Hamani Diori
Hamani Diori, né le à Soudouré et mort le à Rabat, est un enseignant et un homme d'État nigérien. Figure de l'indépendance du pays et premier président de la République en 1960, il est l'un des artisans de la création de la francophonie dont l'Agence pour la coopération culturelle et technique. Son régime est renversé par le coup d'État du lieutenant-colonel Seyni Kountché le .
| Hamani Diori | |
Hamani Diori en 1968. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président de la république du Niger | |
| – (13 ans, 5 mois et 5 jours) |
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| Élection | 8 novembre 1960 (par l'Assemblée nationale) |
| Réélection | 30 septembre 1965 (au suffrage universel) 1er octobre 1970 |
| Gouvernement | Dori I, II et III |
| Prédécesseur | Poste créé |
| Successeur | Seyni Kountché (président du Conseil militaire suprême) |
| Premier ministre du Niger | |
| – (1 an, 10 mois et 23 jours) |
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| Gouvernement | Dori I |
| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Fonction abolie Mamane Oumarou (indirectement) |
| Ministre des Affaires étrangères nigérien | |
| – | |
| Président | Lui-même |
| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Adamou Mayaki |
| Député | |
| – (1 an, 6 mois et 15 jours) |
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| Président | Lui-même |
| Prédécesseur | Adamou Mayaki |
| Successeur | Abdou Sidikou |
| Député français | |
| – (3 ans, 5 mois et 26 jours) |
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| Élection | 2 janvier 1956 |
| Circonscription | Niger français |
| Législature | IIIe (Quatrième République) Ire (Cinquième République) |
| Groupe politique | UDSR |
| – (4 ans, 7 mois et 5 jours) |
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| Élection | 10 novembre 1946 |
| Circonscription | Niger français |
| Législature | Ire (Quatrième République) |
| Groupe politique | UDSR |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Soudouré (Afrique-Occidentale française) |
| Date de décès | (à 72 ans) |
| Lieu de décès | Rabat (Maroc) |
| Nationalité | Nigérienne |
| Parti politique | Parti progressiste nigérien |
| Conjoint | Aïssa Amadou |
| Enfants | Abdoulaye, Ramatou, Mounkaila, Moumouni, Moussa, Hadiza |
| Diplômé de | École normale William-Ponty |
| Profession | Instituteur |
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| Premiers ministres du Niger Présidents de la république du Niger |
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Biographie
modifierIssu de l'ethnie Djerma, Hamani Diori naît le à Soudouré, un village à 12 km de la ville de Niamey, d'un père fonctionnaire de santé publique dans l'administration coloniale française.
Études et début de carrière professionnelle
modifierAprès ses études à l'École normale William-Ponty (École normale fédérale de l'AOF), à Dakar au Sénégal, Hamani Diori travaille, de 1936 à 1938, en tant qu'instituteur dans les écoles régionales de son pays, puis devient répétiteur de langue Zarma et Haoussa à l'École nationale de la France d'outre-mer à Paris. Le , il épouse Aïssa Amadou, connue sous le surnom d'Aïchatou, et avec qui il a six enfants.
Carrière politique
modifierEn 1946, il est l'un des fondateurs du Parti progressiste nigérien (PPN), branche locale du Rassemblement démocratique africain (RDA). La même année, il est élu député représentant du Niger à l'Assemblée nationale française. Aux élections de 1951, Diori est battu par son cousin et rival politique Djibo Bakary, avant d'être réélu « haut la main » aux élections de 1956.
Au référendum constitutionnel de septembre 1958, qui accorde aux communautés d'outre-mer le droit de mettre en place un gouvernement responsable du territoire, Diori fait campagne pour le « oui » — qui l'emporte nettement à l'issue d'un scrutin contesté par son rival Djibo Bakary — et devient président du gouvernement provisoire en décembre, puis Premier ministre en . À cette époque le gouvernement français ayant interdit tous les partis politiques, le PPN-RDA fait office de parti unique. L'indépendance du pays est proclamée le .
Premier président de la République
modifierLe , l'Assemblée nationale nigérienne présidée par Boubou Hama et où ne siège que le parti unique PPN-RDA, élit Hamani Diori au poste de président de la République. Pendant son gouvernement, Diori favorise les Samaria (des structures traditionnelles d'échange culturel) dans l'intérêt du parti et conserve des liens économiques étroits avec la France. Sans opposant, il est réélu en 1965 et 1970.
Il gagne le respect de l'Afrique pour son rôle en tant que porte-parole des affaires africaines et arbitre populaire dans les conflits impliquant d'autres nations africaines. Cependant, une famine catastrophique répandue dans tout le pays est causée par la dégradation du Sahel au début des années 1970, un quarteron d'officiers se sert de cette sécheresse pour justifier un coup d’État. Diori est sans doute victime de son rapprochement avec les pays arabes et la diversification de ses partenaires. C'est ce qui probablement contribue aussi à inciter les militaires à faire chuter son gouvernement sans que cela n'émeuve la métropole française.
Il crée de nombreuses unités de production et des sociétés d'économie mixte dont une banque de développement (BDRN), l'une des premières en Afrique noire[1].
Il cherche aussi à reprendre le contrôle sur l'uranium du Niger toujours aux mains de la France[2] qui finira par s'en exaspérer.
Coup d'État
modifierDans la nuit du 14 au , un coup d'État éclate contre le président Diori, mené par le lieutenant-colonel Seyni Kountché, nouveau chef d'état-major, en remplacement de Balla-Arabé, promu grand chancelier des ordres nationaux du Niger. Des soldats dirigés par le lieutenant Gabriel Cyrille s'introduisent dans le palais présidentiel de Niamey, s'emparent de Diori et assassinent son épouse.
Tous les responsables du gouvernement sont maintenus par les putschistes, à l'exception du président déchu qui est emprisonné à Zinder où il demeure pendant six ans, puis est maintenu en résidence surveillée à Niamey à partir de 1980.
Libéré en 1987 par le successeur de Kountché, Ali Saïbou, peu après son accession au pouvoir, Diori quitte son pays pour le Maroc, où il meurt le à Rabat.
Distinctions et décorations
modifier- Grand-croix de l'ordre national du Dahomey (1963)[3]
- Grand-croix de l'ordre de national du Mérite de la république de Guinée
- Grand-croix de la légion d'honneur de France.
Notes et références
modifier- ↑ Jacques Baulin, Conseiller du Président Diori, Eurafor-Press
- ↑ « Niger : Hamani Diori », sur peres-blancs.cef.fr (consulté le )
- ↑ « Décret no 1963-427 portant nominations et promotions dans les ordres nationaux à l'occasion des fêtes du troisième anniversaire de la proclamation de l'indépendance de la république du Dahomey », sur Secrétariat général du gouvernement du Bénin, (consulté le ).
Bibliographie
modifier- Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, Kamerun : Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971), Paris, La Découverte, , 744 p. (ISBN 978-2-348-04176-1)
Liens externes
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- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- http://web.archive.org/web/20170806082613/http://peres-blancs.cef.fr:80/Hamani_Diori.htm
