UN VILLAGE D’ILE-DE-FRANCE PENDANT LA RÉVOLUTION
Le Mesnil-Théribus 1789-1795
Le Mesnil-Théribus, un village de France comme beau¬ coup d’autres, loin des villes et des grands chemins, un village où, pendant des générations, aucun événement extérieur n’est venu distraire les paysans de leurs préoccupations quoti¬ diennes (1). Or, à partir de 1789, tout s’anime brusquement. Les villageois s’éveillent à la vie politique; en 1792, ils font leur petite révolution. D’autres bourgades avaient connu des querelles religieuses, des troubles agraires. Ici les désordres naquirent d’une répartition d’impôts. Mais, après quelques semaines d’agitation, le calme ne tarda pas à revenir, un calme fait de torpeur, dans lequel le village allait s’assoupir pour plus d’un siècle (2).
(1) La tradition n’a conservé le souvenir d’aucun événement mar¬ quant ni d’aucune famille illustre. Il n’est pas certain que la jacquerie d’Ile-de-France qui souleva en 1357 autour de Guillaume Carie les paysans du Beauvaisis se soit étendue à cette partie du Thelle. Les du Tertre et des du Crocq qui possédèrent le village aux xv® et xvi® siècles étaient de bien petits personnages en regard de leurs voisins de Jouy ou de Fres-neaux, les Pellevé et les Mornay. Le domaine de Beaufresne et celui de Théribus qui en avait été distrait au moins dès le xv® siècle passèrent de main en main pendant longtemps sans qu’aucun des propriétaires se soit acquis une quelconque notoriété. Mgr Louis de Mornay cependant, qui fut évêque du Canada, était natif du Mesnil où il fut baptisé le 12 septembre 1665.
A la fin du xix® siècle, après avoir appartenu au chevalier d’Ivery, puis au marquis de Grasse, le château de Beaufresne devint la propriété et la résidence d’une riche Américaine, Miss Cassatt, peintre élève de Degas, qui mourut au Mesnil en 1926. Depuis cette époque, le château accueillit plus d’un visiteur de marque. Clemenceau y séjourna plusieurs fois, notamment lorsqu’il était président du Conseil ; le général de Gaulle y apprit sa nomination au poste de sous-secrétaire d’Etat, en juin 1940 ; le maréchal Goering enfin s’y arrêta en 1942, lors d’une tournée d’inspec¬ tion sur les côtes de la Manche.
(2) Les documents les plus intéressants pour cette période sont conservés dans les archives de la commune, registres de délibérations des diverses assemblées municipales depuis le début de 1788 (Arch. Mesnil ) et registres paroissiaux (Reg. par.).



















