Grand Prix automobile des États-Unis 1968

course de Formule 1

Le Grand Prix des États-Unis 1968 (XIth United States Grand Prix[Note 1]), disputé sur le circuit de Watkins Glen le , est la cent-soixante-douzième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la onzième manche du championnat 1968.

Grand Prix des États-Unis 1968
Tracé de la course
Données de course
Nombre de tours 108
Longueur du circuit 3,701 km
Distance de course 399,708 km
Conditions de course
Météo temps couvert, piste sèche
Affluence plus de 90 000 spectateurs
Résultats
Vainqueur Jackie Stewart,
Matra-Ford Cosworth,
h 59 min 20 s 29
(vitesse moyenne : 200,962 km/h)
Pole position Mario Andretti,
Lotus-Ford Cosworth,
min 4 s 20
(vitesse moyenne : 207,533 km/h)
Record du tour en course Jackie Stewart,
Matra-Ford Cosworth,
min 5 s 22
(vitesse moyenne : 204,287 km/h)

Contexte avant la course

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Le championnat du monde

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La saison 1968 est la troisième disputée sous la réglementation trois litres pour les monoplaces à moteur atmosphérique, avec également possibilité d'utilisation de moteurs suralimentés, un coefficient deux étant alors appliqué pour la cylindrée (soit un maximum de 1 500 cm3 en cas d'utilisation d'un compresseur volumétrique ou d'un turbocompresseur). La réglementation s'appuie sur les points suivants[1] :

  • pas de cylindrée minimale
  • cylindrée maximale : 3 000 cm3 si moteur atmosphérique ou 1 500 cm3 si moteur suralimenté
  • poids minimal : 500 kg (à sec)
  • roues non carénées
  • double circuit de freinage obligatoire
  • arceau de sécurité obligatoire (le haut du cerceau devant dépasser le casque du pilote)
  • démarreur de bord obligatoire
  • carburant commercial obligatoire
  • ravitaillement en huile interdit durant la course
  • distance minimale d'un Grand Prix : 300 km (à l'exception du GP de Monaco)
  • distance maximale d'un Grand Prix : 400 km
  • distance minimale pour être classé : 90% de la distance parcourue par le vainqueur

D'autre part, la Commission Sportive Internationale (CSI) autorise désormais l'apparition de publicité extra-sportive sur les voitures de course, aussi des annonceurs autres que les habituels pétroliers ou manufacturiers pourront-ils figurer sur les carrosseries[2].

Alors que deux épreuves restent à disputer, Graham Hill et Denny Hulme sont en tête du championnat du monde des conducteurs, à égalité de points. Après un début de saison marqué par deux victoires consécutives au Grands Prix d'Espagne et de Monaco, Hill a connu une période moins faste due à la fiabilité aléatoire de sa Lotus. Au sein de l'écurie McLaren, Hulme s'est surtout fait remarquer en CanAm (il est en passe de remporter le challenge américano-canadien cette année), mais ses victoires lors des deux dernier Grands Prix (en Italie et au Canada) lui permettent de briguer un second titre mondial. Également vainqueur de deux épreuves, (aux Pays-Bas et en Allemagne, Jackie Stewart peut également prétendre l'emporter ; il compte six points de retard sur ses adversaires, mais sa Matra se révèle très compétitive tant sur les circuits sinueux que les pistes rapides. S'étant cassé une jambe lors des essais à Saint-Jovite, le jeune Belge Jacky Ickx compte autant de points que Stewart, mais son forfait aux États-Unis compromet fortement les chances du pilote de la Scuderia Ferrari.

Le circuit

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Vue aérienne du circuit de Watkins Glen, quelques kilomètres au sud du lac Seneca.

Construit à l'initiative de l'avocat Cameron Argetsinger, passionné de sports mécaniques, le circuit permanent de Watkins Glen fut inauguré par le SCCA en 1956 à l'occasion d'une course de voitures de sport. Situé près de la petite ville de Glen, non loin du lac Seneca, dans l'état de New York, il se démarque des autres pistes américaines par son tracé rapide et sélectif, avec une majorité de virages à droite, alors que la plupart des circuits nationaux se pratiquent dans le sens antihoraire. Très apprécié des pilotes et du public pour son cadre et ses installations modernes, il est depuis 1961 le théâtre du Grand Prix des États-Unis. Il accueille également chaque année une autre course internationale, les 6 Heures de Watkins Glen, épreuve d'endurance. À l'occasion du Grand Prix des États-Unis 1967, Graham Hill avait bouclé un tour à près de 202 km/h de moyenne au volant de sa Lotus, s'attribuant le record officiel de la piste[3].

Monoplaces en lice

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Le Team Lotus aligne trois 49B à moteur V8 Cosworth.
  • Brabham BT26 "Usine"

Jack Brabham et Jochen Rindt disposent de leurs habituelles BT26 à moteur V8 Repco, équipées d'un aileron arrière réglable et d'un aileron avant fixe. Le pilote-constructeur a prévu d'ajuster l'incidence de son aile arrière au cours de la première journée d'essais, puis de bloquer les réglages sur les deux voitures une fois que la meilleure position a été trouvée[4]. Seules monoplaces du plateau à châssis multitubulaire (renforcé par des panneaux d'aluminium), les BT26 pèsent 520 kg à vide. Le V8 bénéficie d'une distribution à doubles arbres à cames en tête et développe 400 chevaux à 9000 tr/min. Il est accouplé à une boîte cinq vitesses Hewland FG400. Les Brabham utilisent des pneus Goodyear[5].

  • Lotus 49B "Usine"

Comme au Canada deux semaines auparavant, l'équipe de Colin Chapman aligne trois 49B à moteur V8 Ford-Cosworth DFV, Mario Andretti épaulant Graham Hill et Jackie Oliver. Le champion américain avait déjà tenté de faire une première apparition en F1 à l'occasion des essais du Grand Prix d'Italie, mais les organisateurs ne l'avaient pas autorisé à prendre part à la course[6]. Après les problèmes survenus deux semaines plus tôt, les attaches de suspension et les demi-arbres de transmission ont été renforcés[4]. Le V8 DFV bénéficie d'une distribution à doubles arbres à cames en tête et 48 soupapes. Hill et Oliver disposent de la dernière évolution, avec échappement modifié, développant 410 chevaux à 9500 tr/min, alors qu'Andretti dispose de la précédente version, moins puissante (400 chevaux) mais d'utilisation plus souple. La transmission est assurée par une boîte Hewland FG400. Les trois monoplaces sont dotées de volets stabilisateurs sur le capot avant et d'un imposant aileron arrière. Elles pèsent 500 kg à vide et sont chaussées de pneus Firestone[5].

  • Lotus 49B privée

Joseph Siffert pilote la 49B du Rob Walker Racing Team, équipée de pneus Firestone. Elle est techniquement identique à celle d'Andretti (moteur de 400 chevaux) et bénéficie également des demi-arbres renforcés. L'aileron arrière est toutefois moins imposant que celui des Lotus officielles[7].

  • Cooper T86B "Usine"

John Cooper a engagé deux T86B à moteur V12 BRM pour Vic Elford et Lucien Bianchi. Elles pèsent 545 kg à vide et sont dotées d'une boîte cinq vitesses Hewland. Leur V12 développe 385 chevaux à 9500 tr/min. Les Cooper utilisent des pneus Firestone[8].

 
La Honda RA301, à moteur V12.
  • Honda RA301 "Usine"

Le constructeur japonais a amené deux RA301 V12, la plus récente ayant reçu un nouveau moteur donné pour 450 chevaux (contre 430 chevaux à 11000 tr/min pour la version habituellement utilisée par John Surtees). Les Honda sont les monoplaces les plus puissantes du plateau, mais figurent aussi parmi les plus lourdes, leur poids à vide atteignant 550 kg. Elles utilisent des pneus Firestone[9].

  • Ferrari 312/68 "Usine"

La Scuderia Ferrari a préparé trois 312/68, dont deux à disposition de Chris Amon. Il est épaulé par Derek Bell, ce dernier remplaçant Jacky Ickx qui s'est cassé une jambe deux semaines plus tôt, lors des essais du Grand Prix du Canada. Les trois voitures ont un moteur V12 à doubles arbres à cames en tête et 48 soupapes, d'une puissance de 410 chevaux à 11000 tr/min[5]. Leur aileron arrière mobile est actionné par la commande de freins mais peut également être réglé manuellement par le pilote. elles pèsent 505 kg à vide et sont chaussées de pneus Firestone[10].

  • BRM P126, P133 & P138 "Usine"

Au sein de l'équipe BRM, Pedro Rodríguez pourra tester la nouvelle P138 (brièvement apparue à Monza), en comparaison avec son habituelle P133. N'ayant pas été autorisé à courir en Italie, Bobby Unser dispose quant à lui d'un modèle P126 (initialement conçue pour la Formule Tasmane mais désormais techniquement identique à la P133), dont le cockpit a été élargi en fonction de l'imposante carrure du dernier vainqueur des 500 miles d'Indianapolis. Les trois voitures sont dotées d'un moteur V12 de 400 chevaux et sont chaussées de pneus Goodyear. Évolution des P126 et P133, la P138 bénéficie d'une coque plus fine que celle de ses devancières. Équipée d'une boîte «cinq» réalisée en interne, elle pèse 505 kg à vide, 15 de moins que les deux autres modèles qui utilisent toujours une boîte Hewland[11].

  • BRM P126 privée

La BRM P126 engagée par Reg Parnell pour Piers Courage est semblable, au cockpit près, à celle d'Unser, mais le pilote britannique utilise des pneus Dunlop[12].

  • McLaren M7A "Usine"
 
Le moteur V12 des Matra MS11.

Le pilote-constructeur Bruce McLaren aligne trois M7A à moteur V8 Ford-Cosworth, une pour lui et une pour le champion en titre Denny Hulme alors que le troisième est désormais loué à Dan Gurney, qui, bien que continuant à construire et piloter ses monoplaces en championnat USAC, a récemment mis un terme à son activité de constructeur en F1[13]. Comme la Lotus 49, la M7/A a adopté le concept du moteur porteur, le V8, qui supporte la boîte Hewland DG300 et le train arrière, étant boulonné sur le cockpit. Les trois voitures sont dotées d'un aileron arrière fixe et de deux déflecteurs montés sur le capot avant. Elles pèsent 515 kg à vide et sont chaussées de pneus Goodyear[14].

  • McLaren M5A privée

Joakim Bonnier pilote son habituelle M5A à moteur V12 BRM et boîte de vitesses Hewland à cinq rapports, voiture rachetée en début de saison à Bruce McLaren. Pesant 535 kg, elle a une puissance de l'ordre de 380 chevaux. Elle est équipée de pneus Goodyear[15].

  • Matra MS10 & MS11 "Usine"

Seul Jean-Pierre Beltoise est officiellement engagé par l'équipe Matra Sports, Henri Pescarolo (qui avait fait sa première apparition en F1 au Canada) étant pilote de réserve ; il pourrait éventuellement prendre le départ si un des vingt pilotes inscrits déclarait forfait. Beltoise pourra disposer des deux MS11 préparées par l'équipe française. Pesant 560 kg à vide, elles sont animées par un V12 conçu et réalisé en interne, d'une puissance de 380 chevaux à 10500 tr/min. La transmission est assurée par une boîte «cinq» Hewland. Dirigée par Ken Tyrrell, l'équipe Matra International a amené ses deux MS10, confiées à Jackie Stewart. Leur châssis est semblable à celui des MS11 mais elles sont motorisées par V8 Cosworth et non par le V12 maison. Elles pèsent 530 kg à vide. Les Matra utilisent des pneus Dunlop[16].

Coureurs inscrits

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Liste des pilotes inscrits[17]
no  Pilote Écurie Constructeur Modèle N° châssis Moteur Pneumatiques
1   Denny Hulme Bruce McLaren Motor Racing McLaren McLaren M7A M7A/2 Ford Cosworth DFV V8 G
2   Bruce McLaren Bruce McLaren Motor Racing McLaren McLaren M7A M7A/1 Ford Cosworth DFV V8 G
3   Jack Brabham Brabham Racing Organisation Brabham Brabham BT26 BT26/1 Repco 860 V8 G
4   Jochen Rindt Brabham Racing Organisation Brabham Brabham BT26 BT26/3 Repco 860 V8 G
5   John Surtees Honda R&D Company Honda Honda RA301 F-801 Honda RA301E V12 F
5T   John Surtees Honda R&D Company Honda Honda RA301 F-802 Honda RA301E V12 F
6   Chris Amon SpA Ferrari SEFAC Ferrari Ferrari 312/68 312/0009 Ferrari 242C V12 F
6T   Chris Amon SpA Ferrari SEFAC Ferrari Ferrari 312/68 312/0003 Ferrari 242C V12 F
7   Derek Bell SpA Ferrari SEFAC Ferrari Ferrari 312/68 312/0007 Ferrari 242C V12 F
8   Pedro Rodríguez Owen Racing Organisation BRM BRM P133 P133/01 BRM P101 V12 G
8T   Pedro Rodríguez Owen Racing Organisation BRM BRM P138 P138/01 BRM P101 V12 G
9   Bobby Unser Owen Racing Organisation BRM BRM P126
BRM P138
P126/03[Note 2]
P138/01[Note 3]
BRM P101 V12
BRM P101 V12
G
G
10   Graham Hill Gold Leaf Team Lotus Lotus Lotus 49B 49 R8[Note 4] Ford Cosworth DFV V8 F
11   Jackie Oliver Gold Leaf Team Lotus Lotus Lotus 49B 49 R2 Ford Cosworth DFV V8 F
12   Mario Andretti Gold Leaf Team Lotus Lotus Lotus 49B 49 R5 Ford Cosworth DFV V8 F
14   Dan Gurney Anglo-American Racers McLaren McLaren M7A M7A/3 Ford Cosworth DFV V8 G
15   Jackie Stewart Matra International Matra Matra MS10 MS10-02 Ford Cosworth DFV V8 D
15T   Jackie Stewart Matra International Matra Matra MS10 MS10-01 Ford Cosworth DFV V8 D
16   Joseph Siffert Rob Walker/Jack Durlacher Lotus Lotus 49B 49 R7 Ford Cosworth DFV V8 F
17   Joakim Bonnier Joakim Bonnier Racing Team McLaren McLaren M5A M5A/1 BRM P101 V12 G
18   Vic Elford Cooper Car Company Cooper Cooper T86 B F1-4-68 BRM P101 V12 F
19   Lucien Bianchi Cooper Car Company Cooper Cooper T86 B F1-1-68 BRM P101 V12 F
21   Jean-Pierre Beltoise Matra Sports Matra Matra MS11 MS11-01 Matra MS9 V12 D
21T   Henri Pescarolo[Note 5]
  Jean-Pierre Beltoise
Matra Sports Matra Matra MS11 MS11-03 Matra MS9 V12 D
22   Piers Courage Reg Parnell Racing BRM BRM P126 P126/01 BRM P101 V12 D
  • La lettre T accolée au numéro désigne la voiture de réserve («Test car», en anglais).

Qualifications

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Deux séances qualificatives de quatre heures chacune ont été prévues par les organisateurs, le vendredi et le samedi après-midi précédant la course[4].

Première séance qualificative - vendredi 4 octobre

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Un froid humide règne sur le circuit lorsque commence la première session qualificative, le vendredi à treize heures. Il a plu le matin et la piste est encore très humide. La Honda de John Surtees et la Lotus-Ford de Graham Hill sont les premières en pistes, toutes deux équipées de pneus «pluie»[11]. Peu de voitures tournent au cours des deux premières heures, l'activité s'intensifiant lorsque la trajectoire commence à s'assécher. Bénéficiant de l'aspiration de la Lotus de son compatriote Mario Andretti, Bobby Unser réalise alors une performance honorable, à 198 km/h de moyenne, non loin des ténors de la discipline, mais va aussitôt sortir de la piste, endommageant sérieusement sa BRM P126 contre le rail de sécurité. La voiture n'étant pas réparable pour la course, le pilote américain devra se qualifier sur la voiture de réserve de l'équipe, une fois que son coéquipier Pedro Rodríguez (qui teste les deux voitures à sa disposition) aura effectué son choix entre la nouvelle P138 ou son habituelle P133. Jackie Stewart passe également de l'une à l'autre de ses Matra à moteur Cosworth, toutes deux parfaitement au point puisque personne ne sera en mesure de le battre au terme de cette première séance. Avec des conditions s'améliorant continuellement, le pilote écossais tiendra continuellement le haut de l'affiche, parvenant à tourner à 205,5 km/h de moyenne sur son mulet avant de réaliser une boucle à 207,3 km/h sur sa monoplace la plus récente[18]. Malgré un violent tête-à-queue à haute vitesse causé par la rupture d'une fusée de suspension, il relègue son plus proche rival, Chris Amon, à six dixièmes de secondes, le pilote de la Scuderia Ferrari ayant obtenu son meilleur chrono au volant de son mulet. Tous deux, ainsi que Jochen Rindt (sur Brabham) et Denny Hulme (sur McLaren), ont battu l'ancien record officieux (203,5 km/h de moyenne) établi par Hill lors des essais du précédent Grand Prix. Le Britannique n'est pas satisfait de la préparation de sa voiture et, sa session ayant été interrompue par une rupture d'embrayage, termine au cinquième rang de la journée sans avoir été en mesure d'améliorer sa performance de l'année précédente.

Résultats de la première séance[18]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1   Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 04 s 27[Note 6]
2   Chris Amon Ferrari 1 min 04 s 87 + 0 s 60
3   Jochen Rindt Brabham-Repco 1 min 05 s 42 + 1 s 15
4   Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 05 s 44 + 1 s 17
5   Graham Hill Lotus-Ford 1 min 05 s 56 + 1 s 29
6   John Surtees Honda 1 min 05 s 71 + 1 s 44
7   Dan Gurney McLaren-Ford 1 min 05 s 84 + 1 s 57
8   Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 05 s 85 + 1 s 58
9   Pedro Rodríguez BRM 1 min 06 s 13 + 1 s 86
10   Joseph Siffert Lotus-Ford 1 min 06 s 17 + 1 s 90
11   Jack Brabham Brabham-Repco 1 min 06 s 22 + 1 s 95
12   Bobby Unser BRM 1 min 07 s 31 + 3 s 04
13   Derek Bell Ferrari 1 min 07 s 31 + 3 s 04
14   Jackie Oliver Lotus-Ford 1 min 07 s 46 + 3 s 19
15   Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 08 s 15 + 3 s 88
16   Piers Courage BRM 1 min 08 s 31 + 4 s 04
17   Joakim Bonnier McLaren-BRM 1 min 08 s 93 + 4 s 66
18   Vic Elford Cooper-BRM 1 min 10 s 17 + 5 s 90
19   Lucien Bianchi Cooper-BRM 1 min 11 s 17 + 6 s 90
20   Jean-Pierre Beltoise Matra 1 min 14 s 57 + 10 s 30
21   Henri Pescarolo Matra 1 min 18 s 56 + 14 s 29

Deuxième séance qualificative - samedi 5 octobre

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Le temps est moins maussade que la veille le samedi après-midi, avec un vent froid mais sec et quelques apparitions du soleil. La première heure d'essais n'est pas très animée, techniciens et mécaniciens peaufinant les réglages des monoplaces. À partir de quatorze heures, la fréquentation de la piste s'intensifie mais peu avant quinze heures la session va devoir être interrompue, la rupture d'une jante ayant provoqué une brutale sortie de route de Jackie Oliver. Il est indemne mais ne pourra pas prendre le départ de la course, sa Lotus ne pouvant être réparée sur place. À la reprise, c'est au tour de Piers Courage d'effectuer une sortie de piste ; sa séance s'arrête là, ses mécaniciens s'affairant aussitôt pour la remettre en état pour le lendemain. Durant la dernière heure, Amon et Hulme battent leurs de la veille, avant qu'en fin de session Andretti ne surprenne tous ses pairs en bouclant un tour à 207,5 km/h de moyenne. Son coéquipier Hill ne parviendra pas à le battre, échouant à huit centièmes de seconde de la vedette locale. Tout comme Rindt, dont le moteur perdait de l'huile, Stewart n'a pu défendre ses chances jusqu'au bout, immobilisé par la rupture de la fusée de sa roue avant gauche. Grâce à son chrono du vendredi, il conserve néanmoins une place en première ligne, au côté d'Andretti qui s'alloue la prime de mille dollars pour sa pole position[11]. Hill et Amon se partageront la deuxième ligne. Le nouveau moteur de sa Lotus ne dépassant pas 7000 tr/min, Joseph Siffert n'a pu améliorer son chrono de la veille et ne s'élancera que depuis la douzième place. Le forfait d'Oliver aurait permis à Henri Pescarolo de participer à la course, mais le V12 de la deuxième Matra est hors d'usage et le pilote français doit également renoncer.

Résultats de la deuxième séance[18]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1   Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 04 s 20
2   Graham Hill Lotus-Ford 1 min 04 s 28 + 0 s 08
3   Chris Amon Ferrari 1 min 04 s 37 + 0 s 17
4   Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 04 s 50 + 0 s 30
5   Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 04 s 57 + 0 s 37
6   Jochen Rindt Brabham-Repco 1 min 04 s 81 + 0 s 61
7   Dan Gurney McLaren-Ford 1 min 05 s 22 + 1 s 02
8   Jack Brabham Brabham-Repco 1 min 05 s 25 + 1 s 05
9   John Surtees Honda 1 min 05 s 32 + 1 s 12
10   Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 05 s 69 + 1 s 49
11   Pedro Rodríguez BRM 1 min 06 s 10 + 1 s 90
12   Jean-Pierre Beltoise Matra 1 min 06 s 96 + 2 s 76
13   Piers Courage BRM 1 min 07 s 02 + 2 s 82
14   Derek Bell Ferrari 1 min 07 s 06 + 2 s 86
15   Joseph Siffert Lotus-Ford 1 min 07 s 14 + 2 s 94
16   Jackie Oliver Lotus-Ford 1 min 07 s 86 + 3 s 66
17   Vic Elford Cooper-BRM 1 min 08 s 53 + 4 s 33
18   Joakim Bonnier McLaren-BRM 1 min 09 s 20 + 5 s 00
19   Bobby Unser BRM 1 min 09 s 60 + 5 s 40
20   Lucien Bianchi Cooper-BRM 1 min 09 s 77 + 5 s 57
21   Henri Pescarolo Matra 1 min 10 s 43 + 6 s 23

Tableau final des qualifications

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Meilleur temps à l'issue des deux séances qualificatives, Mario Andretti prendra le départ de son premier Grand Prix en pole position.
Résultats des qualifications à l'issue des deux séances d'essais
Pos. Pilote Écurie Temps Écart Commentaire
1   Mario Andretti Lotus-Ford 1 min 04 s 20 temps réalisé le samedi
2   Jackie Stewart Matra-Ford 1 min 04 s 27 + 0 s 07 temps réalisé le vendredi
3   Graham Hill Lotus-Ford 1 min 04 s 28 + 0 s 08 temps réalisé le samedi
4   Chris Amon Ferrari 1 min 04 s 37 + 0 s 17 temps réalisé le samedi
5   Denny Hulme McLaren-Ford 1 min 04 s 57 + 0 s 37 temps réalisé le samedi
6   Jochen Rindt Brabham-Repco 1 min 04 s 81 + 0 s 61 temps réalisé le samedi
7   Dan Gurney McLaren-Ford 1 min 05 s 22 + 1 s 02 temps réalisé le samedi
8   Jack Brabham Brabham-Repco 1 min 05 s 25 + 1 s 05 temps réalisé le samedi
9   John Surtees Honda 1 min 05 s 32 + 1 s 12 temps réalisé le samedi
10   Bruce McLaren McLaren-Ford 1 min 05 s 69 + 1 s 49 temps réalisé le samedi
11   Pedro Rodríguez BRM 1 min 06 s 10 + 1 s 90 temps réalisé le samedi
12   Joseph Siffert Lotus-Ford 1 min 06 s 17 + 1 s 97 temps réalisé le vendredi
13   Jean-Pierre Beltoise Matra 1 min 06 s 96 + 2 s 76 temps réalisé le samedi
14   Piers Courage BRM 1 min 07 s 02 + 2 s 82 temps réalisé le samedi
15   Derek Bell Ferrari 1 min 07 s 06 + 2 s 86 temps réalisé le samedi
16   Bobby Unser BRM 1 min 07 s 31[Note 7] + 3 s 11 temps réalisé le vendredi
17   Jackie Oliver Lotus-Ford 1 min 07 s 46 + 3 s 26 temps réalisé le vendredi
18   Vic Elford Cooper-BRM 1 min 08 s 53 + 4 s 33 temps réalisé le samedi
19   Joakim Bonnier McLaren-BRM 1 min 08 s 93 + 4 s 73 temps réalisé le vendredi
20   Lucien Bianchi Cooper-BRM 1 min 09 s 77 + 5 s 57 temps réalisé le samedi
21   Henri Pescarolo Matra 1 min 10 s 43 + 6 s 23 temps réalisé le samedi

Grille de départ

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Grille de départ du Grand Prix et résultats des qualifications[19]
1re ligne Pos. 2 Pos. 1
 
Stewart
Matra
1 min 04 s 27
 
Andretti
Lotus
1 min 04 s 20
2e ligne Pos. 4 Pos. 3
 
Amon
Ferrari
1 min 04 s 37
 
G. Hill
Lotus
1 min 04 s 28
3e ligne Pos. 6 Pos. 5
 
Rindt
Brabham
1 min 04 s 81
 
Hulme
McLaren
1 min 04 s 57
4e ligne Pos. 8 Pos. 7
 
Brabham
Brabham
1 min 05 s 25
 
Gurney
McLaren
1 min 05 s 22
5e ligne Pos. 10 Pos. 9
 
McLaren
McLaren
1 min 05 s 69
 
Surtees
Honda
1 min 05 s 32
6e ligne Pos. 12 Pos. 11
 
Siffert
Lotus
1 min 06 s 17
 
Rodríguez
BRM
1 min 06 s 10
7e ligne Pos. 14 Pos. 13
 
Courage
BRM
1 min 07 s 02
 
Beltoise
Matra
1 min 06 s 96
8e ligne Pos. 16 Pos. 15
Emplacement
vide
 
Bell
Ferrari
1 min 07 s 06
9e ligne Pos. 18 Pos. 17
 
Bonnier
McLaren
1 min 08 s 93
 
Elford
Cooper
1 min 08 s 53
10e ligne Pos. 20 Pos. 19
 
Bianchi
Cooper
1 min 09 s 77
 
Unser
BRM
1 min 09 s 60
  • Auteur d'un tour en 1 min 07 s 46, Jackie Oliver aurait dû s'élancer depuis la huitième ligne mais a déclaré forfait, sa Lotus, accidentée aux essais, étant irréparable pour la course.
  • Le temps de qualification de Bobby Unser est celui réalisé le samedi au volant de la BRM P138 avec laquelle il a pris le départ. Il avait réalisé la veille 1 min 07 s 31 au volant d'une BRM P126 avant de sortir de la route ; ayant dû changer de voiture, il a perdu le bénéfice de son chrono du vendredi[11].

Déroulement de la course

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Denny Hulme au volant de sa McLaren M7A ; un tête-à-queue au seizième tour va compromettre ses chances de conquérir un deuxième titre mondial.

Il fait froid et le temps est couvert au moment du départ, le dimanche après-midi, mais la piste est sèche. Plus de 90 000 spectateurs sont venus assister à la course[18]. Au baisser du drapeau, Mario Andretti est le plus prompt, propulsant sa Lotus devant la Matra de Jackie Stewart et la Lotus de Graham Hill. Le pilote italo-américain négocie les premiers virages en tête mais au bout de la ligne droite Stewart retarde son freinage et s'empare du commandement de la course. C'est avec une demi-seconde d'avance sur Andretti qu'il boucle le premier tour. Le reste du peloton, emmené par la Ferrari de Chris Amon (qui a débordé Hill) est déjà à plus de deux secondes. Le rythme est déjà très rapide. Se détachant de Hill, Amon va réduire sensiblement son retard sur les deux premiers. Cinquième, Jochen Rindt (Brabham) est sous la menace directe des McLaren de Denny Hulme et de Dan Gurney ; ayant opté pour un rapport de transmission élevé afin de ménager son moteur en ligne droite, le pilote autrichien ne peut résister longtemps aux attaques de ses adversaires : Hulme le dépasse au cours du deuxième tour, Gurney au suivant. Jean-Pierre Beltoise, qui naviguait en milieu de peloton, est sorti de la piste ; il a pu repartir, n'ayant perdu qu'une dizaine de secondes, mais la Matra V12 ferme désormais la marche. Après 5 tours, une demi-seconde sépare toujours les hommes de tête. Quelques longueurs plus loin, Amon tourne dans le même rythme, ne parvenant pas à se rapprocher davantage. Hill n'est pas loin derrière, avec un léger avantage sur Hulme et Gurney alors que Rindt, sixième, est sur le point d'être doublé par la Honda de John Surtees. À l'issue du dixième tour Stewart mène toujours, une seconde devant Andretti dont le capot avant commence à se détacher ; la Lotus commence alors à perdre du terrain sur la Matra de tête. Amon ne va cependant pas en profiter car à la fin du tour suivant le pilote Ferrari effectue un tête-à-queue dans le virage précédant les stands, ses pneus arrière ayant été aspergés par du liquide de refroidissement. Il repart en neuvième position, juste derrière la Lotus de Joseph Siffert, s'étant également fait dépasser par Hill, Hulme, Gurney, Surtees et Rindt. Le museau de la Lotus d'Andretti racle le sol et Andretti se résigne à rentrer au stand à la fin du quatorzième tour, cédant la deuxième place à son coéquipier Hill qui accuse alors onze secondes de retard. Le rafistolage du nez va coûter une cinquantaine de seconde à l'Italo-Américain, qui reprendra la piste en treizième position. Hulme, troisième, n'est qu'à une seconde et demie de Hill, mais le champion en titre va perdre toutes ses chances au cours du seizième tour, se faisant surprendre par une traînée d'huile ; après une incursion hors piste, une conduite de liquide de freins a été endommagée et le pilote Néo-Zélandais perdra plus de deux tours à son stand pour la faire enlever, repartant avaec seulement trois disques opérationnels. Stewart va accroître progressivement son avance sur Hill : au vingtième passage devant les stands, l'écart entre les deux hommes est de près de quinze secondes. Un peu plus loin, Gurney, Surtees et Rindt se disputent la troisième place, ce petit groupe étant légèrement détaché devant Siffert et Amon. Ce dernier va cependant devoir s'arrêter pour faire remplacer son radiateur de refroidissement, perdant une dizaine de places avant de repartir. Peu après, Gurney amorce un tête-à-queue dans le virage précédent les stands, Surtees en profitant pour s'emparer de la troisième place. Hulme s'est de nouveau arrêté au stand, son équipe s'etant procurée un nouveau flexible de freins ; il compte désormais huit tours de retard. Stewart rattrape bientôt Andretti et le dépasse ; les deux hommes vont rouler quelques tours roues dans roues avant que l'embrayage de la Lotus ne montre des signes de fatigue, éliminant l'un des principaux animateurs de la course. Gurney est revenu dans le sillage de Surtees et récupère la troisième place au cours du trente-troisième tour. Tous deux comptent alors une dizaine de secondes de retard sur Hill qui, bien que gêné par une mauvaise position de son volant (sa colonne de direction a été mal serrée et, dans les virages, ses doigts se coincent contre la planche de bord), se maintient facilement en deuxième position. Après avoir débordé Rindt, Siffert est maintenant cinquième alors que Bruce McLaren, septième, est en passe d'être rejoint par la Matra de tête. Personne ne semble en mesure d'inquiéter Stewart mais les duels pour la troisième place (Gurney/Surtees) et pour la cinquième (Siffert/Rindt) tiennent le public en haleine. À la mi-course, l'écart entre les deux premiers frise la demi-minute, Hill ayant de son côté préservé son avance sur Gurney et Surtees, alors que Rindt, qui vient de repasser devant Siffert, n'est qu'à quelques secondes de la Honda.

Stewart, après s'être attribué le record de la piste à plus de 204 km/h de moyenne, maintient une cadence élevée, l'écart avec Hill évoluant cependant assez peu. Derrière, Gurney et Surtees continuent à batailler ferme et ont légèrement distancer Rindt, celui-ci se maintenant quelques secondes devant Siffert. Le V8 de la Matra de tête laisse maintenant échapper un peu de fumée bleue, signe d'une légère consommation d'huile, mais le leader conserve toutefois le même rythme et prend un tour à Siffert, puis à Rindt. Ce dernier va renoncer lors de son soixante-quatorzième tour, moteur explosé. Il sera imité quelques minutes plus tard par son coéquipier Jack Brabham, alors septième derrière McLaren, poussoir de pompe à essence hors d'usage. À trente tours de l'arrivée, l'avance de Stewart sur Hill s'élève à près de quarante secondes. Gurney roule maintenant isolé en troisième position, Surtees ayant perdu le contact avec l'Américain. Cinquième, Siffert accuse un tour de retard tandis que McLaren, sixième, a déjà été doublé deux fois. Les trois autres concurrents encore en course, Piers Courage (sur BRM), Denny Hulme et Lucien Bianchi (sur Cooper) sont très attardés. Les positions semblent désormais acquises, les quelques monoplaces restantes progressant isolément. L'allure des deux hommes de tête reste cependant élevée et ce n'est que dans les tout derniers tours que Stewart pourra se permettre de lever le pied, avant de franchir la ligne pour remporter sa troisième victoire de la saison, conservant vingt-cinq secondes d'avance sur Hill à l'arrivée. Ce dernier reste en tête du classement provisoire du championnat du monde, mais le pilote écossais ne compte plus que trois points de retard sur lui. Alors que sa troisième place paraissait assurée, Gurney a crevé un pneu arrière à quelques minutes de la fin et s'est fait déborder par Surtees qui décroche in extremis une place sur le podium. S'étant arrêté pour ravitailler, Siffert avait momentanément perdu sa cinquième place au profit de McLaren, mais a retrouvé sa position quand le Néo-Zélandais s'est arrêté à son tour, pour la même raison. Après les abandons de Courage (panne sèche) et de Hulme (sorti de la route après rupture soudaine d'un demi-arbre), seules six voitures sont classées, Bianchi n'ayant pas accompli une distance suffisante pour figurer à la septième place. Joakim Bonnier a passé environ trois quarts d'heure arrêté à son stand pour faire réparer l'allumage de sa McLaren et, bien qu'ayant ensuite repris la piste, n'est pas classé non plus, terminant avec quarante-six tours de retard.

Classements intermédiaires

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Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, troisième, cinquième, dixième, douzième, quinzième, vingtième, trentième, quarantième, cinquantième, soixantième, soixante-dixième, quatre-vingtième, quatre-vingt-dixième et centième tours[18],[20].

Classement de la course

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Troisième victoire de la saison pour Jackie Stewart et sa Matra-Ford MS10 (vue ici lors d'une manifestation historique).
Pos Pilote Écurie Tours Temps/Abandon Grille Points
1 15   Jackie Stewart Matra-Ford 108 1 h 59 min 20 s 29 2 9
2 10   Graham Hill Lotus-Ford 108 1 h 59 min 44 s 97 (+ 24 s 68) 3 6
3 5   John Surtees Honda 107 1 h 59 min 32 s 80 (+ 1 tour) 9 4
4 14   Dan Gurney McLaren-Ford 107 1 h 59 min 46 s 04 (+ 1 tour) 7 3
5 16   Jo Siffert Lotus-Ford 105 1 h 59 min 25 s 42 (+ 3 tours) 12 2
6 2   Bruce McLaren McLaren-Ford 103 2 h 00 min 03 s 57 (+ 5 tours) 10 1
Abd. 22   Piers Courage BRM 93 Panne d'essence 14  
Abd. 1   Denny Hulme McLaren-Ford 92 Accident 5  
Nc. 19   Lucien Bianchi Cooper-BRM 88 1 h 59 min 27 s 91 (Non classé) 20  
Abd. 3   Jack Brabham Brabham-Repco 77 Poussoir de pompe à essence 8  
Abd. 4   Jochen Rindt Brabham-Repco 73 Moteur 6  
Abd. 18   Vic Elford Cooper-BRM 71 Moteur 17  
Abd. 8   Pedro Rodríguez BRM 66 Suspension 11  
Nc. 17   Jo Bonnier McLaren-BRM 62 1 h 59 min 40 s 70 (Non classé) 18  
Abd. 6   Chris Amon Ferrari 59 Pompe à eau 4  
Abd. 21   Jean-Pierre Beltoise Matra 44 Transmission 13  
Abd. 9   Bobby Unser BRM 35 Moteur 19  
Abd. 12   Mario Andretti Lotus-Ford 32 Embrayage 1  
Abd. 7   Derek Bell Ferrari 14 Moteur 15  
Np. 11   Jackie Oliver Lotus-Ford 0 Non partant (voiture accidentée aux essais)    
Np. 20   Henri Pescarolo Matra 0 Non partant (moteur cassé aux essais)    

Légende :

  • Abd.=Abandon

Pole position et record du tour

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Évolution du meilleur tour en course

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Le meilleur tour fut amélioré seize fois au cours de l'épreuve[18].

Tours en tête

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Classement général à l'issue de la course

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  • Attribution des points : 9, 6, 4, 3, 2, 1 respectivement aux six premiers de chaque épreuve.
  • Pour la coupe des constructeurs, même barème et seule la voiture la mieux classée de chaque équipe inscrit des points.
  • Le championnat est divisé en deux demi-saisons, seuls les cinq meilleurs résultats (sur six épreuves) étant retenus pour chaque partie[19].
 
Avec trois points d'avance sur Jackie Stewart, Graham Hill conserve a tête du classement provisoire du championnat du monde à l'issue du Grand Prix des États-Unis.
Classement des pilotes
Pos. Pilote Écurie Points  
AFS
 
ESP
 
MON
 
BEL
 
NL
 
FRA
1re
½ saison
 
GBR
 
ALL
 
ITA
 
CAN
 
USA
 
MEX
2e
½ saison
1   Graham Hill Lotus 39 6 9 9 - - - 24 - 6 - 3 6 15
2   Jackie Stewart Matra 36 - - - 3 9 4 16 1 9 - 1 9 20
3   Denny Hulme McLaren 33 2 6 2 - - 2 12 3 - 9 9 - 21
4   Jacky Ickx Ferrari 27 - - - 4 3 9 16 4 3 4 - - 11
5   Bruce McLaren McLaren 16 - - - 9 - - 9 - - - 6 1 7
6   Pedro Rodríguez BRM 15 - - - 6 4 - 10 - 1 - 4 - 5
7   John Surtees Honda 12 - - - - - 6 6 2 - - - 4 6
8   Joseph Siffert Lotus 11 - - - - - - - 9 - - - 2 11
  Jean-Pierre Beltoise Matra 11 1 2 - - 6 - 9 - - 2 - - 2
10   Chris Amon Ferrari 10 3 - - - 1 - 4 6 - - - - 6
11   Jim Clark Lotus 9 9 - - - - - 9 - - - - - -
12   Jochen Rindt Brabham 8 4 - - - - - 4 - 4 - - - 4
13   Richard Attwood BRM 6 - - 6 - - - 6 - - - - - -
  Johnny Servoz-Gavin Matra 6 - - - - - - - - - 6 - - 6
  Ludovico Scarfiotti Cooper 6 - 3 3 - - - 6 - - - - - -
16   Lucien Bianchi Cooper 5 - - 4 1 - - 5 - - - - - -
  Vic Elford Cooper 5 - - - - - 3 3 - - - 2 - 2
18   Brian Redman Cooper 4 - 4 - - - - 4 - - - - - -
  Piers Courage BRM 4 - - - - - 1 1 - - 3 - - 3
20   Dan Gurney McLaren 3 - - - - - - - - - - - 3 3
21   Jackie Oliver Lotus 2 - - - 2 - - 2 - - - - - -
  Silvio Moser Brabham 2 - - - - 2 - 2 - - - - - -
  Jack Brabham Brabham 2 - - - - - - - - 2 - - - 2
24   Joakim Bonnier McLaren 1 - - - - - - - - - 1 - - 1
Coupe des constructeurs
Pos. Écurie Points  
AFS
 
ESP
 
MON
 
BEL
 
NL
 
FRA
1re
½ saison
 
GBR
 
ALL
 
ITA
 
CAN
 
USA
 
MEX
2e
½ saison
1 Lotus-Ford 53 9 9 9 2 - - 29 9 6 - 3 6 24
2 Matra-Ford 45 1 2 - 3 9 4 19 1 9 6 1 9 26
3 McLaren-Ford 43 - 6 2 9 - 2 19 3 - 9 9 3 24
4 Ferrari 32 3 - - 4 3 9 19 6 3 4 - - 13
5 BRM 25 - - 6 6 4 1 17 - 1 3 4 - 8
6 Cooper-BRM 14 - 4 4 1 - 3 12 - - - 2 - 2
7 Honda 12 - - - - - 6 6 2 - - - 4 6
8 Brabham-Repco 10 4 - - - 2 - 6 - 4 - - - 4
9 Matra 8 - - - - 6 - 6 - - 2 - - 2
10 McLaren-BRM 3 2 - - - - - 2 - - 1 - - 1

À noter

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  • 5e victoire en championnat du monde pour Jackie Stewart.
  • 3e victoire en championnat du monde pour Matra en tant que constructeur.
  • 14e victoire en championnat du monde pour Ford Cosworth en tant que motoriste.
  • 1re pole position en championnat du monde pour Mario Andretti.

Notes et références

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  1. certains articles parus en 1968 dénomment cette épreuve Xth United States Grand Prix, omettant l'édition de 1958 réservée aux voitures de sport.
  2. voiture accidentée aux essais.
  3. voiture de réserve, testée par Pedro Rodríguez lors des essais du vendredi (n° 8T), utilisée par Bobby Unser pours les essais du samedi et pour la course.
  4. le châssis 49 R8 est en fait l'ancien châssis 49 R6, accidenté par Jackie Oliver lors des essais du Grand-Prix de France et reconstruit par l'usine.
  5. Henri Pescarolo n'est pas officiellement engagé ; il ne pourra participer qu'en cas de forfait d'un des vingt pilotes inscrits, sa Matra porterait alors le n°20.
  6. Jackie Stewart a tourné en 1 min 04 s 82 sur sa voiture de réserve ; il a donc réalisé les deux meilleurs temps de la séance.
  7. temps non retenu, car non réalisé sur la voiture prévue pour la course, avec laquelle Unser a tourné en 1 min 09 s 60.

Références

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  1. Johnny Rives, Gérard Flocon et Christian Moity, La fabuleuse histoire de la formule 1, Éditions Nathan, , 707 p. (ISBN 2-09-286450-5)
  2. José Rosinski, 50 ans de formule 1 : La montée en puissance, Boulogne-Billancourt, Editions E-T-A-I, , 288 p. (ISBN 2-7268-8465-2)
  3. Revue Sport Auto no 70 -
  4. a b et c (en) Michael Tee, « 10th United States Grand Prix », Magazine MotorSport, no 11 Vol.XLIV,‎
  5. a b et c Paul Frère, « Quoi de neuf en F1 ? », Revue L'Automobile, no 269,‎
  6. (en) Denis Jenkinson, « The 39th Italian Grand Prix », Magazine MotorSport, no 10 Vol.XLIV,‎
  7. Andrew Lynegar, « Rob Walker : Profession : "Gentleman" », Revue Autodiva, no 50,‎
  8. Gérard Gamand, « Cooper 1966-1968 : La lente agonie de la Formule 1 », Revue Autodiva, no 11,‎
  9. Yves Kaltenbach, « Honda - Formule 1 : 3 litres 1966-1968 », Revue Automobile historique, no 11,‎
  10. Alan Henry, Ferrari : Les monoplaces de Grand Prix, Editions ACLA, , 319 p. (ISBN 2-86519-043-9)
  11. a b c et d Michel Hubin, Championnat du monde 68 des conducteurs, Verviers, Éditions GERARD & Co (collection Marabout Service), , 285 p.
  12. Revue Sport Auto no 82 -
  13. (en) Karl Ludvigsen, Dan Gurney : The Ultimate Racer, Haynes Publishing, , 208 p. (ISBN 1-85960-655-5)
  14. Doug Nye, McLaren : Formule 1, Can-Am, Indy, Editions ACLA, , 270 p. (ISBN 1-85960-655-5)
  15. Olivier Favre, « Joakim Bonnier : Un seigneur en mission », Revue Automobile historique, no 44,‎
  16. Gérard Crombac, « L'histoire Matra F1 : première partie 1968-1969 le titre mondial », Revue Sport Auto, no 132,‎
  17. (en) Bruce Jones, The complete Encyclopedia of Formula One, Colour Library Direct, , 647 p. (ISBN 1-84100-064-7)
  18. a b c d e et f (en) Autocourse 1968-1969 : A detailed record of the 1968 season, Haymarket Press Ltd, , 215 p.
  19. a b et c (en) Mike Lang, Grand Prix volume 2, Haynes Publishing Group, , 260 p. (ISBN 0-85429-321-3)
  20. Edmond Cohin, L'historique de la course automobile, Editions Larivière, , 882 p.