Jean-Baptiste Mailhe

personnalité politique française
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Jean-Baptiste Mailhe, né le à Guizerix (généralité d'Auch, actuel département des Hautes-Pyrénées)[1], mort le à Paris (ancien 11e arrondissement)[2], est un homme politique de la Révolution française.

Jean-Baptiste Mailhe
Fonction
Membre du Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Jean Baptiste Mailhe ou Jean MailheVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de
Conseil des Cinq-Cents
Député de la Convention nationale (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Entre 1791 et 1797, il est député de Haute-Garonne à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale où il vote la mort avec sursis de Louis XVI, et au Conseil des Cinq-Cents.

Biographie

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Sous l'Ancien Régime

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Jean-Baptiste Mailhe, né Jean Mailhe, est issu d'une famille de petite bourgeoisie. Son père, Jean-Félix Mailhe, est un petit propriétaire.

Il effectue des études de droit à la faculté de Droit de Toulouse. En 1775, il est reçu bachelier de droit et avocat au parlement de Toulouse[3]. Parallèlement à sa carrière de juriste, il fréquente, entre 1777 et 1784, l'Académie des Jeux floraux, où il côtoie Bertrand Barère, et où il reçoit quatre récompenses[4].

Mandat à la Législative

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La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean-Baptiste Mailhe, alors procureur-syndic de Haute-Garonne, est élu député du département, le deuxième sur douze, à l'Assemblée nationale législative[5].

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En , dès le début de son mandat, il adhère au club des Jacobins, qu'il préside en [6]. En , il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[7]. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[8].

Mandat à la Convention

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La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jean-Baptiste Mailhe est réélu député de la Haute-Garonne, le premier sur douze, à la Convention nationale[9].

Il siège sur les bancs de la Plaine et prend une part active aux travaux de la Convention girondine. Membre du Comité de législation dès le [10], il présente, le , un rapport qui conclut à la capacité de la Convention à juger Louis XVI[11]. Le , il est élu secrétaire, aux côtés de Jean-Louis Carra (député de Saône-et-Loire), de Jacques Defermon (député d'Ille-et-Vilaine) et de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau (député de l'Yonne), sous la présidence de Henri Grégoire (député du Loir-et-Cher)[12].

Lors du procès de Louis XVI, Jean-Baptiste Mailhe vote la mort, rejette l'appel au peuple, mais se prononce en faveur du sursis à l'exécution de la peine[13]. Il déclare, lors du troisième appel nominal, relatif à la peine encourue[14] :

[...] je vote pour la mort de Louis. Je ferai une seule observation. Si la mort a la majorité, je pense qu'il serait digne de la Convention nationale d'examiner s'il ne serait pas politique et utile de presser ou de retarder le moment de l'exécution. Cette proposition est indépendante de mon vote. Je reviens à la première question et je vote la mort.

« L'amendement Mailhe », auquel adhèrent vingt-six députés, provoque une controverse sur le nombre de scrutins en faveur de la mort de Louis XVI : sur 721 votants, 361 se prononcent pour la mort, 360 se prononcent pour d'autres peines et 26 votent la mort assortie de l'« amendement Mailhe »[15]. Cet amendement est critiqué par les députés de la Montagne qu'ils assimilent à une manœuvre pour sauver le roi[16].

Le , Jean-Baptiste Mailhe est envoyé, aux côtés de Lazare Carnot (député de la Côte-d'Or), auprès de la section parisienne de Quatre-Vingt-Douze, puis, aux côtés de Robert Lindet (député de l'Eure), auprès la section du Panthéon-Français[17]. Le , il est envoyé en mission, aux côtés de Pierre Lombard-Lachaux (député du Loiret) dans les départements de l'Aude et de la Haute-Garonne afin d'y accélérer la levée en masse[18].

Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze. Lors des journées du 31 mai et du 2 juin, au terme desquelles les Girondins sont arrêtés, il est également absent.

Après la chute de Robespierre, Jean-Baptiste Mailhe adhère à la réaction thermidorienne. Le 2 pluviôse an III (le ), il est envoyé en mission dans les départements de la Côte-d'Or et de l'Yonne.

Mandat aux Cinq-Cents

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Réélu au conseil des Cinq-Cents par les Hautes-Pyrénées, il plaide en faveur d'une loi d'amnistie envers les émigrés et devient membre du Club de Clichy.

Non réélu, il devient rédacteur du Journal général de France, de tendance royaliste, et est proscrit après le coup d'État du 18 fructidor an V.

Il vit réfugié à Hambourg.

Période napoléonienne et suivantes (1800-1834)

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Après le coup d'état du 18 Brumaire, qui porte le général Bonaparte au poste de Premier consul, il se constitue prisonnier et bénéficie de l'amnistie du 13 nivôse an VIII ().

Avocat à Paris dès 1801, il n'exerce plus aucune fonction politique, refusant le poste de secrétaire général de la préfecture des Hautes-Pyrénées.

Proscrit à la Restauration en tant que régicide, il s'établit à Bruxelles, où il continue d'exercer sa fonction d'avocat.

Il ne rentre en France qu'après la révolution de 1830 (avènement de Louis-Philippe).

Écrits

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  • Seconde lettre a M. l'abbé de Barthe, prêtre, chanoine, professeur royal, & doyen de la faculté de théologie de Toulouse, conseiller en la chambre souveraine du clergé, prieur, seigneur de Sescairoles, 1789[19].
  • Réquisitoire fait par M. Mailhe, procureur-général-syndic du département de la Haute-Garonne, le , devant messieurs les administrateurs composant le directoire de ce département, 1790[20].
  • Instruction de M. Mailhe, procureur-général-syndic, aux citoyens du Département de Haute-Garonne, relativement aux assemblées primaires, 1790[21].
  • Discours prononcé sur l'autel de la patrie, par M. Mailhe Avec le serment civique, & les adresses à l'Assemblée nationale & au Roi, 1790[22].
  • Adresse de monsieur le procureur-général-syndic à messieurs les curés, vicaires, desservans, & au bon peuple du département de Haute-Garonne, sur la constitution du Clergé, 1790[23].
  • Rapport sur les clubs et sociétés populaires, fait à la Convention nationale, au nom des Comités de Salut public, de Sûreté générale & de Législation, par Mailhe, député du département de la Haute Garonne, dans la séance du 6 fructidor, an 3, 1795[24].

Notes et références

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  1. Archives départementales des Hautes-Pyrénées, « Registre paroissial de Guizerix, baptêmes mariages et sépultures de 1721 à 1792, vue 80 / 249, E Dépôt 12 » Accès libre, sur https://archivesenligne65.fr (consulté le )
  2. Archives de Paris, « État civil reconstitué, registre des décès, vue 37 / 50, V3E/D 981 » Accès libre, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
  3. Geneviève Thoumas, « La jeunesse de Mailhe », Annales historiques de la Révolution française, vol. 204, no 1, , p. 221–247 (DOI 10.3406/ahrf.1971.4379, lire en ligne, consulté le )
  4. Michel Taillefer, « La jeunesse toulousaine de Barère (1772-1788) » Accès libre, sur books.openedition.org (consulté le )
  5. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris. Tome 3 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, séance du 14 octobre 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 53, séance du 7 novembre 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 53, séance du soir du 15 novembre 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  13. Froullé, Jacques-François (≈1734-1794) et Levigneur, Thomas (≈1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  14. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  15. Ministère de la Justice, « Le procès de Louis XVl » Accès libre, sur https://www.justice.gouv.fr, (consulté le )
  16. Marcel Dorigny, « Mailhe Jean-Baptiste », p. 700-701 in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses universitaires de France, 1989, réédition collection « Quadrige », 2005, 1132 p.
  17. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  18. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  19. Seconde lettre a M. l'abbé de Barthe, prêtre, chanoine, professeur royal, & doyen de la faculté de théologie de Toulouse, conseiller en la chambre souveraine du clergé, prieur, seigneur de Sescairoles (lire en ligne).
  20. Réquisitoire fait par M. Mailhe, procureur-général-syndic du département de la Haute-Garonne, le 2 octobre 1790, devant messieurs les administrateurs composant le directoire de ce département (lire en ligne).
  21. Instruction de M. Mailhe, procureur-général-syndic, aux citoyens du Département de Haute-Garonne, relativement aux assemblées primaires (lire en ligne).
  22. Discours prononcé sur l'autel de la patrie, par M. Mailhe Avec le serment civique, & les adresses à l'Assemblée nationale & au Roi (lire en ligne).
  23. Adresse de monsieur le procureur-général-syndic à messieurs les curés, vicaires, desservans, & au bon peuple du département de Haute-Garonne, sur la constitution du Clergé (lire en ligne).
  24. Rapport sur les clubs et sociétés populaires, fait à la Convention nationale, au nom des Comités de Salut public, de Sûreté générale & de Législation, par Mailhe, député du département de la Haute Garonne, dans la séance du 6 fructidor, an 3 (lire en ligne).

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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