Lampe Berger est une marque déposée de lampe à catalyse appartenant à la société « Maison Berger » du groupe Emosia. Ce dernier conçoit, fabrique et commercialise des objets parfumants et des parfums d'intérieur.

Lampe Berger

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Lampe Berger
Type Parfums d'intérieur
Pays d'origine France
Date d'introduction Voir et modifier les données sur Wikidata
Marché(s) Monde
Propriétaire(s) actuel(s) Berger international
Slogan « Pur Art de Vivre »
Site officiel maison-berger.fr/collections/lampes-bergerVoir et modifier les données sur Wikidata

En 1898, la lampe Berger est uniquement destinée à « purifier l'air ambiant des hôpitaux » avant d'investir progressivement les foyers dans l'entre-deux-guerres. Au XXIe siècle, elle permet de purifier l'air en éliminant les odeurs indésirables mais aussi de parfumer et de décorer la maison.

La lampe à catalyse Berger

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Historique

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Lampe Berger A universel (1910).
 
Réclame pour la Lampe Berger en 1925.
 
Lampe Berger Opaline bleue vers 1978.
 
Lampe Berger Carat améthyste vers 2006.

À la fin du XIXe siècle, les découvertes majeures de Louis Pasteur transforment la médecine et la vie quotidienne. En démontrant que les maladies peuvent être causées par des micro-organismes invisibles, Pasteur ouvre la voie à de nouvelles pratiques de désinfection et de prévention[1]. Cette révolution scientifique donne naissance à un vaste mouvement hygiéniste, qui vise à combattre les infections en maîtrisant la propreté des lieux et la qualité de l’air.

C'est dans ce contexte historique que Maurice Berger, préparateur en pharmacie, met au point sa lampe à catalyse avec un système de diffusion permettant de détruire les germes présents dans l'atmosphère[2].

Le principe de désinfection de l'atmosphère par la lampe Berger est fondé sur l'utilisation de la combustion catalytique. Ce procédé a été découvert par les chimistes Justus von Liebig et Charles Gerhardt[3]. Maurice Berger, préparateur en pharmacie, crée sa lampe et dépose le brevet le . Appelée à l'origine « diffuseur fumivore hygiénique », cette invention fondée sur la combustion catalytique d'essences devait servir à assainir l'air ambiant de locaux nécessitant une hygiène permanente comme les hôpitaux ou les morgues[4]. Sa commercialisation débute en 1902 dans quelques pharmacies parisiennes avant que Maurice Berger n'ouvre sa boutique en 1910 au 18 rue Duphot à Paris.

Les années 1930 voient l'essor de la lampe Berger, notamment grâce aux collaborations de la marque avec des manufactures renommées – cristalleries Baccarat et Saint-Louis, porcelaine de Limoges, faïencerie Fourmaintraux – et avec de grands créateurs comme Émile Gallé ou René Lalique. Appréciée de Colette, de Jean Cocteau et de Pablo Picasso, la lampe Berger, à l'origine objet utilitaire, puis objet de décoration intérieure, est devenue objet de collection. C'est également à cette époque que Lampe Berger développe les parfums, apportant ainsi une dimension plaisir additionnelle au côté fonctionnel de la lampe.

Les lampes en céramique font leur apparition vers 1950. Elles permettent une plus large palette d'expression et de créativité. La lampe Berger s'entoure notamment du porcelainier Camille Tharaud et du décorateur Paul Bocquillon pour réaliser des lampes peintes à la main.

À partir des années 1960, la production s'industrialise progressivement, réservant la fabrication artisanale à quelques modèles d'exception. En 1970, avec de nouvelles formes et couleurs, la lampe Berger redevient un objet de décoration. La marque élargit sa gamme à partir des années 1980.

En 2015, Lampe Berger est labellisée Entreprise du patrimoine vivant, récompensant les entreprises au savoir-faire exceptionnel et français[5].

En 2018, Lampe Berger Paris devient Maison Berger Paris[6]. La marque commercialise également d'autres produits que la lampe Berger à catalyse : bougies, diffuseurs de parfum à bâtonnets, diffuseur de parfum pour la voiture, diffuseur de parfum électrique.

En 2020, sur son site de production à Grand Bourgtheroulde, Maison Berger Paris inaugure son musée interactif. Au milieu d'une ambiance parfumée, le musée dévoile 150 pièces rares et l'histoire de la lampe à catalyse Berger[7].

Utilisation

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La lampe à catalyse se compose d'un corps de lampe, d'un brûleur catalytique avec mèche, d'une monture et d'un éteignoir. Pour faire fonctionner la lampe à catalyse, il faut verser la recharge de parfum pour lampe à catalyse (mélange d'eau, d'isopropanol et de concentré de parfum) dans la lampe et mettre le brûleur. La mèche du brûleur va alors s'imprégner du parfum qui remonte par capillarité jusqu'au catalyseur du brûleur, en métal noble. Il faut alors allumer le brûleur, attendre deux minutes que la flamme réduise, puis souffler dessus et mettre la monture. Cette dernière permet une action optimisée de la lampe à catalyse et une protection du contact direct peau - brûleur. Le brûleur, dont la température atteint environ 550 °C, attire et oxyde les molécules responsables des odeurs désagréables, comme la triméthylamine (pour les odeurs de poisson) ou encore l’acroléine[Quoi ?]Il empêche la recombinaison de ces molécules et préserve la qualité des produits émis dans l'air. La zone centrale, en céramique, dont la température atteint 200 °C, permet la diffusion du parfum tout en préservant la qualité des notes olfactives. L'air ambiant s'en trouve ainsi purifié et parfumé (20 minutes de fonctionnement pour plusieurs heures de parfumage). Pour éteindre la lampe, il faut retirer la monture et mettre l'éteignoir.

La dangerosité liée à la combustion

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La lampe Berger peut être utilisée avec de l'alcool isopropylique neutre ou additionné de parfums.

En , une étude du magazine Que choisir constate le rejet de benzène, un hydrocarbure cancérigène[8].

Ces résultats sont contestés par l'AFISE, organisation des fabricants de produits détergents, produits d'entretien et de produits d'hygiène industrielle, qui affirme « respecter la législation, tester rigoureusement ses produits et les contrôler en permanence y compris après leur mise sur le marché »[9].

Objet de collection

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La marque a un long historique de partenariats avec des manufactures de renom comme Baccarat, Lalique, Saint Louis et avec des designers parmi lesquels on peut citer Hilton McConnico, David Boulangé, Inès de la Fressange, Chantal Thomas,[1] Jean-Charles de Castelbajac, Lolita Lempicka ou encore Starck.[2][2]

Depuis 1993, l'association Cercle des collectionneurs de Lampe Berger (CCLB) regroupe des passionnés de cette marque[10].

Quelques chiffres

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La marque Maison Berger Paris vend 480 000 lampes Berger et 5 millions de litres de parfums par an. Elle compte environ 7 000 points de vente et est distribuée dans 70 pays.[3]

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Notes et références

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  1. « Louis Pasteur : Pionnier des Révolutions Scientifiques du XIXe siècle », sur Fondation Pasteur Suisse, (consulté le ).
  2. a et b Gerald Vilcocq, Lampe Berger, Arteprint,
  3. « La lampe Berger et le cristal »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?)
  4. Dominique Aubin, « Le fonds Banexi prend le contrôle des lampes Berger », Les Échos, (consulté le ).
  5. Normandie Attractivité, « Maison Berger : Plus d'un siècle de savoir-faire », sur Choisir la Normandie, (consulté le )
  6. Cyril Peter, « Maison Berger Paris offre plus que sa célèbre lampe », sur leparisien.fr, (consulté le )
  7. « Musée des lampes Berger », sur Communauté de Communes Roumois Seine (consulté le )
  8. Que choisir n°462, septembre 2008, p. 26-31.
  9. « L'UFC-Que Choisir met en garde contre les parfums d'intérieur », sur tempsreel.nouvelobs.com, L'Obs, (consulté le ).
  10. Site du CCLB.

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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