Abstract
Dans ce chapitre, nous entreprenons de reconstruire la critique que le néokantien Paul Natorp adresse au “pseudo-donné” (falsches Gegebene) positiviste dans ses premiers écrits logiques, notamment dans un article intitulé « Fondation objective et fondation subjective de la connaissance », datant de 1887. De façon intéressante, cette critique du pseudo-donné ne se conclut pas par l’abandon pur et simple de toute idée de donation, mais s’accompagne d’emblée d’une exigence de reconfiguration de la notion : une fois dénoncé le mythe « positiviste » du donné, il s’agit en effet pour le jeune Natorp de définir le “vrai sens de l’être-donné” (echter Sinn der Gegebenheit). Or, ce qui est vraiment donné, ce n’est précisément pas quelque chose comme un datum singulier et ultime, qui pourrait servir de fondement à la connaissance, mais une tâche (Aufgabe) pour la pensée.