Joy Crookes
Joy Elizabeth Akther Crookes, née le , est une auteure-compositrice-interprète britannique, avec des origines familiales irlandaises et bangladaise. Elle évoque dans ses œuvres son milieu d'origine, son entourage, sa culture, ses racines du sud de Londres et son identité.
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(en) www.joycrookes.com |
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Biographie
modifierEnfance et formation
modifierJoy Crookes naît dans le quartier de Lambeth, dans le grand Londres, le , d'une mère bangladaise-bengalie originaire de Dacca et d'un père irlandais originaire de Dublin. Sa mère tenait une petite entreprise de restauration et livrait des sandwichs dans des sociétés : dans l’une de ces sociétés, elle a rencontré son futur mari, un ingénieur[1],[2],[3]. La famille de Joy Crookes vit dans le quartier d'Elephant and Castle[4], où elle passe huit ans dans une école primaire publique catholique[5]. Elle s'intéresse au chant après avoir participé à un atelier de jazz et de blues, et à l'âge de 13 ans, elle commence à publier des reprises de Laura Marling et de reggae sur YouTube[5]. Elle grandit dans une famille où personne ne joue d’instrument, mais où son père diffuse de la musique en permanence : « Mon père voulait me donner une véritable éducation. De Nick Cave à King Tubby en passant par toute cette musique pakistanaise. Il me disait : "C'est de l'autre bout du monde, tu devrais écouter ça" » Elle se nourrit aussi des clips sur MTV et de la musique des différentes communautés de son quartier[1]. Elle indique, sur les principales musiques entendues au sein de sa famille : « Ce que j’aime dans la musique bengalie et irlandaise, c’est qu’elles sont toutes les deux des musiques contestataires où la poésie et la littérature tiennent une place importante »[1]. À l'adolescence, elle apprend seule à jouer de la guitare, du piano et de la basse, avant d'écrire ses propres compositions musicales[6]. À l'âge de 14 ans, ses parents se séparent et elle déménage avec sa mère à Ladbroke Grove[5].
Carrière
modifierEn , elle met en ligne sur YouTube une reprise de Hit the Road Jack de Ray Charles[7]. La vidéo attire l'attention de plus de 600 000 personnes, dont notamment de celui qui va devenir son manager[8]. Finalement, pendant un an, elle part vivre dans le quartier de Notting Hill, participant à sa vie nocturne : « J’avais 15-16 ans, j’allais aux jams du dimanche au Mau Mau Bar et buvais des Red Stripe, et je montais sur scène pour chanter des titres de Max Romeo. » Elle participe aussi à des sessions « Open Mic » (« micro ouvert ») du club du saxophoniste ténor Ronnie Scott[1].
À l'âge de 17 ans, Crookes sort son premier single New Manhattan, en [9], ainsi que Sinatra en [10] et Bad Feeling en . New Manhattan est une chanson d'amour, nommée d'après le quartier de Bruxelles[11]. Pip Williams écrit dans Line of Best Fit : « tout comme [son] son, [le clip] mélange le classique et le contemporain, couvrant l'auditeur de nostalgie tout en le taquinant avec des indices de quelque chose de tout à fait nouveau »[12].
Elle publie son premier EP, Influence[13], en . Cet EP dure moins de 20 minutes et comprend cinq titres : Sinatra, Bad Feeling, New Manhattan, Mother May I Sleep With Danger ? et Power. Elle interprète Mother May I Sleep With Danger ? avec son guitariste Charles J Monneraud sur la plateforme COLORS, en [13],[7](en , la vidéo en est à plus de huit millions de vues sur YouTube). Elle y porte un T-shirt à l’effigie de Frida Kahlo. « C’est la première femme célèbre à laquelle je me suis identifiée, physiquement et culturellement. Parce que les fondamentaux de sa vie ressemblent beaucoup au mien : elle était mexicano-allemande (soit un mélange aussi étrange que le mien), issue de deux religions différentes, de deux cultures différentes… C’est elle qui m’a encouragé à me dire : “ Fuck this, je n’ai pas besoin de faire semblant d’être autre chose que moi-même”. »[7]. Elle déclare à la BBC qu'elle a écrit la chanson toute seule le jour du Nouvel An 2017 et qu'elle a commencé à la jouer en tournée, ajoutant : « La vidéo a vraiment tout changé. Pendant les six mois qui ont suivi, partout où j'allais, les gens me disaient : "Vous êtes Joy de Colors ?" »[6].
Joy Crookes sort le single Don't Let Me Down avec un clip d'accompagnement en [14], avant de sortir son deuxième EP, Reminiscence[13], en [4],[7]. Clare O'Shea de The Line of Best Fit décrit cet EP comme « une collection de cinq titres distincts mêlant pop, R&B et soul »[4]. L'EP comprend Man's World, Lover Don't, Don't Let Me Down, For a Minute ainsi que la chanson Two Nights. Joy Crookes fait sa première apparition dans Vogue (édition britannique) en [15], avant de sortir les singles Since I Left You (« une chanson de rupture dépouillée et obsédante[16] », ainsi que London Mine en . Ce titre « célèbre les personnes invisibles et la façon dont Londres n'appartient à personne et à tout le monde », déclare-t-elle. « C'est une célébration des immigrants qui composent ce pays »[17].
Elle sort son troisième EP, Perception, la veille du mois de [18]. L'EP comprend cinq titres : Hurts, No Hands, London Mine, Since I Left You et Darkest Hour. Elle fait sa première apparition au festival de Glastonbury durant ce même mois de [5]. En , Crookes auto-produit la sortie de Yah / Element, associant et enchaînant deux titres, Yah et Element de Kendrick Lamar, avant d'annoncer sa tournée en tête d'affiche en Europe pour [19]. Elle sort le single Early avec l'artiste hip-hop irlandais Jafaris début octobre[20], qui atteint la première place du classement des artistes asiatiques au Royaume-Uni. Joy Crookes fait sa première apparition à la télévision en interprétant Early avec Jafaris dans l'émission Later... with Jools Holland en . Elle fait également une apparition dans la série télévisée musicale irlandaise Other Voices en [21] et est présélectionnée pour le prix de l'étoile montante aux Brit Awards 2020[22]. Elle est placée en quatrième position dans Sound of 2020, un sondage annuel de la BBC auprès de 170 critiques musicaux qui prédisent les percées de l'année à venir[6]. Elle est louée pour ses « histoires du sud de Londres remplies d'esprit et de romance »[23].
D'autres enregistrements et singles suivent dont Feet Don't Fail Me Now en [13]. Ce titre sert de single principal à son premier album, Skin, qu'elle annonce en même temps que la sortie de son titre en . Cet album Skin comprend 13 titres[1],[24].
Elle est quelquefois comparée, comme artiste soul, à Amy Winehouse, ce à quoi elle répond: « Me comparer à Amy est un très beau compliment, mais ma voix a plus été formée par celles de Billie Holiday ou de Nina Simone, des chanteuses noires. Je crois d’ailleurs qu’Amy a aussi été influencée par elles. »[1].
Discographie
modifierEP
modifierAlbum
modifierDistinctions
modifierNominations
modifier- Brit Awards 2020 : Rising Star Award
- Brit Awards 2022 : Meilleur artiste pop/R&B, Meilleur nouvel artiste
Références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Joy Crookes » (voir la liste des auteurs).
- Stéphanie Binet, « Joy Crookes, la nouvelle voix soul de Londres », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ (en) Tara Joshi, « One to watch: Joy Crookes », The Guardian, (lire en ligne)
- ↑ (en) Geneva Abdul, « Joy Crookes’s Introspective Soul Digs Deep Beneath Her ‘Skin’ », The New York Times, (lire en ligne)
- (en) Clare O'Shea, « On The Rise: Joy Crookes », The Line of Best Fit, (lire en ligne)
- (en) Samuel Fishwick, « Joy Crookes: the soulful singer who's taken over 2019 », Evening Standard, (lire en ligne)
- (en) Mark Savage, « Sound of 2020: Joy Crookes grabs fourth place », BBC, (lire en ligne)
- Naomi Clément, « Rencontre avec Joy Crookes, la Londonienne qui dynamite la scène anglaise », Les Inrocks, (lire en ligne)
- ↑ (en) Vanessa Dos Santos, « Joy Crookes : Turning Bad Choices into Summer Jams », gal-dem, (lire en ligne)
- ↑ (en) Courtney Buck, « Joy Crookes shares impressive debut single 'New Manhattan' », The 405, (lire en ligne)
- ↑ (en) Jordan Darville, « Joy Crookes Plays With Fire On Trip-Soul Single "Sinatra" », The Fader, (lire en ligne)
- ↑ (en) Robin Murray, « Introducing... Joy Crookes », Clash, (lire en ligne)
- ↑ (en) Pip Williams, « Joy Crookes drops video for nostalgic pop masterpiece "Sinatra" », The Line of Best Fit, (lire en ligne)
- « L’enivrante Joy Crookes est de retour avec "Feet Don't Fail Me Now" », France Inter, (lire en ligne)
- ↑ (en) Frankie Dunn, « london singer joy crookes channels lakshmi in her new video », i-D, (lire en ligne)
- ↑ (en) Soey Kim, « Meet Joy Crookes – The Singer/Songwriter Guaranteed To Steal Your Heart », Vogue, (lire en ligne)
- ↑ (en) Rosie Byers, « Joy Crookes on her new video for Since I Left You », Wonderland Magazine, (lire en ligne)
- ↑ (en) Bryony Holdsworth, « Joy Crookes captures the beauty of diversity on "London Mine" », The Line of Best Fit, (lire en ligne)
- ↑ (en) Sanjana Varghese, « Joy Crookes is the south London singer-songwriter who's a born storyteller », gal-dem, (lire en ligne)
- ↑ (en) Jo Peters, « Joy Crookes covers Kendrick’s ‘Yah / Element’ + new autumn tour dates », WithGuitars, (lire en ligne)
- ↑ (en) Tara Joshi, « Five on it: Joy Crookes is low-key channelling her Irish side », gal-dem, (lire en ligne)
- ↑ (en) Tony Clayton-Lea, « Joy Crookes: ‘I love a challenge – that keeps the fire in me’ », The Irish Times, (lire en ligne)
- ↑ (en) Laura Snapes, « Soul singer Celeste named winner of Brits rising star award », The Guardian, (lire en ligne)
- ↑ (en) Mark Savage, « Yungblud and Celeste make BBC Sound of 2020 list », BBC, (lire en ligne)
- ↑ Julien Bordier, « La chanteuse Joy Crookes sort son tout premier album, "Skin" », Causette, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- Hit The Road de Ray Charles interprété par Joy et Paulo en 2013
- (en) Site officiel
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :