Paris Habitat

office public de l'habitat de la ville de Paris

Paris Habitat est l'office public de l'habitat (OPH) de la ville de Paris.

Paris Habitat
Histoire
Fondation
Prédécesseur
Cadre
Forme juridique
Domaines d'activité
Logement, location de logementsVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège
21, bis rue Claude Bernard - 75005 Paris
Pays
Organisation
Effectif
2796 collaborateurs
Direction
Cécile Belard du Plantys
Site web
Identifiants
SIREN
OpenCorporates

Juridiquement, Paris Habitat est le successeur de l'office public d'habitations à bon marché de la ville de Paris (OPHBM.VP) et l'office public d'aménagement et de construction de Paris (OPAC de Paris). Présent dans 54 communes, à Paris et dans sa métropole, Paris Habitat loge plus de 281 100 habitants et gère un patrimoine de plus de 125 800 logements[1].

Création de l'OPHBM.VP

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L'office public d'habitations à bon marché de la ville de Paris est créé en 1914[2].

Un nouveau nom, l'OPAC

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Par arrêté ministériel de , l'OPHLM.VP, Établissement à caractère administratif, est transformé en Office public d'aménagement et de construction, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC)[3].

Il est notamment présidé de 1982 à 1993 par Georges Pérol, condamné pour détournement de fonds publics dans l'affaire des HLM de Paris (cf. l’article détaillé)

Paris Habitat, nouvelle identité

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Un nouveau nom et logo sont révélés avec le changement de statut des OPAC en Office public de l'habitat. L'OPAC de Paris a pris officiellement le nom de Paris Habitat - OPH en [3].

En , Paris Habitat délègue à Yespark la gestion de 1 400 places de stationnement[4] et en 2024 à Stonal la digitalisation de 132 000 logements[5].

En , le bailleur social est cible d'une cyberattaque par rançongiciel[6],[7] du groupe REvil[8].

En , Paris Habitat inaugure la résidence intergénérationnelle Charenton Meuniers dans le 12e arrondissement de Paris. Ce programme comprend 87 logements répartis en 39 unités pour jeunes actifs et 48 logements pour seniors, organisés en deux bâtiments reliés par des espaces partagés, dont une salle de convivialité et une salle de sport. Le projet vise à favoriser les liens intergénérationnels et à lutter contre l’isolement social. Conçue selon des principes d’écoresponsabilité, la résidence associe bois et béton, dispose de façades en briques, d’une isolation en laine de bois et de toitures végétalisées. L’ensemble obtient les certifications NF Habitat HQE et Effinergie+. Le coût total du projet s’élève à 13,4 millions d’euros, financé par la ville de Paris, la région Île-de-France et l’État[9].

Toujours en , Paris Habitat met en service, dans le 11e arrondissement de Paris, une installation innovante de récupération de chaleur géothermique dans le parking souterrain d’un de ses immeubles. En partenariat avec Engie Solutions et la société suisse Enerdrape, 145 panneaux géothermiques sont fixés sur les parois du garage, sans nécessiter de forage. Ce dispositif, couplé à une pompe à chaleur de 25 kW, produit environ 70 MWh/an d’énergie thermique, couvrant 25 % des besoins en eau chaude sanitaire de 72 logements et permettant d’éviter l’émission de 15 tonnes de CO₂ par an. L’opération, réalisée pour un coût de 100 000 euros, constitue la première application en France de cette technologie, conçue pour être intégrée facilement dans les infrastructures existantes[10].

En , Paris Habitat lance la rénovation énergétique de cinq immeubles situés dans le quartier des Olympiades dans le 13e arrondissement de Paris, construits entre 1973 et 1976 et totalisant 1 533 logements sociaux. Répartis sur cinq ans et menés en site occupé, les travaux visent à améliorer la performance énergétique des bâtiments, en faisant passer leur étiquette de la classe C à la classe B[11].

Lors du congrès HLM de Paris (23–), GRDF met en avant un projet expérimental mené en partenariat avec le bailleur : l’installation de panneaux géothermiques dans le parking d’une résidence de Paris Habitat. Ce dispositif, couplé à une pompe à chaleur hybride, vise à réduire la consommation énergétique et à répondre aux pics de demande en chauffage[12].

Le , Paris Habitat est designé « maître d'ouvrage de la semaine » par Le Moniteur[13].

Organisation

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Directeurs généraux

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  • 1982-1993 : Georges Pérol
  • 1993-2001 : Yves Laffoucrière
  • 2001-2008 : Jean-François Gueullette
  • 2008-2011 : Pierre-René Lemas
  • 2011-2016 : Stéphane Dambrine
  • 2016-2022 : Stéphane Dauphin
  • 2022- : Cécile Belard du Plantys

Secrétaires généraux

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[...]

  • 1998-2002 : Jean-Yves Nessi

Controverses

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La gestion locative de Paris Habitat fait l’objet de critiques récurrentes, notamment concernant les délais d’attribution des logements, la qualité de l’entretien des bâtiments et des logements, et le manque de communication avec les locataires.

Depuis 2019, des locataires de l'immeuble allée des Frères-Voisin dans le 15e arrondissement de Paris, géré par Paris Habitat, dénoncent des infestations persistantes de rats, souris, punaises de lit et cafards, affirmant que les interventions du bailleur social sont insuffisantes et parfois inefficaces. Malgré six campagnes de dératisation menées par Paris Habitat , les nuisibles reviennent régulièrement, en partie en raison du refus de certains résidents d'autoriser les traitements et de l'attraction des déchets jetés par les fenêtres. Des travaux de rénovation énergétique et thermique, prévus entre 2028 et 2031 pour 50 millions d'euros, pourraient améliorer les conditions de vie, mais aucune solution définitive n'est trouvée pour lutter contre les problèmes sanitaires[14].

À partir de 2021, des locataires de la résidence sociale Paris Habitat située au 33 rue Bréguet, dans le 11e arrondissement de Paris, commencent à signaler une fréquence alarmante de pannes d'ascenseur. Cette résidence, livrée en 2018, est conçue pour accueillir des personnes à mobilité réduite, avec sept appartements de type ULS (unité de logement spécialisé). Les locataires, dont quatre se déplacent en fauteuil roulant constatent environ 300 pannes en six ans, impactant significativement leur autonomie et leur qualité de vie. Face à cette situation, et après l'échec de négociations à l'amiable, les locataires engagent une action en justice contre Paris Habitat en . Le tribunal ordonne alors une expertise indépendante pour déterminer les causes des dysfonctionnements et les responsabilités. Paris Habitat, de son côté, affirme avoir mis en œuvre des solutions et indique un taux de disponibilité de l'ascenseur de 98,9% au , tout en reconnaissant des difficultés passées. Les conclusions de l'expertise sont attendues pour éclairer la suite de la procédure[15].

En 2008, La ville de Paris acquiert pour 17 millions d'euros un immeuble situé au 37 avenue George-V, dans le 8e arrondissement de Paris, propriété d’un promoteur souhaitant en faire des bureaux de luxe, avant de le revendre en 2022 à Paris Habitat pour 40 millions d'euros dans le cadre d’un projet de transformation en logements sociaux et commerciaux. Selon Paris Habitat, l’opération coûte 36,3 millions d’euros au bailleur social, incluant 23 logements sociaux vendus à bas prix (4,5 millions d’euros) et des espaces commerciaux destinés à générer des recettes annuelles de 1,1 million d’euros, avec livraison prévue en 2028. La transaction suscite des critiques politiques, notamment de la droite parisienne, qui dénonce un coût élevé et une possible mauvaise gestion financière, tandis que la mairie justifie l’opération par un prix d’acquisition inférieur à la valeur marchande et un objectif de loger des salariés de l’hôtellerie dans un quartier prestigieux[16],[17],[18],[19],[20].

Depuis , un individu occupe illégalement une cave dans un immeuble de logements sociaux géré par Paris Habitat, situé boulevard Davout, dans le 20e arrondissement de Paris. Cet homme, soupçonné d'être sans domicile fixe, y installe un espace de vie personnel avec des équipements électroménagers branchés sur le réseau électrique de l'immeuble, ainsi que des toilettes improvisées et des zones de stockage. Les résidents font état de menaces, d'insultes et de perturbations liées à des trafics de cigarettes et de stupéfiants dans l'immeuble et la cour. Plusieurs plaintes sont déposées par les habitants, et Paris Habitat engage une procédure d'expulsion en , bien que les services concernés estiment que ce type de situation reste complexe à résoudre rapidement. Une réunion avec les locataires et les autorités locales est prévue le [21].

En 2025, Paris Habitat engage une procédure de résiliation du bail d’une locataire occupant un logement social de 95 m2 dans le 16e arrondissement de Paris, après avoir constaté qu’elle le proposait illégalement en location touristique sur Airbnb à un tarif de 255 € la nuit. Cette pratique constitue une violation de la réglementation en vigueur, qui interdit la sous-location totale d’un logement social. L’affaire est révélée par des touristes ayant séjourné dans le logement, qui ont alerté le bailleur à la suite d’un litige. Paris Habitat indique engager systématiquement des poursuites dans ce type de cas — une quarantaine de procédures similaires étant menées chaque année — et rappelle que la plateforme Airbnb avait retiré l’annonce après signalement. L’incident relance le débat sur l’usage détourné du parc social à des fins lucratives, alors que plus de 400 000 demandes de logement social sont en attente à Paris[22].

En , la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) obtient la résiliation du bail et l'expulsion d'une locataire qui n'occupait son logement social que sporadiquement depuis 2020, le considérant comme une résidence secondaire, en violation de l'obligation d'occupation principale (au moins huit mois par an). Le tribunal judiciaire de Paris ordonne son départ dans un délai réduit à quinze jours pour permettre la réattribution rapide du bien à une personne éligible[23],[24].

Depuis , des résidents de la résidence située dans le 18e arrondissement de Paris, gérée par Adoma en lien avec Paris Habitat, dénoncent des problèmes de santé persistants liés à la contamination par la fumée après un incendie survenu le . Plusieurs familles, dont des enfants en bas âge, signalent des troubles respiratoires chroniques, corroborés par des certificats médicaux, et réclament un relogement d'urgence, sans solution trouvée malgré les démarches auprès de Paris Habitat. Une enquête de l'Agence régionale de santé est lancée, tandis qu'Adoma affirme que les mesures de sécurité ont été rétablies et qu'aucun risque sanitaire ne subsiste[25].

Références

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  1. « Rapport d'activité de Paris Habitat 2021 »,
  2. BNF 16954916.
  3. a et b Javier Arpa, Paris Habitat, cent ans de ville, cents ans de vie, Paris, Editions du Pavillon de l'Arsenal, , 608 p. (ISBN 978-2-35487-027-0), p. 9
  4. Paris Habitat confie 1 400 places de stationnement à Yespark
  5. « Paris Habitat souhaite constituer un référentiel patrimonial complet »  , sur News Tank Cities, (consulté le )
  6. Valéry Rieß-Marchive, « Paris Habitat : une paralysie informatique due à un ransomware », sur LeMagIT, (consulté le )
  7. Louis Adam, « Paris Habitat : un incident majeur paralyse les services », sur ZDNET, (consulté le )
  8. Louis Adam, « Paris Habitat : L’incident technique était bien un ransomware », sur ZDNET, (consulté le )
  9. « Paris : mise en service de la résidence intergénérationnelle Charenton Meuniers dans le 12e arrondissement », sur Le Moniteur, (consulté le )
  10. Thomas Blosseville, « À Paris, des panneaux géothermiques captent la chaleur des parkings », sur La Gazette des Communes, (consulté le )
  11. « Logement social : Paris Habitat va rénover ses tours à Paris », sur Le Moniteur, (consulté le )
  12. « Comment GRDF accompagne les bailleurs sociaux dans la décarbonation », sur Le Moniteur, (consulté le )
  13. « Paris Habitat (Paris, 75) » [html], sur Le Moniteur, (consulté le )
  14. Marie-Eve Lacasse, « «On est dans la mouise !» : à Paris, des locataires d’un HLM en guerre contre les rats », sur Libération, (consulté le )
  15. Auguste Canier, « « 300 pannes d’ascenseur en six ans » : à Paris, des locataires en fauteuil roulant attaquent leur bailleur », sur leparisien.fr, (consulté le )
  16. Benjamin Mathieu, « Paris : un immeuble du triangle d'or transformé en logements sociaux fait scandale sur les réseaux sociaux », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le )
  17. Léandre Herman-Kasse, « 23 logements sociaux ont-ils coûté 48 millions d’euros à la ville de Paris ? », sur Challenges, (consulté le )
  18. « Ces 23 logements HLM à 48 millions d’euros, tout près des Champs-Élysées, suscitent la polémique », sur Le Figaro, (consulté le )
  19. « Polémique sur des logements sociaux à 200 mètres des Champs-Elysées », Le Monde,‎ , p. 12
  20. « Des logements sociaux à prix d’or près des Champs-Élysées ? La mairie de Paris réplique », sur Le HuffPost, (consulté le )
  21. Juliette Duclos, « « Ça nous pourrit la vie » : trafics, dégradations… à Paris, le squatteur de cave fait vivre l’enfer aux riverains », sur leparisien.fr, (consulté le )
  22. Fostine Carracillo, « Pendant que d’autres attendent un logement social, elle louait son HLM 255 € la nuit sur Airbnb », sur Maison & Travaux, (consulté le )
  23. Solweig E, « Elle utilisait son logement social comme résidence secondaire : la justice prend une décision radicale », sur Marie France, magazine féminin, (consulté le )
  24. Rafaële Rivais, « Quand le logement social fait office de « résidence secondaire » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. Auguste Canier et Juliette Halliez, « « Les enfants sont tout le temps malades » : après un incendie à Paris, ils vivent dans leurs appartements souillés », sur leparisien.fr, (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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