Quatrième Internationale posadiste

internationale trotskiste

La Quatrième Internationale posadiste s’est structurée à partir de 1962, lorsque Juan Posadas et le Bureau Latino-américain (BLA) de la IVe Internationale ont rompu avec la direction internationale de l’époque, afin selon eux, d’une part, de rester fidèles au programme et aux objectifs de l’organisation fondée par Trotsky en 1938 et, d’autre part, de participer pleinement à l’organisation des nouvelles forces de la révolution, telles qu’elles ont surgi après la Seconde Guerre mondiale, avec le triomphe de l’Union Soviétique, le développement puissant de la révolution coloniale et la création de nouveaux États ouvriers et des États révolutionnaires sur tous les continents. C'est ainsi qu'en 1968 le groupe posadiste participe à la création du Parti communiste révolutionnaire trotskyste (PCRT)[1].

Historique

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Juan Posadas, fondateur du mouvement posadiste.

Le posadisme est un mouvement politique qui voit le jour dans les années 1960 en Argentine. C'est un nouveau mouvement communiste imaginé par Juan Posadas. Il développe son idée dans un contexte politique tendu qui laisse peu de place à l'optimisme, c'est pourquoi la théorie décalée de Juan Posadas sera beaucoup critiquée mais rencontrera tout de même un certain succès[2].

Les posadistes, qui avaient jusqu'alors suivi la majorité du secrétariat de la Quatrième internationale derrière la tendance « pabliste » représentée par le Grec Michel Raptis (dit « Pablo »), n'adhéraient plus à la conception pabliste des « fronts secondaires » et de la priorité donnée aux luttes et guerres de décolonisation. Ils préconisaient, avec Juan Posadas et le Bureau latino-américain, de mobiliser les forces et les moyens de la Quatrième internationale sur les luttes révolutionnaires en germe en Amérique latine, sur le modèle de la révolution qui venait de réussir à Cuba. Par la suite, les prises de positions originales mais souvent très déroutantes de Juan Posadas ont largement contribué à affaiblir ce courant[3].

La mort de Juan Posadas en 1981 n'a pas signifié la disparition de cette internationale. Les textes qu’il a élaborés jusqu’aux derniers moments de sa vie, souvent moqués et caricaturés à l'époque de leur parution, semblent connaître une seconde jeunesse en étant notamment repris par certains tenants du New Age. La publication complète de son œuvre semble être aujourd'hui[Quand ?] l’un des principaux objectifs de cette internationale posadiste[4].

Les Partis membres de la Quatrième Internationale posadiste

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L'ensemble de ces partis ne semble pas compter plus d'un millier de membres au total[4].

La théorie posadiste

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Le pensée de Juan Posadas est développée en 1968 dans son essai « Les soucoupes volantes, le processus de la matière et de l’énergie, la science, la lutte de classes et révolutionnaire et le futur socialiste de l’humanité[5] ». L'auteur s'inspire de la vision trotskyste de la politique et prend racine dans la quatrième internationale. Cependant, sa vision des choses se démarque et passe de la nécessité d'une révolution communiste internationale à une révolution « communiste intergalactique »[2].

Cette révolution intergalactique serait permise par les extra-terrestres qui eux-mêmes, étant plus développés que les humains, auraient déjà accédé au communisme et donc mis fin a la lutte des classes. Juan Posadas est convaincu qu'à la suite de cela, les OVNI vont venir sur Terre pour aider les humains dans leur propre révolution grâce à leur développement technologique supérieur au nôtre. En effet, ces extra-terrestres auraient trouvé un moyen d'extraire l'énergie de l'air et ce en quantité illimitée ce qui leur permet de prospérer bien loin des préoccupations engendrées par le capitalisme. Cependant, cette révolution nécessiterait une guerre mondiale nucléaire, inévitable selon lui, affaiblissant les forces capitalistes et permettant donc cette révolution communiste[2].

Enfin, vers la fin de sa vie, Juan Posadas développe aussi son intérêt pour la sociabilité entre l'humain et l'animal, notamment les dauphins. Cela donnera naissance à une nouvelle théorie selon laquelle les dauphins pourraient devenir des alliés de la révolution en permettant de communiquer avec les extra terrestres[6].

Le cas cubain

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Il existait un important mouvement trotskiste à Cuba à la fin des années 1950, mouvement qui participa activement et militairement à la révolution cubaine. Lors de la rupture de Juan Posadas et du BLA avec la Quatrième internationale, la quasi-totalité des trotskistes cubains suivirent les thèses de Posadas et constituèrent un Partido obrero revolucionario (trotskista).

Devenus des alliés gênants alors que le régime de Fidel Castro s'alignait clairement sur les positions soviétiques, les posadistes du Partido obrero revolucionario (trotskista) furent violemment dénoncés par Castro lui-même en pour leur influence « pestilentielle ». Le groupe fut dissous et ses principaux responsables arrêtés. Ceux qui refusèrent de « capituler » furent emprisonnés[7].

Le posadisme aujourd'hui

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Aujourd'hui, le posadisme est une théorie toujours très critiquée notamment par les groupes communistes et trotskystes. Que ça soit dans le milieu médiatique ou politique celui ci est vu comme une énième scission « inutile » des forces socialistes[1]. De plus, cette théorie n'est presque plus prise au sérieux et est principalement citée à des fins humoristiques et détournées afin de créer du divertissement. Toutefois, malgré des idées très controversées, il semblerait que Juan Posadas ait tout de même émis des pensées politiques intéressantes voire avant-gardistes tel que la volonté, toujours très discutée, d'un « État palestinien laïque »[8].

Notes et références

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  1. a et b Michel Lequenne, Le trotskisme, une histoire sans fard, , 364 p. (lire en ligne)
  2. a b et c A. M. Gittlitz, David Broder, « Posadas, le trotskyste qui croyait au communisme intergalactique », sur CONTRETEMPS, (consulté le )
  3. Alexander 1991, p. 663 : « One of the first questions on which Posadas and his followers adopted a position that was drastically different from that of other groups claiming loyalty to Trotskyism was that of atomic war. Particularly during the early years of the Posadas Fourth International, he and it were proclaiming the inevitability of the outbreak of atomic war in the very near future, and arguing that this was the supreme opportunity for the forces of the world revolution. »
  4. a et b Alexander, Robert Jackson (1991). International Trotskyism, 1929-1985: a documented analysis of the movement. Duke University Press
  5. Juan Posadas, Les Soucoupes volantes, le processus de la matière et de l’énergie, la science et le socialisme, argentine, (lire en ligne)
  6. (en) A. M. Gittlitz, I Want to Believe: Posadism, UFOs and Apocalypse Communism, , 272 p.
  7. « Trotskismo y guevarismo en la revolución cubana (1959-1967) », sur books.openedition.org (consulté le )
  8. « Posadisme | Images et Archives de militants », (consulté le )

Liens externes

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