Avenio est le nom antique latin de la ville d’Avignon, attesté dès le IIe siècle av. J.-C. sous la forme hellénisée Αὐενιών (Auenión)[1],[2]. La cité trouve ses origines sur le site du rocher des Doms, occupé dès le néolithique et qui constitue un point stratégique majeur de contrôle sur le Rhône et ses échanges[3],[4]. Oppidum volque au IIIe siècle av. J.-C. puis Cavares à partir du IIe siècle av. J.-C., Auenión est intégrée aux réseaux commerciaux méditerranéens sous influence grecque massaliote[5]. Avenio est ensuite progressivement intégrée à la sphère romaine à la fin du IIe siècle av. J.-C.[2],[6],[7]. Elle devient au Ier siècle av. J.-C. une cité de droit latin puis une colonie latine de la Gaule narbonnaise sous Auguste[8].

Avenio
Aueniôn
Image illustrative de l’article Avenio
Probables vestiges romains du théâtre du Ier siècle
Localisation
Pays Drapeau de l'Empire romain Empire romain
Province romaine Gaule narbonnaise
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Commune Avignon
Type Colonie romaine
Coordonnées 43° 57′ 00″ nord, 4° 49′ 01″ est
Superficie 46 ha
Histoire
Antiquité Gaule celtique
Grèce antique
République romaine puis
Empire romain
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Avenio

L'oppidum hellénisée se transforme alors en cité et connait un important développement urbain entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIe siècle apr. J.-C., s’étendant de son noyau originel sur le rocher vers la plaine alluviale du Rhône. Devenue colonie romaine au IIe siècle sous Hadrien, la cité est dotée de remparts, d’un forum, d’édifices publics, d’un réseau viaire structuré, d'un aqueduc et d’équipements monumentaux encore mal identifiés (théâtre, thermes et amphithéâtre)[6],[9],[10]. Avenio s’impose alors comme un centre administratif, commercial et religieux de la Gaule narbonnaise.

Située le long du Rhône et de la Via Agrippa, sur un axe majeur de circulation reliant la Méditerranée au nord de la Gaule, Avenio tire sa prospérité du commerce fluvial et terrestre, ainsi que d’un arrière-pays agricole riche avec la culture de la vigne et de l'olive[11],[12]. A son apogée, la ville s'étend sur une superficie estimée entre 40 et 50 hectares, pour une population évaluée à près de 25 000 habitants[11],[13].

Mais à partir du IIIe siècle, la ville connaît comme l’ensemble de l’Empire une phase de repli et de transformation, marquée par l’essor du christianisme, les invasions germaniques, la contraction de l’espace urbain vers le rocher et la construction d’une enceinte tardive de repli pour se protéger[11],[14].

Toponymie

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Origine du nom

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La cité cavare est mentionnée dès le IIe siècle av. J.-C. par Artémidore d’Éphèse, dans son ouvrage La Périple, œuvre aujourd’hui perdue mais connue par transmission indirecte. Cette tradition est conservée par Étienne de Byzance, auteur du dictionnaire géographique des Ethniques compilé à partir de ces sources au VIe siècle apr. J.-C.[1],[15],[16]. Étienne de Byzance mentionne la ville sous la forme Αὐενιών (Auenión) /au̯.e.ni.ɔ̌ːn/ comme appartenant à la sphère de Massalia[17].

« Αὐενιών, πόλις Μασσαλίας πρὸς τῷ Ῥοδανῷ.
Τὸ ἐθνικὸν Αὐενιωνήσιος τῷ ἐπιχωρίῳ καὶ Αὐενιωνίτης τῷ Ἑλληνικῷ τύπῳ. »

— Στέφανος Βυζάντιος, Ἐθνικά

« Auenión (Avignon), ville de Massalía (Marseille), près du Rhodanós (Rhône). Le nom ethnique est Auenioniêsios dans l’usage local, et Auenionítês selon la forme hellénique. »

— Etienne de Byzance, Ethniques

Dans son œuvre Geographica du Ier siècle av. J.-C., Strabon reprend également des informations issues d’Artémidore et mentionne la cité sous la forme Αὐενιών (Auenión)[6],[18]. La diphtongue grecque αὐ, présente dans cette forme, se prononce en grec ancien comme /au̯/, c’est-à-dire un son proche de « aou ». Cette forme est également attestée au IIe siècle apr. J.-C. avec une variante chez Ptolémée dans son livre Géographie, sous la forme Ἀουεννίων ou Ἀουενίων (Aouenion) [19].

« Μεταξὺ δὲ τοῦ Δρουεντία καὶ τοῦ Ἴσαρος καὶ ἄλλοι ποταμοὶ ῥέουσιν ἀπὸ τῶν Ἀλπέων ἐπὶ τὸν Ῥοδανόν, δύο μὲν οἱ περιρρέοντες πόλιν Καουάρων Δουρίωνα κοινῷ ῥείθρῳ συμβάλλοντες εἰς τὸν Ῥοδανόν. […]. Εἰσὶ δ’ ἐν τῷ μεταξὺ πόλεις καὶ Αὐενιών καὶ Ἀραυσίων καὶ Ἀερία. »

— Στράϐων, Γεωγραφικά, δ΄

« Entre le Druentía (Durance) et l’Isaros (Isère), d’autres fleuves s’écoulent depuis les Alpéôn (Alpes) vers le Rhodanós (Rhône). […]. Dans cet intervalle se trouvent aussi les villes d’Auenión (Avignon), d’Arausíôn (Orange) et d’Aería. »

— Strabon, Géographie, IV

Dans les sources latines du Ier siècle apr. J.-C., la ville apparaît sous la forme Avenio ou Avennio /aˈwe.ni.oː/. L’appellation romaine Avennĭo Cavarum (en français: « Avignon des Cavares ») par Pomponius Mela dans son oeuvre Description de la Terre au début du Ier siècle précise qu’Avignon est l’une des trois principales villes de la tribu celto-ligure des Cavares, avec Cavaillon et Orange[20],[21].

« Urbium quas habet opulentissimae sunt Vasio Vocontiorum, Vienna Allobrogum, Avennio Cavarum, Arecomicorum Nemausus, Tolosa Tectosagum, Secundanorum Arausio, Sextanorum Arelate, Septimanorum Beterrae. »

— Pomponius Mela, De chorographia, II, 68

« Ses villes les plus florissantes sont Vaison chez les Vocontiens, Vienne chez les Allobroges, Avénion chez les Cavares, Nemausus chez les Arécomiques, Tolose chez les Tectosages, Arausion, colonie de vétérans de la seconde légion, Arélate, colonie de vétérans de la sixième, Baeterres, colonie de vétérans de la septième »

— Pomponius Mela, Description de la Terre, II, 68

Chez son contemporain Pline l'Ancien à la fin du Ier siècle apr. J.-C., la cité des Cavares est également nommée Avennio Cavarum dans son œuvre Histoire Naturelle. La ville est incluse comme colonie latine dans l'énumération des oppida latina qu'il en fait, c’est-à-dire une cité dotée de droits civiques intermédiaires entre les communautés indigènes et les colonies romaines[8],[22],[23],[24].

« Coloniae autem Arelate Sextanorum, Baeterrae Septimanorum, Arausio Secundanorum; Valentia in Cavarum agro, Vienna Allobrogum. Oppida Latina Aquae Sextiae Salluviorum, Avennio Cavarum, Apta Iulia Vulgientium, Alebece Reiorum Apollinarium, Alba Helvorum, Augusta Tricastinorum, Anatilia, Aeria… »

— Caius Plinius Secondus, Naturalis historia, III, 36

« Arles colonie de la sixième légion, Béziers de la septième, Orange de la seconde ; dans le territoire des Cavares, Valence, des Allobroges Vienne ; villes latines : Aix des Salluviens, Avignon des Cavares, Apta Julia des Vulgientes, Alébécé des Reies Apollinaires, Alba des Helves, Augusta des Tricastins, Anatilia, Aeria »

— Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, III, 36

Aux Ier et IIe siècles, la ville est mentionnée sous la forme Avennion colonia ou Colonia Iulia Augusta Avennio permettant d'établir que la colonie latine a gagné en importance à partir de l'époque augustéenne[2],[7],[8]. Puis, au IIe siècle, la ville se voit accorder le statut de colonie romaine sous le nom de Colonia Julia Hadriana Avenniensis par l'empereur Hadrien alors en visite dans la province[2],[7]. L'une des dernières attestations connues de l’époque impériale apparaît au IVe siècle sous la forme civitas Avenione dans Itinerarium Burdigalense, récit du voyage à Jérusalem d'un pèlerin anonyme de Bordeaux[2],[7],[25],[26].

« Mutatio Bellinto milia X
Civitas Avenione milia V
Mutatio Cypresseta milia V
Civitas Arausione milia XV
Mutatio ad Letoce milia XIII [...]
Fit ab Arelate Mediolanum usque milia CCCCLXXV, mutationes LXIII, mansiones XXII
 »

— Anonymus Burdigalensis, Itinerarium Burdigalense

« Relais de Graveson, 10 milles
Ville d'Avignon, 5 milles
Relais de La Traille (Sorgues), 5 milles
Ville d'Orange, 15 milles
Relais de Bollène, 13 milles [...]
Total depuis Arles à Milan, 475 milles, 63 changements, 22 haltes »

— Anonyme de Bordeaux, Itinéraire de Bordeaux

Étymologie du nom

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La Durance, une rivière « capricieuse » et historiquement redoutée pour ses crues.

Le toponyme remonte à un pré-latin *ab-ēn[27] suivi du suffixe gaulois et latin -(i)onem utilisé pour exprimer une idée de localisation ou de désignation d’un lieu associé à un nom. Ce radical *ab-ēn est rattaché au thème indo-européen *ab / *ap de genre animé, qui désigne « les eaux » en tant qu’entités actives, puis ensuite plus largement des forces naturelles perçues comme dotées d’un caractère religieux[28]. Ce thème indo-européen est attesté dans les langues celtiques, notamment à travers le gaulois abona, abu- « rivière », ainsi que le breton aven « rivière »[29]. Il est également considéré comme présent dans un substrat ligure, langue considérée comme indo-européenne proche du celtique. Cette interprétation étymologique est renforcée par la situation géographique du site, marqué par la présence de deux cours d’eau majeurs : le Rhodanus (Rhône) et la Druentia (Durance), cette dernière étant décrite comme une rivière « capricieuse » et historiquement redoutée pour ses crues.

Une autre interprétation proposée pour le nom antique Avenio repose sur une origine dite anthroponymique, c’est-à-dire fondée sur un nom de personne. Selon cette hypothèse, le toponyme serait dérivé d’un nom latin Avennius, lui-même rapproché du nom plus ancien Avius[7]. À ce radical serait ajouté le suffixe gaulois et latin -(i)onem, utilisé pour exprimer une idée de localisation, d’appartenance ou de désignation d’un lieu associé à un nom. Dans cette perspective, Avenio ne serait pas un mot décrivant directement une caractéristique naturelle du site (comme dans l’hypothèse liée aux “eaux”), mais une formation toponymique dérivée d'un lieu associé à Avennius, c’est-à-dire un espace foncier, un domaine ou un territoire.

Histoire

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Occupation préhistorique du site

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L’occupation humaine du site d’Avignon remonte à la Préhistoire: le Rocher des Doms, promontoire calcaire dominant le Rhône et les plaines alluviales environnantes, constitue depuis les origines un point stratégique naturel, à la fois refuge, poste d’observation et lieu de contrôle des voies de circulation entre Méditerranée et vallée du Rhône[4],[11],[13],[30].

Des fouilles archéologiques menées entre 1960 et 1961 par Sylvain Gagnière sur la partie nord du Rocher des Doms ont permis de mettre au jour plusieurs traces d’occupation préhistorique. La découverte la plus remarquable est une petite stèle anthropomorphe datée du Néolithique final, vers 3500 av. J.-C.[3],[31]. Les fouilles ont également livré des haches polies en roche verte, des objets de parure chalcolithiques ainsi que des fragments de céramiques protohistoriques, attestant une fréquentation continue du site depuis plusieurs millénaires[11],[13],[31].

On estime qu'au début du IIe millénaire av. J.-C., à la période Chalcolithique, la superficie occupée par les premières occupations autour du rocher atteint environ 6 hectares[11]. Durant l’âge du Bronze puis le premier âge du Fer, l’occupation du Rocher des Doms par des populations proto-ligures se renforce progressivement autour d’un habitat de hauteur fortifié avec une expansions sur les versants occidentaux, proches du Rhône[11]. Cette implantation s’inscrit dans le développement des habitats perchés fortifiés caractéristiques de ces périodes de la basse vallée du Rhône[30],[32],[33].

Chronologie simplifiée:

  • vers 3500 av. J.-C. : occupation néolithique du site du Rocher des Doms avec datation de la stèle anthropomorphe découverte par Sylvain Gagnière en 1961;
  • du IIe millénaire au Ier millénaire av. J.-C.: fréquentation continue du site fortifié en hauteur durant l’âge du Bronze et le premier âge du Fer par des populations proto-ligures.

Développement protohistorique

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Influences massaliote et phénicienne

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À partir du VIe siècle av. J.-C., la fondation de Massalia et son expansion commerciale favorise les échanges dans toute la vallée du Rhône. Contrairement à une tradition historiographique ancienne, rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’Avignon aurait été fondée par les Phocéens de Marseille. Cette hypothèse, longtemps reprise par les érudits locaux, est désormais abandonnée faute de preuves suffisantes[13]. Cette hypothèse erronée trouve notamment ses origines dans les Ethniques d'Étienne de Byzance, qui mentionne Αὐενιών (Auenión) comme ville de Massalia, en s'appuyant sur les écrits perdus d'Artémidore du IIe siècle av. J.-C.[1],[15],[16],[17].

« Αὐενιών, πόλις Μασσαλίας πρὸς τῷ Ῥοδανῷ. »

— Στέφανος Βυζάντιος, Ἐθνικά

« Auenión (Avignon), ville de Massalía (Marseille), près du Rhodanós (Rhône). »

— Etienne de Byzance, Ethniques

Le site d’Auenión existait déjà auparavant sous la forme d’une agglomération indigène proto-ligure occupant le Rocher des Doms. Entre le Ve et IIIe siècles av. J.-C., durant la période du deuxième Age du Fer, l'oppida continue de se développer et de s'étendre vers le fleuve et semble prendre son essor: on assiste à une accélération de la concentration urbaine. Les influences grecques y sont précoces et importantes comme l'atteste les traces archéologiques funéraires ou les poteries retrouvées[11]. Située sur un axe majeur, la ville devient progressivement un lieu d’échanges entre le monde méditerranéen et les populations de l’intérieur de la Gaule. On sait notamment qu'à partir du IVe siècle av. J.-C. les Massaliotes commencent à signer des traités d'alliance avec des villes celto-ligures de la vallée du Rhône, parmi lesquelles sans doute Avignon[34].

Les intérêts commerciaux de Massalia conduisent probablement des grecs à s’installer durablement dans la cité et à y implanter un possible emporium. Dans les Récits merveilleux de Pseudo-Aristote, nom conventionnel donné à une compilation de l’époque hellénistique du IIIe – Ier siècles av. J.-C., la formulation « χώρα τῶν Μασσαλιωτῶν » (en français: « pays des Massaliotes ») est employée pour désigner l’espace d’influence de Massalia dans la basse vallée du Rhône où se situe Avignon[35],[36]. Au IIe siècle apr. J.-C., Denys le Périégète désigne encore cette région comme le « pays de Massalia », témoignant de la persistance du rayonnement commercial et culturel massaliote plusieurs siècles plus tard[37],[38].

« Μετὰ δ’ αὖ Γαλατικὸν πέλαγος, Μασσαλίης τε γαῖα παρακλίνεται λιμέσιν ἀμφιελισσοῖς. »

— Διονύσιος ὁ Περιηγητής, Οἰκουμένης περιήγησις, στ. 74

« Puis lui succèdent les ondes Galatiques (golfe du Lion), où s’étend la pays de Massalia (Marseille), avec son port contourné. »

— Denys le Périégète, Description de la terre habitée, v. 74.

Du IIIe au IIe siècle av. J.-C., l’oppidum d’Auenión est donc pleinement intégré aux réseaux commerciaux massaliotes. La preuve de cette influence se manifeste particulièrement dans les échanges monétaires : en 1822, lors du creusement des fondations du futur opéra de la place de l’Horloge, un important trésor de 1.300 oboles massaliotes, datées du IIe siècle av. J.-C., fut découvert[39]. La cité émettait également une monnayage local directement inspiré des types massaliotes : cette « drachme » porte à l’avers une tête d’Apollon de style grec et, au revers, une roue, un bouquetin, un cheval galopant ou un sanglier accompagnés des lettres « A.O.Y.E. », généralement interprétées comme l’abréviation du nom grec ΑΟΥΕΝΙΩΝ (Aouenión)[40],[41]. Cette imitation monétaire témoigne à la fois de l’intégration économique d’Auenión dans l’espace commercial massaliote du prestige culturel exercé par la cité phocéenne sur les élites volques ou cavares, mais aussi de son indépendance[39],[42].

Au cour du Ier millénaire av. J.-C., les historiens évoquent également une présence marchande phénicienne et carthaginoise dans la basse vallée du Rhône qui aurait par ailleurs introduit à Avignon et en Provence le culte d’Héraclès-Hercule[43],[44]. L’importance de ces échanges est illustrée par une découverte archéologique exceptionnelle réalisée en 1897 par Henri Menier dans le quartier de Champfleury[45],[46]. Des fouilles menées à près de quatre mètres de profondeur mirent au jour une stèle funéraire punique gravée sur schiste ardoisé, matériau absent de Carthage et probablement travaillé localement[45],[47]. Il s’agit de l’une des rares inscriptions puniques découvertes en France. Conservée au musée Borély de Marseille, la stèle datée par ses inscriptions du IIIe au IIe siècles av. J.-C. fut traduite par Mayer Lambert[48],[49]:

« 𐤒𐤁𐤓 𐤆𐤉𐤁𐤒𐤕𐤀 [...] 𐤀𐤁𐤕
𐤏𐤁𐤃𐤀𐤔𐤌𐤍 𐤁𐤍 𐤁𐤏𐤋𐤉𐤕𐤍 𐤁𐤍 𐤏𐤁𐤃𐤀𐤔𐤌𐤍 𐤀𐤔𐤕
𐤁𐤏𐤋𐤇𐤍𐤀 𐤁𐤍 [𐤀𐤋...] 𐤏𐤁𐤃𐤌𐤋𐤒𐤓𐤕 𐤁𐤍
𐤇𐤌𐤋𐤐𐤕 𐤁𐤍 𐤏𐤁𐤃𐤀𐤔𐤌𐤍 𐤀𐤁𐤋 𐤋𐤐𐤕𐤇 »

« Tombeau de Zaybeqat [la prêtresse de la grande dame...] fille de
Abdechmoun, fils de Baaljaton, fils d'Abdechmoun, femme de
Baalhanno, fonctionnaire(?) des dieux, fils d'Abdmelqart, fils de
Himilcat, fils d'Abdechmoun. Ne pas ouvrir [ce tombeau]. »

— Mayer-Lambert

Chronologie simplifiée:

  • VIIIe – VIe siècles av. J.-C. : développement d’un habitat protohistorique fortifié sur le Rocher des Doms affilié aux proto-ligures;
  • VIe au IIe siècles av. J.-C. : intensification des échanges avec Massalia et le monde méditerranéen, développement de l'agglomération influencée par la culture hellénique, essor économique et accélération de la concentration urbaine;
  • Iiie – IIe siècles av. J.-C. : datation probable de la stèle punique de Champfleury à mettre en lien avec la circulation de populations et de marchandises phéniciennes et puniques dans la basse vallée du Rhône au cours du Ier millénaire av. J.-C.;
  • IIe siècle av. J.-C. :l'existence d'un important trésor d'oboles massaliotes et l'émission de drachmes avignonnais d'imitation massaliote témoignent de l'intensité des échanges avec Massalia et de l'intégration économique d'Aouenión à cet espace.

Oppidum entre Volques et Cavares

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Au IIIe siècle av. J.-C., les sources antiques permettent de mieux cerner l’évolution politique et ethnique de l’oppidum, même si sa définition ethnique reste difficile à établir. Auenión semble d’abord appartenir à la sphère des Volques Arécomiques, peuple celte qui a émigré depuis les régions danubiennes jusque dans le sud de la Gaule après l'année 279 av. J.-C.. Les Volques prennent alors le contrôle d'une partie importante des échanges entre le Languedoc méditerranéen et la basse vallée rhodanienne[13],[50].

Cette organisation est perceptible dans la tradition historiographique romaine: dans son Histoire romaine l'historien Tite-Live rapporte que les Volques occupent les deux rives du fleuve au sujet du passage du Rhône par d’Hannibal en 218 av. J.-C[50],[51],[52]. Cette indication, bien que datant du Ier siècle av. J.-C., suggère une présence étendue des communautés volques dans l’espace rhodanien. Mais, même si l'on estime qu'Hannibal a traversé le Rhône au nord d'Avignon et qu'une confédération des peuples de la rive gauche du Rhône se soient opposés à lui, rien dans le texte ne permet d’identifier précisément la ville ni de structurer son territoire en entités politiques et ethniques fixes[51],[52],[53],[54]:

« Colunt autem circa utramque ripam Rhodani Volcae. »

— Titus Livius, Ab Urbe Condita, XXI, 26

« Les Volques habitent sur les deux rives du Rhône. »

— Tite-Live, Histoire romaine, XXI, 26

On suppose donc qu'Auenión était en 218 av. J.-C. sous le contrôle des Volques, mais que le reste de la rive gauche du Rhône était sous le contrôle d'une confédération de peuples dirigés par les celto-ligures cavares[54]. L’idée d’un Rhône fonctionnant comme frontière ethnique nette est une construction historiographique moderne, largement influencée par une lecture trop rigide des textes antiques et par la notion de « frontière naturelle »[50]. Les données disponibles suggèrent plutôt un espace de transition et d’interactions. À l’époque augustéenne, Strabon apporte une autre description dans sa Géographie dans laquelle il distingue clairement les Volques Arécomiques, installés dans la région du Rhône et mentionne, en vis-à-vis sur l’autre rive, les Salyens et les Cavares[6],[18]:

« οἱ δὲ Οὐόλκαι οἱ Ἀρηκομίσκοι τὸ πλεῖστον τῆς χώρας ἔχουσι πρὸς τῷ Ῥοδάνῳ· [...] οὗτοι δὲ ἐφάπτονται τοῦ Ῥοδανοῦ, καὶ ἀντικείμενοι ὁρῶσιν ἐπὶ τῆς ἑτέρας ὄχθης Σαλύας καὶ Καβάρους… »

— Στράβων, Γεωγραφικά, Δʹ, αʹ, §12

« Les Oúolkai (Volques), appelés Arēkomískoi (Arécomiques), occupent la plus grande partie du territoire situé vers le Rhodanós (Rhône). [...] Ces peuples sont au contact du Rhône et voient en face, sur l’autre rive, les Salyas (Salyens) et les Kabarous (Cavares)… »

— Strabon, Geographica, IV, 1, 12

 
Carte des peuples et villes de Gaule narbonnaise selon les écrits de Pomponius Mela[20]. On distingue les Cavares et Avenio sur la rive gauche.

À la fin du IIIe siècle av. J.-C. et au cours du IIe siècle av. J.-C., l'oppidum d'Auenión semble passer ou repasser progressivement dans l’orbite de la confédération cavare, peuple indigène celto-ligure installé dans la moyenne vallée du Rhône et qui semble en contrôler la rive gauche[54],[55]. Néanmoins, les Cavares ne sont mentionnés qu'à partir du Ier siècle av. J.-C.. dans les sources antiques, il est donc difficile de l'attester avec certitude[50]. On ne trouve pas mention des Cavares dans les nombreux textes portant sur la campagne d'Hannibal Barca en Gaule transalpine (218 av. J.-C.), la conquête du sud de la Gaule par les Romains (125-118 av. J.-C.) ou la bataille d'Arausio (105 av. J.-C.)[50],[55],[56]. Il faut attendre l'époque augustéenne, dans une perspective administrative impériale, pour que Pline l’Ancien mentionne Avennio parmi les oppida des Cavares. Cette liste reflète une organisation civique de la Narbonnaise à l’époque romaine et ne renseigne pas directement sur les états antérieurs de l’occupation du site[22],[23],[24]:

« In ora autem provinciae Narbonensis Massilienses, Salluvii, Antipolitani, Nicenses; deinde Arelatenses, Sextani, et in ora Rhodani Volcae Arecomici.
Cavarum oppida Arausio, Avennio, Cabellio; Volcarum Tectosagum Tolosa…
 »

— C. Plinius Secundus, Naturalis Historia, III, §36

« Sur le littoral de la Narbonnaise : les Massiliens, les Salyens, les Antipolitains, les Nicéens ; puis les Arlésiens, les habitants d’Aix, et sur les bords du Rhône les Volques Arécomiques.
Les villes des Cavares sont Orange, Avignon, Cavaillon ; Toulouse appartient aux Volques Tectosages… »

— Pline l’Ancien, Histoire naturelle, III, 36

On retrouve cette même classification par son contemporain Pomponius Mela dans son oeuvre Description de la Terre au début du Ier siècle qui précise également qu’Avennio est une ville de la tribu des Cavares[20],[21]:

« Urbium quas habet opulentissimae sunt Vasio Vocontiorum, Vienna Allobrogum, Avennio Cavarum, Arecomicorum Nemausus... »

— Pomponius Mela, De chorographia, II, 68

« Ses villes les plus florissantes sont Vaison chez les Vocontiens, Vienne chez les Allobroges, Avignon chez les Cavares, Nîmes chez les Arécomiques... »

— Pomponius Mela, Description de la Terre, II, 68

A l’époque augustéenne, la documentation montre donc une réorganisation territoriale intégrant Avenio à l’espace rattachée aux Cavares. Cependant, une inscription découverte sur un socle de statue à Avignon en 1841 mentionne un « praetor Volcarum » (en français: « préteur des Volques »)[50],[57]. Cette inscription daté du 3e quart du Ier siècle av. J.-C. suggère la possibilité qu'Avenio soit repassée dans la sphère volque à cette période. Dans ce cadre, le statut d’Avenio apparaît comme évolutif de IIIe au Ier siècles av. J.-C. où se recomposent progressivement les territoires entre Volques et Cavares[50],[58].

 
Inscription latine d'époque romaine du Ier siècle av. J.-C., découverte à Avignon vers 1841 et conservée au musée Calvet.

« T(ITVS)·CARISIVS·T(ITI)·F(ILIVS)·PR(AETOR)·VOLCAR(VM)·DAT »

« Titus Carisius, fils de Titus, préteur des Volques, donne [ce monument] »

— Otto Hirschfeld, CIL XII, 1028

Chronologie simplifiée:

  • IIIe siècle av. J.-C. : Auenión s’inscrit probablement dans la sphère des Volques Arécomiques, dont la présence est suggérée dans le couloir rhodanien dans les sources sur le passage d’Hannibal;
  • 218 av. J.-C. : Passage d’Hannibal sur le Rhône près d'Avignon. Tite-Live mentionne des Volques installés sur les deux rives du fleuve, traduisant un espace de peuplement étendu mais non défini politiquement. Les Cavares ne sont pas mentionnés;
  • IIIe au Ier siècles av. J.-C. : période de transition et de recomposition ethnique dans la vallée du Rhône, où se recomposent progressivement les territoires entre Volques et Cavares. Les Cavares ne sont mentionnés qu'au Ier siècle av. J.-C.;
  • Ier siècle av. J.-C. : Première mention des Cavares dans les textes romains. Avenio est intégrée à la civitas des Cavares par Strabon (Géographie, IV, 1, 11), Pline l’Ancien (Naturalis Historia, III, 36) et Pomponius Mela (Chorographia, II, 68);
  • 3e quart du Ier siècle av. J.-C. : inscription d’Avignon (CIL XII, 1028) mentionnant un « praetor Volcarum », suggérant la possible persistance ou réémergence des élites volques à Avenio.

Période gallo-romaine d'Avenio

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Conquête romaine et intégration à la Narbonnaise

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Au IIe siècle av. J.-C., Auenión est devenue l’un des principaux centres, voire capitale d'une possible « confédération cavare » établie sur la rive gauche du Rhône et compte parmi les villes les plus importantes de la basse vallée du Rhône, comme l'atteste à la période augustéenne l'historiographie de Strabon ou de Pomponius Mela[6],[20],[58]. Il est possible qu’à cette période la cité cavare ait pleinement intégré la sphère d’influence politique de Massalia, peut-être sous la forme d’une cité alliée ou fédérée, bien que les sources antiques ne permettent pas d’en préciser le statut[13],[54],[58]. Auenión apparaît en tout cas pleinement intégrée au giron massaliote dans l’historiographie antique du IIe siècle av. J.-C.: Artémidore d’Éphèse, dans son Périple aujourd’hui perdu mais connu par transmission indirecte des Ethniques d'Etienne de Byzance, la mentionnait comme une « πόλις Μασσαλίας » (en français: « ville de Massalia »)[1].

Mais cette situation bascule à la fin du IIe siècle av. J.-C. lorsque Massalia, menacée par les Salyens, fait appel à l’intervention militaire de son allié romain en 125 av. J.-C[13]. Les armées romaines conduites notamment par Cnaeus Domitius Ahenobarbus et Quintus Fabius Maximus interviennent alors dans toute la basse vallée du Rhône et détruisent l’oppidum salyen d’Entremont en 123 av. J.-C. (au sud de laquelle ils fonderont la ville d'Aqua sextiae, Aix-en-Provence)[59],[60]. Les Romains en profite pour imposer leur domination sur les cites voisines au détriment de Massalia.

Puis en 121 av. J.-C., c'est l'armée des Allobroges qui est écrasée par les légions romaines de Domitius Ahenobarbus à la bataille de Vindalium, actuelle Mourre de Sève, près de Sorgues, à une dizaine de kilomètres au nord-est d'Avignon[42]. Les Cavares d’Auenión prudents préfèrent se rallier et se soumettent sans résistance aux Romains qui nomment la ville Avenio[13],[42]. Déjà alliés traditionnels de Massalia, les Cavares deviennent alors alliés de Rome dans le cadre du nouveau dispositif politique mis en place dans le sud de la Gaule[54]. Auenión est intégrée à la province de Gaule transalpine puis à la province de Gaule narbonnaise créée en 118 av. J.-C., dont la capitale est Narbo Martius (Narbonne). Toutefois, contrairement aux territoires directement administrés par Rome, Auenión demeure dans l’orbite institutionnelle de Massalia, laquelle conserve un statut privilégié d’alliée fédérée de Rome.

Si les Cavares ne sont mentionnés dans aucuns textes romains du IIe siècle av. J.-C. qui nous soient parvenus, c'est peut-être car ils se sont soumis et sont restés simples spectateurs des combats de Vindalium en 121 av. J.-C., ou plus tard de la défaite romaine à Arausio en 108 av. J.-C.[42]. Durant cette période transitoire, Auenión semble avoir conservé une large autonomie locale et développe vers 115-110 av. J.-C. son propre atelier monétaire comme instrument de ses échanges avec Rome, Massalia et la confédération Arverne[42]: cette « drachme » cavare porte à l’avers une tête d’Apollon de style grec et, au revers, une roue, un bouquetin, un cheval galopant ou un sanglier accompagnés des lettres « A.O.Y.E. », généralement interprétées comme l’abréviation du nom grec ΑΟΥΕΝΙΩΝ (Aouenión)[40],[41].

La cité semble ainsi demeurer une « ville fédérée » liée à Masallia, situation qui traduit la continuité des réseaux politiques, économiques et commerciaux hérités de la période massaliote[42]. Dans cette région, Rome privilégie alors une domination indirecte, s’appuyant sur les anciennes structures d’alliances locales plutôt qu’une romanisation institutionnelle immédiate. Auenión se romanise toutefois progressivement, notamment après la révolte sertorienne de 77 av. J.-C. qui voit les Allobroges vaincus par les forces de Pompée: l'émission en 75 av. J.-C. du « denier au cavalier » (une monnaie commémorant leur victoire frappée pour toute la Gaule narbonnaise) affirme l’autorité de Rome sur la région et marque la disparition définitive de l’atelier monétaire d’Auenión[5],[42].

La situation pour Auenión change profondément au cours de la guerre civile opposant Jules César à Pompée. En 49 av. J.-C., Massalia choisit le parti pompéien contre César, tandis qu'Auenión semble prendre le parti de César[42]. Après un siège difficile, la cité phocéenne est prise par les lieutenants césariens Caius Trebonius et Decimus Junius Brutus. Cette défaite entraîne le démantèlement d’une grande partie de la puissance politique et territoriale de Masallia: les territoires et cités qui dépendaient jusque-là de sa sphère d’influence passent alors plus directement sous contrôle romain[42].

C’est dans ce contexte qu’Auenión perd définitivement son ancien statut de cité associée à Massalia et est intégrée de manière beaucoup plus étroite aux structures administratives romaines[13],[42]. La ville reçoit alors progressivement le droit latin, probablement dès 49 av. J.-C., avant d’accéder au statut de colonie latine vers 43 av. J.-C.[13],[42]. Ce changement juridique marque une étape essentielle dans son intégration au territoire romain : les élites locales accèdent désormais à certains droits civiques romains, tandis que les institutions municipales s’alignent progressivement sur le modèle romain. La cité est alors couramment nommée selon son nom latinisé officiel d’Avenio. La découverte en 1841 d'un socle de statue du 3e quart du Ier siècle av. J.-C. mentionnant un « praetor Volcarum » (en français: « préteur des Volques ») indique cette romanisation des institutions[50],[57].

Chronologie simplifiée:

  • IIe siècle av. J.-C., Auenión est devenue l’un des principaux centres, voire capitale d'une possible « confédération cavare » établie sur la rive gauche du Rhône. La ville est intégrée à la sphère massaliote sous la forme d’une cité alliée ou fédérée;
  • 125 av. J.-C.: Massalia menacée par les Salyens fait appel à son allié romain qui intervient militairement dans le sud de la Gaule et en profite pour y imposer sa domination;
  • 121 av. J.-C.: Auenión se soumet à Rome sans résistance tandis que les Allobroges sont écrasés à la bataille de Vindalium (Sorgues) à une dizaine de kilomètres au nord-est. Avenio, en latin, est intégrée à la province de Gaule cisalpine;
  • 118 av. J.-C.: Auenión est intégrée à la nouvelle province de Gaule narbonnaise, mais demeure toujours dans l'orbite de Massalia, sous un statut privilégié d'alliée;
  • 115-110 av. J.-C.: la cité, qui a conservé une large autonomie locale, développe son réseau en créant son propre atelier monétaire qui émet des « drachmes » d'inspiration massaliote marquées des lettres « A.O.Y.E. » (abrévation d'Auenión);
  • 75 av. J.-C.: l'émission du « denier au cavalier » marque la fin de l'atelier monétaire d'Auenión et sa romanisation progressive;
  • 49 av. J.-C.: lors de la guerre civile romaine opposant Pompée à César, Auenión semble choisir le camp césarien à l'inverse de Massalia qui est vaincue et perd sa sphère d'influence sur la région. La ville reçoit alors progressivement le droit latin;
  • 43 av. J.-C.: Avenio accède au statut de colonie latine marquant sa pleine intégration au territoire romain. Les élites locales et les institutions municipales s'alignent sur le modèle romain comme l'atteste la découverte d'un socle de statue de « préteur ».
 
Avenio sur la Table de Peutinger

Cette promotion témoigne de l’importance stratégique de la ville sur l’axe rhodanien reliant l’Italie, la Narbonnaise et l’intérieur de la Gaule. Située à proximité des grandes voies commerciales et fluviales, Avenio bénéficie rapidement de la stabilité politique instaurée par Rome. Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des Cavares. Strabon, le géographe grec, parle d'elle comme l’une des plus importantes villes de la région.

En 125 av. J.-C., les Marseillais, aux prises avec les Salyens, font appel à leurs alliés romains. Ces derniers détruisent l'oppidum d'Entremont, capitale des Salyens, et s'emparent des cités proches, en 121 av. J.-C., les Cavares d'Aouen(n)nion se rendent pratiquement sans résistance.

À l'arrivée des légions romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares, alliés des Massaliotes, deviennent ceux de Rome.

Passée sous domination de l'Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.), qui s'étend des Alpes aux Pyrénées et dont la capitale est Narbonne. Avennio devient une cité de droit latin en 49 av. J.-C. Pomponius Mela la place parmi les villes les plus florissantes de la province[61]. Puis elle fait partie de la 2e Viennoise.

Avignon reste « ville fédérée » de Marseille jusqu'à la conquête de la cité phocéenne par C. Trébonius et Décimus Junius Brutus, lieutenants de César, en 49 av. J.-C, elle devient alors une cité de droit latin[62]. Elle acquiert le statut de colonie latine en 43 av. J.-C.. Pomponius Mela la place parmi les villes les plus florissantes de la province[63].

Des remparts sont construits autour de la ville dès le Ier siècle (les Romains, lancés à la conquête de la Gaule, font d'Avignon une ville fortifiée), la ville couvre alors 46 hectares et a une population de près de 25 000 habitants. Le forum romain est sur l’actuelle place de l'Horloge[64].

Au cours des années 121 et 122, l’empereur Hadrien séjourne dans la Provincia où il visite Vaison, Orange, Apt et Avignon. Il accorde à cette dernière cité le statut de colonie romaine : « Colonia Julia Hadriana Avenniensis » et ses citoyens sont inscrits dans la tribu [Laquelle ?].

À la suite du passage de Maximien Hercule, qui allait combattre les Bagaudes, paysans gaulois révoltés, un premier pont en bois est construit sur le Rhône et unit Avignon à la rive droite. Il a été daté par dendrochronologie de l'an 290. Au IIIe siècle, il existe une petite communauté chrétienne hors les murs autour de ce qui deviendra l’abbaye Saint-Ruf.

En 333, l'anonyme de Bordeaux en route vers Jérusalem s'y arrête. Il note sur son itinéraire : Civitas Auenione, attestant ainsi du statut de la ville.

Organisation

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Période préromaine du site

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Premières occupations humaines

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Stèle anthropomorphe du néolithique découverte au Rocher des Doms.

Avignon présente une occupation humaine très ancienne favorisée par la position stratégique du rocher des Doms, promontoire calcaire dominant le Rhône et contrôlant plusieurs axes naturels de circulation de la vallée rhodanienne[4],[11],[13]. Le site du néolithique occupe originellement le sommet du rocher, espace naturellement défensif offrant une large visibilité sur le fleuve et les zones de passage[4].

Une stèle anthropomorphe datée à 3500 av. J.-C. découverte sur le rocher en 1961 atteste de l'occupation du site[3],[31]. Des traces d'habitats néolithique sont aussi attestés par les fouilles sur le versant occidental du relief, dans le quartier de la Balance, dans des zones légèrement surélevées sur les berges du fleuve[11]. Cette implantation précoce traduit une organisation de l’habitat déjà adaptée aux contraintes fluviales.

 
L'ancienne ligne de rivage du Rhône (bleue) d'après D. Carru et le rocher (rouge) et ses versants immédiats occidentaux où se développe le site au Chalcolithique

Au Chalcolithique, on estime que la superficie occupée atteint environ 6 hectares, ce qui permet d’évoquer, dès le début du IIe millénaire av. J.-C., une véritable bourgade structurée[11]. Cette occupation initiale témoigne d’un site déjà polarisé par le fleuve et les échanges.

Entre les Ve et IVe siècles av. J.-C., les observations topographiques et archéologiques montrent que l’occupation protohistorique, probablement d’affinité ligure, reste concentrée sur le rocher et ses versants immédiats. Les zones basses elles demeurent peu urbanisées en raison des risques d’inondation du Rhône[11]. Des habitats ont été mis au jour rue Bouquerie, tandis qu’une occupation périphérique datée du Ve siècle av. J.-C. a été identifiée dans le secteur de l’actuel hôpital Sainte-Marthe, alors situé dans une zone alluviale en marge de l’agglomération[11],[65].

Formation d'un oppidum hellénisé

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À partir du IVe siècle av. J.-C., l’agglomération connaît une transformation majeure sous l’influence des échanges méditerranéens, notamment avec Massalia[13]. L’habitat commence à s’étendre au-delà du sommet du rocher, d’abord sur les piémonts, puis vers les zones basses[4]. Ce phénomène d’accroissement concentrique à partir du noyau originel se poursuit aux IIIe et IIe siècles av. J.-C. avec la naissance d'un véritable oppidum celte volque puis cavare. Celui-ci atteint alors environ 30 hectares, ce qui marque une véritable mutation proto-urbaine. Auenión devient une ville structurée , combinant un noyau perché ancien, des quartiers de piémont et une extension de plaine en plein développement[4],[13].

Les fouilles réalisées place de la Principale en 1995 ont considérablement renouvelé les connaissances sur l’organisation de la ville préromaine au delà du rocher[11]: sous plus de cinq mètres de stratigraphie ont été découverts des niveaux d’occupation datant du IIIe siècle av. J.-C. au milieu du Ier siècle av. J.-C., caractérisés par des céramiques modelées indigènes, des céramiques peintes et des amphores massaliotes[65],[66]. Ces découvertes attestent l’intégration d’Auenión dans les réseaux commerciaux dominés par Massalia.

 
Dévoreuse d'hommes, la Tarasque de Noves, symbole cavare du gué du Maupas située au sud-est d'Auenión, marque la position stratégique de l'oppidum sur les axes commerciaux.

Si certains auteurs antiques comme Artémidore d’Éphèse ont présenté Auenión comme appartenant à Marseille, l’archéologie tend aujourd’hui à montrer qu’il s’agissait bien d’une agglomération cavare autonome mais fortement hellénisée, voire faisant partie d'un réseau d'emporia massaliotes établi dans un rapport d'échanges privilégiés[1],[16],[17],[67]. Cette influence hellénique apparaît dans les aménagements urbains avec plusieurs découvertes qui témoignent d’une organisation relativement élaborée dès le IIe siècle av. J.-C.:

  • Rue Saint-Agricol, les fouilles ont révélé un important égout ou collecteur d’évacuation des eaux aménagé au IIe siècle av. J.-C. et orienté vers le Rhône selon une pente régulière[11];
  • Place de la Principale, des niveaux de circulation montrent également l’existence de surfaces aménagées, de vestiges helléniques et d’une occupation dense dès la période préromaine[66].

L’influence grecque se manifeste également dans les pratiques funéraires et l’architecture monumentale. En 2017, des fouilles réalisées au lieu-dit « Bel Air », au sud-est d’Avignon, ont mis au jour plusieurs éléments lapidaires des IIe et Ier siècles av. J.-C. réemployés dans une voie antique, parmi lesquels des stèles anépigraphes, des fragments architecturaux et les vestiges probables d’une colonne funéraire de tradition gallo-grecque[68],[69].

Ainsi, à la veille de la conquête romaine, Auenión apparaît donc comme une agglomération proto-urbaine importante et constitue l’un des principaux établissements du territoire des Cavares, devenant même sa capitale[67]. Son organisation défensive et urbaine, ses équipements hydrauliques, son insertion dans les réseaux commerciaux méditerranéens et la diffusion de modèles architecturaux et funéraires d’inspiration grecque témoignent d’un degré avancé d’urbanisation et d’hellénisation au sein de la basse vallée du Rhône au second âge du fer[13].

Urbanisation romaine d'Avenio

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Centre civique monumental

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Le centre civique d’Avenio est localisé sous l’actuelle place de l’Horloge, où se développait le forum, cœur politique, administratif, religieux et économique de la cité durant le Haut-Empire[9],[11],[13],[70],[71]. Ce déplacement du centre urbain vers la plaine à l'époque augustéenne s’inscrit dans une transformation majeure de la ville cavare à partir de la conquête romaine, lorsque l’agglomération, initialement concentrée sur le rocher des Doms, s’étend progressivement vers les rives du Rhône.

 
Utilisée au Moyen-Âge comme clocher, la tour de la Madeleine est le dernier vestige des arcades dites « Aubanel », visible rue de la Petite Fusterie, les autres étant enchâssées dans les maisons.

Les découvertes archéologiques, bien que ponctuelles et souvent anciennes (les plus récentes datant de fouilles d'urgence pratiquées place de l'Horloge en 1964) permettent de restituer un ensemble monumental de grande ampleur datant du Ier siècle[11]. Des vestiges de voirie et d'arcades dites « Aubanel » ont notamment été identifiés dans le secteur de la rue Saint-Agricol, tandis qu’un premier pan du forum a été reconnu entre les rues Racine et de la Petite Fusterie, dans l’emprise de bâtiments actuels: la lecture topographique de la rue linéaire de la Petite Fusterie révèle l'emprise d'un portique qui s'est fossilisé dans le tracé médiéval[11],[13]. Les observations dans les maisons de cette rue ont permis d'étudier des vestiges constitués de maçonneries massives à arcades associées à une galerie portiquée à étage continue pouvant de près de 250 à 300 mètres de longueur, suggérant un esplanade et un complexe civique particulièrement développé et vaste[11],[13],[70]. Une telle extension dépasse largement celle de nombreux ensembles locaux comparables et témoigne de l’importance institutionnelle d’Avenio à l’échelle régionale.

 
Une abside qui animait le portique sud du forum d'Avenio, mise à jour rue Racine en 1979.

Le forum s’organisait vraisemblablement autour de cette vaste esplanade monumentale de 3 à 4 hectares qui s'étendait entre la rue Saint-Agricol au sud, la rue de la Petite Fusterie à l'ouest, la place de l'Horloge à l'est et les rues des Grottes et de la Balance au nord. Elle était bordée de portiques et constituant un espace de rassemblement public[11],[13],[70]. Cette place devait être ornée de statues honorifiques célébrant les élites locales ainsi que le pouvoir impérial, traduisant l’intégration politique de la cité latine dans le cadre romain. Durant les travaux précédant la construction de l’Hôtel de Ville au milieu du XIXe siècle, deux têtes en marbre ont été exhumées dont l’une représenterait l'empereur Tibère et l’autre son fils Drusus le Jeune[71].

 
Vestiges romains provenant de la place du forum d'Avenio, entreposés à l'angle de la rue Saint-Etienne et de la rue des Grottes.

Parmi les édifices identifiés ou supposés, enfouie sous le sol derrière l'actuel opéra municipal figure une curie, siège des institutions municipales, où se réunissait le conseil des « décurions » chargé de l’administration de la cité et de l’exercice de la justice. À proximité, devait également se trouver un sanctuaire dédié au culte impérial, élément structurant des centres urbains romanisés et que l'on peut observer en partie excavé derrière l'hôtel de ville[11],[13],[70]. Ce type d’édifice, consacré à la vénération de l’empereur et de sa famille, occupait généralement une position privilégiée dans le forum et participait à la mise en scène du pouvoir impérial dans l’espace public.

L’ampleur de cet ensemble monumental conduit à considérer le forum d’Avenio comme un véritable cœur urbain de grande dimension, révélateur d’une cité pleinement intégrée aux modèles architecturaux et politiques de l’Empire[70]. Cette importance est renforcée par la position stratégique de la ville, située à proximité d’un axe majeur de circulation rhodanien. Toutefois, l’interprétation de certains vestiges reste discutée. Les arcades dites « Aubanel », connues depuis le XIXe siècle, ont été tour à tour rattachées au complexe monumental du forum ou interprétées comme appartenant à un édifice à vocation commerciale, tel qu’un entrepôt public[11].

Ces incertitudes soulignent les limites de la documentation archéologique à Avignon, souvent fragmentaire et profondément affectée par les remaniements urbains postérieurs. Mais malgré ces réserves, l’ensemble des données disponibles permet de considérer le secteur de la place de l’Horloge comme le centre névralgique d’Avenio, concentrant les fonctions politiques, judiciaires, religieuses et économiques[11].

Édifices de spectacle

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L’existence d’édifices de spectacle à Avenio demeure incertaine, en raison de l’absence de vestiges clairement identifiés en élévation comme à Nîmes, Orange ou Arles. Cette incertitude s’explique en grande partie par la superposition des occupations médiévales et modernes, ainsi que par les contraintes géologiques (remontée de la nappe phréatique) qui limitent l’accès aux niveaux antiques. Toutefois, plusieurs indices topographiques et morphologiques et de récentes découvertes archéologiques permettent d’envisager la présence d’un tel équipement[11],[70].

 
Ruines des arcades romaines du Ier siècle, rue de la Peyrolerie, attribuées au possible cavea du théâtre antique d'Avenio

Dès le XIXe siècle, l’observation du parcellaire urbain et du tracé de certaines rues a conduit à proposer l’existence d’un théâtre antique adossé au rocher des Doms. Le plan semi-circulaire de certaines voies, notamment dans le secteur de la rue du Vice-Légat, de la Peyrolerie et de la place de la Mirande, a été interprété comme la fossilisation du tracé d’une cavea[72]. Cette hypothèse repose sur un schéma fréquent dans les villes antiques, où les théâtres sont implantés en appui sur une pente naturelle afin de faciliter l’aménagement des gradins. Cette interprétation a été remise en cause au début du XXe siècle par le chanoine Joseph Sautel qui y reconnaissait plutôt un amphithéâtre[72],[73]. Cette relecture s’appuie sur la présence de structures rayonnantes et concentriques observées dans le parcellaire moderne, caractéristiques des édifices de type amphithéâtral plutôt que théâtral.

Néanmoins, les recherches récentes ont apporté des éléments nouveaux assurant de la présence d'un théâtre et d'un amphithéâtre à Avenio[70]. Des prospections géophysiques réalisées dans un secteur situé à environ 300 mètres à l’est du Palais des Papes ont mis en évidence une structure circulaire de grande dimension, traversant la partie occidentale d’un jardin du quartier de la rue Saluce[74],[75]. Par ailleurs, l’analyse des images aériennes et du cadastre révèle une organisation parcellaire marquée par des tracés concentriques et rayonnants rues du Four et Sainte-Perpétue, suggérant l’influence d’un édifice circulaire antique sur l’urbanisme postérieur. Des sondages archéologiques, dans le secteur de l’impasse Jean-Pierre Gras et à proximité du théâtre du Chêne Noir, ont livré des maçonneries antiques importantes ainsi que des indices d’occupation gallo-romaine dense[75]. Toutefois, la profondeur des vestiges en dessous du niveau de la nappe phréatique empêche toute exploration extensive et limite l’interprétation des structures.

En l’état actuel des connaissances, deux hypothèses principales coexistent :

  • celle d’un théâtre adossé au rocher des Doms, place de la Mirande, fondée sur l’analyse des vestiges d'arcades romaines du Ier siècle et l'analyse morphologique du tissu urbain qui forment tous deux un plan semi-circulaire de cavea[70];
  • celle d’un amphithéâtre situé plus à l’est, quartier rue Saluce et impasse Jean-Pierre Gras, appuyée par des prospections archéologiques et les observations cadastrales du tissu urbain qui forme des tracés concentriques rayonnants[75].
 
Grandes joutes nautiques sur le Rhône, près du pont Saint-Bénézet, au début du XXe siècle.

Les aménagements monumentaux réalisés en bordure du Rhône ont également conduit certains historiens et archéologues à envisager l’existence de jeux aquatiques à Avenio[11]. Les 250 à 300 mètres d’arcades portiquées à galerie supérieure qui soutenaient la terrasse du forum, résultant d’importants travaux de nivellement, associaient fonction utilitaire et fonction ornementale dans une logique de monumentalisation impériale du front fluvial.

Plusieurs chercheurs ont proposé que ce long portique dominant le Rhône ait donc également servi de lieu d’observation pour des spectacles et jeux nautiques, notamment des joutes fluviales[11]. Cette hypothèse s’appuie sur une tradition avignonnaise séculaire de joutes nautiques organisés sur le Rhône, particulièrement aux abords du pont Saint-Bénézet, où les spectateurs se rassemblaient en grand nombre jusqu’à l’époque moderne. Cette possible fonction spectaculaire expliquerait la tradition historiographique voulant que ces arcades aient longtemps été interprétées comme les vestiges d’un cirque romain[11]. Des comparaisons ont également été établies avec d’autres grands ensembles monumentaux riverains, comme la galerie de Saint-Romain-en-Gal ou le portique d’Octavie à Rome[11].

Réseau viaire périurbain

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Portion du IVe siècle de la voie Agrippa découverte à Graveson au sud d'Avignon lors de travaux.

Le territoire d’Avenio est structuré par un réseau viaire dense, organisé à la fois autour d’axes locaux et d'une grande voie de circulation régionale, assurant la liaison entre la ville, son arrière-pays agricole et les principales agglomérations de la Gaule narbonnaise. Il est dominé par la Via Agrippa, grande voie romaine aménagée à partir de 22 av. J.-C. sous l’impulsion d’Agrippa[76]. Cet axe majeur reliait la vallée du Rhône aux principales villes de la Gaule, notamment en direction d’Arelate au sud et d’Arausio puis de Lugdunum au nord. Elle a joué un rôle essentiel dans le développement économique d’Avenio et de récentes fouilles menées entre 2010 et 2014 à Graveson, au sud d'Avignon, ont permis de mettre en exergue son importance[76],[77],[78].

Le tracé de la Via Agrippa à Avenio est restitué grâce à la convergence de données archéologiques et topographiques[11],[76]. Elle passait à proximité immédiate de la ville, traversant notamment depuis le nord le secteur du Pontet avant de rejoindre les abords de l’agglomération:

  • son entrée par l'est dans la ville est généralement située aux environs des actuelles rues Carreterie et des Infirmières, qui pourraient fossiliser une partie de son tracé antique[11],[76];
  • Et son entrée au sud pourrait se situer aux environs de l'actuelle avenue Montclar[11],[76].

Comme dans de nombreuses villes romaines, les abords de cette voie étaient occupés par des nécropoles, des établissements artisanaux et des installations agricoles, participant à l’organisation du paysage périurbain. A cet effet, les fouilles archéologiques ont découvert plusieurs sépultures et monuments funéraires antiques sur ces deux axes pouvant les identifier comme appartenant à des nécropoles[11],[68].

Mais Avenio était aussi connectée à un réseau périurbain secondaire reliant la ville à ses domaines agricoles et aux centres urbains secondaires. Une opération archéologique menée en 2017 au lieu-dit « Bel Air », dans le secteur sud-est d’Avignon, a permis de mettre au jour une portion de voie antique structurée inconnue jusqu'alors qui allait à Cabellio (Cavaillon)[68],[69]. Datée entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIe siècle apr. J.-C., cette voie, découverte à environ deux mètres de profondeur, témoigne de l’évolution du territoire autour de la ville: sa construction repose en partie sur le remploi de matériaux plus anciens, parmi lesquels des stèles funéraires grecques, des fragments de colonnes et des éléments de mausolées[69].

Installations thermales

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L’existence de thermes publics à Avenio est considérée comme très probable, bien qu’aucun établissement thermal n’ait été intégralement dégagé à ce jour. Comme dans la plupart des villes de Gaule narbonnaise, la présence de bains publics devait constituer un élément essentiel de la vie urbaine et de la romanisation. Toutefois, les profondes transformations médiévales et modernes du centre ancien d’Avignon ont fortement limité les observations archéologiques[13].

Au XIXe siècle, Prosper Mérimée pensait localiser les thermes antiques sous l’actuelle place de l’Horloge[9]. Cette hypothèse reposait sur la découverte de puissants blocs monumentaux antiques, alors interprétés comme appartenant à un complexe thermal. Les recherches ultérieures ont cependant montré qu’il s’agissait plus vraisemblablement de vestiges liés au forum romain d’Avenio et à ses aménagements monumentaux[11].

Les découvertes archéologiques réalisées au XXe siècle ont déplacé cette hypothèse vers la place de la Principale et la chapelle des Pénitents Blancs. Des fouilles d’urgence menées en 1987 puis d'autres entre 1995 et 1996, lors de travaux de destruction et de réaménagement de la place, mirent au jour les vestiges d’un vaste complexe monumental d’environ 2 600 m² datant de la première moitié du Ier siècle[11],[66]. L’ensemble comprenait un large espace ouvert assimilable à une place ou un square, bordé d’une double galerie portiquée, ainsi qu’une construction associée à un bassin et à un important réseau d’égouts structurés. Les fouilles révélèrent également un mur monumental associé à un pilier en grand appareil de l’époque augustéenne[66].

La proximité de structures hydrauliques, la présence de bassins ainsi que l’importance du réseau d’évacuation des eaux renforcent l'hypothèse de la présence d’un établissement thermal sous l’actuelle chapelle des Pénitents Blancs. Mais selon certaines interprétations, cet ensemble pourrait également correspondre à un second centre monumental de type forum lié au passage de la voie Agrippa dans la ville[71].

Approvisionnement en eau

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La source de la Sorgue, résurgence située à Fontaine-de-Vaucluse, aurait été captée par les romains pour leur approvisionnement en eau.

En 2009 lors de la construction d'Ikea à Vedène, au nord-est d’Avignon, une opération de fouilles archéologiques préventives a révélé l’existence de vestiges d'un aqueduc antique[79]. Cette découverte a mis en évidence une canalisation maçonnée associée à un système d’adduction d’eau. Selon les archéologues, un aqueduc alimentant en eau des Sorgues la ville d'Avignon était connu comme passant au pied de la colline Sainte-Anne[79]. En effet, il a subsisté au Pontet jusqu'au milieu du XIXe siècle les vestiges d'un aqueduc qui traversait la région et dont les ruines étaient alors appelées les « murs des Sarrasins »[80]. De possibles traces et vestiges de cet ouvrage ont également été identifiées du côté de la source de Fontaine-de-Vaucluse elle-même, attestant du captage de la source depuis l'Antiquité[81]. Cet aqueduc suggère donc l’existence d’infrastructures destinées à l’alimentation en eau des établissements urbains d'Avenio, en particulier des thermes possiblement situées sous l'actuelle chapelle des Pénitents Blancs. Toutefois, en l’état des données disponibles, le tracé complet de cet aqueduc ainsi que son lien direct avec Avenio ne sont pas clairement établis:

  • Pour maintenir une hydrologie permettant de maintenir un hydrométrie à peu près constante sans travaux d'envergure et en évitant les reliefs, l'aqueduc devait suivre peu ou prou le réseau hydrographique de la Grande Sorgue depuis Fontaine-de-Vaucluse puis, à l'image de l'actuel canal de Vaucluse, franchir le seuil de Vedène en passant au pied de la colline Sainte-Anne pour se diriger vers Avignon[82].

Des aménagements hydrauliques sont également réalisés dans la plaine des Sorgues, dès l'époque gallo-romaine, afin de drainer les zones marécageuses et d’organiser la répartition des eaux de la Sorgue pour différents usages, notamment agricoles avec l'irrigation des terres. Cette maîtrise hydraulique s’est poursuivie et intensifiée au cours des périodes ultérieures[81].

Défenses

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Fortifications protohistoriques de l'oppidum

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Le Rocher des Doms vue depuis l'autre rive du Rhône sur l'île de la Barthelasse.

L’histoire des fortifications antiques d’Avignon constitue un élément fondamental de l’évolution urbaine de l’ancienne cité d’Avenio. Ces enceintes traduisent les transformations politiques, militaires et topographiques de la cité, depuis l’oppidum perché sur le rocher des Doms jusqu’à la ville gallo-romaine du Haut-Empire puis à la cité rétractée de l’Antiquité tardive[4],[13],[83]. Les données archéologiques, longtemps fragmentaires en raison des destructions médiévales et modernes, ont été progressivement complétées par les découvertes réalisées aux XIXe et XXe siècles ainsi que par les témoignages des auteurs antiques et médiévaux. Les recherches récentes permettent aujourd’hui de distinguer plusieurs phases majeures dans l’évolution des fortifications d’Avenio[11],[13],[84].

Avant la conquête romaine, l'oppidum celto-ligure était installé sur le Rocher des Doms, promontoire naturel dominant le Rhône, les zones environnantes et le trafic fluvial sur le fleuve[4],[85]: ce premier habitat fortifié répondait donc à une logique défensive typique des oppida méridionaux de la fin de l’âge du Fer. Les fouilles et observations topographiques montrent que cette occupation protohistorique se concentrait essentiellement sur le sommet du rocher et ses versants immédiats. Les vestiges de ces défenses mixtes, associant abrupts naturels, fossés et murailles de pierre et bois, demeurent néanmoins très lacunaires[84],[86].

Enceinte gallo-romaine du Haut-Empire

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Le rocher primitif (gris) et les tracés hypothétiques de l'enceinte du Haut-Empire restitués selon S. Gagnère (bleu transparent) et selon l'ouvrage de F. Rolland (rouge).

Après l’intégration progressive d’Avenio dans la sphère romaine au IIe puis au Ier siècle av. J.-C., la cité connaît une profonde transformation urbaine. L’ancien oppidum se développe vers la plaine alluviale et adopte progressivement les formes monumentales caractéristiques des villes romaines de Gaule narbonnaise. C’est vraisemblablement au cours du Ier siècle apr. J.-C., sous le Haut-Empire, qu’est édifiée une vaste enceinte urbaine maçonnée entourant la nouvelle ville sur environ quarante-six hectares[13],[85],[86],[87],[88]. Elle matérialise à la fois la structuration de l’espace urbain et la volonté d’affirmation du statut civique de la colonie latine.

Cette hypothétique enceinte, restituée par les travaux de Sylvain Gagnière, adopte un plan globalement rectangulaire, typique des fondations romaines, englobant les principaux secteurs urbanisés entre le rocher des Doms et les zones de plaine[87],[88]. Bien que son tracé reste partiellement hypothétique et qu'il n'a reçu aucun début de réel confirmation archéologique, il est bien visible dans la topographie du plan cadastral d'Avignon comme on peut le voir sur la carte[13],[87],[88]:

  • À l’ouest, son parcours suivait approximativement les actuelles rues Petite-Reille, des Grottes, Racine et de la Bouquerie;
  • Au sud, il longeait les rues du Collège-d’Annecy, des Études et du Crucifix;
  • À l’est, il passait par les rues du Four-de-la-Terre, du Chapeau-Rouge, de l’Oriflamme et de la Sorguette;
  • Enfin, au nord, le tracé est plus incertain, l’enceinte rejoignait le Rocher des Doms peut-être en suivant approximativement la rue de la Forêt ou le secteur de la chapelle des Pénitents-Noirs.

Enceinte tardive des crises du Bas-Empire

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À partir du IIIe siècle apr. J.-C., comme de nombreuses villes de l’Empire, Avenio subit les conséquences des crises politiques, militaires et économiques du Bas-Empire. Les invasions, les troubles militaires et les difficultés économiques entraînent une contraction progressive de l’espace urbain. Face aux menaces extérieures, la population abandonne progressivement certains quartiers périphériques au sud et à l'est et une nouvelle enceinte, plus réduite, est alors reconstruite[11],[13],[84],[85]. L'enceinte tardive, au tracé hypothétique, s'étendait du Rocher des Doms à la rue Petite Fusterie d'un côté et rue des Ciseaux d'Or et de la Peyrolerie de l'autre, voir jusqu'à la place Pie[89]. Le rocher se retrouve alors au cœur du nouveau système défensif avec l'édification d'un castrum à son extrémité nord. Un temple attesté dans ce secteur pourrait avoir été réemployé lors de l’aménagement du castrum, dont l’emprise semble avoir perduré au Moyen Âge avec le fort Saint-Martin et la chapelle Saint-Marthe[90].

 
Le rocher transformé en castrum et le tracé hypothétique de l'enceinte de repli du Bas-Empire (rouge), selon S. Gagnière, superposé au tracé de l'enceinte du Haut-Empire (bleu transparent).

Cette fortification tardive, construite aux IIIe et IVe siècle siècles lors des invasions, réutilise en partie les structures antérieures défensive abandonnées du Haut-Empire et s’appuie notamment sur le portique des arcades dites « Aubanel » du forum. Longtemps contestée, cette réutilisation du portique est aujourd’hui certaine grâce aux découvertes archéologiques modernes. En 1979, rue des Grottes, les fouilles lors de la destruction du quartier médiéval pour de nouveaux logements mirent alors au jour un tronçon de rempart antique tardif, d’environ trente-cinq mètres de longueur, suivant le tracé du portique antique[11]. Enfin, les dépôts antiques recueillis dans les sondages archéologiques et les fouilles des secteurs sud d'Avignon, ne paraissent pas postérieurs au IIIe siècle, confirmant l'abandon précoce des quartiers périphériques et la rétractation de la cité vers le rocher[66].

Les sources écrites du Haut Moyen Âge apportent aussi des renseignements topographiques sur les fortifications tardives d’Avenio. Grégoire de Tours, auteur de l’Historia Francorum, explique dans son récit du siège d’Avignon par Clovis Ier vers l’an 500, que le roi franc campait « autour des murs de la ville » (circa muros urbis resedenti)[91],[92]. Le chroniqueur indique également que, lors du siège mené par le duc Gontran en 581-582, « une partie de la ville n'est pas entourée par le Rhône » (ut quia pars parva residebat, quae non vallatur a Rhodano) et que les assiégés auraient créé une dérivation du Rhône afin d’entourer totalement la ville d’eau afin de renforcer ses capacités défensives. Grégoire rapporte que Gontran s’adressait alors aux habitants depuis l’autre rive d’un « bras du fleuve » (brachium fluminis), séparé de la ville par des fossés en eau[93].

Les anciennes hypothèses d’un pont en pierre

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La question de l’existence d’un pont antique à Avignon a longtemps occupé une place importante dans l’historiographie locale. Dès le XIXe siècle, plusieurs érudits ont supposé que le pont médiéval Saint-Bénézet, construit à partir de la fin du XIIe siècle, aurait repris les fondations des piles d'un ancien pont romain en pierre[11],[94],[95]. Cette hypothèse reposait principalement sur l’observation de la deuxième pile du pont médiéval, celle portant la chapelle Saint-Nicolas, où un début d'arche maçonnée a longtemps été interprétée comme le vestige d’une arche antique tronquée. D'autres auteurs du XIXe siècle ont également proposé de restituer un tracé antique d'un pont dans les quartiers nord-est de la ville, en s’appuyant sur l’existence supposée d’anciens bras fossiles du fleuve[11].

Mais les recherches archéologiques et géomorphologiques menées dans les années 2010 ont toutefois profondément remis en cause cette théorie[94],[95]. L’analyse détaillée de la maçonnerie attribuée autrefois à l’époque romaine a démontré qu’elle ne relevait pas d’un ouvrage antique mais correspondait vraisemblablement à une phase primitive du chantier médiéval du pont, peut-être abandonnée ou modifiée au cours de la construction. Les études du lit du Rhône ont également montré qu’à l’époque romaine le niveau du fleuve était inférieur d’environ trois mètres à celui observé au Moyen Âge central, rendant improbable l'existence de piles antiques à cette hauteur[11].

 
Les principales voies est-ouest construites en Gaule narbonnaise passaient par Arelate.

L’existence d’un pont romain en pierre est désormais généralement rejetée par la recherche contemporaine. Aucun texte antique ou du Haut Moyen-Âge ne mentionne un tel ouvrage, y compris dans les récits de Grégoire de Tours du siège d’Avignon par Clovis Ier[91]. Enfin, les historiens soulignent que le contexte local ne justifiait pas la construction d’un grand pont maçonné : les principaux axes est-ouest de la Gaule narbonnaise passaient plus au sud à Arles, tandis que la rive droite du Rhône face à Avignon ne semble pas avoir connu d’occupation urbaine importante durant l’Antiquité[11].

Enfin, on sait par ailleurs que le Rhône antique présentait une configuration très différente de celle observée aujourd’hui. Le fleuve formait alors une large boucle autour du rocher des Doms et se divisait en plusieurs bras parcourant une vallée ponctuée d’îles[11],[94],[95]. On sait que les berges antiques atteignaient le secteur de l’actuelle rue de la Petite-Fusterie, où fut édifiée l’arcade monumentale du forum[11]. Cette morphologie favorisait davantage des traversées multiples par embarcations ou bacs qu’un pont monumental continu[11].

Les nouvelles hypothèses d'un pont en bois

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Ce détail de « Vue d'Avignon en 1700 » de Robert Bonnart montre l'état ancien du Rhône, fait d'îlots, de grèves et de bras avant son endiguement à partir du XIXe siècle.

Si l’existence d’un pont romain en pierre paraît désormais écartée, plusieurs découvertes archéologiques tendent aujourd'hui à proposer l’existence d’un pont en bois ou d'un pont à bateaux. Lors des campagnes de forage réalisées dans le Rhône en 1969, les chercheurs mirent au jour, sous l’une des culées ruinées du pont médiéval, une importante couche ligneuse composée de « bois à fibres horizontales » sur une épaisseur d’environ 1,10 mètre[11],[96]. Les analyses au carbone 14 ont daté cet ensemble entre 290 et 530 apr. J.-C.[96].

Cette découverte a été rapprochée des sources historiques rapportant le passage de l'empereur Maximien Hercule à Avenio à la fin du IIIe siècle, lors de sa campagne contre les Bagaudes, mouvements insurrectionnels paysans actifs en Gaule[97]. À cette occasion, un pont en bois aurait été édifié afin de permettre à l’armée romaine de franchir le Rhône, confirmant la datation des analyses de la couche ligneuse découverte[11],[96]. Mais cet ouvrage ne correspondait probablement pas à un pont monumental traversant d’un seul tenant le Rhône: les chercheurs envisagent plutôt un système de franchissement composite adapté à la géographie fluviale de l’époque. Le Rhône étant alors divisé en plusieurs bras séparés par des îles, il est possible qu’un tablier de bois ait relié certains secteurs stables du lit du fleuve, ou un tablier supporté par des bateaux, tandis que le reste de la traversée s’effectuait au moyen de bacs ou d’embarcations successives[11].

Cette hypothèse permet d’expliquer à la fois la présence des vestiges ligneux découverts sous les piles médiévales et l’absence de structures monumentales antiques en pierre[11],[96]. Elle correspond également aux descriptions anciennes d’une vallée du Rhône morcelée par de nombreux bras et îlots facilitant les traversées fragmentées. Dans l’état actuel des connaissances, les historiens considèrent donc qu’Avenio a probablement disposé, au moins au IIIe siècle, d’un dispositif de franchissement en bois à vocation essentiellement militaire[11].

Vestiges antiques

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À Avignon, il ne reste que très peu de monuments visibles de cette époque. Pourtant le sous-sol regorge de vestiges. Avignon est fortifiée, et comme toutes les villes romaines, elle est dotée de nombreux monuments : temple, curie, arc de triomphe. Même si Avignon n'a pas le rayonnement de Arles ou Nîmes, c'est un centre religieux, administratif et commercial important. La proximité de la Via Agrippa, une des grandes voies romaines, lui assure déjà une certaine renommée.

En 1835, dans ses Notes d'un voyage dans le midi de la France, Prosper Mérimée mentionne déjà les restes romains situés au pied du Palais des Papes (actuelle rue de la Peyrollerie) ; il raconte également qu'en 1825 a été découvert « sur la place de l'Hôtel-de-Ville, le soubassement d'un vaste édifice construit à grand appareil, et qui, par sa disposition, paraissait avoir été une maison de bains », aussitôt comblé par le préfet de Vaucluse Élysée de Suleau. On retrouve enfin une suite d'arcades et les restes du forum (actuelles rue Saint-Etienne et des Grottes)[9].

Notes et références

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Annexes

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Articles connexes

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