Fonts baptismaux tournaisiens
Les fonts baptismaux tournaisiens sont un type particulier de vasque baptismale de style roman scaldien taillée dans la pierre bleue-grise de la région de Tournai (Belgique). Réalisés au XIIe et au début du XIIIe siècle dans et autour de la ville belge de Tournai par des artistes sculpteurs locaux, ils eurent un succès international : on en trouve en Angleterre, Allemagne, Belgique et nord de la France.
Histoire
modifierUne tradition sculpturale, centrée autour de Tournai, alors ville importante de la vallée scaldienne et déjà évêché (dans le comté de Flandre), est née dans la vallée de l'Escaut à partir du XIe siècle. Celle-ci se caractérise par l'utilisation d’une pierre bleue-grise locale, parfois appelée marbre de Tournai, qui, lorsque polie, peut donner une coloration noire.
Malgré leur poids, allant jusqu'à deux tonnes, ce qui ne facilitait pas le transport, les fonts baptismaux de Tournai se sont répandus jusqu’en Angleterre, où plusieurs exemplaires sont identifiés (surtout dans la région de Winchester), et en Allemagne.
Description
modifierUne large vasque est creusée dans un bloc massif de pierre bleue de forme hexaèdre cuboïde. Montés sur un pilier central, les fonts baptismaux sont soutenus par quatre colonnes d’angle. Au centre de la vasque, un drain permet à l’eau de s’écouler à travers le pilier central. Les faces extérieures du bloc et les colonnes sont décorées de façon raffinée de dessins figuratifs ou de motifs associés au rite baptismal : l’eau, l’arbre de vie, le Saint-Esprit et des scènes bibliques de purification rituelle. Sur les colonnes, des monstres, dragons et autres créatures hybrides sont également courants. Ils illustrent les forces maléfiques qui sont mises en déroute par le baptême.
En tant que style sculptural, les fonts baptismaux tournaisiens se distinguent de l'art mosan contemporain. Les artistes tailleurs de pierre proviennent de la région de Tournai, et ce style scaldien se retrouve également chez des artistes de Gand et Bruges (toutes trois villes appartenant au même comté de Flandre).
Distribution actuelle
modifierPrès d'une centaine de fonts baptismaux tournaisiens ont été identifiés, dont sept exemplaires complets en Angleterre. Les autres se trouvent en Belgique, France septentrionale et même deux en Allemagne.
En Angleterre
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- Église de Tous les Saints (All Saints Church) d'East Meon (Hampshire).
- Église Saint-Pierre (St Peter's Church’) d'Ipswich.
- Cathédrale de Winchester (Hampshire).
- Cathédrale de Lincoln.
- Église Saint-Michel (St Michael's Church) de Southampton.
- Église Saint-Pierre (St Peter’s Church) de St Mary Bourne.
En Belgique
modifier- Église Saint-Ursmer de Deftinge.
- Église Saint-Martin de Deux-Acren.
- Collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption de Ciney.
- Église Saint-Michel de Gerpinnes.
- Église Saint-Laurent de Hove.
- Église Saint-Jacques de Lichtervelde.
- Collégiale Saint-Vincent de Soignies.
- Église Notre-Dame de Termonde.
- Église Saint-Laurent de Wolvertem (exemplaire rond, et non pas carré).
- Église Saint-Laurent de Zedelgem.
- Église Sainte-Catherine de Zillebeke.
En France
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- Église Saint-Omer de Blessy
- Cathédrale Saint-Étienne de Châlons-en-Champagne.
- Cathédrale Notre-Dame de Laon.
- Église Notre-Dame de La Neuville de Corbie.
- Église Saint-Nicolas de Guarbecque.
- Église Saint-Pierre de Montdidier.
- Église Saint-Denis de Noordpeene.
- Église Saint-Just de Saint-Just-en-Chaussée.
- Église Sainte-Marguerite de Vermand.
Notes et références
modifierAnnexes
modifierBibliographie
modifier- Jean-Claude Ghislain, Les fonts baptismaux romans en pierres bleues de Belgique et leur diffusion en France aux XIIe et XIIIe siècles, Université de Liège, 2005.
- (en) C. S. Drake, « The Distribution of Tournai Fonts », The Antiquaries Journal, vol. 73, , p. 11–26 (ISSN 0003-5815 et 1758-5309, DOI 10.1017/S0003581500071651, lire en ligne, consulté le ).
- Ludovic Nys, La pierre de Tournai. Son exploitation et son usage aux XIIIe, XIVe et XVe siècles, 1993, 411 p.
- James F. King, The Tournai Marble Baptismal Font of Lincoln Cathedral, dans Journal of the British Archaeological Association, vol.155, 2002, p. 1–21.