Nok est un village et un site archéologique situé dans la zone de gouvernement local de Jaba, dans le sud de l'État de Kaduna, au Nigeria. Le village donne son nom à la culture Nok, une culture archéologique du Nigeria central connue pour ses sculptures figuratives en terre cuite et pour ses vestiges liés à la métallurgie du fer.

Nok
Image illustrative de l’article Nok
Vestiges de l'ancienne ville.
Localisation
Pays Drapeau du Nigeria Nigeria
État de Kaduna
zone de gouvernement local de Jaba
Type Village, habitat ancien et site métallurgique
Coordonnées 9° 29′ 25″ nord, 8° 01′ 13″ est
Histoire
Époque Culture Nok
Géolocalisation sur la carte : Nigeria
(Voir situation sur carte : Nigeria)
Nok
Nok
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Nok
Nok

Les recherches menées à Nok et sur d'autres sites de la même aire culturelle permettent de situer la culture Nok entre le deuxième millénaire avant notre ère et les premiers siècles de notre ère. Le village conserve aussi les vestiges de fours, un musée et plusieurs lieux associés aux premières recherches archéologiques.

Localisation

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Nok se trouve dans une région de collines et d'affleurements rocheux du centre du Nigeria, au sud du plateau de Jos. Le village appartient au territoire traditionnel des Ham, également appelés Jaba dans des sources anciennes.

La région possède des gisements d'étain et de fer dont l'exploitation joue un rôle dans la découverte de plusieurs objets archéologiques au cours du XXe siècle. Les terrassements, les carrières et les activités minières mettent au jour des fragments de sculptures, des poteries et des vestiges métallurgiques.

Relief rocheux aux environs du village de Nok.

Recherches archéologiques

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Découverte des terres cuites

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Les premières sculptures rattachées à la culture Nok sont signalées dans le centre du Nigeria pendant la première moitié du XXe siècle. En 1943, une tête en terre cuite découverte lors de travaux miniers près de Nok est portée à l'attention de l'archéologue britannique Bernard Fagg. Celui-ci reconnaît l'intérêt archéologique de l'objet et entreprend de réunir les informations relatives à des découvertes comparables[1].

Avec l'aide des habitants, des mineurs et des autorités locales, Bernard Fagg repère plusieurs gisements contenant des fragments de sculptures, des poteries, des outils en pierre et des objets liés au travail du fer. Il utilise le nom du village de Nok pour désigner cet ensemble archéologique[2].

Les premières découvertes proviennent en grande partie de contextes bouleversés par les activités minières. Elles permettent d'identifier une tradition artistique inconnue, mais fournissent peu d'informations sur la position initiale des sculptures et sur leur fonction.

Reprise des recherches

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À partir de 2005, un programme de recherche conduit par l'université Goethe de Francfort reprend l'étude de la culture Nok. Les archéologues fouillent des habitats et des zones de production dans plusieurs parties du Nigeria central. Ils étudient les sculptures avec les céramiques, les vestiges végétaux, les structures d'habitation et les objets métalliques trouvés dans les mêmes couches archéologiques[3].

Ces travaux montrent que le terme « culture Nok » désigne un ensemble de communautés établies sur un vaste territoire, et non un royaume centré sur le seul village de Nok. Les principaux sites étudiés comprennent aussi Taruga, Samun Dukiya, Janjala, Pangwari et Ifana[4].

Sculptures en terre cuite

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Sculpture anthropomorphe en terre cuite rattachée à la culture Nok, conservée au musée du Louvre.

La culture Nok est connue pour ses sculptures en terre cuite représentant des êtres humains, des animaux et des figures mêlant plusieurs caractères anatomiques. Les œuvres conservées sont fréquemment fragmentaires, car la plupart sont découvertes dans des couches remaniées ou à la surface du sol.

Les figures humaines présentent des têtes proportionnellement grandes, des yeux triangulaires ou arrondis dont les pupilles sont perforées, des coiffures élaborées, des bijoux et des marques corporelles. Certaines sculptures représentent des personnages assis, agenouillés, montés à cheval ou associés à des animaux[5].

Les artisans façonnent les sculptures avec de l'argile contenant des éléments minéraux grossiers. Les analyses montrent des ressemblances techniques entre la pâte utilisée pour les figures et celle des récipients domestiques. Les sculptures sont creuses et sont modelées par assemblage de plusieurs parties avant leur cuisson[5].

La fonction des terres cuites reste incertaine. Leur fragmentation, leur répartition et leur association avec des espaces domestiques ne permettent pas de déterminer si elles servent principalement à des pratiques funéraires, politiques, thérapeutiques ou religieuses[4].

Tête en terre cuite caractérisée par des yeux triangulaires perforés.

Chronologie

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Les premières tentatives de datation reposent sur des échantillons de charbon provenant de secteurs miniers ou de couches dont la relation avec les sculptures est difficile à établir. Un échantillon recueilli en 1951 dans le secteur appelé Main Paddock fournit une date très ancienne, proche du quatrième millénaire avant notre ère. Cette date n'est pas retenue pour la culture Nok, car le contexte stratigraphique de l'échantillon demeure incertain[6].

Les fouilles conduites au XXIe siècle fournissent des séries de datations issues de contextes mieux documentés. Elles font commencer la culture Nok au cours du deuxième millénaire avant notre ère. Sa période de développement principal s'étend au premier millénaire avant notre ère, puis les traces qui lui sont attribuées disparaissent durant les premiers siècles de notre ère[4][7].

Ces résultats remplacent les anciennes chronologies fondées uniquement sur le style des sculptures ou sur des découvertes réalisées hors de leur contexte archéologique.

Métallurgie du fer

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Vestiges d'un four dans le village de Nok.

Nok conserve des vestiges interprétés comme des fours de réduction du minerai de fer. Des traces comparables sont découvertes à Taruga et sur d'autres sites de l'aire de la culture Nok. Elles comprennent des bases de fours, des tuyères, des scories et des fragments de parois chauffées.

Les données disponibles attestent la production du fer au sein de communautés rattachées à la culture Nok au cours du premier millénaire avant notre ère. Elles ne permettent toutefois pas d'attribuer toute la durée de cette culture à une société exclusivement métallurgique ni d'associer chaque sculpture à une activité sidérurgique[4].

L'absence d'une métallurgie du cuivre clairement documentée entre les industries lithiques et le travail du fer ne signifie pas que l'ensemble de l'Afrique subsaharienne suit une évolution unique. Les trajectoires techniques diffèrent selon les régions et les données archéologiques restent inégalement conservées[8].

La question d'une invention indépendante de la sidérurgie en Afrique de l'Ouest ou de sa diffusion depuis d'autres régions demeure discutée. Les vestiges de Nok participent à ce débat, mais ne permettent pas à eux seuls de déterminer l'origine de la métallurgie du fer en Afrique[9].

Habitat et économie

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Les sites rattachés à la culture Nok livrent des fosses, des foyers, des fragments de bâtiments, des meules, des outils en pierre polie et une abondante céramique. Ces vestiges correspondent à des communautés sédentaires pratiquant l'agriculture, la collecte de plantes sauvages et la transformation des céréales.

Les analyses archéobotaniques mettent en évidence la culture du mil à chandelle. Les habitants exploitent également des fruits sauvages et d'autres ressources végétales. Les conditions acides des sols limitent la conservation des ossements, ce qui rend difficile la reconstitution de l'élevage et de la chasse[10].

La présence simultanée d'outils en pierre, de céramique, de terres cuites et d'objets liés au fer reflète la diversité des techniques employées. Elle ne correspond pas à un passage brusque et uniforme de l'âge de la pierre à l'âge du fer.

Musée et patrimoine

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Entrée du musée national de Nok.

Le village abrite un musée consacré aux découvertes archéologiques locales et à la culture Nok. Les collections présentées comprennent des reproductions ou des fragments de terres cuites, des objets lithiques et des vestiges liés à la métallurgie.

Le patrimoine archéologique de Nok est menacé par les fouilles clandestines, le commerce illicite des antiquités, l'agriculture, l'érosion et les activités minières. De nombreuses sculptures sont retirées de leur contexte avant d'entrer sur le marché de l'art, ce qui prive les chercheurs des informations relatives à leur datation, à leur fonction et à leur association avec les habitats[11].

L'authenticité de certaines œuvres conservées dans des collections privées fait aussi l'objet de réserves. L'étude archéologique privilégie les objets découverts au cours de fouilles documentées plutôt que les pièces dépourvues de provenance précise[5].

Bâtiment du musée de Nok, dans l'État de Kaduna.

Notes et références

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  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Nok » (voir la liste des auteurs).

Références

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  1. (en) Bernard Fagg, Nok Terracottas, Zurich, Ethnographical Museum Zurich,
  2. (en) Aedeen Cremin, Archaeologica: The World's Most Significant Sites and Cultural Treasures, Londres, Frances Lincoln, , 108-109 p. (ISBN 978-0-7112-2822-0[à vérifier : ISBN invalide]), « Nok, Nigeria »
  3. (en) Nicole Rupp, James Ameje et Peter Breunig, « New Studies on the Nok Culture of Central Nigeria », Journal of African Archaeology, vol. 3, no 2, , p. 283-290 (DOI 10.3213/1612-1651-10056)
  4. 1 2 3 4 (en) Nok: African Sculpture in Archaeological Context, Francfort-sur-le-Main, Africa Magna Verlag, (ISBN 978-3-937248-46-2)
  5. 1 2 3 (en) Peter Breunig, « The Making of « Nok Terracotta » », Afrique : Archéologie et Arts, no 4, , p. 33-41 (lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Stone Age Prehistory: Studies in Memory of Charles McBurney, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-25773-4[à vérifier : ISBN invalide]), p. 159
  7. (en) Peter Breunig et Nicole Rupp, « An Outline of Recent Studies on the Nigerian Nok Culture », Journal of African Archaeology, vol. 8, no 1, , p. 165-178 (DOI 10.3213/1612-1651-10153)
  8. (en) Augustin F. C. Holl, The Origins of African Metallurgies, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-750047-7)
  9. (en) Susan Keech McIntosh, « Current Directions in West African Archaeology », Annual Review of Anthropology, vol. 28, , p. 215-238 (DOI 10.1146/annurev.anthro.28.1.215)
  10. (en) Katharina Neumann, Annette Franke et Peter Breunig, « Continuity and Change in the Late Holocene Vegetation of the Nigerian Plateau », Vegetation History and Archaeobotany, vol. 14, , p. 353-368
  11. (en) « The Nok Culture », sur Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Nok: African Sculpture in Archaeological Context, Francfort-sur-le-Main, Africa Magna Verlag, (ISBN 978-3-937248-46-2)
  • (en) Bernard Fagg, Nok Terracottas, Zurich, Ethnographical Museum Zurich,
  • (en) Nicole Rupp, James Ameje et Peter Breunig, « New Studies on the Nok Culture of Central Nigeria », Journal of African Archaeology, vol. 3, no 2, , p. 283-290 (DOI 10.3213/1612-1651-10056)
  • (en) Peter Breunig, « The Making of « Nok Terracotta » », Afrique : Archéologie et Arts, no 4, , p. 33-41 (lire en ligne)
  • (en) Peter Breunig et Nicole Rupp, « An Outline of Recent Studies on the Nigerian Nok Culture », Journal of African Archaeology, vol. 8, no 1, , p. 165-178 (DOI 10.3213/1612-1651-10153)

Articles connexes

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Liens externes

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