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R�publique fran�aise

France

1) Situation g�opolitique
et d�molinguistique

LES LANGUES DE FRANCE

Capitale: Paris 
Population:
65,8 millions (est. juillet 2014)
Langue officielle: fran�ais 
Groupe majoritaire: fran�ais (82 %) 
Groupes minoritaires: occitan (12, 2 %), alsacien (2,6 %), breton (2 %), catalan (0,45 %), corse (0,49 %), basque (0,1 %), flamand (1, %), etc. 
Syst�me politique: r�publique parlementaire � deux chambres
Articles constitutionnels (langue):
art. 2 et 75-1 de la Constitution de 1958 (modifi�e par la Loi constitutionnelle n� 92-554 du 25 juin 1992) 
Lois linguistiques: loi Deixonne de 1951; loi n� 75-620 du 11 juillet 1975 relative l'�ducation (loi Haby); loi n� 84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement sup�rieur (loi Savary); loi d'orientation n� 89-486 du 10 juillet 1989 sur l'�ducation (loi Jospin); d�cret n� 93-535 du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des charges de la Soci�t� nationale de radiodiffusion et de t�l�vision fran�aise pour l'outre-mer (RFO); Loi relative � l'emploi de la langue fran�aise ou loi Toubon (1994); Code de l'�ducation (2000); Loi d'orientation pour l'outre-mer (2000); Loi n� 2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'�cole (loi Fillon); Loi n� 2006-911 du 24 juillet 2006 relative � l�immigration et � l�int�gration; Proposition de loi n� 3008 relative au d�veloppement des langues et cultures r�gionales (2010); Loi de refondation de l��cole de la R�publique du 6 juin (2013); Loi n� 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'�cole de la R�publique (2013). Au total: au moins une cinquantaine de lois, d�crets, arr�t�s, sans compter les innombrables circulaires administratives (voir une liste des textes juridiques en mati�re de langue).

Plan de l'article
 

1 Situation g�opolitique
1.1 La structure administrative m�tropolitaine
1.2 La France d'outre-mer

2 Donn�es d�molinguistiques
2.1 La question des minorit�s linguistiques
2.2 Le probl�me des recensements linguistiques
2.3 Le classement des langues r�gionales

3 Les langues r�gionales en France m�tropolitaine
3.1 Les langues patrimoniales
3.2 Les langues germaniques
3.3 Une langue celtique: le breton
3.4 La langue basque
3.5 Le corse
3.6 La langue d'oc et ses vari�t�s

3.7 Le catalan
3.8 Le franco-proven�al
3.9 Les langues d'o�l
3.10 L'enqu�te de l'INSEE (2002)
3.11 Les autres langues d'int�r�t historique
3.12 Les langues en danger, selon l'Unesco

4 Les langues r�gionales d'outre-mer
4.1 Les d�partements d'outre-mer (DOM)
4.2 Les �pays d'outre-mer� (POM)
4.3 Les collectivit�s territoriales (COM)

5 Les langues immigrantes dans la France m�tropolitaine
5.1 Les �trangers
5.2 Les langues immigrantes
5.3 La difficile int�gration

1 Situation g�opolitique

La France (543 965 km�) est bord�e au nord par la mer du Nord et la Manche, � l'ouest par l'oc�an Atlantique, au sud par la M�diterran�e. Elle est limit�e � l'est par la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie, au sud par l'Espagne et la petite principaut� d'Andorre. Avec ses voisins, la France poss�de 56,6 km de fronti�re commune avec Andorre, 620 km avec la Belgique, 451 km avec l'Allemagne, 488 km avec l'Italie, 73 km avec le Luxembourg 73 km, 4,4 km avec Monaco, 623 km avec l'Espagne et 573 km avec la Suisse. Si l'on prend en consid�ration les DOM-TOM, la superficie de la R�publique atteint 1 007 329 km�.

1.1 La structure administrative m�tropolitaine

Le pays est administrativement d�coup� en 96 d�partements m�tropolitains, regroup�s en 13 r�gions m�tropolitaines (incluant la Corse), mais 18 r�gions si l'on compte les cinq r�gions d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La R�union et Mayotte). Avant la R�volution de 1789, la France �tait organis�e administrativement en provinces. Aujourd'hui, on compte g�n�ralement plusieurs d�partements dans une r�gion (voir la carte). Les d�partements fran�ais correspondent � des divisions administratives plac�es sous l'autorit� d'un pr�fet et administr�es par un conseil g�n�ral. Les comp�tences propres au d�partement concernent essentiellement l'action sanitaire et sociale, l'�quipement rural, la voirie d�partementale et les d�penses d'investissement et de fonctionnement des coll�ges.

1.2 La France d'outre-mer

La France comprend �galement ce qu'on appelait jusqu'� r�cemment des DOM-TOM. Depuis la r�forme de 2003, on distingue quatre DROM ou �d�partements et r�gions d'outre-mer� (Martinique, Guadeloupe, Guyane et La R�union), deux POM ou �pays d'outre-mer au sein de la R�publique� (Nouvelle-Cal�donie et Polyn�sie), un TOM ou �territoire d'outre-mer� (les Terres australes et antarctiques fran�aises) et trois COM ou �collectivit�s d'outre-mer�, dont une �collectivit� sp�cifique� (Corse), une �collectivit� d'outre-mer d�partementale� (Mayotte) et une �collectivit� d'outre-mer territoriale� (Saint-Pierre-et-Miquelon). Les collectivit�s d'outre-mer sont des COM.

De plus, depuis le 14 juillet 2007, les �les de Saint-Barth�lemy et de Saint-Martin ne font plus partie des communes de la Guadeloupe. Elles ont cess� d�appartenir � la cat�gorie des DOM et sont �rig�es en �collectivit� d'outre-mer� (COM) et quittent �galement l�Union europ�enne. Ces nouvelles collectivit�s d'outre-mer assument maintenant les comp�tences qui �taient hier exerc�es par les communes de Saint-Barth�lemy et de Saint-Martin ainsi que par le d�partement et la r�gion de la Guadeloupe. En date du 16 avril 2017, Mayotte, la Martinique et la Guyane fran�aisn sont des COM. 

Les d�partements ou territoires fran�ais d'outre-mer fran�ais repr�sentent seulement de 23 % de la superficie totale de la R�publique fran�aise, mais 93 % des 11 millions de kilom�tres carr�s de la zone �conomique exclusive (ZEE) de la France. Parce que les territoires d'outre-mer font partie int�grante de la France, celle-ci est voisine du Canada, des �tats-Unis, du Br�sil, de l'Australie et de Madagascar, ce qui lui donne voix au chapitre presque partout. Gr�ce � ces territoires d'outre-mer, la France demeure une grande puissance maritime dans le monde. Il est manifeste que ces territoires d�outre-mer sont essentiels � l'influence de la France, en raison de leurs int�r�ts politiques, �conomiques, strat�giques, militaires, scientifiques, etc. On peut comprendre pourquoi la France d�sire conserver et maintenir ces territoires sans lesquels elle serait une puissance de seconde zone dans le monde d�aujourd�hui. De plus, en tant que pilier de la Francophonie, la France agit aussi comme une sorte de �club� � l'int�rieur de l'ONU. Et son influence passe par l'Agence France-Presse qui diffuse en plusieurs langues (fran�ais, anglais, allemand, russe, espagnol, portugais et arabe).

2 Donn�es d�molinguistiques

La population de la France �tait de 58,6 millions en 1998, puis � 61,4 millions en juillet 2004 et, en janvier 2016, � 66,6 millions. La majorit� (82 %) des Fran�ais parlent le fran�ais comme langue maternelle, mais on compte un certain nombre de �minorit�s historiques� dont les membres parlent une �langue r�gionale� comme langue maternelle (voir � ce sujet la carte des parlers r�gionaux).

2.1 La question des minorit�s linguistiques

En France, les expressions telles que minorit�s nationales, minorit�s historiques et langues minoritaires sont exclues du vocabulaire �politiquement correct� fran�ais et du discours officiel, mais l�expression langues r�gionales est d�usage courant, ce qui les diff�rencie des �langues �trang�res� et des �langues immigrantes�. Officiellement, que le fran�ais n'est pas �la langue d'un groupe distinct des autres�, mais celle de tous les multiples groupes qui vivent et parlent en France. Autrement dit, il n'y a pas de �minorit�s� en France, puisque tous les individus sont des Fran�ais. En 1977, alors qu'il �tait maire de Paris, le futur pr�sident Chirac avait fait cette d�claration au journal Le Monde: le 3 septembre 1977) en employant les mots �minorit�s� et �ph�nom�ne minoritaire�, mais ce n'est gu�re courant:

� cet �gard, le probl�me le plus d�licat qui reste � r�soudre au sein de la nation fran�aise est celui du droit � l'identit� et � l'expression culturelle des minorit�s. � juste titre, notre syst�me d�mocratique ignore le ph�nom�ne minoritaire. Un Fran�ais vaut un Fran�ais, quelle que soit sa personnalit� propre ou son identification collective.

�videmment, il est habile d'affirmer qu'il n'y a pas de �minorit�s� sur son territoire, ce qui implique qu'il n'est pas n�cessaire de les prot�ger. De plus, pour bien des politiciens fran�ais, les langues r�gionales auraient perdu de toute fa�on leur statut de langue maternelle, car elles ne seraient plus parl�es; pour ces politiciens, il s'agit l� de �langues apprises� (des langues secondes) et dont les structures grammaticales auraient �t� largement modifi�es �afin de r�pondre � des imp�ratifs politiques autonomistes, voire s�paratistes�. Voil�, le probl�me est r�gl�! Par ailleurs, comme la plupart des langues r�gionales ne sont r�ellement �maternelles� que pour les personnes d�j� tr�s �g�es et en milieu rural... on comprend que la Nation ne soit pas tr�s motiv�e � r�agir et � revendiquer des droits linguistiques.

Cette conception fran�aise des langues r�gionales est le r�sultat d�une uniformisation linguistique toujours pr�sente non seulement dans l�Administration, mais encore dans l�esprit de nombreux fonctionnaires et d�une bonne partie de la population. C'est pourquoi beaucoup de Fran�ais seraient eux-m�mes surpris d�apprendre que leur pays est, apr�s l�Italie, le pays d�Europe occidentale qui compte le plus grand nombre de �langues minoritaires� sur son territoire.

En r�alit�, seuls les militants des partis nationalistes � base ethnique revendiquent un statut de �minorit�s opprim�es�, mais c'est infiniment marginal et le fait, le plus souvent, de fonctionnaires, surtout en �ducation, trop heureux d'avoir la subsistance assur�e par l'�tat �colonisateur�. Comme les politiques savent que ces revendications n'ont aucun �cho dans la masse de la population, elles n'ont pratiquement aucune chance d'aboutir � des r�alisations concr�tes.

2.2 Le probl�me des recensements linguistiques

En France, les recensements ne tiennent pas compte de l'origine ethnique ou religieuse, ce qui prive les autorit�s d'instruments indispensables pour lutter contre les discriminations. Cette absence de donn�es d�montre non seulement le faible int�r�t (un euph�misme) que portent depuis longtemps les dirigeants fran�ais, mais aussi leur aveuglement concernant les minorit�s linguistiques. La France milite depuis quelques d�cennie au plan international en faveur de �la diversit� culturelle�, mais elle ne reconna�t pas dans asa constitution l'existence de ses langues nationales minoritaires comme le breton, l'alsacien, l'occitan, le catalan, le basque, etc. Tout ce qui semble aller de soi dans les autres pays voisins de l'Europe, par exemple la prise en compte de l'existence de minorit�s, est chose occult�e en France, o� l'on craint plus que tout le glissement vers le �communautarisme� interpr�t� comme le repli sur sa communaut� d'origine.

�tant donn� qu'il n�existe pas de recensement linguistique officiel en France, il faut se reporter sur des donn�es approximatives transmises par diverses associations. En juillet 1998 et en avril 1999, deux rapports sur les langues r�gionales furent remis successivement au gouvernement fran�ais. Le premier, celui de Bernard Poignant, maire de Quimper, ne nous permet pas de recenser le nombre des locuteurs des langues r�gionales. Il dresse n�anmoins la nomenclature des langues r�gionales parl�es sur l�ensemble du territoire m�tropolitain; le rapport �Langues et cultures r�gionales� de B. Poignant a surtout le m�rite de nous pr�senter un tableau de la situation de ces langues employ�es dans l�enseignement et les m�dias. Quant au rapport de Bernard Cerquiglini (avril 1999), directeur de l'Institut national de la langue fran�aise (CNRS), il ne nous informe pas plus sur le d�nombrement des locuteurs des langues r�gionales. � ce sujet, l�auteur semble affirmer presque � regret ce qui suit au sujet des �langues r�gionales� (qu'on n'h�siterait pas � appeler dans un autre pays �langues minoritaires�):

En tant que linguiste, le rapporteur ne peut s'emp�cher de noter combien faible est notre connaissance de nombreuses langues que parlent des citoyens fran�ais. Il se permet de sugg�rer que la France se donne l'intention et les moyens d'une description scientifique de ses langues, aboutissant � une publication de synth�se. La derni�re grande enqu�te sur le patrimoine linguistique de la R�publique, men�e il est vrai dans un esprit assez diff�rent, est celle de l'abb� Gr�goire (1790-1792).

Cela dit, M. Bernard Cerquiglini a retenu 75 langues diff�rentes consid�r�es comme des �langues r�gionales� (voir � ce sujet la carte des parlers r�gionaux). Cependant, en 2008, les 75 langues inventori�es par Bernard Cerquiglini sont pass�es � 79 dans un texte de la ministre de la Culture et de la Communication devant le S�nat: l'occitan (-1) a �t� remplac� par chacune de ses composante, soit l'auvergnat, le gascon, le languedocien, le limousin et le proven�al (+5). Or, cette �richesse exceptionnelle� du patrimoine linguistique est reli�e en partie � l'appartenance � la France de d�partements et de territoires d'outre-mer. En effet, les deux tiers de ces langues, soit 51 au total, sont parl�es principalement dans les DOM-TOM. N�anmoins, la publication en mars 2003 du volume Les langues de France (Presses Universitaires de France), sous la direction de Bernard Cerquiglini, donne un aper�u d'un d�nombrement partiel de la plupart des langues r�gionales non seulement dans l'Hexagone, mais aussi dans les DOM-TOM (appel�s aujourd'hui DOM et COM). C'est � partir de ces sources que nous pourrons nous baser pour pr�senter le nombre (approximatif) des locuteurs des langues r�gionales. 

Dans le tableau ci-dessous, le nombre des locuteurs est celui inscrit par le Comit� consultatif pour la promotion des langues r�gionales et de la pluralit� interne dans son rapport de 2013.

(LR) Langue r�gionale (P) Population r�gionale totale (L) Locuteurs r�gionaux - Tableau % (PS) Population scolaire 2008 - 18 % P (E) �l�ves en LR en 2008 - Pourcentage (EB) Enseignement bilingue 2010 - %
Alsacien
germanique
 1 700 000   900 000 53 %  309 000 193 820 53 % 22 683 14 %
Basque
basque
    250 000    72 000 29 %    45 000   11 060 26 % 11 532 100 %
Breton
celtique
1 500 000   172 000 12 %  270 000   23 432  9 % 19 467   83 %
Catalan
romane
    370 000   126 000 34 %     66 000   13 048 20 %   3 053   24 %
Corse
romane
    250 000   150 000 60 %     45 000    34 598 77 %   7 059   21 %
Flamand
germanique
 1 400 000    30 000   2 %    252 000        720 ---     123   17 %
Franco-proven�al
romane
 6 000 000   150 000   3 % 1 080 000        275 ---      165   60 %
Langues d'o�l
romane
35 000 000   204 000   1 % 6 300 000     1 761 (gallo seulement) ---
Occitan
romane
13 000 000 3 000 000 23 % 2 340 000    80 000 4 %   6 875    9 %
Francique
germanique
 2 300 000   400 000 17 %    414 000         810 ---     810 100 %
Total 61 770 000 5 202 000   9 % 11 121 000   329 524 3 % 71 767   22%
(LR) = langue r�gionale
(P) = population totale de la r�gion
(L) = locuteurs et pourcentage
(PS) = population scolaire
(E) = �l�ves en langue r�gionale (LR)
(EB) = enseignement bilingue

Dans ce  Tableau r�capitulatif des langues r�gionales de France, il s'agit des langues r�gionales parl�e sur le territoire fran�ais (Hexagone) et r�pertori�es en 1999 par Bernard Cerquiglini, directeur de l'Institut national de la langue fran�aise (CNRS), dans un rapport remis au ministre de l'�ducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, ainsi qu�� la ministre de la Culture et de la Communication. 

On se rend compte que, � l'exception de l'Alsace (53 %) et de la Corse (60 %), la proportion de locuteurs des langues locales dans une r�gion demeure relativement faible: 29 % pour le basque, 12 % pour le breton, 34 % pour le catalan, 2 % pour le flamand, 3 % pour le franco-proven�al, 1 % pour les langues d'o�l, 23 % pour l'occitan et 17 % pour le francique mosellan. Encore une fois, ces statistiques sont peu fiables, ce qui signifie que ces r�sultats pourraient �tre revus � la baisse.  

2.3 Le classement des langues r�gionales

N'oublions pas que les langues r�gionales de France sont nombreuses et qu'on peut les classer en fonction de leur origine �g�n�tique�. La plupart proviennent du latin (les langues d'o�l, l'occitan et ses vari�t�s, le catalan, le franco-proven�al et le corse), d'autres du germanique initial (francique, flamand, alsacien) ou du celtique (breton); seul le basque est une langue isol�e (famille basque). On distingue les langues gallo-romanes (langues d'o�l et langues d'oc) et les langues non gallo-romanes, mais le catalan et le corse demeurent des langues romanes.  On peut �galement consulter une carte historique repr�sentant les aires linguistiques de toutes les langues de France en cliquant ICI. On constatera que les langues non gallo-romanes parl�es au nord-est et au sud font partie d'une autre aire linguistique (langues germaniques, catalan et basque). 

3 Les langues r�gionales en France m�tropolitaine

Selon la D�l�gation g�n�rale � la langue fran�aise et aux langues de France (DGLFLF), les langues de France sont �les langues r�gionales ou minoritaires parl�es traditionnellement par des citoyens fran�ais sur le territoire de la R�publique, et qui ne sont langue officielle d�aucun �tat.� On peut les d�signer comme �r�gionales� ou �non territoriales�, mais elles constituent un bien commun et une partie du patrimoine de l�humanit�. En ce sens, on pourrait les qualifier de �langues patrimoniales�.

3.1 Les langues patrimoniales

Les rapports Poignant (1998) et Cerquiglini (1999) mentionnent pr�cis�ment l�alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, le francique, le flamand occidental, le franco-proven�al, l�occitan ou langue d'oc (partag� entre le gascon, le languedocien, le proven�al, l'auvergnat-limousin et l'alpin-dauphinois) et huit langues d'o�l: le franc-comtois, le wallon, le picard, le normand, le gallo, le poitevin, le saintongeais et le bourguignon-morvandiau (voir la carte des langues d'o�l).

Les �langues transfrontali�res� sont les suivantes: l'alsacien, le francique (souvent lorrain sur les cartes), le basque, le catalan, le flamand (occidental) et le franco-proven�al. On peut consulter le TABLEAU r�capitulatif des langues r�gionales de France.

Beaucoup de ces langues r�gionales sont consid�r�es comme des �langues en p�ril�, c'est-�-dire en voie d'extinction, sauf pour l'alsacien, le breton et le catalan.

� ces langues dites �historiques� (voir � ce sujet la carte des parlers r�gionaux) s�ajoutent des langues immigrantes telles que le berb�re, l�arabe dialectal, le yiddish, le tsigane (ou romani chib) et l�arm�nien occidental. �videmment, exception faite des minorit�s immigrantes tr�s r�centes, tous les Fran�ais parlent aussi la langue nationale en tant que langue seconde.

Le probl�me fondamental r�side surtout dans le nombre des locuteurs de toutes ces langues, les sources non officielles ayant la f�cheuse tendance � se contredire et � pr�senter des donn�es statistiques souvent discordantes. En guise de r�f�rence, nous allons nous servir des donn�es relev�es en 1999 par l�Agence France-Presse en ce qui a trait aux langues r�gionales plus importantes (voir la carte) en usage sur le territoire de la M�tropole:

Alsacien environ 900 000 locuteurs sur 1,7 million d'habitants (53 %).
Breton 172 000 locuteurs sur 1,5 million d'habitants (12 %), dans la zone dite bretonnante (Finist�re, une partie des C�tes d'Armor et du Morbihan) contre 1,2 million au d�but du si�cle.
Occitan 3 millions de locuteurs, sur 13-14 millions d'habitants (23 %), contre 10 millions en 1920.
Basque 72 000 locuteurs sur 250 000 habitants (29 %); pr�s de 100 % de la population parlait la langue au d�but du si�cle.
Corse environ 60 000 locuteurs sur 250 000 habitants (env. 60 %); pr�s de 100 % de la population parlait corse au d�but du si�cle.
Catalan 126 000 locuteurs ou 34 % de la population des Pyr�n�es Orientales (126 000 habitants) ont d�clar� le parler, dans une enqu�te r�cente; parmi ces 34 %, quelque 17 % ont d�clar� le parler �bien�.

On peut consulter aussi le tableau des langues r�gionales en cliquant ICI, s.v.p., ainsi que les d�nombrement des langues selon le Comit� consultatif pour la promotion des langues r�gionales et de la pluralit� interne de 2013.

3.2 Les langues germaniques

On compte en France trois langues r�gionales d�origine germanique: l�alsacien, le francique et le flamand du Westhoek (ou flamand occidental).

- L�alsacien (ou Els�sserditsch), qui fait partie des langues al�maniques, serait parl� par pr�s de 900 000 locuteurs en Alsace (sur une population r�gionale � Haut-Rhin et Bas-Rhin � de 1,7 million d�habitants). Mais quelque 230 000 personnes le parleraient de fa�on occasionnelle. Le sondage DNA/CSA Opinion de 1998 r�v�le qu'un Alsacien sur deux d�clare parler couramment l'alsacien (�dialecte parl� couramment�). Au point de vue historique, l�alsacien appartient � l��allemand sup�rieur� (l�Oberdeutsch), parce qu'il s�agit de langues ou de dialectes g�n�ralement en usage dans les r�gions montagneuses de la partie m�ridionale de l�Allemagne. Voir � ce sujet la carte des dialectes allemands.

- Le francique mosellan (ou francique de Moselle: Lothringer Platt ou Lothringer Deitsch) fait partie des parlers franciques de l�Ouest (le Westmitteldeutsch) et �tait parl� par quelque 360 000 locuteurs en 1962; Une enqu�te effectu�e par l'Institut national des �tudes d�mographiques, dans le cadre du recensement de 1999, confirme le recul du francique, qui compterait encore 400 000 locuteurs, dont 80 000 dans le d�partement de la Moselle (n� 57), notamment dans la r�gion de Thionville et l'extr�me-nord du d�partement (Sarreguemines-Bitche). On y distingue le francique luxembourgeois, le francique mosellan et le francique rh�nan. La langue semble se transmettre de moins en moins chez les jeunes g�n�rations, puisque seulement 20 % des jeunes de moins de 15 ans la parlerait. Cette langue serait donc particuli�rement en grand danger de disparition.

Les dialectes franciques font partie du moyen allemand : francique rh�nan (lorrain), hessois, francique mosellan, luxembourgeois, francique ripuaire, thuringien et haut-saxon. Trois formes de francique sont parl�es en France (Moselle): le francique mosellan (dans le �pays de Nied�: Bouzonville et Boulay); le francique rh�nan (du bassin houiller jusqu'� l'Alsace) et le francique luxembourgeois (dans le �pays thionvillois�: Thionville, Sierck-les-Bains, Cattenom et la vall�e de la Fensch, ainsi que dans le grand-duch� de Luxembourg, la r�gion belge d'Arlon et certaines r�gions allemandes du Land de Sarre � la fronti�re ouest, au nord d'Echternach, dans les arrondissements de Pr�m et de Bitburg. N'oublions pas que l'aire du francique est coup�e en deux par la fronti�re linguistique s�parant les langues romanes et germaniques. En France, les locuteurs du francique disent parler le platt (mir redde platt : �nous parlons le platt�), m�me si celui-ci ne co�ncide pas avec le Platt Deutsch d'Allemagne. Ils n'emploient jamais le mot fr�nkisch dans l'expression mir redde fr�nkisch (�nous parlons le francique�). 

Quant au francique ripuaire, il n'est pas parl� en France, mais dans la r�gion allemande de Cologne (Dusseldorf et Bonn) et dans les cantons belges germanophones, son aire d'influence s'�tendant essentiellement dans le Land de Rh�nanie-du-Nord-Westphalie, avec quelques influences mineures sur le nord du Land de Rh�nanie-Palatinat et la r�gion d'Eupen en Belgique. On peut consulter une carte linguistique de toutes les vari�t�s de francique (France, Luxembourg, Belgique et Allemagne) en cliquant ICI, s.v.p.

Les dialectes franciques (rh�nan, mosellan, luxembourgeois, ripuaire, etc.) sont li�s par des �l�ments communs issus du francique initial, une ancienne langue germanique parl�e par les Francs qui ont conquis les Romains en Gaule au Ve si�cle. Le francique demeure donc un vestige linguistique des Francs qui ont fond� la France, m�me s'il est peu probable que ce soit la m�me langue. En effet, la langue du roi Clovis et de sa cour �tait le �francique salien�, un francique plus proche du francique ripuaire, dont il n'existe pas de trace en France. N�anmoins, l'influence francique a �t� consid�rable en fran�ais, et cette langue (incluant ses variantes) a laiss� quelque 400 mots encore en usage aujourd'hui.

- Le flamand (flamand occidental), appel� le flamand du Westhoek, est utilis� par environ 30 000 locuteurs (2 % de la population de la r�gion), ainsi que 50 000 occasionnels, dans le d�partement du Nord (n� 59) de la France (r�gion de Dunkerque), sur une population pr�s de quatre millions d'habitants. En r�alit�, il est tr�s difficile de savoir exactement combien de locuteurs parlent le flamand: les chiffres varient �norm�ment, soit de 30 000 � 100 000 locuteurs (dans les visions les plus optimistes) et on ignore tout du degr� de connaissance de la langue. Le flamand encore parl� en France est un dialecte du n�erlandais associ� au flamand occidental (le West-Vlaams); il est �galement parl� en Flandre et aux Pays-Bas (voir la carte linguistique � ce sujet). Le flamand du Westhoek est aujourd�hui en nette r�gression.

3.3 Une langue celtique: le breton

Le breton (appel� brezoneg ou brezhoneg) est la seule langue celtique parl�e en France. Selon l'Institut TMO R�gion, 172 000 locuteurs (12 % de la population localre)parleraient actuellement le breton, contre quelque 246 000 en 1999. Il s'agit d'une population totale de 1,5 million d�habitants dans la �zone bretonnante� de l�Ouest appel�e Basse-Bretagne ou Breizh Izel. � l�est, se trouve la partie francophone dite Haute-Bretagne (ou Breizh Uhel) appel�e �galement �le pays gallo�, o� l'on parle le gallo et le fran�ais. On consid�re g�n�ralement qu'il existe quatre vari�t�s de breton: 1) le l�onais (au nord-ouest); 2) le tr�gorrois (au nord-est); 3) le cornouaillais (au sud-ouest); 4) le vannetais (au sud-est). Les jeunes ne savent pratiquement plus le breton, car deux bretonnants sur trois se situent dans la cat�gorie des plus de 60 ans. Selon un rapport de 2013, il y aurait 280 00 locuteurs du breton ainsi que 600 000 occasionnels.

Le breton a pour origine le gallois et le cornique, introduits au Ve si�cle par les immigrants venus du pays de Galles et de Cornouailles (dans l��le de Grande-Bretagne), apr�s l�invasion de la Grande-Bretagne par les Saxons. Le breton reste l'une des quatre langues celtiques qui subsistent encore aujourd'hui, avec le gallois, l'irlandais et l'�cossais, le gaulois, le mannois et le cornique �tant �teints (malgr� les efforts de restauration pour le mannois et le cornique).

3.4 La langue basque

Le basque appartient � une famille linguistique isol�e (famille basque) et est parl� en France par quelque 72 000 locuteurs (chiffres optimistes) sur une population de 250 000 Basques fran�ais (29 % de la population locale). Les Basques sont r�partis en Espagne et en France, soit dans sept provinces historiques. Pour la France, les Basques habitent le d�partement des Pyr�n�es-Atlantiques (n� 64), qui comprend les provinces du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule.

Quant � la langue basque, elle se compose de plusieurs vari�t�s dialectales dont les plus importantes sont, pour la France, le labourdin et le bas-navarrais, pour l�Espagne, le guip�zcoan, le biscayen et le haut-navarrais.

Alors que la plupart des Basques espagnols re�oivent un enseignement en basque, seulement 20 % des enfants basques-fran�ais apprennent cette langue dans les �coles primaires (deux � trois heures hebdomadaires).

3.5 Le corse

Le corse est une langue romane apparent�e au groupe italien (groupe italo-roman) et est parl� par moins de 70 000 locuteurs sur 250 000 habitants (dans l'�le de Corse, une collectivit� territoriale sp�cifique), mais 100 000 autres parleraient cette langue de fa�on occasionnelle, ce qui donnerait un nombre maximal et optimiste de 160 000 locuteurs (60 % de la population locale). Cette langue a longtemps �t� consid�r�e comme une forme dialectale de l'italien. Bien que le corse ait subi une forte influence du toscan, il est apparu dans l'histoire avant la naissance de l'italien standard, ce qui en fait une langue bien distincte, et ce, d'autant plus que son vocabulaire comporte une part importante de mots d'origine ligure.

Aujourd�hui, le corse demeure la seule des langues minoritaires �fran�aises� � b�n�ficier d'un statut particulier, lui-m�me �troitement li� au statut administratif de l'�le. En 1999, quelque 20 % des �l�ves scolaris� en corse ont pass� l'�preuve de corse � l'examen. � l�ext�rieur de l'�le de Corse, l�enseignement de cette langue est dispens� dans les villes d�Aix-en-Provence, Marseille, Nice et Paris.

On peut lire la page Web qui est consacr�e exclusivement � la Corse en cliquant ICI, s.v.p.

3.6 La langue d'oc et ses vari�t�s

La langue d'oc ou occitan, comme le fran�ais, fait partie des langues romanes, toutes issues du latin populaire. Le mot �occitan� est une francisation savante du latin occitanus, alors que la forme populaire fran�aise aurait �t� �occitain� (1886). Il semble que �occitanus� ait �t� form� parall�lement avec �aquitanus�. L'�crivain Fr�d�ric Mistral, pour sa part, �crivait ��ucitan�.

- Les cat�gories de Dante

L'une des premi�res attestations de l'expression langue d'oc est attribu�e � l'�crivain florentin Dante Alighieri (1265-1321). Dans son De Vulgari Eloquentia (�De l'�loquence vulgaire�) r�dig� vers 1305 en latin, celui-ci classait les trois langues romanes qu'il connaissait d'apr�s la fa�on de dire oui dans chacune d'elles (par exemple, o�l, oc, si), d'o� la distinction �langue d'oc� (< lat. hoc) au sud et �langue d'o�l� (< lat. hoc ille) au nord, pour ensuite d�signer les parlers italiens (s� < lat. sic). Le c�l�bre Florentin distinguait dans leur fa�on de dire �oui� les trois grandes branches des langues romanes (issues du latin) connues: �Nam alii Oc; alii Oil, alii S�, affirmando loquuntur, ut puta Yispani, Franci et Latini�, ce qui signifie �les uns disent oc, les autres o�l, et les autres si, pour affirmer, par exemple, comme les Espagnols, les Fran�ais et les Latins�. Dante ajoute aussi :

Istorum vero proferentes oc meridionalis Europe tenent partem occidentalem, a Ianuensium finibus incipientes. Qui autem s� dicunt a predictis finibus orientalem tenent, videlicet usque ad promuntorium illud Ytalie qua sinus Adriatici maris incipit, et Siciliam. Sed loquentes oil quodam modo septentrionales sunt respectu istorum: nam ab oriente Alamannos habent et ab occidente et settentrione anglico mari vallati sunt et montibus Aragonie terminati; a meridie quoque Provincialibus et Apenini devexione clauduntur. [Ceux qui disent �oc� tiennent la partie occidentale de l�Europe, � partir des fronti�res des G�nois. Ceux qui disent �si� tiennent la partie orientale de ces fronti�res, soit jusqu�� ce promontoire d�Italie, d�o� commence le golfe de la mer Adriatique jusqu�� la Sicile. Et ceux qui disent �o�l� sont en quelque sorte septentrionaux par rapport � ceux-ci; ils ont en effet les Allemands � l�orient, ils sont prot�g�s au septentrion et � l�occident par la mer anglaise ou gauloise, et ils sont born�s par les montagnes d�Aragon; au sud, ils sont enferm�s par les Proven�aux et la courbe des Apennins.]

Ces termes sont employ�s par Dante pour d�signer respectivement les Espagnols (oc), les Fran�ais (o�l) et les Italiens (s�). Pour lui, les Franci (Fran�ais) qu'il situe au nord des montagnes d'Aragon, donc � partir de la Navarre, parlent le fran�ais d'o�l, ce qui, on le sait aujourd'hui, �tend consid�rablement l'aire linguistique des langues d'o�l. De plus, lorsque Dante affirme que les Yispani (Espagnols) disent �oc�, il fait allusion uniquement au royaume d'Aragon, ce qui correspondait aux Aragonais (�Aragoniae�) et aux Catalans qu'ils associait aux Espagnols. � cette �poque, les Catalans employaient �oc� (jusque vers 1500) et ils se sont ensuite castillanis�s en adoptant �si�, comme les Castillans.

Dans un passage de Vita Nuova (�Vie nouvelle�), Dante opposait d�j� (vers 1293) la litt�rature catalane de �lingua d'oco� � celle en italien de langue �di s�. Dante parlait donc de litt�rature: il avait en haute estime la langue italienne (florentin) et, dans Il Convivio (�Le Banquet�, vers 1303-1304), il reprochait � ses compatriotes �a perpetuale infamia� de pr�f�rer des langues vulgaires �di lingua d'ocho� (de langue d'oc) comme le proven�al (�prouenza�). Il consid�rait que l'italien (�lo parlare italicho� �tait plus pr�cieux et plus beau que le proven�al.
 

Or, proven�al est le nom donn� par Dante � la langue employ�e dans la c�l�bre Chronique de Jacques Ier d�Aragon, dit le Conqu�rant (catalan : "Jaume I el Conqueridor"), comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, une chronique litt�raire r�dig�e en catalan et connue comme le Livre des faits (catalan: Llivre dels fe�ts). Ce livre �tait c�l�bre en Italie, comme d'ailleurs les chansons des troubadours proven�aux. Dante a totalement ignor� le castillan des Espagnols pour lesquels oui se disait s�, alors que les Catalans et les Aragonais employaient oc. Dans ces conditions, il devient difficile de distinguer � l'�crit le s� de l'espagnol et le s� de l'italien. Bref, le point de vue de Dante �tait litt�raire et teint� de partialit�.

Pour le grand �crivain florentin, il n'existait alors que trois langues litt�raires issues du latin:

- le fran�ais d�o�l au nord de la Navarre et les trois quarts de la France;
- la langue d�oc dans le nord-est de la p�ninsule ib�rique et le sud de la France;
- la langue du si utilis�e dans la p�ninsule italique.

Si Dante ne s'est pas tromp� pour d�signer l'aire linguistique des langues italiennes, il a consid�rablement err� en ce qui concerne les langues d'o�l et d'oc en France et en Espagne. N�anmoins, les termes o�l, oc et si utilis�s par Dante ont connu beaucoup de succ�s, bien que ces termes ne recouvrent pas les m�mes aires linguistiques ni les m�mes r�gions que pour nous. Dante n'�tait pas linguiste et il n'avait pas les connaissances qui se sont d�velopp�es depuis la fin du XIXe si�cle. On peut consulter aussi le texte �Les domaines d�oc, si et o�l, selon Dante� de MM. Jean Lafitte et Guilhem P�pin, en cliquant ICI, s.v.p.

Heureusement que d'autres termes ont servi � d�signer cette langue d'oc: roman, limousin, proven�al, gascon, catalan, etc., mais le mot proven�al semble avoir �t� plus populaire. C'est � partir du milieu du XIXe si�cle que le mot occitan a commenc� � d�signer l'ensemble des langues d'oc. Il existe aujourd'hui une controverse en France au sujet de l'emploi du singulier ou du pluriel pour l'expression �langue d'oc� / �langues d'oc�. Dans le premier cas, on consid�re qu'il n'existe qu'une seule langue d'oc, l'occitan; dans le second, plusieurs (limousin, proven�al, gascon, languedocien, etc.). Cette controverse semble plus id�ologique � l'unicit� de la France � que vraiment linguistique, mais les partisans de l'unicit� de la langue occitane semblent les plus nombreux.

- La r�partition de l'occitan

L'aire linguistique de l'occitan comprend pratiquement le tiers de la France, c'est-�-dire un territoire tr�s vaste dans toute la partie sud du pays. Au point de vue du d�coupage administratif, l'occitan englobe les d�partements suivants (voir la carte):

- S�rie ne concernant que le gascon: Pyr�n�es-Atlantiques  (sauf le Pays basque), Hautes Pyr�n�es, Gers, Landes et Gironde (� l'exception de la Grande et de la Petite Gavacherie);
- S�rie partag�e entre le gascon et le languedocien: Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne et Ari�ge;
- Une faible partie des Pyr�n�es-Orientales, Aude, H�rault, Tarn, Aveyron, Lot; Dordogne (sauf quelques communes de l'ouest); Corr�ze; Haute-Vienne (sauf l'extr�me-nord); une partie de la Charente; plus de la moiti� orientale de la Creuse, Puy-de-D�me (� l'exception de quelques communes du Nord-Ouest); quelques communes de l'Allier autour de Gannat; une r�gion au sud-ouest de la Loire, autour de Saint-Bonnet-le-Ch�teau; Cantal; Haute-Loire, Loz�re, Gard; Ard�che (sauf dans la partie nord), le sud-est de l'Is�re; Dr�me (sauf le nord du d�partement); Hautes-Alpes,
Alpes-de-Haute-Provence
, Vaucluse, Bouches-du-Rh�ne, Var et Alpes-Maritimes.

Hors de France, l'occitan dans sa vari�t� gasconne est parl� dans le Val-d'Aran (en Catalogne, Espagne); le proven�al et le proven�al alpin sont parl�s dans quelques vall�es alpines italiennes de Torino et Cuneo (Pi�mont), ainsi que dans la principaut� de Monaco (except� les quartiers ligures de la capitale).

La langue d'oc est fragment�e linguistiquement entre le gascon (appel� aranais en Espagne), le languedocien, le proven�al alpin et le proven�al maritime, l�auvergnat-limousin et l�alpin-dauphinois (voir la carte linguistique d�taill�e des vari�t�s occitanes). L'auvergnat et le limousin sont consid�r�s g�n�ralement comme deux dialectes diff�rents. Le vivaro-alpin, une appellation controvers�e, est la vari�t� de occitane du Nord parl�e dans une partie du Velay, le nord du Vivarais, le Dauphin� m�ridional et les Alpes (de langue occitane) en France et en Italie (noter que le bas-vivarois, occitan du Nord lui aussi, est du languedocien c�venol du Nord). Ceci �tant dit, l'expression �auvergnat-limousin� de M. Cerquiglini ne para�t pas vraiment g�nante, puisque personne n'oserait affirmer parler �l'auvergnat-limousin�, mais l'auvergnat et/ou le limousin.

Certains linguistes croient que ces diff�rentes formes d'occitan sont relativement intelligibles entre elles. D'autres, comme le linguiste Jean Lafitte, consid�rent que l'intercompr�hension n'est pas si ais�e et qu'elle repose sur une id�ologie bien plus politique que sur les r�sultats d'�tudes s�rieuses.

Rappelons que m�me l'�crivain Fr�d�ric que Mistral (1830-1914) a �prouv� le besoin de traduire en proven�al un conte gascon de Jean-Fran�ois Blad� (�Lou mau-parlant in Armana prouven�au�, de 1868). Quoi qu'il en soit, un Proven�al comprendra difficilement un Gascon sans apprentissage (dont la langue est la plus diff�renci�e du groupe), tout en lui trouvant un petit accent �exotique� (le [f] en [h] aspir�), quelques tournures imag�es, mais compr�hensibles (pr'amor � la place de perqu�) ou encore de rares mots issus par inversion de consonnes (craba au lieu de cabra). On peut consulter une petite liste de mots occitans pour des fins de comparaison en cliquant ICI. 

- Le nombre des locuteurs

Il est difficile de d�terminer avec pr�cision le nombre des locuteurs de l'occitan, mais ceux-ci peuvent �tre estim�s � environ deux millions de locuteurs (la plupart �tant �g�s de plus de 50 ans) sur une population locale de 13 � 14 millions d�habitants, dont entre 700 000 et un million de locuteurs (passifs compris) pour le seul proven�al. En 2013, le rapport du Comit� consultatif pour la promotion des langues r�gionales et de la pluralit� interne fixait ce nombre � 600 000 occitanophones et � 1,6 million pour les locuteurs occasionnels. Compte tenu de la �d�soccitanisation� des villes de grande et moyenne importance, il est vraisemblable de fixer � environ deux � trois millions de locuteurs ayant, � des degr�s variables, une certaine connaissance de l'occitan. L'occitan est la principale langue d'enseignement dans quelques �coles primaires (les Calandretas) et une mati�re facultative dans d'autres. L'occitan n'est jamais employ� dans l'administration fran�aise et dans les rapports de celle-ci avec les citoyens. Il est permis d'utiliser les noms de famille en occitan, mais les r�ticences demeurent encore tr�s fortes en ce qui a trait � l'occitanisation des toponymes officiels, des panneaux de signalisation routi�re et des affiches et communications des services publics.

- Les probl�mes de classement

Dans le groupe occitan, on classe parfois le catalan. En fait, jusqu'au Moyen �ge, ces deux langues (l'occitan et le catalan) ne faisaient qu'une: ce sont des destins politiques diff�rents et deux rattachement � des blocs dominants oppos�s qui les ont fait �voluer chacune de leur c�t�. Ce n'est qu'en 1934 que les intellectuels catalans ont fini par proclamer solennellement que le catalan �tait distinct de l'occitan. C'est pourquoi, aujourd'hui, on a plut�t tendance � en faire deux groupes distincts, mais certains linguistes placent d�lib�r�ment le catalan au nombre des �langues d'oc� (au pluriel). Ainsi, ce sont souvent des raisons politiques qui servent de crit�re pour classer les langues. Du point de vue strictement linguistique, le catalan est plus proche de l�occitan qu�il ne l�est du castillan (espagnol); par ailleurs, l�occitan est plus proche du catalan que du fran�ais. Peu importe les classements officiels et non officiels, il existe n�anmoins une bonne intercompr�hension entre les locuteurs du catalan et ceux de l'occitan.

3.7 Le catalan

Le catalan est une langue romane parl�e par quelque 126 000 locuteurs sur une population 370 000 habitants dans le d�partement des Pyr�n�es-Orientales (n� 66). Cette langue a acquis un statut officiel dans la principaut� d�Andorre et en Espagne (Catalogne, Pays valencien et Bal�ares) o� l'on retrouve cette aire linguistique. Le catalan forme un groupe particulier parmi les langues romanes, bien que historiquement catalan et occitan ont d�j� constitu� une seule et m�me langue. En France, le catalan est principalement parl� dans ce qu'on appelle la Catalogne du Nord (Catalunya del Nord), tout autour de Perpignan. La variante g�ographique du catalan parl�e en France a �t� traditionnellement connue sous le nom de catalan septentrional ou plus souvent roussillonnais.
Catalogne du Nord (France) La Catalogne du Nord ou Catalunya del Nord (par opposition � la Catalogne du Sud), plus souvent appel�e le Roussillon, correspond globalement � l�actuel d�partement des Pyr�n�es-Orientales, bien que la r�gion des Fenouill�des (Fenolleda) et celle des Corberes, toutes deux situ�es au nord; elle est occitane et faisait partie � l'origine du Languedoc. Cette r�gion compte sept zones g�ographiques (d'ouest en est): l'Alta Cerdanya (Haute-Cerdagne), le Capcir, le Conflent, le Vallespir, le Rossell� (Roussillon), les Aspres et les Corberes (Corbi�res). Bien que le catalan soit consid�r� comme une des langues r�gionales de France, il ne b�n�ficie d'aucun statut juridique sp�cifique. Perpignan (Perpiny� en catalan) est la capitale de la Catalogne du Nord.

On peut consulter une page particuli�re consacr�e � la description et � l'histoire de la langue catalane en cliquant ICI, sv.p.

3.8 Le franco-proven�al

Le franco-proven�al (lire le texte de Manuel Meune � ce sujet) est une autre langue romane parl�e � l'origine dans les r�gions qui s'�tendaient des environs de Neuch�tel en Suisse jusqu'au sud de l'Is�re et de la Savoie (France), en passant par la Vall�e d'Aoste en Italie. Cette langue, ou l'une de ses vari�t�s, est encore parl�e dans certains villages de la r�gion Rh�ne-Alpesainsi que dans les canton de Fribourg et du Valais et dans la Vall�e d�Aoste. Sauf pour le Val-d�Aoste (et encore!), il est difficile de conna�tre le nombre exact des locuteurs de cette langue, y compris en France. On estime le nombre de ses locuteurs � 80 000, voire 150 000 avec les locuteurs occasionnels, la plupart �g�s de plus de 60 ans, pour une population totale de quelque six millions d'habitants. Mais le nombre des locuteurs occasionnels est nettement sup�rieur (voir le tableau). La langue est en voie d'extinction en France et en Suisse, mais elle est demeur�e vivante jusqu'� r�cemment dans la Vall�e d'Aoste (Italie).

Dans ce dernier cas, l'absence de recensement linguistique depuis 1921 masque certainement la r�alit�. Il est donc possible que le franco-proven�al ne soit plus une langue utilis�e par beaucoup de locuteurs, m�me dans la Vall�e d�Aoste o� il est r�put� avoir surv�cu. Le sondage de la Fondation �mile-Chanoux de 2001 r�v�le qu'environ 5 % des Vald�tains utilisent le franco-proven�al comme langue maternelle (patois confondus), alors qu'il n'est parl� que par 7 % des habitants de la vall�e. 

Si cette tendance devait continuer � ce qui est probable �, le franco-proven�al de la Vall�e d'Aoste serait sur la voie de l'extinction d'ici une ou deux d�cennies. Th�oriquement, en France, le franco-proven�al serait encore parl� dans la plus grande partie du Dauphin�, dans le Lyonnais, le Forez, la Savoie, le Bugey, la Bresse, le sud de la Franche-Comt�.

Le terme de franco-proven�al a �t� cr�� au XIXe si�cle par un linguiste italien du nom de Ascoli qui, le premier, a identifi� cette langue (franco-provenzale) comme un ensemble linguistique sp�cifique. Le terme est parfois contest� et semble relativement impropre dans la mesure o� il cette langue n'est m�me pas en contact � proprement parler avec le proven�al et n'a pas grand-chose � voir avec le fran�ais. Le franco-proven�al est plus proche des langues d'o�l que de la langue d'oc.  On utilise parfois les termes savoyard, dauphinois, lyonnais, bressan, for�zien et arpitan (en France, de ar-, signifiant �montagnes� ou �rochers�, de pe au sens de �sous� et de tan signifiant �pour�: la langue de celui qui vit au pied des montagnes), romand, valaisan, fribourgeois (en Suisse), vald�tain (en Italie) ou assez g�n�ralement le mot patois (partout), ce qui, en ce cas, ne d�signe pas particuli�rement le �franco-proven�al�.

Par ailleurs, il existe une tendance � remplacer le terme de franco-proven�al avec trait d'union (comme dans toute graphie fran�aise du type franco-qu�b�cois, franco-am�ricain ou anglo-am�ricain) par celui de francoproven�al sans trait d'union, ceci pour �viter la fr�quente confusion qui am�ne � penser que les idiomes de ce type (savoyard, vald�tain, etc.) forment un �m�lange� de fran�ais et d'occitan (proven�al), alors qu'elles constituent un groupe linguistique roman distinct. Autrement dit, la graphie francoproven�al (sans trait d'union) ne repose pas sur une r�gle typographique, mais id�ologique. Tout au cours de son histoire, le franco-proven�al est rest� une langue essentiellement orale.

Pour prendre la mesure de sa diversit�, on peut consulter quelques textes illustrant diverses variantes du franco-proven�al:

- France: la variante bressane (Bresse), la variante bugiste (Bugey), la variante dauphinoise (Dauphin�), la variante for�zienne (r�gion historique du Forez) et la variante lyonnaise (Lyon);
- Italie: la variante vald�taine (Vall�e d'Aoste, Italie);
- Suisse: la variante genevoise� (Gen�ve), la variante gru�rienne (Fribourg), la variante vaudoise (Vaud), la variante neuch�teloise� (Neuch�tel) et la variante valaisanne (Valais).  

3.9 Les langues d�o�l

Il est malais� de parler des �langues d'o�l� en raison de notre ignorance en g�n�ral � leur sujet et du fait que le fran�ais en est issu.  Les locuteurs des langues d�o�l (voir la carte) sont aujourd�hui peu nombreux en France et la plupart de ces idiomes ont pratiquement disparu. Il sont associ�s maintenant � des parlers fran�ais r�gionaux.

Autrement dit, certains parlers r�gionaux tels que le picard (au nord, pr�s de la Belgique), le gallo (� l'ouest, pr�s de la Bretagne), le poitevin, le saintongeais, le normand, le morvandiau, le champenois, et d'autres encore (wallon, lorrain, franc-comtois, bourguignon), constituent aujourd�hui des formes r�gionales du fran�ais. Ces parlers � en r�alit� des langues � sont relativement intelligibles entre eux: un locuteur de l'orl�anais comprend assez bien un locuteur du tourangeau et un Qu�b�cois comprendrait encore plus facilement un locuteur du normand, si tant est qu'il en rencontre un!

Dans certains �tablissements d'enseignement, ces parlers r�gionaux b�n�ficient d'un horaire sp�cifique sous l�appellation de �langues r�gionales�. Il n�existe pas de statistiques sur le nombre de ces locuteurs, mais une enqu�te de l'INSEE estime � 204 000 pour l'ensemble des locuteurs de ces langues. En 2013, le rapport du Comit� consultatif pour la promotion des langues r�gionales et de la pluralit� interne fixait ce nombre � 204 000, ainsi que 730 000 autres comme locuteurs occasionnels. De toute fa�on, seul 1 % de la population peut encore s'exprimer dans l'une des langues d'o�l.

3.10 L'enqu�te de l'INSEE (2002) 

Une enqu�te de l'INSEE (Institut national de la statistique et des �tudes �conomiques), publi�e le 21 f�vrier 2002 et intitul�e Langues r�gionales, langues �trang�res: de l'h�ritage � la pratique, montre que la place du fran�ais progresse continuellement et que les autres langues, surtout r�gionales, se transmettent de moins en moins. Cette a �t� r�alis�e aupr�s de 380 000 personnes vivant �en M�tropole� et porte sur les langues parl�es aux gens pendant leur petite enfance. Ainsi, pour 74 % de l'ensemble des adultes, on ne leur a parl� qu'en fran�ais. Pour les 26 % restant, 10 % parlent habituellement le fran�ais et occasionnellement une autre langue, 2 % habituellement deux langues, 6 % habituellement une autre langue et occasionnellement le fran�ais et 8 % ne parlent pas le fran�ais du tout. L'�tude montre �galement que les langues �trang�res se transmettent mieux que les langues r�gionales. Parmi ces derni�res, les plus en usage sont l'alsacien, le breton, le basque, le corse, le �Platt mosellan� et le catalan. 

L'enqu�te de l'INSEE montre aussi que l'usage des langues r�gionales est l'apanage des g�n�rations n�es avant 1940 et semble particuli�rement fr�quent chez les agriculteurs, mais tr�s rare chez les cadres. La situation semble particuli�rement critique pour le franco-proven�al, le breton, le flamand et les langues d'oc, dont le nombre des locuteurs para�t avoir subi un recul tr�s important, par rapport � la g�n�ration pr�c�dente; ces langues semblent se pratiquer entre adultes, sans �tre retransmises aux enfants. Par ailleurs, cette enqu�te r�v�le que, dans l'�chantillonnage, pr�s de 400 langues ont �t� identifi�es. 

L'enqu�te �Famille� de 1999 (de l'INSEE) montre que la plupart des langues r�gionales semblent avoir �t� transmises presque toujours de fa�on occasionnelle, en accompagnement du fran�ais, et plus souvent par un seul des parents. C'est particuli�rement vrai de la �langue d'oc� et des �langues d'o�l�, d�j� en nette r�gression. Ces langues (voir la figure 1) ont accompagn� l'enfance de tr�s nombreux adultes, soit respectivement 610 000 � titre habituel et 1 060 000 � titre secondaire pour la �langue d'oc� (l'occitan et ses vari�t�s : nissart, proven�al, languedocien, rouergat, limousin, gascon, etc., 570 000 et 850 000 pour les �langues d'o�l� (picard, chtimi ou �patois du Nord�, lorrain roman, normand, gallo de Bretagne, vend�en, bourbonnais, etc.). Quelque 280 000 personnes se souviennent d'avoir parl�, lorsqu'ils �taient enfants, le breton et 400 000 autres l'ont re�u �en compl�ment du fran�ais�. Avec le corse, le catalan ou les cr�oles (sachant que l'enqu�te est limit�e � la M�tropole), le breton figure parmi les langues dont la transmission �tait d�j� plus souvent occasionnelle qu'habituelle, sans que le d�calage soit toutefois aussi avanc� que pour les langues d'o�l et d'oc. Le cas est diff�rent avec l'alsacien, car il semble re�u plus souvent sur un mode habituel (660 000 personnes) qu'occasionnel (240 000). Rappelons que l'alsacien �tait encore, il y a une g�n�ration, la langue r�gionale la mieux transmise. De m�me, dans une bonne partie de la Moselle voisine, le francique (ou �Platt lorrain�) �tait transmis habituellement dans la famille. Dans le reste de la France, seul le basque semble avoir connu une situation similaire.

Figure 1 - Principales langues autres que le fran�ais re�ues
dans l'enfance et retransmises � la g�n�ration suivante

La connaissance des langues r�gionales est g�n�ralement per�ue par bien des Fran�ais comme peu utile pour l'avenir, �tant donn� leur manque de prestige. Malheureusement, il semble que l'int�r�t pour ces langues importe beaucoup plus en raison de leur valeur culturelle et symbolique pour l'identit� r�gionale que pour leur utilit� pratique. Bref, l'�tat fran�ais aurait beaucoup de travail � faire pour redonner un certain souffle � ces langues qui font toutes partie du patrimoine fran�ais.

3.11 Les autres langues d'int�r�t historique

Certaines langues ne sont que rarement identifi�es, mais elles constituent des langues historiquement �fran�aises�: le ligurien, le wallon, le ni�ois et l'al�manique. Le ligurien est une langue romane parl�e essentiellement dans la principaut� de Monaco o� elle est d�sign�e comme le mon�gasque, et dans les campagnes fran�aises environnantes. Le ni�ois (ou nissart) est une langue occitane, relativement proche du proven�al, parl�e � Nice et dans ses environs imm�diats. Le wallon est parl� pr�s de la fronti�re avec la Belgique dans une r�gion appel�e �Wallonie fran�aise�. Quant � l'al�manique, une langue germanique diff�rente de l'alsacien, il est utilis� par peu de locuteurs en Alsace.

3.12 Les langues en danger, selon l'Unesco

Depuis plusieurs ann�es, l'Unesco publie un Atlas des langues en danger dans le monde. Cet atlas vise � susciter une prise de conscience de la part des autorit�s, des communaut�s de locuteurs et du public en g�n�ral � propos des menaces pesant sur les langues et du besoin de sauvegarder la diversit� linguistique mondiale. L'Atlas distingue plusieurs niveaux de vitalit� linguistique:

Niveau de vitalit� Langues Transmission de la langue d'une g�n�ration � l'autre
S�re

?

La langue est parl�e par toutes les g�n�rations ; la transmission interg�n�rationnelle est ininterrompue.
Vuln�rable flamand occidental, francique mosellan, francique rh�nan, al�manique, basque La plupart des enfants parlent la langue, mais elle peut �tre restreinte � certains domaines (par exemple, la maison).
En danger gascon, corse, ligurien (mon�gasque), franco-proven�al, proven�al alpin, wallon Les enfants n'apprennent plus la langue comme langue maternelle � la maison.
S�rieusement en danger breton, gallo, normand, picard (ch'ti), lorrain, champenois, bourguignon, franc-comtois, limousin, poitevin-saintongeais, auvergnat, languedocien, proven�al La langue est parl�e par les grands-parents ; alors que la g�n�ration des parents peut la comprendre, ils ne la parlent pas entre eux ou avec les enfants.
En situation critique ? Les locuteurs les plus jeunes sont les grands-parents et leurs ascendants, et ils ne parlent la langue que partiellement et peu fr�quemment.
�teinte ? Il ne reste plus de locuteurs.

L'Unesco d�nombre 26 langues pour la France, mais n'en donne aucune dans les cat�gories �En situation critique� et ��teinte�. Il n'en demeure pas moins que l'Unesco identifie 26 langues �en danger�, �s�rieusement en danger� ou �vuln�rables�. Aucune de ces langues n'a obtenu de statut ni n'a �t� reconnue par la loi. La Constitution fran�aise reconna�t uniquement, depuis le 23 juillet 2008, que �les langues r�gionales appartiennent au patrimoine de la France�.

4 Les langues r�gionales d'outre-mer

La France dans le monde Distinguons les langues parl�es dans les d�partements d'outre-mer (DOM) et celles parl�es dans les territoires (TOM).

Rappelons que, depuis la r�forme constitutionnelle de 2003, les DOM sont devenus techniquement des DROM (pour �D�partement et r�gion d'outre-mer�, mais DOM pour �D�partement d'outre-mer�) et les TOM sont disparus, sauf pour les Terres australes, afin de faire place aux COM (pour �Collectivit� d'outre-mer�). Quant � la Polyn�sie fran�aise et la Nouvelle-Cal�donie, elles forment maintenant des POM (pour �Pays d'outre-mer� au sein de la R�publique); la Polyn�sie fran�aise est n�anmoins une �collectivit� d'outre-mer�, tandis que la Nouvelle-Cal�donie a un statut provisoire de �collectivit� sp�cifique� en attendant qu'un r�f�rendum local d�cide de son ind�pendance ou de son maintien au sein de la R�publique.

4.1    Les d�partements d'outre-mer (DOM) 

Dans les d�partements d�outre-mer ou DOM (Martinique, Guadeloupe, La R�union et Guyane: voir la carte cliquable) il faut d�abord distinguer les cr�oles � base lexicale fran�aise (cr�ole martiniquais, cr�ole guadeloup�en, cr�ole guyanais et cr�ole r�unionnais), les cr�oles bushineng�s (� base lexicale anglo-portugaise) de Guyane (saramaca, aluku, njuka, paramaca), les langues am�rindiennes de Guyane (galibi ou kalina, wayana, palikour, arawak proprement dit ou lokono, wayampi et �merillon) ainsi que le hmong (parl� par les Laotiens). 

4.2 Les �pays d'outre-mer� (POM)

Dans les pays d'outre-mer, on a recens� en Nouvelle-Cal�donie 28 langues kanakes (groupe m�lan�sien de la famille austron�sienne): nyel�yu, kumak, caac, yuaga, jawe, nemi, fw�i, pije, pwaamei, pwapw�, dialectes de la r�gion de Voh-Kon�, c�muh�, paic�, aji�, arh�, arh�, �r�we, neku, s�ch�, t�r�, x�r�c��, x�r�g�r�, drub�a, num��; nengone, drehu, iaai, fagauvea).

En Polyn�sie fran�aise, on a r�pertori� les langues polyn�siennes suivantes: tahitien, marquisien, langue des Tuamotu, langue mangar�vienne, langue de Ruturu (�les Australes), langue de Ra'ivavae (�les Australes), langue de Rapa (�les Australes).

4.3 Les collectivit�s territoriales (COM)

Dans l'oc�an Indien, � Mayotte on distingue le shimaor� (ou mahorais) et le shibushi, c'est-�-dire des langues comoriennes d�riv�es du swahili appartenant �  la famille bantoue.

Dans le Pacifique, plus pr�cis�ment l'archipel de Wallis-et-Futuna, mentionnons le wallisien et le futunien, des langues appartenant au groupe malayo-polyn�sien oriental de la famille austron�sienne.

Les autres COM sont les suivantes: la Corse, l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, l'�le de Saint-Barth�lemy et l'�le de Saint-Martin. Depuis 2015, il faut ajouter l��le Mayotte, la Martinique et la  Guyane fran�aise.

Pour une pr�sentation plus exhaustive de toutes ces langues, il suffit de consulter le fichier DOM-TOM ou cliquer sur l�une des pages consacr�es � la Guadeloupe, � l��le de La R�union, la Nouvelle-Cal�donie, la Polyn�sie fran�aise, les �les Wallis-et-Futuna.  

5  Les langues immigrantes dans la France m�tropolitaine

La France actuelle compte beaucoup d'immigrants, ce qui les distingue des �vrais Fran�ais de souche�. Il n'existe pas de statistiques officielles sur les populations immigrantes. Les statistiques fran�aises ne font pas la distinction entre un Mohamed n� de parents ouvriers en banlieue de Paris et un Didier du XVIe arrondissement. Ce sont des Fran�ais!

5.1 Les �trangers

On estime � quelque 3,6 millions d'�trangers et 4,2 millions d'immigrants incluant les �trangers (69 %) et les personnes n�es � l'�tranger et qui ont obtenu la citoyennet� fran�aise (env. 100 000 annuellement). C'est pr�s de 10 millions de personnes! Avant 1990, plus ou moins 55 % des immigrants provenaient d'autres pays d'Europe, surtout l'Espagne, le Portugal, l'Italie, etc.  Depuis 1990, les origines g�ographiques des immigrants se sont diversifi�es, aux d�pens des personnes d�origine europ�enne. D'ailleurs, la part des immigrants venus d�un pays de l�Union europ�enne est en baisse constante depuis un quart de si�cle. Ils repr�sentaient 57 % de la population �trang�re en 1975, 49 % en 1990, puis 45 % en 1999. Au milieu de 2004, la France m�tropolitaine comptait 4,9 millions d�immigr�s, d�apr�s l�INSEE, soit 760 000 de plus qu�en 1999 et 8,1 % de la population totale. Quarante pour cent d�entre eux avaient la nationalit� fran�aise, qu�ils ont pu acqu�rir par naturalisation ou par mariage. En 2010, l'immigration en France repr�sentait 7,2 millions de personnes, soit 11,1 % de sa population, dont 5,1 millions (7,8 %) n�es hors de l'Union europ�enne. En guise de r�sum�, voici le tableau qui suit:

Flux d'immigration en France par ann�e et r�gion d�origine
 
R�gion 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Europe 80 500 78 660 80 120 79 290 80 330 75 040 88 820 94 580 105 830  (46,0%)
Afrique 70 200 66 110 62 340 62 140 63 470 66 480 65 610 66 280 68 640   (29,8%)
Asie 30 960 30 120 30 520 32 070 30 180 32 960 29 810 32 430 32 060   (13,9%)
Am�rique et Oc�anie 19 810 19 990 20 460 18 770 21 440 20 450 26 270 26 270 23 070    (10,0%)
Toutes nationalit�s confondues 201 460 194 880 193 440 199 658 195 410 194 920 210 510 216 640 229 600

De 2004 � 2012, quelque 200 000 immigrants sont entr�s chaque ann�e, en moyenne, sur le territoire fran�ais. Compte tenu des d�c�s et des d�parts, la population immigr�e a cr� en moyenne de 90 000 personnes par an. Au d�but 2013, elle repr�sentait 8,8 % de la population fran�aise. De 2004 � 2009, les entr�es en France sont rest�es stables, puis elles ont augment� de 2009 � 2012 en raison essentiellement de l�afflux d�Europ�ens.

En 2012, les immigrants venaient d'autre pays d'Europe dans une proportion de 46% (Allemagne, Espagne, Pologne, Royaume-Uni, Roumanie, Belgique, Suisse, Portugal, Italie, etc.); l'Afrique a fourni pr�s de 30 % des immigrants (Maroc, Tunisie, Alg�rie, S�n�gal, etc.); l'Asie, pr�s de 14 % (Chine, Turquie, etc.); l'Am�rique, 10% (�tats-Unis, Br�sil, Ha�ti, etc.). La tr�s grande majorit� de ces immigrants habitent les villes, la concentration �tant particuli�rement sensible � Paris o� plus d�un habitant sur six est �tranger et en Seine-Saint-Denis o� la proportion atteint une personne sur cinq. 

Au 1er janvier 2014, on comptait 5,9 millions d'�trangers en France, soit 8,9 % de la population, selon le d�compte de l'INSEE (Institut national de la statistique et des �tudes �conomiques). Ce chiffre �tait en hausse de 731 000 personnes par rapport � 2006. Leur part dans la population s'est accrue de 0,8 point entre 2006 et 2014. Dans le m�me temps, l'ensemble de la population a progress� parall�lement de 2,6 millions, � 65,8 millions d'habitants.

5.2 Les langues immigrantes

�videmment, ce flux d'�trangers entra�ne l'arriv�e et le maintien des langues �trang�res. Au moins 660 000 locuteurs parleraient l'arabe alg�rien; 492 000 l'arabe marocain; 212 900 l'arabe tunisien; 537 000 le kabyle (berb�re); 150 000 le tamazight (berb�re); un million l'italien; 260 000 l'espagnol; 150 000 le portugais; 150 000 le cr�ole (antillais); 135 000 le turc; 70 000 l'arm�nien; 40 000 le farsi (iranien); 50 000 le khmer; 35 000 le wolof; 10 000 le vietnamien; etc.  Par le fait m�me, on compterait entre trois et cinq millions de musulmans en France.  Comme il n�existe gu�re de statistiques fiables en ce qui a trait � ces langues, il s'agit l� de donn�es bien approximatives. Cependant, l'enqu�te de l'INSEE (Institut national de la statistique et des �tudes �conomiques) du 21 f�vrier 2002 � Langues r�gionales, langues �trang�res: de l'h�ritage � la pratique � r�v�le que les langues les plus utilis�es dans les foyers sont d'abord l'arabe (toutes vari�t�s confondues), puis l'espagnol, le portugais et l'italien, ensuite l'allemand, le polonais et le turc. 

En 1999, l'enqu�te �Famille�, r�alis�e aupr�s de 380 000 personnes, r�v�lait que la transmission des langues d'immigration dans l'enfance semble avoir �t� plut�t habituelle qu'occasionnelle. En effet, quelque 940 000 adultes vivant en m�tropole se souviennent que leurs parents leur parlaient d'abord l'arabe dans leur prime enfance, contre seulement 230 000 qui �voquent une transmission occasionnelle g�n�ralement associ�e au fran�ais. La situation est la m�me pour le portugais : 580 000 adultes l'ont re�u � titre habituel, contre 100 000 � titre occasionnel. Cependant, l'espagnol et l'italien, langues dont l'immigration est plus ancienne, voient augmenter la part de la transmission de �second rang�. Enfin, la diversification des courants migratoires se traduit par l'apparition de nouvelles familles de langues, africaines ou asiatiques, dont le mode de transmission (presque toujours habituel) t�moigne d'une installation r�cente : l'enfant les a g�n�ralement re�ues de ses deux parents au pays d'origine, avant la migration. Le turc pr�sente un autre exemple de cette situation similaire.

Figure 2 - Principales langues autres que le fran�ais re�ues
dans l'enfance et retransmises � la g�n�ration suivante

D�ici quelques d�cennies, il est probable que beaucoup d'immigrants actuels feront aussi partie des �minorit�s historiques�. Dans la mesure o� quelques-uns de ces groupes auront conserv� leur langue, il serait logique qu�ils b�n�ficient des m�mes droits linguistiques que les autres.

5.3 La difficile int�gration

En attendant, la France semble conna�tre des difficult�s � int�grer ses millions d'immigrants et enfants d'immigrants, souvent diss�min�s autour des banlieues des grandes villes. En r�alit�, la plupart d'entre eux sont �tablis en France depuis au moins deux g�n�rations. N'oublions pas que pr�s d�un tiers de la population fran�aise d'aujourd'hui descend des immigrants du XXe si�cle. Si la France a su davantage int�grer ses immigrants au cours des si�cles pass�s, elle �prouve aujourd'hui des difficult�s avec les derni�res g�n�rations arriv�es, surtout depuis que les deux tiers des nouveaux arrivants sont de confession musulmane. �videmment, l�opinion publique pressent que l�islam pose un probl�me quand il n�est plus v�cu comme une religion personnelle, mais comme comme une id�ologie politique ou un code de conduite. En ce sens, l'islam peut �tre plus qu'une religion. Sondage apr�s sondage, les r�sultats montrent que l'image de l'islam se d�grade fortement depuis une dizaine d'ann�es.

Or, lorsqu'il existe ce type de divergence entre les nouveaux venus et la population autochtone, il peut s'ensuivre une certaine p�riode d'incompr�hension en raison des m�fiances et des craintes que cette diff�rence suscite. Il n'est pas r�aliste de demander que les immigrants renoncent compl�tement � leur h�ritage pass� pour devenir des Fran�ais; il faut du temps. Quoi qu'il en soit, beaucoup d'anciens immigrants ou enfants d'immigrants ne sont plus des immigrants: ce sont maintenant des �Fran�ais�, mais certains Fran�ais dits �de souche�, plus conservateurs, l'ignorent! Il existe encore en France une minorit� de citoyens qui demeurent plus craintifs lorsqu'ils voient arriver des immigrants diff�rents d'eux par la couleur de la peau ou la religion, surtout lorsque ces immigrants ont tendance � habiter les m�mes quartiers. La France est aujourd'hui, proportionnellement � sa superficie et � sa population (65 millions), le plus important foyer musulman du monde occidental (avec cinq millions de musulmans). Plusieurs si�cles de colonisation intensive � travers le monde n'ont pas encore banalis� la pr�sence des �basan�s� sur le sol fran�ais.

La France se semble pas avoir r�ussi � assainir ses relations avec son pass� colonial. Ni Charles de Gaulle, ni Fran�ois Mitterrand, ni aucun autre pr�sident fran�ais n'ont essay� d'adoucir la m�moire meurtrie de la guerre d'Alg�rie, voire de la guerre d'Indochine. La France n'a jamais pris en charge le destin de ceux qui appartiennent � cette deuxi�me ou troisi�me g�n�ration d'immigrants qui ne sont plus des immigr�s, mais des Fran�ais. Rien n'a �t� fait, ni dans les quartiers ni dans les prisons. En ce sens, le �mod�le fran�ais� n'est pas forc�ment une r�ussite, mais il n'est pas non plus un �chec consid�rable. Il faut admettre qu'il est nettement plus facile d'int�grer trois Papous dans une soci�t� que des millions de personnes appartenant plus ou moins toutes au m�me groupe ethnique, habitant plus ou moins dans les m�mes r�gions.

De plus, l'int�gration des immigrants dans la soci�t� d'accueil peut devenir un m�lange explosif si la situation est mal g�r�e! Or, selon une �tude de 2006 sur les ressortissants de pays tiers (INTI), les immigrants s�journant en France sont ceux qui ont le moins acc�s au march� du travail parmi les 28 pays �tudi�s: ils sont exclus de l'emploi, de la cr�ation d'entreprise, ou bien leurs qualifications obtenues en dehors de l'Union europ�enne ne sont pas reconnues dans plusieurs secteurs. La mauvaise gestion est une exp�rience que les �tats-Unis connaissent fort bien: il n'est pas ais� d'int�grer des millions de Latinos qui ont la peau basan�e, mangent des tacos, parlent l'espagnol et sont catholiques dans un monde de Blancs, mangeant des hamburgers, parlant l'anglais et professant le protestantisme. Au contraire, il para�t plus ais� d'int�grer des milliers de Cor�ens ou de Japonais r�partis dans l'ensemble du territoire am�ricain.

En France, la loi n� 2005-32 de programmation pour la coh�sion sociale du 18 janvier 2005 contient des mesures pr�voyant la g�n�ralisation des contrats d�accueil et d�int�gration. En cas de besoin, une formation � la langue fran�aise d�une dur�e comprise entre deux cents et cinq cents heures est propos�e. De plus, la loi n� 2006-911 du 24 juillet 2006 relative � l�immigration et � l�int�gration, instaure une �immigration choisie�, c�est-�-dire la possibilit� de s�lectionner la main-d��uvre selon les besoins de l��conomie fran�aise et d�accueillir des �trangers �porteurs d�un projet �conomique, scientifique, culturel ou humanitaire�; la loi veut aussi favoriser l�accueil des �tudiants �trangers. Devant l'afflux des immigrants en France, la candidate du Front national � la pr�sidence de la R�publique, Marine Le Pen, croit que les immigrants sont � la source de tous les maux ou presque de la soci�t� fran�aise. Pour elle, beaucoup d'immigrants ont recr�� leur communaut� d�origine; ils vivent dans une langue, selon des m�urs et des lois qui ne sont pas de France, sur le sol fran�ais. La politicienne fran�aise se d�fend d'�tre raciste, tout en se positionnant contre l'immigration massive: �L'immigration n'est pas une chance pour la France. C'est un drame pour la France.� Elle consid�re que plusieurs gouvernements �trangers �taient �na�fs face � l'immigration� et elle les qualifie de �Bisounours� (jouets en peluche). L'expression �on ne vit pas dans le monde des Bisounours� est pass�e dans le langage courant pour signifier qu'on ne vit pas dans le monde id�al.

Pour finir, pr�cisions que la loi n� 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative � la ma�trise de l�immigration, � l�int�gration et � l�asile a pour objets de lutter contre l�immigration irr�guli�re, de limiter les conditions d�entr�e et de s�jour en France, de ma�triser l�immigration familiale et d�encourager l�immigration pour des raisons professionnelles. Bien que la France �prouve certaines difficult�s avec l'int�gration des immigrants, on ne voit pas pourquoi elle ne trouverait pas � long terme de solution satisfaisante. Ce pays demeure une grande d�mocratie et dispose de moyens financiers et sociaux consid�rables.

Derni�re mise � jour: 02 mars 2022
 


France
 

 


1) G�n�ralit�s d�molinguistiques
 


2) La politique du fran�ais
 


3) La politique des langues r�gionales
et minoritaires

 


4) Bibliographie

 


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Histoire de la langue fran�aise
 

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