Wanda Traczyk-Stawska
Wanda Traczyk-Stawska, surnommée Pączek ou Atma, née le à Varsovie et morte le [1] est une psychologue, résistante et militante polonaise.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 99 ans) |
| Pseudonymes |
Pączek, Atma |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté de psychologie de l'université de Varsovie (d) |
| Activités |
| Membre de |
Szare Szeregi Światowy Związek Żołnierzy Armii Krajowej (en) |
|---|---|
| Arme | |
| Grade militaire |
Platoon-leader (en) |
| Conflits | |
| Lieux de détention |
Stalag VIII-B, Stalag IV-E, Stalag IV-B, Camp de concentration XIV du pays de l'Ems, Bathorn / Stalag VI-C (en) |
| Distinctions | Liste détaillée Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne () Citoyen d'honneur de Varsovie () Gold Badge of the Polish Teachers' Union (d) () Woman of Warsaw of the Year () Badge of Honor “Merits for Mazovia” (d) () Cross of Valour (1939) |
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s'engage au sein du mouvement de résistance polonais contre l'occupation allemande. Elle combat notamment au sein de l'Armia Krajowa (Armée de l'intérieur), l'aile armée de la résistance polonaise. Elle fait également partie des Szare Szeregi (Rangs gris), le nom de code de l'Association des scouts de Pologne.
En 1944, elle participe à l'insurrection de Varsovie, et est décorée de la croix de la Valeur. Après la guerre, elle devient présidente du Comité social du cimetière des insurgés de Varsovie.
Elle milite également pour la protection des droits des femmes et des minorités en Pologne.
Jeunesse
modifierWanda Traczyk-Stawska est la fille de Szczepan et de Bronisława[2].
Elle fréquente l'école primaire n°65 située au 36 rue Białołęcka (actuellement 2 rue Bartnicza) à Bródno. Après trois ans, elle rejoint l'école n°33 au 22 rue Grottgera à Mokotów[3]. Là-bas, elle appartient à la 42e troupe de scouts Żwirki i Wigury[4][5].
Avant la guerre, elle vit avec sa famille rue Dolna à Varsovie[4].
Activités dans la résistance polonaise
modifierEn 1939, l'Allemagne nazie envahit la Pologne. À partir de 1942, elle rejoint les rangs de la résistance polonaise qui lutte contre l'occupant allemand. En tant que membre des Szare Szeregi (Rangs gris), elle participe à des opérations mineures de sabotage et à l'opération N, une série d'actions de sabotage, de subversion et d'intoxication menées d' à par la résistance polonaise contre les forces d'occupation nazies. Au cours de celle-ci, elle remet des lettres aux informateurs les avertissant que s'ils ne cessaient pas leurs activités, ils seraient condamnés à mort[6].

En août 1944, elle participe à l'insurrection de Varsovie en tant que mitrailleuse et officière de liaison au sein du détachement de couverture des ateliers d'édition militaire (WZW) du Bureau d'information et de propagande du quartier général de l'Armia Krajowa (Armée de l'intérieur)[7]. Il s'agit d'une unité chargée de soutenir les unités insurgées dans le nord du centre-ville de Varsovie[8].
Elle combat ensuite dans le sud du centre-ville et dans le quartier de Powiśle, afin de tenir la centrale électrique contre les attaques allemandes[9][10]. Le 6 septembre 1944, elle est grièvement blessée par des éclats d'obus tirés par un lance-grenades lors de combats dans la rue Smolna[11]. Par l’ordre n°26 du 7 septembre 1944, elle est décorée de la croix de la Valeur[12].
Après la fin du soulèvement et la capitulation des insurgés en octobre 1944, elle est faite prisonnière par les Allemands. Elle est alors incarcérée au camp de prisonniers Stalag VIII-B, puis déplacée au Stalag IV-B, Stalag IV-E et enfin au Stalag VI-C[13].
Le 12 avril 1945, elle est libérée par un escadron du 10e régiment de fusiliers montés de la 1ère division blindée polonaise du général Stanisław Maczek[12].
Activités après la guerre
modifierEn 1947, elle retourne en Pologne[14]. Diplômée de la Faculté de psychologie de l'université de Varsovie, elle commence à travailler à l'école spécialisée n° 6 pour enfants à besoins spécifiques du quartier de Praga[14][15]. Durant de nombreuses années, elle travaille comme enseignante à l'école primaire spécialisée n° 3 située au 43 rue Ząbkowska[16].
Elle mène également des recherches sur les tombes des insurgés dans la ville, et mobilise les autorités et bénévoles afin de prendre l'entretien du cimetière des insurgés de Varsovie, qui était jusque là laissé à l'abandon[17].
Elle participe à l'établissement de la Journée du souvenir du 2 octobre pour les insurgés civils de Varsovie qui est votée par le Parlement de la République polonaise en 2015[18]. Elle lance également la construction d'un mémorial au parc des insurgés de Varsovie[19].
Elle est ensuite présidente du Comité social du cimetière des insurgés de Varsovie au sein de l'Association mondiale des soldats de l'Armée de l'intérieur[20].
Engagement militant
modifier
En 2018, elle soutient la manifestation des personnes handicapées à la Diète. Elle tente de rencontrer les participants, mais n'est pas autorisée à entrer dans le bâtiment du parlement[21]. Lors de l'élection présidentielle polonaise de 2020, elle apparaît dans des documents enregistrés pour la campagne de Rafał Trzaskowski[22].
En octobre 2020, elle soutient la manifestation contre le durcissement des lois sur l'avortement en Pologne[23] et proteste contre l'utilisation du symbole de la Pologne combattante par Jarosław Kaczyński, président du parti conservateur Droit et justice[24].
La même année, elle reçoit le prix Korona Równości (Couronne de l'égalité) à la suite d'un vote du public organisé par l'association Kampania Przeciw Homofobii (Campagne contre l'homophobie). Le prix récompense les personnes et les groupes particulièrement engagés dans la lutte pour les droits de la communauté LGBT+ en Pologne[25].
Le 10 octobre 2021, elle participe et prend la parole lors d'une manifestation sur la place du Château à Varsovie pour protester contre la décision du Tribunal constitutionnel de proclamer la supériorité de la Constitution polonaise sur le droit de l'Union européenne[26].
En 2023, lors de la célébration du 79e anniversaire de l'insurrection de Varsovie, elle prononce un discours dans lequel elle appelle au respect de la Constitution de la république de Pologne et en particulier vis à vis des droits des femmes. Elle déclare : « Nous, les femmes, avons obtenu quelque chose d’inestimable de ce soulèvement : les mêmes droits que les hommes[27] ». Elle ajoute :
« Lorsque le soulèvement s'est terminé, on nous a accordé les mêmes droits que les garçons. Nous ne renoncerons pas à ces droits. Nous n'y renoncerons pas, car chaque personne, homme ou femme, est un citoyen de ce pays et l’égalité est inscrite dans la Constitution[27]. »
Lors des célébrations, elle appelle également à une coopération étroite avec l'Allemagne pour soutenir l'Ukraine contre l'envahisseur russe[27].
Décès
modifierElle meurt à Varsovie le 18 août 2026 à l'âge de 99 ans.
Hommages
modifierElle fait l’objet du film documentaire réalisé par Marianna Bukowski intitulé Portrait d’un soldat et du livre Błyskawica. L'histoire de Wanda Traczyk-Stawska - une soldate de l'Insurrection de Varsovie[28].
Décorations et récompenses
modifier- Croix de la Valeur[29]
- Croix du Mérite de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (2015)[30].
- Citoyenneté d’honneur de la ville de Varsovie (2017)[31]
- "Tabouret" de " Gazeta Wyborcza " (2015, pour la restauration de la mémoire du cimetière des insurgés de Varsovie à Wola )[32]
- Insigne d'or du Syndicat des enseignants polonais (ZNP) (2019)[33]
- Prix « Couronne de l’égalité » dans la catégorie « Engagement social », décerné lors du plébiscite de la Campagne contre l’homophobie pour l’implication dans la lutte pour l’égalité des droits de la communauté LGBT (2020)[34][35][36]
- Prix honorifique dans le cadre de la 9e édition du prix Jan Rodowicz « Anoda » (2021, décerné par le Musée de l’Insurrection de Varsovie )[37].
- Lauréate du concours Femme de l'année de Varsovie 2021 (2021)[38]
Références
modifier- ↑ « Powstańcze Biogramy - Wanda Traczyk » [archive du ], Muzeum Powstania Warszawskiego, 1944.pl (consulté le )
- ↑ « Powstańcze Biogramy - Wanda Traczyk » [archive du ], Muzeum Powstania Warszawskiego, 1944.pl (consulté le )
- ↑ Magda Szymańska (red.), Warszawa zapamiętana. Dwudziestolecie międzywojenne, Warsaw, Dom Spotkań z Historią, (ISBN 978-83-66068-01-8), p. 89
- 1 2 Ryszard Mączewski, Warszawa między wojnami, Łódź, Księży Młyn, (ISBN 978-83-61253-51-8), p. 124
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska "Pączek" » [archive du ], Muzeum Powstania Warszawskiego, 1944.pl (consulté le )
- ↑ « Sylwetka. Wanda Traczyk-Stawska », Gazeta Wyborcza, , p. 2
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska: Chłopcy cenili mnie za instynkt i ufali, bo prowadziłam ich między kulami » [archive du ], wysokieobcasy.pl (consulté le )
- ↑ Maciej Janaszek-Seydlitz, Historia zapomnianego cmentarza, Warsaw, Komitet ds. Cmentarza Powstańców Warszawy przy Światowym Związku Żołnierzy AK, , p. 57
- ↑ « Powstańcze Biogramy - Wanda Traczyk » [archive du ], Muzeum Powstania Warszawskiego, 1944.pl (consulté le )
- ↑ « Sylwetka. Wanda Traczyk-Stawska », Gazeta Wyborcza, , p. 2
- ↑ Piotr Rozwadowski (red.), Wielka Ilustrowana Encyklopedia Powstania Warszawskiego. Tom 6, Warsaw, Dom Wydawniczy Bellona i Fundacja „Warszawa Walczy 1939-1945”, (ISBN 83-11-09586-8), p. 591
- 1 2 (pl) « Powstańcze Biogramy - Wanda Traczyk », sur www.1944.pl (consulté le )
- ↑ « Powstańcze Biogramy - Wanda Traczyk » [archive du ], Muzeum Powstania Warszawskiego, 1944.pl (consulté le )
- 1 2 Urzykowski, « Nie pozwolili jej odwiedzić protestujących », Gazeta Wyborcza, , p. 2
- ↑ « Życie jest piękne, mimo wszystko. Wanda Traczyk-Stawska, psycholog, żołnierz AK », Rzeczpospolita Plus Minus, , p. 37
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska: najważniejsza jest wolność » [archive du ], Portal Organizacji Pozarządowych, ngo.pl, (consulté le )
- ↑ « Żołnierz Wanda. Moja koleżanka z powstania » [archive du ], Polska Times, polskatimes.pl (consulté le )
- ↑ « Sylwetka. Wanda Traczyk-Stawska », Gazeta Wyborcza, , p. 2
- ↑ « Niech tradycja bycia razem zostanie w Warszawie, żebyśmy razem umieli dbać o to cudowne miasto » [archive du ], TVN24, (consulté le )
- ↑ « Wystawa "Wola Pamięci. Cmentarz Powstańców Warszawy na Woli" – otwarcie » [archive du ], Sejm Rzeczypospolitej Polskiej, sejm.gov.pl (consulté le )
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska ostro do premiera. Chodzi o niepełnosprawnych » [archive du ], Wirtualna Polska, wp.pl, (consulté le )
- ↑ « "Nigdy nie wybaczę Dudzie". Poruszający apel weteranki Powstania Warszawskiego » [archive du ], na Temat, natemat.pl (consulté le )
- ↑ Glinianowicz, « Strajk Kobiet. Uczestniczki Powstania Warszawskiego mówią o proteście » [archive du ], Wirtualna Polska, wp.pl, (consulté le )
- ↑ « Kaczyński z "kotwicą" w klapie. Uczestniczki Powstania Warszawskiego oburzone » [archive du ], Dziennik, wiadomosci.dziennik.pl, (consulté le )
- ↑ (pl) Ewa Wojciechowska, « Wanda Traczyk-Stawska: wszyscy cierpimy, kiedy widzimy niesprawiedliwość wobec tych, którzy są inni », sur HelloZdrowie, (consulté le )
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska na Placu Zamkowym w Warszawie: Milcz głupi chłopie, chamie skończony - Polsaw News » [archive du ], Polsat News, polsatnews.pl, (consulté le )
- 1 2 3 (pl) « Wanda Traczyk-Stawska: nikt nie ma prawa nami tak rządzić, żebyśmy czuli się upokorzeni », sur tvn24.pl, (consulté le )
- ↑ « Michał Wójcik – „Błyskawica. Historia Wandy Traczyk-Stawskiej – żołnierza powstania warszawskiego” – recenzja i ocena », sur histmag.org (consulté le )
- ↑ « Żołnierz Wanda. Moja koleżanka z powstania » [archive du ], Polska Times, polskatimes.pl (consulté le )
- ↑ « Powstańcy warszawscy podali rękę potomkom zbrodniarzy i trudno przecenić ten gest » [archive du ], TVP Info, tvp.info, (consulté le )
- ↑ « Radni nie mieli żadnych wątpliwości. Daniel Olbrychski honorowym obywatelem Warszawy » [archive du ], Metro Warszawa, metrowarszawa.gazeta.pl, (consulté le )
- ↑ Gawlik, « Stołek dla Wandy Traczyk-Stawskiej, Noga dla Jarosława Dąbrowskiego » [archive du ], Wyborcza, wyborcza.pl (consulté le )
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska i Fred van Leeuwen otrzymali Złotą Odznakę ZNP » [archive du ], Głos Nauczycielski, glos.pl, (consulté le )
- ↑ « Kampania Przeciw Homofobii przyznała Korony Równości za wspieranie społeczności LGBT+ » [archive du ], Noizz, noizz.pl, (consulté le )
- ↑ Witczak, « Korony Równości. Kilka pokoleń przeciw homofobii » [archive du ], Polityka, polityka.pl, (consulté le )
- ↑ Chrzczonowicz et Szczęśniak, « OKO.press z Koroną Równości! Nagrodzono też Wandę Traczyk-Stawską, Agnieszkę Dziemianowicz-Bąk, Atlas Nienawiści » [archive du ], Oko.press (consulté le )
- ↑ « Poznaliśmy laureatów IX edycji Nagrody im. Jana Rodowicza "Anody" » [archive du ], Muzeum Powstania Warszawskiego, 1944.pl (consulté le )
- ↑ « Wanda Traczyk-Stawska wygrała plebiscyt na Warszawiankę Roku 2021 » [archive du ], TVN Warszawa, tvn24.pl, (consulté le )