Louis Mapou
Louis Mapou, né le à la tribu d’Unia dans la commune de Yaté, est un homme politique kanak indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, président du gouvernement du au .
| Louis Mapou | |
Louis Mapou en 2024. | |
| Fonctions | |
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| Membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie | |
| En fonction depuis le (1 an, 4 mois et 6 jours) |
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| Circonscription | Province sud |
| Législature | 5e |
| Groupe politique | UNI |
| Prédécesseur | Aloisio Sako |
| – (7 ans, 1 mois et 22 jours) |
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| Élection | 11 mai 2014 |
| Réélection | 12 mai 2019 |
| Circonscription | Province sud |
| Législature | 4e, 5e |
| Groupe politique | UNI |
| Successeur | Aloisio Sako |
| Président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie | |
| – (3 ans, 5 mois et 30 jours) |
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| Élection | |
| Vice-président | Isabelle Champmoreau |
| Gouvernement | Mapou |
| Prédécesseur | Thierry Santa |
| Successeur | Alcide Ponga |
| Membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie[1] | |
| – (4 ans et 10 mois) |
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| Élection | |
| Président | Lui-même |
| Gouvernement | Mapou |
| Prédécesseur | Thierry Santa (Sécurité, Relations extérieures, Mines) Didier Poidyaliwane (Affaires coutumières, Identité, Citoyenneté) |
| Président du groupe UNI au Congrès de la Nouvelle-Calédonie | |
| – (7 ans, 1 mois et 22 jours) |
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| Élection | 11 mai 2014 |
| Réélection | 12 mai 2019 |
| Législature | 4e, 5e |
| Groupe politique | UNI |
| Prédécesseur | Jean-Pierre Djaïwé |
| Successeur | Jean-Pierre Djaïwé |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Unia (Yaté, Nouvelle-Calédonie) |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Palika |
| Diplômé de | Université de Nantes Université Paris-Diderot Université Bordeaux-III |
| Profession | Géographe Fonctionnaire territorial Administrateur de société |
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| Présidents du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie | |
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Il est père de quatre enfants et est le frère cadet de Raphaël Mapou, lui-aussi figure de l'indépendantisme kanak[2].
Il est élu président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie le , le premier indépendantiste à obtenir cette fonction sous le statut de l'accord de Nouméa.
Origines et formation
modifierLouis Mapou a commencé à militer dans les premiers mouvements de gauche indépendantiste kanak lorsqu'il était lycéen à partir de 1974, notamment en créant avec le futur maire de Koné Joseph Goromido l'Association des lycéens kanak (ALK), lié au « Groupe 1878 » d'Élie Poigoune. Celui-ci, très axé sur les questions de revendications foncières sur la Grande Terre, est l'une des organisations à l'origine de la création du Parti de libération kanak (Palika) en 1975[3].
Après un baccalauréat obtenu au lycée privé catholique Blaise-Pascal de Nouméa, Louis Mapou a suivi des études universitaires à Nantes puis à Paris en géographie humaine, avant d'obtenir un diplôme d'études approfondies (DEA) en géographie des espaces tropicaux de l'université Michel-de-Montaigne (Bordeaux III) en 1991, avec un mémoire intitulé « Perceptions et pratiques de l’espace foncier chez les Kanak de Yaté en Nouvelle-Calédonie »[4],[5].
Carrière professionnelle
modifierAprès ses études, il a notamment contribué aux travaux de l’ORSTOM (devenue IRD) sur le rééquilibrage territorial en Nouvelle-Calédonie. Puis, il entre à l’Agence de développement rural et d'aménagement foncier et en sera le directeur général de 1998 à 2005.
Entre 2005 et 2014, il est à la fois administrateur d’Eramet[6], président du conseil de direction de Koniambo Nickel et directeur de la Sofinor.
Carrière politique
modifierMilitant et élu indépendantiste
modifierLouis Mapou est membre du cabinet politique de Léopold Jorédié, président de la région Centre et cadre du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), de 1985 à 1988, il est l'un des signataires des accords d'Oudinot qui précisent les accords de Matignon de 1988[5]. Il est conseiller municipal de Païta de 1989 à 1995 et depuis 2020, ainsi qu'élu de la Province Sud et au Congrès depuis 2014[7]. Membre du Parti de libération kanak (Palika), il est président du groupe Union nationale pour l'indépendance (UNI) au Congrès de la Nouvelle-Calédonie de 2014 à 2021 et conseiller municipal d'opposition à Païta de 1989 à 1995 et de 2020 à 2026.
Élections législatives de 2017
modifierEn 2017 il se présente aux élections législatives dans la deuxième circonscription de Nouvelle-Calédonie en tant que candidat unique du FLNKS et arrive en tête au premier tour avec un score de 30,08 %. Il perd cependant au deuxième tour face au député sortant Philippe Gomès avec 45,05 % des suffrages exprimés[8].
Président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie
modifierNomination
modifierIl est élu président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie le , devenant le premier indépendantiste à accéder à cette fonction sous le statut de l'accord de Nouméa. Il entre en fonction le , soit une semaine après son élection comme président du dix-septième gouvernement[9],[10].
Lors de sa déclaration de politique générale en novembre 2021, Louis Mapou fixe plusieurs priorités à son gouvernement, notamment la cohésion sociale, la relance économique, la transition institutionnelle et le redressement des finances publiques. Il présente cette feuille de route comme le « fil d’Ariane » de la mandature[11].
Économie
modifierSon mandat est marqué par la crise durable de la filière nickel, pilier de l’économie néo-calédonienne. Face aux difficultés financières des usines métallurgiques et à la concurrence internationale, notamment indonésienne, son gouvernement met en place des dispositifs d’urgence pour soutenir les entreprises et les salariés du secteur. En 2024, le gouvernement engage également un plan de relance économique afin de répondre au ralentissement de la croissance et aux tensions budgétaires du territoire[12]. Il également gérer les divisions politiques autour du « pacte nickel » proposé par l’État français en 2024. Le projet, destiné à sauver la filière métallurgique grâce à un soutien financier massif, suscite des oppositions au sein du Congrès de la Nouvelle-Calédonie et chez certains mouvements indépendantistes, qui dénoncent une reprise en main économique du territoire par l’État[13].
Émeutes de 2024
modifierSon gouvernement est confronté à une crise politique et institutionnelle aggravée par les tensions autour de la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie et par les violences de 2024.
Au début des émeutes de mai 2024 en Nouvelle-Calédonie, Louis Mapou appelle publiquement au calme et à l’apaisement, alors que les violences éclatent à Nouméa et dans le Grand Nouméa après l’examen de la réforme du corps électoral. Dans une déclaration télévisée diffusée par Nouvelle-Calédonie La 1ère, il affirme que « la spirale de la violence doit cesser » et appelle à privilégier le dialogue politique afin d’éviter une aggravation de la crise sur le territoire[14].
Dans ce contexte, l’exécutif calédonien travaille à un plan de sauvegarde, de reconstruction et de refondation destiné à restaurer l’économie et la cohésion sociale du territoire[15].
Chute du gouvernement
modifierLe , en désaccord avec sa gestion des conséquences des émeutes indépendantistes débutées en mai, les membres de la liste gouvernementale de Calédonie ensemble démissionnent collectivement, entraînant la chute du gouvernement collégial[16]. Alcide Ponga (Le Rassemblement) lui succède comme président du dix-huitième gouvernement le [17]. Il retrouve son siège au Congrès le lendemain.
Notes et références
modifier- ↑ Chargé des Relations extérieures, de la Sécurité civile, des Affaires coutumières, des Mines, du Suivi des Transferts de compétences, des Questions intéressant l'Identité et la Citoyenneté et des Relations avec le Sénat coutumier.
- ↑ Robert Belleret, « L'or vert des Kanaks », Le Monde, 10 février 2006, consulté le 15 juillet 2020.
- ↑ [PDF] Benoît Trépied, Une mairie dans la France coloniale. Koné, Nouvelle-Calédonie (1853-1977), (lire en ligne), p. 752-753
- ↑ Mapou, Louis. « Représentations et pratiques de l’espace foncier chez les Kanak de Yaté ». La Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins : 1989-1997, édité par David Gilbert et al., Société des Océanistes, 1999.
- [PDF] Séverine Bouard, « Sciences, expertises et politiques publiques: interactions entre acteurs et transfert d’un instrument de développement territorial. Le cas de la Province Nord de Nouvelle-Calédonie. », contribution aux 4e Journées de recherches en sciences sociales à Agro-Campus-Ouest, Colloque SFER, Rennes, 9 et 10 décembre 2010.
- ↑ « Louis MAPOU », sur bfmtv.com (consulté le ).
- ↑ « Parcours d'un candidat : Louis Mapou - Nouvelle-Calédonie la 1ère », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère (consulté le ).
- ↑ « Article de presse »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?).
- ↑ Bernard Lassauce (C.Cochin, C.Mannevy), « Louis Mapou élu premier président indépendantiste du gouvernement calédonien depuis Jean-Marie Tjibaou », Nouvelle-Calédonie La 1re, 8 juillet 2021.
- ↑ « Président du gouvernement, Congrès, assises : l'actu à la 1 du vendredi 9 juillet 2021 », Nouvelle-Calédonie La 1re, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le fil d’Ariane des trois prochaines années », sur Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, (consulté le )
- ↑ « Avenir de la filière du nickel en Nouvelle-Calédonie | economie.gouv.fr », sur www.economie.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Nouvelle-Calédonie : les élus locaux divisés sur le « pacte pour le nickel » de Bruno Le Maire » [archive du ], sur lemonde.fr (consulté le )
- ↑ « REPLAY. "Nous ferons collectivement honneur au pari de l'intelligence" : retrouvez la déclaration solennelle de Louis Mapou », sur Nouvelle-Calédonie La 1ère (consulté le )
- ↑ « En Nouvelle-Calédonie, l’urgence d’un avenir » [archive du ], sur lemonde.fr (consulté le )
- ↑ https://www.francetvinfo.fr/france/nouvelle-caledonie-iles-loyaute/le-gouvernement-de-nouvelle-caledonie-le-premier-dirige-par-un-independantiste-renverse-apres-une-demission-collective_6974234.html
- ↑ « Alcide Ponga, élu président du 18e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie », sur Nouvelle-Calédonie la 1ère, (consulté le )
Liens externes
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- Ressource relative à la vie publique :