durant l'Antiquité tardive : le castrum d'Argentoratum, J. et E. Hedges, Oxford, 2002, 204 p. (ISBN 1-84171-303-1).
  • Benoît Jordan, Histoire de Strasbourg, Gisserot-Histoire, , 128 p. (ISBN 2-8774-7870-X).
  • Paul Greissler, La Classe politique dirigeante à Strasbourg (1650-1750), le Quai, Strasbourg, 1987, 302 p. (ISBN 2-903548-03-X).
  • Stéphane Jonas, Annelise Gérard, Marie-Noële Denis, François Weidmann, Strasbourg, capitale du Reichsland Alsace-Lorraine et sa nouvelle université. 1871-1918, Strasbourg, Oberlin, 1995.
  • Jean-Marie Mantz (dir.), Histoire de la médecine à Strasbourg, la Nuée bleue, Strasbourg, 1998, 799 p. (ISBN 2-7165-0219-6).
  • Jean Rahn, Martin Grunenwald, 50 ans d'histoire au Centre régional d'éducation populaire et de sport d'Alsace, Le Verger, Illkirch-Graffenstaden, 1996, 235 p. (ISBN 2-908367-63-7).
  • Revue des sciences sociales, no 40, 2008, « Strasbourg, carrefour des sociologies ».
  • Jean-Louis Schlienger, André Braun, Le Mangeur alsacien : histoire de l'alimentation en Alsace de la Renaissance à l'annexion, la Nuée bleue, coll. « la Bibliothèque alsacienne », Strasbourg, 1990, 254 p. (ISBN 2-7165-0277-3).
  • Bernadette Schnitzler, -12 : aux origines de Strasbourg, Musées de la Ville de Strasbourg, Strasbourg, 1988, 184 p.
  • Eugène Seinguerlet, Histoire de Strasbourg, Dinali, Strasbourg, 1988, 78 p.
  • Régis J. Spiegel, Strasbourg romantique. Au siècle des peintres et des écrivains voyageurs, La Nuée Bleue, Strasbourg, 2010, 215 p.
  • Strasbourg 1870, le récit du siège d’après le journal inédit d’Ernest Frantz, 15 juillet-28 septembre, introduction et commentaires d’Aline Bouche, David Bourgeois et Marie-Claire Vitoux, Nancy, éditions Place Stanislas, 2011, 240 p.
  • Guy Trendel, Racontez-moi Strasbourg, La Nuée bleue, , 411 p. (ISBN 2-7165-0606-X).
  • Dossiers d'archéologie, Strasbourg 2000 ans d'Histoire , N°420, novembre-décembre 2023
  • Collectif, Guide du Strasbourg colonial : L'Alsace et le colonialisme, Syllepse, , 296 p. (ISBN 979-10-399-0371-4, présentation en ligne)

Économie

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  • Guy Trendel, Au pays de la Couronne d'Or : balades dans le vignoble de Strasbourg, Strasbourg, Corpur, , 240 p. (ISBN 2-84208-028-9).

Patrimoine architectural

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  • Le patrimoine des communes du Bas-Rhin, Flohic, (ISBN 978-2842340551).
  • Suzanne Braun, Églises de Strasbourg, Strasbourg, Oberlin, , 217 p. (ISBN 2-85369-237-X).
  • Lucie Maechel et Théodore Rieger, Strasbourg, insolite et secret : deux mille ans de métamorphoses, Paris, J.-P. Gisserot, , 126 p. (ISBN 2-87747-428-3).
  • Étienne Martin (dir.), Le Palais Rohan, Musée des arts décoratifs, Strasbourg, Musées de Strasbourg, , 68 p. (ISBN 2-901833-41-1).
  • Roland Recht, Georges Foessel et Jean-Pierre Klein, Connaître Strasbourg : cathédrale, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Colmar, Alsatia, , 285 p. (ISBN 2-7032-0185-0).
  • Charles-Laurent Salch, Nouveau Dictionnaire des Châteaux Forts d'Alsace, Ittlenheim, alsatia, Conception et réalisation Lettrimage, , 384 p. (ISBN 2-7032-0193-1)
    Strasbourg, pp. 314-315, Dessins de relevés et d'illustration sont de Walter Herrmann, André Lerch, Christian Rémy. Images de synthèse de Fabien Postif et Photos de Dominique Martinez
  • Charles-Laurent Salch, Atlas des villes et villages fortifiés en France, Début du Ve siècle à la fin du XVe siècle, Strasbourg, Editions Publitotal, , 495 p.
    Strasbourg pp. 220 à 234, et 389, B.38.688.87
  • Charles-Laurent Salch, Imagiers des châteaux et remparts d’Alsace, 1370-1970, vol. 2, Strasbourg, Châteaux-forts d'Europe-Castrum Europe, , 581 p. (ISSN 1253-6008)
    N°63/64/65/66 2013. Tome 3 : P à Z. Strasbourg pp. 494 à 496.
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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. L'aire d'attraction ne se limite pas aux limites administratives de la commune de Strasbourg, ni à la frontière franco-allemande.
  3. Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
  4. Les records sont établis sur la période du au .
  5. Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
  6. Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Strasbourg (partie française) comprend une ville-centre et 22 communes de banlieue.
  7. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  8. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  9. Bourg est un mot d'origine germanique qui signifie à l'origine fortification, place forte. Le mot allemand apparenté est Burg, tandis que le mot anglais apparenté est (en) borough. En allemand, un mot de la même famille est Berg, qui signifie montagne. Il faut ici savoir que les fortifications étaient le plus souvent situées en hauteur. En France, le sens a évolué vers la notion de gros village. Dans la toponymie alsacienne, mais aussi normande, au contraire du reste de la France, le mot a gardé sa signification originelle de fortification.
  10. En anglais, l'étymologie de (en) fort, d'origine latine via le français, remonte à une racine commune à bourg, qui renvoie à la notion de hauteur. En effet, souvent à un b germanique correspond un f latin (par exemple. anglais brother, français frère). Nous avons en l’occurrence bourg d'un côté, et fort (mais aussi force) de l'autre.
  11. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations de référence postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population de référence publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  12. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
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