Nawell Madani

humoriste et comédienne belge

Nawell Madani est une humoriste, scénariste, réalisatrice et animatrice de télévision belge, née le [1],[note 1],[2] à Watermael-Boitsfort[3] (Région de Bruxelles-Capitale). Elle est révélée au public en 2012 grâce au Jamel Comedy Club.

Nawell Madani
Description de cette image, également commentée ci-après
Nawell Madani en 2017.
Naissance (46 ans)
Watermael-Boitsfort, Bruxelles-Capitale (Belgique)
Nationalité Algérienne
Belge
Profession Humoriste
Actrice
Animatrice
Scénariste
Showrunneuse
Réalisatrice
Site internet http://www.nawellmadani.fr/

Biographie

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Enfance et famille

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D'origine algérienne[4], Nawell Madani naît à Watermael-Boitsfort et grandit en Belgique dans la commune d'Anderlecht, à l'ouest de la région de Bruxelles-Capitale. À l'âge de deux ans, elle se brûle au troisième degré au cuir chevelu et doit ensuite subir les quolibets de ses camarades à l'école[5]. Elle est, pendant une bonne partie de son enfance et de son adolescence, un garçon manqué, ce qui fournit par la suite la matière de plusieurs de ses sketches[6]. Son père est chauffeur de taxi[7] (désapprouvant un moment le départ de sa fille, lui en voulant de quitter le foyer familial[5]) et sa mère est infirmière dans un hôpital.

Débuts et formation

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Elle s'installe à Paris à 21 ans[8] avec pour ambition première de devenir chorégraphe et danseuse professionnelle. Elle connaît des difficultés financières, revient en Belgique, puis repart dans la capitale française. Elle fait plusieurs petits boulots : « dame pipi, physio, vendeuse de crêpes »[5]. Après plusieurs tournées en tant que chorégraphe (elle apparaît dans le clip de DJ, de Diam's[5]) puis elle abandonne cette carrière : « les directeurs artistiques nous demandaient surtout de nous mettre en bikini. Ils se foutaient de la danse », déclare-t-elle. Elle est un moment directrice artistique d'une boîte de nuit à Anvers[7]. Elle découvre le théâtre et veut devenir actrice. Fin 2008, elle intègre alors le Studio Pygmalion où elle se forme pendant plusieurs mois[6]. Elle suit également les cours de Damien Acoca[9], ceux du « Laboratoire de l'Acteur » dirigé par Hélène Zidi-Chéruy[10]... Elle est ainsi repérée dans la petite salle Le Pranzo par le directeur artistique du Jamel Comedy Club qui l'invite à passer le casting pour intégrer l'équipe créée par Jamel Debbouze. Seule femme retenue pour intégrer la troupe, Nawell Madani fait en ses débuts en tant qu'humoriste[7]. Elle quitte le Jamel Comedy Club six mois plus tard[6] : « je pensais intégrer une grande famille, j'ai découvert un monde plein d'ego et de compétition »[7]. Elle reconnaît cependant que « ça a forgé mon caractère. J'ai appris le métier plus vite »[5].

Carrière

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Sur Télé Sud, elle anime l'émission Backstage où elle reçoit des artistes tels que Rick Ross, Shaggy, Wyclef Jean, Kery James, Nas ou Chris Brown. En 2011, elle présente l'émission Shake Ton Booty sur MTV aux côtés de Cut Killer. En , elle rejoint en tant que chroniqueuse l'équipe du Grand Journal qui cherche à se renouveler[11]. Elle fonde ensuite en 2013 le collectif des Jam’Girls, émission télévisée qui réunit une nouvelle génération d'humoristes féminines, diffusée sur Chérie 25 et Comédie. Elle se lance dans son premier one-woman show en 2013 : C'est moi la plus belge, aux Feux de la rampe puis au palais des Glaces à Paris[6] et fait la tournée des Zéniths en France, mais également le Trianon complet sur trois représentations, ainsi qu'une résidence d'un mois au théâtre Le Comédia à Paris et termine en beauté à l'Olympia. Elle y aborde des sujets tabous, comme la virginité chez la femme maghrébine ou encore l'homosexualité[7]. En , elle participe au Canada au festival Juste pour rire de Montréal[10].

En 2015, elle est récompensée aux Globes de Cristal dans la catégorie Meilleur one-man-show.

Elle joue dans le film Alibi.com, sorti en salles le , où elle joue un second rôle important et remarqué de chanteuse plantureuse, pétillante et sexy. Notamment, elle y renoue avec ses talents de chorégraphe et de chanteuse car elle prend en charge le long générique de fin où elle interprète un show-clip-chanson rap / R n'B réussi et émouvant qui combine légèreté de la forme et gravité du propos, qui parodie les clichés à la mode et stigmatise les habitudes de drague et de consommation par opposition à l'authenticité des rapports humains et à la solidarité nécessaire face aux inégalités dans le monde.

Quelques mois plus tard, le , sort son premier film comme réalisatrice, C'est tout pour moi, inspiré de son histoire personnelle et dans lequel elle tient le premier rôle aux côtés de François Berléand.

En 2023, sort une série en huit épisodes pour Netflix, un thriller, Jusqu'ici tout va bien, qu'elle a écrit, réalisé, produit, et où elle tient le premier rôle, celui d'une journaliste[12].

Vie privée

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Depuis 2007, elle est en couple avec Djebril Zonga, un ancien footballeur devenu mannequin et acteur[13]. En , elle devient mère d'une fille nommée Lou[14].

Polémiques et affaire judiciaire

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Accusation de vol d'une chorégraphie

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En 2023, le chorégraphe Yanis Marshall et professeur de la Star Academy affirme que Madani a utilisé l’une de ses chorégraphies dans un film sans autorisation, sans paiement, tout en le créditant[15]. Dans un communiqué du , Madani juge les accusations de Yanis Marshall « injustifiées, outrancières et choquantes ». Elle affirme que Marshall avait bien été contacté pour l’acquisition des droits de sa chorégraphie, qu’une proposition financière faite par son agent a été acceptée par son producteur, et que, informée d’un non-paiement, elle est intervenue auprès de la production pour qu’il soit rémunéré[16].

Controverse sur les conditions de tournage

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En 2023, une quinzaine de techniciens dénonce auprès de Mediapart les coulisses de la série Jusqu’ici tout va bien sur Netflix incluant des propos homophobes, de la tension permanente et de la mise en danger des salariés[17],[18].

Cette même série reçoit de nombreuses critiques. Les critiques portent sur une représentation jugée stéréotypée de la banlieue et de la communauté maghrébine, notamment via le personnage de Lina joué par Paola Locatelli. D’autres défendent la série, estimant que son message sur la sororité et les femmes n’a pas été compris. Madani, invitée dans plusieurs émissions, dit vouloir mettre en avant des femmes puissantes issues des quartiers[19].

Affaire judiciaire

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Le , Madani fait l’objet d’accusations d’agression sur un enfant de six ans à Paris. L’enfant est blessé après avoir reçu un coup de pied dans le thorax dans la soirée du et est admis à l'hôpital. Le père de l’enfant déclare que son fils souhaitait prendre une photo avec l’actrice[20]. Une enquête pour « violence sur mineur de moins de 15 ans » est ouverte afin de déterminer les circonstances précises des faits, mais l'accusée nie les faits, prétendant que le garçonnet voulait "lui voler son sac". Une vidéo tournée par Madani avec son portable la montre accusant l'enfant, l'insultant ainsi que son père, et justifiant sa violence et le coup de pied porté au thorax du petit garçon[21]. Selon son avocate, Caroline Toby, à l'AFP, elle est « profondément affectée par ce qui s’est passé et tient à exprimer toute sa tristesse à l’égard de l’enfant et de sa famille » et se dit « soulagée de savoir que le plaignant se porte bien et prend régulièrement de ses nouvelles »[22].

Filmographie

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Cinéma

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Téléfilms et séries télévisées

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Émissions de télévision

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Spectacles

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Notes et références

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  1. D'autres sources, comme evene.fr, affirment qu'elle est née le .

Références

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  1. Grégory Plouviez, « Nawell Madani sort sa première série Netflix : « Aujourd’hui, les femmes deviennent les hommes de la maison » », interview, sur leparisien.fr, (consulté le ) : « En vrai, j’ai 43 ans ».
  2. « Nawell Madani », sur notrecinéma.com (consulté le )
  3. « Nawell Madani », sur Allociné (consulté le ).
  4. « “Couscous c’est nous”, la nouvelle web-série de la comédienne algéro-belge Nawell Madani », Tout sur l'Algérie,‎ (lire en ligne).
  5. a b c d et e Anthony Verdot-Belaval, « Nawell Madani fait son cinéma », Paris Match, semaine du 30 novembre au 6 décembre 2017, pages 124-127.
  6. a b c et d Laïreche 2014.
  7. a b c d et e Locoge 2014.
  8. Catherine Balle, « C'est la nouvelle bombe comique », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  9. Vimeo.
  10. a et b Roy 2014.
  11. Armati 2012.
  12. Sophie des Déserts, « Nawell Madani, toutes vannes ouvertes », Libération,‎ (lire en ligne)
  13. « Nawell Madani : "Le jour où mon amoureux est devenu mannequin" », propos recueillis par Anthony Verdot-Belaval, sur Paris Match, .
  14. H.D., « L’humoriste Nawell Madani maman, elle annonce sa grossesse gardée secrète dans un sketch », sur La Voix du Nord, .
  15. «Le pire coup qu’on m’ait jamais fait» : Yanis Marshall accuse Nawell Madani de l’avoir «volé», sur europe1.fr, (consulté le )
  16. Lisa Ziane, « Nawell Madani répond enfin aux accusations "injustifiées, outrancières et choquantes" de Yannis Marshall de la "Star Academy" ! », sur Public, (consulté le )
  17. Khedidja Zerouali, « « Jusqu’ici tout va bien » sur Netflix : les techniciens racontent l’enfer du décor », sur Mediapart, (consulté le )
  18. « "Jusqu'ici tout va bien": des techniciens dénoncent les conditions de tournage de la série de Nawell Madani », sur BFMTV, (consulté le )
  19. « Jusqu'ici tout va bien : pourquoi la série de Nawell Madani fait polémique ? », 11 avril 2023 à 11h31 (consulté le )
  20. Par Candice Doussot Le 8 octobre 2025 à 05h55, « L’humoriste Nawell Madani accusée d’agression : un enfant de 6 ans blessé après un « coup de pied dans le thorax » », sur leparisien.fr, (consulté le )
  21. « L’humoriste Nawell Madani visée par une enquête pour violence après un coup de pied au thorax d’un enfant de 6 ans », sur SudOuest.fr, (consulté le )
  22. « "Un réflexe de défense" : Nawell Madani explique pourquoi elle a donné un coup de pied au thorax d’un enfant de 6 ans », sur midilibre.fr (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Webographie

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Liens externes

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