Abstract
La connaissance symbolique de Dieu n’est qu’un aspect particulier de la conception guardinienne de la structure de l’être „vivant” et de la façon de le connaître. C’est pourquoi la première partie de l’article présente les plus importants principes philosophiques de la théorie de la connaissance religieuse chez Romano Guardini. D’après Guardini à la base même de la structure de l’être „vivant“ et de celle du processus de connaissance se trouvent des contraires (Gegensätze), c’est-à-dire deux éléments qui ne se laissent pas déduire l’un de l’autre ni réduire l’un à l’autre; tout en étant deux êtres per se, ils constituent l’unité en deux, l’un ne peut exister que par l’autre. Par conséquent tout acte de connaissance réalise en lui le rapport d’opposition: intuition — concept.En justifiant le caractère intuitif de la connaissance, Guardini montre que chaque chose est comme une expression, comme un symbole; grâce à quoi l’essentiel se laisse découvrir dans ce qui est aperçu immédiatement. Le caractère symbolique des choses indique non seulement les éléments relevant des valeurs profanes, mais encore une valeur spécifique, différente — „das Religiöse“. Toutes les choses sont simplement des formes de l’expression, qui permettent de se révéler à ce qui est définitif. Les choses nous apparaissent comme des oeuvres, oeuvres d’une puissance Sacrée.Après avoir présenté les idées fondamentales de Guardini, l’auteur de l’article analyse les conditions d’ordre historique et ontologique qui ont fait naître la doctrine de Guardini. Dans sa théorie de la connaissance symbolique de Dieu Guardini développe certaines idées du courant augustinien ainsi que certaines des conceptions de Scheler et de la philosophie de la vie.La dernière partie de l’article est consacrée à des remarques critiques. L’auteur y essaie de réfuter le caractère immédiat de la connaissance de Dieu chez Guardini. Dans sa théorie de la connaissance religieuse Guardini part: 1. du principe du réalisme conceptuel propre aux courants platoniciens et augustiniens; 2. du principe admettant l’existence d’un organe spécial qui saisit le principe ultime dans le domaine religieux. Ce qui plus est-croit Guardini — la découverte du caractère symbolique des choses nécessite tout d’abord l’expérience „des Numinosum — Anderen”, et ceci met déjà en question l’objectivité de la connaissance symbolique de Dieu. C’est pour cette même raison-là qu’il est difficile d’admettre que nous puissions faire l’expérience immédiate de ce caractère de crée (en même temps apparaît la tendance de l’univers à se présenter comme une entité si suffisante à elle-même).En concluant l’auteur constate que la réalité terrestre ne symbolise Dieu, pour nous, que quand II nous est déjà connu comme Cause Première Créatrice ou quand au cours de l’analyse de la réalité accessible nous constatons le caractère contingent de celle-ci et la nécessité d’admettre pour tout une raison suffisante de l’être.