Abstract
Dans Vivre avec le trouble, Donna Haraway réarticule et prolonge ses réflexions sur les espèces compagnes et la technoscience dans le contexte de la crise écologique. En explorant la figure du trouble, elle développe une pensée queer de l’écologie et des relations entre espèces qui prend pour objet principal le renouvellement des formes de la parenté. Plus encore, elle donne à voir une articulation des enjeux fictionnels, artistiques, scientifiques et militants dans la formation de mondes plus vivables au-delà de l’anthropocentrisme. À l’image de ses précédents ouvrages, Haraway développe ainsi une éthique multispécifique relationnelle qui a attiré la critique des antispécistes et une adoption parfois acritique des penseureuses du vivant. L’importance de l’ouvrage pour la pensée écologique ainsi que pour la théorie féministe posthumaniste et néomatérialiste le rend pourtant absolument incontournable.