Abstract
C’est d’abord à travers la discussion, par Pufendorf, du chapitre XVI du Tractatus theologico-politicus que Rousseau connaît Spinoza, même si une connaissance plus directe et plus large paraît vraisemblable. Il convient donc de comparer les théories de l’état de nature et du droit naturel proposées par Spinoza et Rousseau, qui présentent l’originalité commune de ne pas postuler dès le départ l’usage de la raison. La genèse des relations morales, chez les deux auteurs, rencontre alors des problèmes similaires et confère un même rôle à la pitié avant d’envisager sa généralisation rationnelle. À terme, il s’agit pour Rousseau de proposer le modèle d’un homme conforme à la nature, selon une méthode qui trouvait sa place (provisoire) dans l’Ethique.