Over den oorsprong Van het woord
Abstract
La parole est l'entre-deux qui sépare et unit moi et le monde, moi et toi, moi et moi-même. On se demande quelle est la relation entre moi et ma parole, si la parole découle de l'essence même de mon être. Une analyse phénoménologique, qui partirait du dialogue comme d'un donné indubitable, ne suffit pas tout à fait, puisqu'il il s'agit d'un sens éventuel du dialogue pour le tout de mon être. Il faut donc aborder la question d'un point de vue d'où le dialogue lui-même est mis en suspens. Commençons par l'indubitable absolu : l'être. Il y a quelque chose, quoi que ce soit, il y a au moins la question même de l'être. Mais cette question qui se met elle-même en question, se sait être. Et qu'est cela sinon moi-même, pas encore opposé, il est vrai, à toi, à lui, à nous ? Pourtant je ne suis pas l'être ; il y a en moi une dualité entre essence et être, et une dualité entre être et penser. Je sais que je suis, je cherche encore qui je suis. Eh bien, je suis « ici et maintenant » , c. à. d. je suis dans un ordre spatio-temporel, par mon corps, qui est donc ce qui m'exprime à moi-même, ma parole. Mais mon corps est originellement en commerce avec les êtres du monde, et j'ai le sentiment de cette situation par la perception et le comportement. En révélant le sens des êtres du monde, en leur donnant des noms de mon point de vue, je me nomme moi-même. En revenant sur la voie parcourue jusqu'ici, l'article démontre que ce n'est pas seulement mon monde que je nomme. Le « moi » de la certitude absolue est un « nous » pas encore détaillé. Et à l'intérieur de ce « nous » jaillit, par ta foi en moi, l'opposition communicative entre moi et toi, que j'expérimente surtout dans la corrélation de la voix et de l'ouïe. La parole fonde la communauté, puisqu'en exprimant mon être elle s'adresse à vous, et manifeste ainsi mon être comme « être-avec » . L'être même est infini, et donc communicabilité pure, et donc parole. Mais notre parole humaine n'est que participation déficiente de la communication immédiate qui serait l'identité de l'être, le connaître et l'aimer. Elle reste moyen, et donc succédané de l'immédiat, et donc ambigue. Notre dialogue doit se transcender dans l'inexprimable, dans le silence. La parole essentielle, la parole de l'amour, est pour les hommes la parole la plus dangereuse et la plus incertaine. Elle ne se prouve que par la fidélité. Mais tout ce que nous disons et faisons est destiné à devenir l'incarnation de cette parole