Jason Arday

sociologue britannique

Jason Arday est un sociologue britannique, né le à Clapham (Londres) et mort le dans la même ville. Il est nommé professeur de sociologie de l'éducation à l'université de Glasgow en 2021, puis à l'université de Cambridge, où il enseigne de 2023 à 2026.

Jason Arday
Photographie prise en 2024.
Biographie
Naissance
Décès
(à 41 ans)
Londres
Nom de naissance
Jason Atta Kwei Arday
Nationalité
Formation
Activité
professeur d'université en sociologie de l'éducation
Période d'activité
2021-2026
Autres informations
A travaillé pour
Directeur de thèse
Philip Brian Vickerman (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Plus jeune professeur noir de l'histoire à Cambridge, il est accusé de plagiat et de mensonges sur son parcours en août 2026. Il se retrouve alors au cœur d'une vive polémique qui le pousse à démissionner le 5 août 2026, les uns dénonçant un acharnement raciste, les autres remettant en question les politiques de diversité et d'inclusion à l'université. Il décède neuf jours plus tard.

Biographie

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Origines et famille

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Jason Atta Kwei Arday naît le [1] à Clapham, au sud-ouest de Londres, en Angleterre[2], de parents ghanéens[3]. Son père, Joseph Arday, est un chef cuisinier ; sa mère, Gifty Arday, est une infirmière en santé mentale et une militante antiraciste[3].

Jason Arday grandit à Clapham avec deux frères aînés et un frère cadet[3]. Selon ses dires, repris par de nombreuses sources, il est diagnostiqué autiste et en retard dans son développement à l'âge de 3 ans[3] et sourd d'une oreille[4].

Jason Arday se marie en 2014. Il est père de deux enfants[5].

Études et parcours universitaire

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Jason Arday entame en 2005 des études d'éducation physique et de sciences de l'éducation à l'université catholique de Sainte-Marie (en) à Twickenham. Il y obtient un baccalauréat universitaire en 2008, suivi par une maîtrise universitaire[6]. Il s'inscrit ensuite à l'université de Surrey, où il décroche un deuxième master, puis suit une formation pour devenir enseignant d'éducation physique[7],[6], profession qu'il exerce un temps[7]. Il obtient un doctorat en sciences de l'éducation à l'université de Liverpool John-Moores en 2015[1], avec une thèse portant sur la supervision entre pairs chez les enseignants en formation[n 1]. Il publie ses premiers travaux en 2018[7].

Il enseigne un temps aux universités Leeds Beckett (en), de Roehampton et de Durham, ainsi que très brièvement à l'université de Warwick[9]. Il est nommé professeur de sociologie de l'éducation à l'université de Glasgow en 2021[4], puis à l'université de Cambridge en 2023, à l'âge de 37 ans. Il est le plus jeune professeur noir de l'histoire de cette dernière institution[10].

Accusations de plagiat, polémique et démission

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Jason Arday est accusé dès 2023 de plagiat, notamment lors de la rédaction de sa thèse, par David Harris, un professeur honoraire de l'université Plymouth Marjon (en), puis par Nathan Cofnas (en), alors chercheur postdoctoral à l'université de Cambridge[8],[11]. Les accusations sont remises en question parce que tous deux ont également tenu des propos ou publié des écrits qualifiés de racistes[11]. L'université de Liverpool John-Moores, qui mène une enquête et qui reçoit des preuves d'un journaliste du Times Higher Education[12], conclut à de simples erreurs commises de bonne foi[n 2],[9].

Fin , le quotidien The Times relaie les accusations de plagiat en publiant un article d'investigation[8]. Une lettre de soutien[13], signée notamment par le dirigeant du parti vert Zack Polanski et par le professeur d'études afro-américaines Kehinde Andrews (en), dénonce une campagne de dénigrement[11],[14], tandis que des journaux de droite et des commentateurs affirment « qu'il a indûment tiré profit des politiques de diversité, d'égalité et d'inclusion »[15]. Compte tenu du nombre croissant d'allégations et de preuves, plusieurs signataires demandent que leur nom soit retiré de cette lettre de soutien[16],[17].

Dans un entretien accordé au Times le , Jason Arday reconnaît des erreurs[15] et soutient que les accusations ont des motivations racistes et qu'elles ne tiennent pas compte de son autisme[18].

Jason Arday démissionne le de son poste à l'université de Cambridge[n 3], après que celle-ci a ouvert une enquête, fondée sur de nouveaux éléments relatifs à ses diplômes universitaires et à ses fonctions honorifiques[n 4],[9],[15],[19].

Accusations portant sur son parcours et ses activités

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Jason Arday est accusé d'avoir menti sur plusieurs aspects de son parcours, en particulier des exploits sportifs en course à pied visant à récolter des fonds pour des œuvres de charité[8],[11], au sujet d'actes de racisme à son encontre[11] et l'étendue de son handicap.

Développement pendant l'enfance

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Jason Arday aurait appris la langue des signes à l'âge de 4 ans, n'aurait commencé à parler qu’à 11 ans et commencé à lire et à écrire seulement à l'âge de 18 ans[7].

Trois experts en autisme et langage interrogés par le New York Times ont indiqué que ce développement rapide d'autiste non verbal jusqu'au doctorat est « sans précédent dans la littérature clinique »[20]. Jason Arday a été scolarisé dans une école ordinaire du sud de Londres et n'était pas placé en enseignement spécialisé pendant ses années d'école primaire[21]. D'anciens camarades d'école et professionnels l'ayant suivi affirment qu'il parlait déjà lorsqu'il était enfant[20][22].

Affiliations universitaires

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Jusqu’en août 2026, Jason Arday affirmait sur son profil de Cambridge qu’il était professeur invité à l’université Mandela en Afrique du Sud. Cette université a déclaré qu’il n’avait été qu'enseignant vacataire jusqu’en novembre 2025[23].

Jason Arday a indiqué jusqu’en août 2026 sur son profil de Cambridge qu’il était professeur invité à l’université de Glasgow; un porte-parole de Glasgow a précisé que ce n’était pas le cas[24].

De même, Jason Arday a affirmé avoir été professeur invité à l’université d'État de l'Ohio. L’université a indiqué que le bureau dont il affirmait faire partie avait fermé ses portes en 2025 et qu’il ne figurait sur aucune de ses listes de paie, actuelles ou antérieures[25],[26]

À plusieurs reprises au fil du temps, Jason Arday a affirmé avoir souffert d’un cancer du cerveau, d’un cancer des testicules, d’épilepsie causée par une agression physique et du Syndrome d'enfermement à la suite d’un accident de voiture qui l’avait plongé dans le coma pendant trois mois.[27],[28]. Dans son livre publié, il n'est fait mention ni du cancer des testicules, ni de l'accident, ni du coma, ni du syndrome d’enfermement[29][30].

Participation à la série télévisée britannique Seven Up

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En 2022, Jason Arday a affirmé devant deux journalistes de la BBC qu'il était l'un des enfants ayant participé à la série télévisée britannique emblématique Seven Up. The Telegraph a indiqué que cette affirmation était impossible, puisque la sélection des enfants pour cette série sur plusieurs décennies a commencé bien avant sa naissance[31].

Activités caritatives et exploits sportifs

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Jason Arday a affirmé avoir couru trente marathons en 35 jours, 600 milles en six jours et collecté 5 millions de livres sterling pour des œuvres de charité[9]. Son éditeur a retiré ces éléments de son site Internet un an avant la publication de son autobiographie[32].

Jason Arday a aussi affirmé avoir installé des points d'eau en Amérique du Sud et en Afrique en collaboration avec WaterAid[33], mais l'organisation a déclaré ne pas envoyer de bénévoles sur ses chantiers[34].

Jason Arday est retrouvé mort dans l'après-midi du , à l'âge de 41 ans, dans un appartement du sud de Londres[10].

Distinctions

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Publications

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Notes et références

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  1. An exploration of peer-monitoring among student teachers’ [sic] to inform reflective practice within the context of action research[8].
  2. honest and reasonable error.
  3. Selon The Times, sa lettre de démission aurait été rédigée à l'aide de l'intelligence artificielle[1].
  4. following new information about Prof Arday’s academic qualifications and honorary appointments.

Références

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  1. 1 2 3 (en) David Mouriquand, « The Jason Arday story: Explaining the scandal rocking British academia », sur Euronews, (consulté le )
  2. (en) Mobeen Azhar, « At 18, I could not read, now I’m a Cambridge professor », sur BBC, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 (en) Charlie Brinkhurst-Cuff, « Jason Arday: he learned to talk at 11 and read at 18 – then became Cambridge’s youngest Black professor », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 (en) Roxanne Mooneys, « He couldn't speak until he was 11 – now Jason Arday is the youngest black professor at the University of Cambridge », sur News24, (consulté le )
  5. (de) Marion Löhndorf, « Jason Arday: Jüngster schwarzer Cambridge-Professor tot aufgefunden » Accès payant, Neue Zürcher Zeitung, (consulté le )
  6. 1 2 3 (en) « Prof Jason Arday », sur université catholique de Sainte-Marie (en) (consulté le )
  7. 1 2 3 4 (en) « Jason Arday appointed Professor of Sociology of Education at University of Cambridge », sur Université de Cambridge - Faculté des sciences de l'éducation, (consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 6 (en) Gordon Rayner, « Cambridge’s diversity poster boy in plagiarism row », The Times, (lire en ligne)
  9. 1 2 3 4 (en) Richard Adams et Lanre Bakare, « Cambridge professor Jason Arday resigns amid accusations of plagiarism », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  10. 1 2 (en) Tom McArthurand et Branwen Jeffreys, « Jason Arday: Former Cambridge university professor found dead », sur BBC, (consulté le )
  11. 1 2 3 4 5 (en) Lanre Bakare, « Playbooks, plagiarism and a pig’s head: new claims surrounding a star Cambridge professor », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  12. (en) Jack Grove, « "I was reported to police over the Arday case. I was just doing my job" », Times Higher Education, (lire en ligne)
  13. (en) « Stand up to hate and division by adding your name. », sur Good Law Project (consulté le )
  14. (en) Vic Motune, « 'We stand with Jason': campaigners, MPs and academics reject right-wing ‘smear campaign’ », sur Voice Online, (consulté le )
  15. 1 2 3 Agence France-Presse/dk, « Jason Arday, ex-professeur de Cambridge lié à un plagiat, est mort », sur Radio télévision suisse, (consulté le )
  16. (en) Paul, Jacob, « "Teaching union boss distances himself from letter of support for Jason Arday" », LBC, (lire en ligne)
  17. (en) Rayner, Gordon, « "Cambridge professor loses key ally from letter of support" », The Telegraph, (lire en ligne)
  18. (en) Fiona Hamilton et Emma Yeomans, « Jason Arday: I am not a liar, says star academic accused of plagiarism », The Times, (consulté le )
  19. (en) Richard Adams et Lanre Bakare, « Cambridge announces investigation into professor accused of plagiarism », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  20. 1 2 (en) Mara Hvistendahl, Megan Specia, Leo Sands, Ali Watkins et Susan Dominus, « Professor’s Death Leaves Behind Hard Questions for Cambridge on Race and Hiring », sur New York Times, (consulté le ) : « Dr. Arday’s claims about not speaking were false, a former classmate and a speech professional who worked with him told The New York Times »
  21. (en) Lanre Bakare, Aamna Mohdin et Sammy Gecsoyler, « ‘Always cracking jokes’: questions raised over Jason Arday’s claim he was non-verbal as a child », The Guardian, (lire en ligne) :
    « Stewart, a YouTuber who says he was in the year below Arday at Heathbrook primary school in Nine Elms, south-west London, said the academic was known as the class clown. “He was always cracking jokes. He was the comedian guy, he would even put on voices,” »
  22. (en) Abigail Buchanan, Blaise Cloran, Tim Sigsworth et Chris Matthews, « Jason Arday says he was an illiterate, mute child. His schoolmates remember it differently », The Telegraph, (lire en ligne)
  23. (en) Neo Thale, « Nelson Mandela University clarifies link to disgraced Cambridge academic Jason Arday », SA People, (lire en ligne Accès libre)
  24. (en) Andrew Learmonth, « Glasgow University denies Jason Arday visiting prof claim », The Herald, (consulté le ) : « When asked if that was accurate, a spokesperson for Glasgow said: "I can confirm that Professor Arday isn't a Visiting Professor at the University of Glasgow." »
  25. (en) Neil Vigdor et Jennifer Schuessler, « Star Scholar Resigns as Cambridge Announces Investigation Into His Record », The New York Times, (consulté le ) : « Before it was taken down on Wednesday, Arday’s faculty page at Jesus College, Cambridge, where he was a fellow, listed past appointments including visiting professorships in the Office of Diversity and Inclusion at the Ohio State University. But a spokesman for Ohio State said by email that it had no record of employment for a person with Arday’s name. Arday’s University of Cambridge page said he is a visiting professor at Nelson Mandela University in South Africa. But a spokesman for Nelson Mandela University told The Times by email that while Arday had served as an adjunct professor “on a fixed-term association that concluded in November 2025,” »
  26. (en) Abigail Anthony, « Cambridge Prof Fighting Plagiarism Allegations Seems to Have Fabricated Major U.S. University Affiliation », National Review, (consulté le ) : « Arday says on his official faculty website that he is a visiting professor at The Ohio State University in the Office of Diversity and Inclusion — but Ohio State’s DEI office shuttered in 2025, and the school said he was never an employee. “We have no record of an employee by that name,” »
  27. (en) Daniel Engber, « Icarus in the Faculty Lounge », (consulté le ) : « Arday, then a teenager, was struck by a car and spent several months in a coma. According to the book proposal, the doctors told his parents that he would never recover, and suggested taking him off life support "as an act of mercy." Through all of this, he was aware of everything that was going on, because he had locked-in syndrome »
  28. (en) Sarah Ditum, « Was it wrong to write so much about Jason Arday? », (consulté le ) : « He had tumours (in his brain [...] and one in his testicle [...] He was randomly beaten up by four youths, leaving him with epilepsy [...] He was hit by a car and comatose for months »
  29. (en) Max Colchester et David Luhnow, « Cambridge Professor’s Death Sparks Soul-Searching Over Where to Lay the Blame », 2026-0817 (consulté le )
  30. (en) « Icarus in the Faculty Lounge », (consulté le ) : « whereas the book describes Arday as having survived two brain tumors, the proposal says he had a bout of testicular cancer. No reference to that illness appears in the memoir. Nor does the book describe the time that Arday, then a teenager, was struck by a car and spent several months in a coma. According to the book proposal, the doctors told his parents that he would never recover, and suggested taking him off life support “as an act of mercy.” Through all of this, he was aware of everything that was going on, because he had locked-in syndrome »
  31. (en) Corfield, Gareth, « Cambridge professor made impossible claim he was on Seven Up », The Telegraph, (lire en ligne)
  32. (en) Sian Griffiths and the Education desk, « Jason Arday publisher watered down marathon claims a year ago », The Times, (lire en ligne)
  33. (en) Simon and Schuster, « Jason Arday Professor, Race and Disability Activist, Author, Sociologist », sur Simon & Schuster Speakers Bureau, (consulté le ) : « He has also undertaken and completed relief work in South America and West Africa with WaterAid installing water points, which provide drinkable and clean water »
  34. (en) Gordon Rayner, « Charity casts doubts on volunteering record of Cambridge professor », sur The Telegraph, (consulté le ) : « Prof Jason Arday has listed among his achievements “installing water points” in South America and West Africa with the charity WaterAid. WaterAid, however, says it never sends volunteers abroad [...] asked WaterAid whether Prof Arday had installed water points in South America or West Africa for the charity, a spokesman referred us to its policy on volunteers, which has a section titled: “Why we don’t send volunteers abroad.” It explains that “it’s vital that each community is responsible for managing their own projects” and that “out of respect for the people we work with, we don’t encourage or facilitate self-funded visits either” »

Liens externes

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