Salone

ancienne cité romaine en Croatie, autrefois capitale de la Dalmatie

Salone (grec ancien : Σάλωνα) est une ancienne cité romaine, autrefois capitale de la Dalmatie, aujourd'hui champ de ruines situé dans la municipalité de Solin (Croatie), à environ 5 km de Split. Bien que le nom nous soit connu par les Grecs, on estime qu'il est d'une origine dalmate antérieure[1],[2].

Salone
Colonia Martia Julia Salona
Image illustrative de l’article Salone
Les ruines de Salone
Localisation
Pays Drapeau de la Croatie Croatie
Province romaine Haut-Empire et Bas-Empire : Dalmatie
Comitat Split-Dalmatie
Ville Solin
Type Colonie romaine
Capitale de la Dalmatie
Coordonnées 43° 32′ 22″ nord, 16° 28′ 59″ est
Histoire
Époque Âge du fer
Empire romain
Empire byzantin
Géolocalisation sur la carte : Croatie
(Voir situation sur carte : Croatie)
Salone
Salone
Géolocalisation sur la carte : comitat de Split-Dalmatie
(Voir situation sur carte : comitat de Split-Dalmatie)
Salone
Salone

La ville fut détruite par les Avars en 615 puis à nouveau par les Slaves, et ses habitants se réfugièrent alors dans le palais de Dioclétien, créant ainsi la ville de Split.

Carte montrant la ville de Salone et la province de Dalmatie au IVe siècle

Histoire

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Vue de l'aqueduc romain de Salone, illustration de Louis-François Cassas, Voyage pittoresque et historique de l’Istrie et Dalmatie, 1802.

D’abord modeste port d'une tribu locale illyrienne, les Grecs y établirent un comptoir[3].

Salone, occupée par les Romains, reçoit probablement les assises de Jules César comme proconsul d'Illyrie. Pendant la guerre civile de César, les citoyens romains de Salone prennent son parti et repoussent l'attaque d'une armée pompéienne commandée par Marcus Octavius (en) : les assiégés affranchissent leurs esclaves et leur distribuent des armes pour combattre à leurs côtés tandis que leurs femmes coupent leur chevelure pour faire des cordes d'armes de jet. Salone est érigée en colonie, soit par César lui-même en , soit après sa mort par Marc Antoine, sous le nom de Colonia Martia Julia Salona[4],[5]. En , dans la période instable du second triumvirat, les Dalmates se révoltent contre Rome et s'emparent de Salone. Octave (plus tard empereur sous le nom d'Auguste) envoie une armée romaine commandée par Asinius Pollion : cette expédition, célébrée par Virgile et Horace, pille le pays sans pouvoir reprendre la ville. Ce n'est qu'en que Tibère, sur ordre d'Auguste, pacifie la Dalmatie et les régions danubiennes[6]. Auguste, en 10 apr. J.-C., établit Salone comme capitale de la province romaine de Dalmatie[7],[8],[9],[10],[11],[12].

L'empereur Julius Nepos est assassiné à proximité de la ville en 480.

La ville reste une cité importante jusqu’à sa dévastation par les Avars et les Slaves en 630. Ses habitants se réfugient alors dans le palais de Dioclétien, créant ainsi la ville de Split.

Description

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Salone avait une forme trapézoïdale et s'étendait sur 1 600 mètres d’est en ouest et sur 700 mètres du nord au sud. La ville atteignit 60 000 habitants à son développement maximum.

Vestiges romains

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Salone a conservé plusieurs vestiges des derniers siècles de l’Empire romain :

  • remparts renforcés au Bas-Empire, avec la porte de César ;
  • amphithéâtre antique, de 15 000 places environ ;
  • vestiges des thermes romains ;
  • vestiges de basilique chrétienne et nécropole.

On trouve à proximité l'aqueduc de Dioclétien, encore opérationnel.


Personnes illustres

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  • Julius Nepos, dernier empereur romain d'Occident, mort à Salone en 480.
  • Jean IV, pape, né à Salone vers 580.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Références

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  1. (en) John J. Wilkes, Dalmatia, 1969
  2. (en) Solin early history
  3. (en) Christoph W. Clairmont, Excavations at Salona, Yugoslavia, 1969-1972: conducted for the Department of Classics, Douglass College, Rutg, 1975, (ISBN 0-8155-5040-5), page 4, « If we are correct in our interpretation of the earliest finds from Salona, the emporion, even if very small, was a settlement in a strategic position »
  4. Bellum Civile, III.9
  5. Frane Bulić, Salona, colonia Martia Julia Salonoe : studio storico-epigrafico, Libreria Morpurgo Spalato, 1885, p. 11-13 [1]
  6. Lujo Vojnović, Histoire de Dalmatie, Hachette, 1934, p. 90-91 [2]
  7. (en) John Everett-Heath, "Dalmatia", Concise Dictionary of World Place-Names, Oxford University Press, 2005, Encyclopedia.com
  8. (en) Ejnar Dyggve, History of Salonitan Christianity, 1951
  9. (en) A. M. Yasin, "Reassessing Salona's Churches: Martyrium Evolution in Question", Journal of Early Christian Studies, vol.20:1, 2012, p.59-112
  10. (en) recent excavations
  11. (en) Charles George Herbermann, The Catholic Encyclopedia: An International Work of Reference, 1913
  12. (en) Constantine VII Porphyrogenitus, 1967, De administrando imperio, Greek text edited by Gy. Moravcsik; English translation by R. J. H. Jenkins. rev. ed. : Dumbarton Oaks Center for Byzantine Studies, 1967, 1985 and Thomae Archidiaconi, 2006, Spalatensis Historia Salonitanorum atque Spalatinorum pontificum – Archdeacon Thomas of Split History of the Bishops of Salona and Split, Damir Karbić, Mirjana Matijević Sokol, Olga Perić and James Ross Sweeney (dir.), Budapest, CEU Press