Dictature militaire

forme de gouvernement militaire dictatorial

Une dictature militaire est un gouvernement dictatorial dirigé directement par des membres de l'armée et généralement instauré à la suite d'un coup d'État.

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Junte militaire chilienne en 1973. (de gauche à droite : César Mendoza, commandant en chef des Carabiniers ; José Toribio Merino, commandant en chef de la marine ; Augusto Pinochet, commandant en chef de l'armée ; Gustavo Leigh Guzmán, commandant en chef des forces aériennes.)

Le groupe de militaires qui dirige cette dictature, si le pouvoir est partagé entre plusieurs officiers, est connu sous le nom de junte militaire, de l'espagnol junta. Le terme de junte renvoie en effet à l'origine à un type de dictature militaire en Amérique latine (d'où l'origine du mot) qui est géré par un groupement de chefs des armées.

Description

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Le Bas-Empire romain peut être considéré comme une dictature militaire en ce sens que l'armée plaçait l'homme de son choix à la tête de l'Empire, même sans son consentement (l'espérance de vie de l'empereur étant très limitée à cette époque).

Les autres dictatures militaires sont aux mains d'un seul officier ou groupe d'officiers, qui est généralement le plus haut gradé.

Au Moyen-Orient et en Afrique, les gouvernements militaires ont été pour la plupart imposés par une personnalité puissante et sont des autocraties en plus de dictatures militaires. Des chefs comme Idi Amin, Kadhafi, Nasser, Boumédiène ou Moussa Traoré développèrent le culte de la personnalité et devinrent le visage de la nation aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières.

La plupart des dictatures militaires ont été formées à la suite d'un coup d'État par lequel elles ont renversé le gouvernement précédent.

Dans le passé, les juntes ont justifié leurs actions et les lois qu'elles imposaient comme étant le moyen de ramener la stabilité politique de la nation, voire de la sauver des idéologies dangereuses. En Amérique latine, la peur du communisme fut généralement utilisée, alors qu'au Moyen-Orient, les dangers venant de l'intégrisme islamique furent des arguments importants. Les régimes militaires tendent à se décrire comme non-partisans, comme des partis neutres pouvant fournir un gouvernement d'intérim en période trouble, et tendent également à dépeindre les hommes politiques civils comme corrompus et inefficaces. L'une des caractéristiques presque universelle des gouvernements militaires est l'institution de la loi martiale ou d'un état d'urgence permanent.

Bien qu'il existe des exceptions[1], les régimes militaires sont souvent peu respectueux des droits de l'homme et utilisent tous les moyens pour réduire au silence les opposants politiques. L’Amérique latine, l'Afrique et le Moyen-Orient sont des zones qui ont fréquemment connu des dictatures militaires. L'une des raisons de ceci est que l'armée présente souvent plus de cohésion et de structure que la plupart des institutions civiles.

L'Asie du Sud-Est aussi a connu, et connaît encore des dictatures militaires. Les cas du régime de Soeharto, qui a dirigé l'Indonésie de 1965 à 1998, et de la Thaïlande, qui a connu de nombreux coups d'État militaires depuis 1932, s'expliquent essentiellement par le contexte de la guerre froide et du soutien des États-Unis à des régimes anticommunistes. Cependant, l'anti communisme ne motive pas la prise du pouvoir du général Prayut Chan-o-cha lors du coup d'État militaire en Thaïlande et l'instauration de la loi martiale datant du , celui-ci étant condamné par les États-Unis et la majorité des pays occidentaux.

Dans la seconde partie du XXe siècle, l'Amérique du Sud connaît plusieurs juntes militaires : la junte militaire de Colombie (1957-1958), la dictature militaire brésilienne (1964-1985), la dictature militaire chilienne (1973-1990) ou encore la dictature militaire argentine (1976-1983). En Europe, ce type de régime était plus rare, mais pas inexistant, comme l'atteste l'instauration de la dictature des colonels en Grèce en 1967 par Geórgios Papadópoulos, qui durera jusqu'en 1974.

On peut contraster les dictatures militaires avec les autres formes de dictatures. Par exemple, dans la plupart des États communistes, le centre du pouvoir reste contrôlé par des civils et des mesures (comme les commissaires politiques et des rotations fréquentes) sont prises pour qu'une formation militaire ne puisse exercer une autorité indépendante.

Des années 1990 au début des années 2020, les dictatures militaires sont devenues moins courantes. Les raisons à cela sont qu'elles n'avaient plus autant de légitimité internationale, et que les militaires qui avaient alors dirigé les pays ne s'impliquaient plus dans le débat politique. Mais c'est surtout la fin de la guerre froide et l'effondrement de l'Union soviétique qui firent qu'il leur était plus difficile de brandir la peur du communisme pour justifier leurs actions, ou pour obtenir le soutien de pays étrangers. Quand la guerre froide commença à s'essouffler, les gouvernements militaires d'Amérique latine furent remplacés par des démocraties.

En Égypte le parti salafiste Al-Nour arrivé à la fin des élections en 2011 avec 25% des voix, ce parti est dans la continuité de la dictature militaire déjà présente auparavant. Cette augmentation importante en popularité au sein de la population égyptienne a créé une relation ambiguë avec les Frères musulmans qui étaient en place à l'époque. Survient alors un coup d'état le , qui renverse les Frères musulmans. En effet, le projet du parti Al-Nour était de renverser Mohamed Morsi, celui-ci était donc près à s'allier au candidat improbable Abd al-Mun'Im Abd al-Futuh, qui était plus souple en ce qui concernait l'islam, contrairement au parti Al-Nour. Celui-ci a donc rejoint la coalition anti-frère et a appelé à voter « oui » pour le référendum sur la constitution. Il fit ensuite campagne pour Al-Sissi, qui est parvenu à la tête du pouvoir en Égypte et qui gouverne le pays militairement depuis la présidentielle de 2014[2].

En Afrique dans les années 2020, une série de coups d'État a porté les militaires au pouvoir, notamment au Mali en 2020 et 2021[3], en Guinée[4], au Tchad[5] et au Soudan[6] en 2021, au Burkina Faso en janvier[7] et septembre[8] en 2022, et au Niger et au Gabon en 2023[9],[10] et en Guinée-Bissau en 2025.

Les pays suivants sont dirigés par des militaires. À l'exception du Burkina Faso, de Madagascar, du Mali, du Soudan et du Niger, ils ont organisé des élections, considérées comme plus ou moins libres, qui les ont maintenus au pouvoir après y être parvenu à la suite d' un coup d'État :

Notes et références

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  1. Les forces armées, gardiennes des institutions et des libertés, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », (ISBN 978-2-406-15062-6)
  2. Stéphane Lacroix, « Salafisme et contre révolution en Égypte », Vacarme, 2016/1 (N° 74), , p. 27-33 (lire en ligne)
  3. (en) « After Two Coups, Mali Needs Regional Support to Bolster Democracy », United States Institute of Peace (consulté le ).
  4. (en) « Why a coup in Guinea was felt around the world », CNBC (consulté le ).
  5. (en-US) Declan Walsh, « Coups in Africa Run Coast to Coast After Niger Turmoil », The New York Times, (lire en ligne, consulté le ).
  6. (en) « Sudan's Coup: One Year Later », Council on Foreign Relations (consulté le ).
  7. (en) « A timeline of the coup in Burkina Faso since January 2022 », The Indu, (lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) « Burkina Faso’s coup and political situation: All you need to know », www.aljazeera.com (consulté le ).
  9. (en-US) « Niger's Bazoum 'held by guards' in apparent coup attempt » [archive du ], Al Jazeera, (consulté le ).
  10. (en) Dixon (g_dixon), « Gabon closes shipping down after post-election coup » [archive du ], TradeWinds | Latest shipping and maritime news, (consulté le )

Voir aussi

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