Mommens se souvient de... 1977
Une sélection nationale de jeunes a déjà été sacrée championne d'Europe de sa catégorie. Les juniors UEFA en 1977. Raymond Mommens se souvient.
- Publié le 20-06-2007 à 06h00
1 977. On vous parle d'un temps footballistique... qui fait rêver. Mais où l'on découvre néanmoins une similitude avec aujourd'hui : les Diables Rouges de Guy Thys, orphelins des vieux grognards de Raymond Goethals, se trouvaient alors dans le trente-sixième dessous, touchant le fond (Belgique-Norvège à Lokeren 1-1, à une époque où les Scandinaves étaient encore quantité négligeable) avant de décoller pour la brillante épopée des années 80. Ah, si l'histoire se répétait!
Légère nuance : à la fin des années 70, les clubs belges jouaient sur le toit de l'Europe. Anderlecht avec Croon et Goethals gagnait la Coupe des coupes, le Bruges de Happel jouait la finale de la Coupe UEFA et de la Coupe des champions contre Liverpool, Lokeren, emmené par Lato, Lubanski, Larsen, battait le Barça de Cruyff et Neeskens à Daknam en Coupe UEFA, seulement éliminé par un but de Maître Johan à deux minutes du terme...
Peu de futurs piliers
En 1977, donc, sur la pelouse du Heysel, les juniors UEFA belges devenaient champions d'Europe en battant les Bulgares 2-1, redonnant également quelques couleurs à l'édifice fédéral. De futurs Diables Rouges? Avertissement peut-être à ceux qui, d'un coup, vivraient à présent d'euphorie : dans la liste des héros de l'Euro, il y avait peu de futurs piliers de la golden generation. Pour des Mommens, Plessers, Voordeckers, Snelders (Eddy, le père) qui jouèrent de temps en temps en équipe A, ou surtout Vandenbergh (Erwin... sur le banc lors de la finale!), combien de Vekeman, Martens (Ronny), Ryland, Cornelissen, Nollet, Meeus ou Limbourg (futur as de... la colombophilie)?
Raymond Mommens, recruteur carolo passé dans le giron anderlechtois, fait un effort de mémoire : "Dirk De Vriese et Didier Frenay faisaient également partie de la bande. Guy Thys s'occupait de l'équipe, avec Julien Labeau. Nous, les Belges, n'avons jamais été les meilleurs, pas plus hier qu'aujourd'hui, ce qui n'empêche pas les performances. On n'était que juniors, mais notre force, à l'époque, en plus de jouer à domicile, c'était que 14 joueurs sur 16, même les moins connus, évoluaient déjà en équipe fanion, pour ma part à Lokeren, et il fallait avoir de bons papiers pour le faire dans un championnat de bien plus haut niveau que maintenant. On n'y tolérait pourtant que trois étrangers, de grand talent il est vrai."
"Ils peuvent aller en finale"
Mommens, qui quadrille les terrains, et pas seulement en D1 belge, a forcément un avis sur la situation actuelle : "Voir jouer l'équipe nationale me fait mal. On n'a même plus envie de rester à la maison pour la regarder. Avec les Espoirs, c'est différent. Qu'on arrête de dire qu'on n'a pas de qualités, qu'on ne peut même plus gagner contre le Luxembourg, croyons un peu plus en nous-mêmes. Que Deschacht ou Pocognoli ne soient pas jugés dignes de l'équipe nationale, c'est une chose que je ne comprends pas. Je me souviens avoir eu ce Pocognoli dans mon bureau à Charleroi, parce que René (Vandereycken), déjà, ne lui donnait pas sa chance à Genk. Il a finalement insisté, et voilà le résultat."
Néanmoins, une belle équipe Espoirs n'est pas la garantie de succès pour l'avenir. "Il serait même idiot de penser qu'en transvasant tous ces garçons en A on retrouverait de grands Diables Rouges. Mais avec cette génération-là et d'autres internationaux potentiels, réfléchissons à former une bonne équipe, réveillons-nous. La blessure de Vermaelen est embêtante, mais j'ai un peu vu les Serbes, je crois que nos Espoirs peuvent aller en finale. Ensuite, sur un match, c'est tout ou rien, même si les Hollandais à la maison..."
