Maurice Escande

acteur français

Maurice Escande est un acteur français, né le à Paris[1] et mort le dans la même ville[2].

Maurice Escande
Fonctions
Administrateur général de la Comédie-Française
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Doyen de la Comédie-Française (d)
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Sociétaire de la Comédie-Française
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Sociétaire de la Comédie-Française
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Maurice René EscandeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Autres informations
Maître
Vue de la sépulture.

Biographie

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Après avoir pris des leçons de Denis d'Inès, Maurice Escande remporte en 1912 au Conservatoire, dans la classe de Raphaël Duflos, un premier prix de Comédie et un second prix de tragédie, et débute à au théâtre de l'Odéon.

Le service militaire puis la Première Guerre mondiale interrompent un temps sa carrière. Appelé au service dans l'infanterie en , il est blessé par éclat d'obus au flanc gauche le à Champien. Caporal brancardier depuis , il est de nouveau blessé par balle à la jambe gauche le dans la Somme. Il se distingue assez pour obtenir une citation qui lui vaut la croix de guerre, et sera plus tard président de l'Association des comédiens combattants. Devenu inapte à faire campagne, il est placé en sursis d'appel à partir de en qualité d'artiste au théâtre de l'Odéon et ce jusqu'à la fin de la guerre[3].

En 1918, il est engagé à la Comédie-Française, où il débute dans le Monde où l'on s'ennuie d'Édouard Pailleron et dans les rôles classiques : Hippolyte de Phèdre, Pyrrhus d’Andromaque, Rodrigue du Cid, Curiace d'Horace, Sévère de Polyeucte, Didier de Marion Delorme, entre autres.

Élégant, doué d'une voix musicale, il interprète avec panache les princes de tragédie et les amoureux de comédie, où il joue de son charme et de sa désinvolture. Des petits marquis de Molière aux grands premiers rôles du répertoire, il s'impose par une diction parfaite et une aisance policée. Dans le répertoire moderne, il joue les séducteurs et les aristocrates.

En 1925, sur le point d'être nommé sociétaire, il quitte la Comédie-Française pour une escapade de huit années pendant lesquelles il va jouer sur les boulevards des auteurs contemporains comme Giraudoux (Judith), Jules Romains (Le Roi masqué) avec Louis Jouvet, ou encore Léopold Marchand et Henri Decoin. Sollicité par Cécile Sorel pour jouer avec elle dans La Dame aux camélias lors de sa soirée d'adieu, il rentre et est nommé sociétaire en 1936. Metteur en scène, sa prédilection va vers Racine, dont il a monté plusieurs tragédies, Musset et Marivaux, dont la sensibilité et l'élégance s'accordent à son tempérament. Il fait redécouvrir Suréna de Pierre Corneille dont il monte aussi Cinna et Polyeucte.

Doyen depuis 1956, il est appelé à remplacer en 1960, l'administrateur Claude Bréart de Boisanger, et devient le premier administrateur-comédien. Ses dix années de mandature constituent une période de travail intense, ouvrant de nouvelles perspectives à la Comédie-Française : de nombreux metteurs en scène français et étrangers sont appelés à y travailler, des auteurs très contemporains, comme Audiberti, Ionesco et Schehadé, sont représentés. En tant que sociétaire honoraire, il joue encore quelques-uns de ses rôles de prédilection jusqu'en 1971, ceux d'Orgon du Jeu de l'amour et du hasard, et d'Auguste de Cinna.

Professeur, il a formé de nombreux comédiens, parmi lesquels Jean Chevrier, Georges Marchal, Jacques Charon, Jacques Dacqmine, Serge Reggiani, Michel Bouquet, Micheline Boudet, Louise Conte, entre autres. Au cinéma, il a tourné dans quelque soixante-dix films dont le premier avant la guerre de 1914-1918. Dans le dernier, Martin soldat de Michel Deville, on le voyait dans son propre rôle d'administrateur général de la Comédie-Française.

Son nom fut donné à la salle de répétition aménagée dans les sous-sols de la Comédie-Française et reproduisant les conditions exactes de la scène.

Maurice Escande est enterré au cimetière de Montrouge. Il a épousé en 1920[1] la comédienne Mary Marquet, dont il a divorcé en 1921.

Formation

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Théâtre

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Comédie-Française

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  • Entrée à la Comédie-Française en 1918 ; départ le .
  • Retour le .
  • 390e Sociétaire en 1936 ; départ en 1946 ; retour en 1948.
  • Doyen de 1956 à 1960.
  • Sociétaire honoraire le .
  • Administrateur général de 1960 à 1970.

  • Soirées littéraires :
    • La dernière journée de Molière (d'après Grimarest),
    • Élégie aux nymphes de Vaux (La Fontaine),
    • Les « Vous » et les « Tu », En qualité d’historien et Lettre à un Genevois (Voltaire), Les Victoires de Voltaire,
    • Adolphe, extraits de Mon père avait raison, Sacha Guitry, en tournée officielle à Rio de Janeiro.

Metteur en scène

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Hors Comédie-Française

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Comédien

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Metteur en scène

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Filmographie

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Distinctions

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Notes et références

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  1. a et b Acte de naissance n° 2783 (vue 7/31) avec mentions marginales du mariage et du décès. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 15ème arrondissement, registre des naissances de 1892.
  2. Acte de décès n° 36 (vue 5/25). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 1er arrondissement, registre des décès de 1973.
  3. Archives de Paris, D4R1 1708, Bureau de recrutement de la Seine, classe 1913, Matricule 1363, Fiche matricule de Maurice René Escande.
  4. Ordre national du mérite. Décret portant élévation à la dignité de grand'croix et de grand officier du 11 mai 1968. Publié dans le Journal officiel du 23 mai 1968.

Annexes

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Bibliographie

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  • Olivier Barrot et Raymond Chirat, Noir et Blanc. 250 acteurs français du cinéma français 1930-1960, Paris, Flammarion, 2000, p. 223–224.

Liens externes

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