Abstract
Partant du principe que l’imagination est une condition préalable à l’action politique, créer des images est aussi une manière de faire de la révolte. En ce sens, allant au-delà du paradigme iconique, les images elles-mêmes deviennent des expressions sensibles de l’indignation de ceux qui s’inscrivent contre les formes injustes de pouvoir. En Amazonie, région historiquement constituée comme « l’Autre » du Brésil, les anciennes et nouvelles logiques colonialistes se conjuguent aux dilemmes nationaux et internationaux, créant une atmosphère de constantes menaces, de violences concrètes et de luttes permanentes. Dans ce contexte, certaines images se situent précisément à l’inflexion entre voir, montrer et rendre sensible une souffrance qui suscite l’indignation. Ainsi, les images se lancent dans l’expérience comme moyens d’expression du désir de soulèvements, comme pratiques d’affirmation de la liberté et comme gestes de résistance face à l’histoire.