Ligue de Délos

alliance militaire entre les cités grecques
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La ligue de Délos ou confédération de Délos est une alliance militaire (symmachie) entre cités grecques dominée par Athènes. Elle est créée en 478 av. J.-C. après la seconde guerre médique avec pour objectif de défendre la Grèce face aux Perses. Le nom « ligue de Délos » est une désignation moderne ; celle-ci provient du fait que l'île de Délos, dans les Cyclades, a été choisie comme siège officiel de l'organisation. Les Athéniens eux-mêmes ainsi que les sources contemporaines (principalement Thucydide) désignent l'organisation par l'expression « les Athéniens et leurs alliés ». La ligue de Délos devient rapidement l'instrument de la domination (archè) athénienne. Elle est dissoute en 404 à la fin de la guerre du Péloponnèse.

La domination athénienne en

Sources antiques

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Hérodote fournit des indications sur les origines de la ligue de Délos, dont la bataille du cap Mycale (479 av. J.-C.) marque symboliquement l'acte de fondation[1]. Il offre quelques détails sur les relations entre Athènes et Sparte et renseigne sur un grand nombre de cités du monde égéen. Thucydide décrit l'impérialisme athénien au livre I de la Guerre du Péloponnèse. Mais il traite la période de la pentékontaétie — la période de 50 ans entre la fin des guerres médiques et le début de la guerre du Péloponnèse — de manière sélective et brève. Il présente la ligue de Délos comme une confédération initialement volontaire et défensive, sous hégémonie athénienne, dont l'objectif est venger les torts subis par les Grecs durant les guerres médiques[2]. Il décrit une transformation rapide de la ligue (koinon) en « empire » (archè). Selon lui, les causes de révoltes sont les arriérés de tribut, les manquements aux obligations militaires et la contrainte athénienne, qui rendent les alliés hostiles[3]. Il souligne que cette évolution, motivée par la peur, l'honneur et l'intérêt athéniens, fait de la ligue un instrument de la puissance athénienne, préfigurant les tensions qui mènent à la guerre du Péloponnèse[4]. Sa vision est réaliste et critique : l'hégémonie initiale dégénère en tyrannie, les alliés perdant progressivement leur autonomie. Diodore de Sicile complète le récit de Thucydide au livre XI de la Bibliothèque historique. Il offre un récit plus continu et narratif de la ligue de Délos et de ses débuts que Thucydide[5]. Quant à Plutarque, il évoque l'impérialisme athénien dans trois Vies parallèles consacrées à Aristide, Cimon et Périclès.

Les sources épigraphiques sont nombreuses concernant les cités de la ligue[6]. En effet, en plus du versement du tribut (phoros), les Athéniens demandent que le 60e du tribut soit versé par chaque cité au culte d'Athéna[7]. Les Athéniens ont donc dressé des listes annuelles pour le versement de cette contribution. Peu de listes sont complètes, mais lorsqu'elles le sont, ces listes attiques informent sur les modes de perception du tribut de la part de certains alliés[8] : Kéos, Tinos, Naxos, Érétrie, Chalcis, Potidée, etc.

Création de la ligue

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À la suite de ses victoires sur les Perses durant les guerres médiques, Athènes est devenue la puissance dominante du monde grec. Par ailleurs, ces guerres font naître un sentiment d'unité grecque, avec une volonté de créer une confédération panhellénique (ou koinon) dans le but de s'opposer aux Perses. L'île sacrée de Délos, terre natale d'Apollon et sanctuaire panhellénique, est choisie comme siège de l'organisation en 478 av. J.-C.[9] ; c'est là que se réunit le conseil des alliés et qu'est initialement déposé le trésor commun. Délos, sanctuaire neutre et prestigieux, confère donc une légitimité religieuse à l'alliance contre les Perses[9]. Enfin, Délos possède une situation géographique centrale dans les Cyclades[9].

Parmi les 150 membres (cités ou îles) composant la ligue, on distingue Athènes, les cités d'Ionie, de l'Hellespont, de Propontide, la plupart des îles des Cyclades et l'Égée (comme Chios, Lesbos et Samos). Il s'agit en partie de cités/îles ioniennes (environ 40), mais la ligue intègre également des cités doriennes et éoliennes. Athènes en prend la tête à la demande de ses alliés.

Nature de la ligue

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Fragment d'une liste de tribut versé à Athènes, v. 425-424 av. J.-C.

À l'origine les principaux membres de la ligue (Chios, Samos et Lesbos) doivent fournir à Athènes des navires de guerre[9] ; mais dès 477 av. J.-C. la plupart des cités préfèrent payer un tribut (phoros) en argent, ce qui permet à Athènes de consolider sa propre flotte[7]. Les premières contributions sont évaluées par Aristide le Juste ; elles se seraient élevées à 460 talents, ce qui correspond à la somme nécessaire pour tenir en alerte 200 trières pendant 9 mois. Ce système est probablement calqué sur le tribut payé par les cités ioniennes aux Achéménides[10]. Cette somme annuelle ne varie pas jusqu'à 425, date à laquelle Athènes la double. La tradition affirmant que le tribut a permis de financer les travaux d'embellisement à Athènes, dont ceux sur l'Acropole, peut être remise en cause elle est issue de pamphlets anti-Périclès[7].

Athènes oblige les alliés à utiliser les monnaies ainsi que les unités de poids et de mesures athéniennes. En outren Athènes centralise le pouvoir de décision et l'autorité judiciaire, formant une domination (archè), souvent traduite par l'expression d'« Empire athénien »[11]. Les alliés ont donc consenti un important effort financier afin de s'assurer de bénéficier d'une protection de la part des Athéniens, à défaut de pouvoir eux-mêmes assurer la production en série de navires de guerre. Un décret sur le monnayage impose aux alliés l'usage de l'étalon monétaire, des poids et des mesures athéniens. Un autre décret impose une harmonisation pour faciliter la perception du tribut. Le montant du tribut varie en fonction de la taille de la cité. Ainsi, les petites cités versent moins d'un talent. Seules les cités payant le plus se sont révoltés, mais sans provoquer de mouvement général.

Trésor

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Rapidement les Athnéniens accumulent de grands richesses grâce au tribut (phoros). Le trésor est initialement entreposé à Délos ; mais en 454 av. J.-C. le trésor est transféré sur l'Acropole d'Athènes[9], sous prétexte de le soustraire à la menace perse. La fonction de trésorier (hellénotame) de la ligue est une charge athénienne. À partir de cette date, le montant du tribut est réévalué tous les quatre ans par la Boulè, à l'occasion des Grandes Panathénées ; mais la perception reste annuelle. Celle-ci fait l'objet d'une procédure soigneusement contrôlée par Athènes afin d'éviter toute malversation, tant des convoyeurs que des contribuables. Le décret de 425 établit une commission élue spécialement pour décider les montants à payer par chaque cité. Cette commission est constituée de 1 000 jurés. La plupart des cités font appel aux logographes pour négocier le tribut. Ainsi, Antiphon rédige un discours pour les habitants de Samothrace qui s'estiment trop imposés. Les tribunaux athéniens sont également saisis en cas de litige[12]. La perception du tribut évolue. Ainsi, en 442, les cités qui paient le tribut sont regroupées par grands districts. En 440, année de la révolte de Samos, Athènes exige le versement d'un impôt supplémentaire. En 431, une distinction est opérée entre les cités en fonction de la générosité de leurs citoyens. Après le début de la guerre du Péloponnèse, certaines cités omettent de verser le tribut. Athènes envoie en conséquence des percepteurs accompagnés de navires de guerre pour collecter le tribut[13].

Aspects religieux

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En 440 av. J.-C., un décret impose aux alliés de fournir une bête de sacrifice et une panoplie pour les Panathénées. En 425, un autre décret indique que les alliés doivent défiler aux Panathénées comme les colonies d'Athènes[14]. Athènes se comporte comme la métropole de ses alliés. En outre, les alliés doivent se rendre à Athènes pour les Grandes Dionysies, au début du printemps[15]. De même, le culte d'Athéna, déesse protectrice des Athéniens, se répand. Il est attesté dans les archipels grecs, à Samos, Cos et en Eubée à Chalcis par des textes difficiles à dater. Seule une borne de sanctuaire abordant ce sujet a pu être approximativement datée aux alentours de 450–446. Ce culte ne semble pas avoir été imposé par la force : il a été institué par certains citoyens athéniens installés dans ces régions par dévotion et loyauté envers leur cité mère.

L'arrivée du culte d'Athéna s'accompagne aussi d'une forte promotion des mystères d'Éleusis, originellement athéniens. Ce culte ésotérique rencontre un vif succès. On sait par Isocrate qu'au IVe siècle av. J.-C., un certain nombre de cités grecques envoient les prémices de leurs récoltes, soit le 600e de la récolte d'orge et le 1/1200 de la récolte de grain, à Éleusis sur ordre de l'oracle de Delphes. Cette pratique datant de l'empire athénien et provenant de sa puissante métropole constitue un phénomène majeur du Ve siècle av. J.-C. puisqu'il réussit à avoir un impact sur la démographie athénienne. La dispersion du culte athénien dans les cités devenues vassales constitue une forte tradition, devenant ainsi une part prépondérante des liens unissant les alliés à la démocratie athénienne[réf. nécessaire].

Domination athénienne

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Sous l'effet de sa protection navale, de l'installation de ses clérouques, de sa puissance économique, de son rayonnement culturel et de l'émigration de ses citoyens, Athènes assimile progressivement les cités alliées à des territoires conquis. Après les guerres médiques, la puissance militaire athénienne est essentiellement navale. Grâce au tribut de la ligue, les Athéniens parviennent à former une véritable thalassocratie en mer Égée[16]. Thasos et Samos possèdent d'importantes flottes mais les perdent après s'être révoltée contre l'hégémonie athénienne, respectivement en 463 et en 440. Après cela, aucune flotte n'est capable de rivaliser avec celle d'Athènes. La région des Détroits, notamment grâce à l'installation de clérouquies est elle aussi particulièrement surveillée afin d'assurer l'approvisionnement en blé depuis la steppe pontique. Les garnisons installées en Ionie assurent également le maintien de l'ordre au sein de la ligue. À la suite de la révolte de l'Ionie dans les années 490 av. J.-C., les Athéniens s'y installent, chassant les tyrans pro-perses et instaurant un régime démocratique, notamment à Milet. Ces nouvelles démocraties sont sous contrôle grâce au grand nombre de citoyens athéniens fidèles à leur patrie implantés sur place. Leur utilité est visible pendant la guerre du Péloponnèse, où, dans des cités comme Byzance et Mégare, des partisans d'Athènes jouent un rôle important pour soutenir les efforts militaires de la métropole. Les proxènes athéniens sont au cœur de ce système de contrôle et de surveillance des alliés de l'intérieur. À Athènes, les proxènes sont des étrangers à qui la cité a accordé des privilèges, à condition qu'ils acceptent de s'occuper de leurs concitoyens étrangers. La proxénie est habituellement utile à la justice et à la diplomatie, mais les Athéniens se servent de leurs proxènes, recrutés parmi leurs partisans, comme agents de renseignement. Ainsi, en 428, les proxènes athéniens préviennent leur métropole de la révolte de Mytilène. L'implantation athénienne se traduit aussi par des investissements de particuliers qui achètent une grande part des terres inoccupées situées en territoires alliés, ainsi que par l'envoi de clérouques, qui fondent des colonies militaires[17].

Histoire de la ligue de Délos

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Principales batailles livrées par la ligue de Délos de 477 à 449 av. J.-C.

Succès de Cimon

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Les premiers succès de la ligue sont l'œuvre de Cimon, fils de Miltiade, vainqueur de la bataille de Marathon[8]. En 478 av. J.-C., il prend aux Perses leur dernière place forte en Thrace. En 476, il s'empare de Skyros, où il installe des clérouques athéniens, afin de contrôler la route du blé[11]. Sur le plan intérieur, Cimon s'oppose à Thémistocle, car ce dernier souhaite que ceux qui contribuent le plus au développement de la domination athénienne — c'est-à-dire les thètes, rameurs dans la flotte — soient ceux qui tirent profit de la richesse qu'il procure. En 471, Thémistocle est ostracisé, et Cimon tient alors les rênes de la démocratie athénienne. La victoire de Cimon, à la fois terrestre et navale, à la bataille de l'Eurymédon, vers 466, éloigne le danger perse de l'Ionie et permet de récupérer un important butin. Il s'agit de la première grande victoire de la ligue[18].

Dans le même temps, Cimon propose une entente avec Sparte. Il estime en effet que les Spartiates peuvent contrebalancer les idées démocratiques, auxquelles il est hostile, et également offrir une protection terrestre à Athènes. En 464, il envoie un contingent de 4 000 hoplites afin d'aider les Spartiates à faire face à une révolte des hilotes de Messénie ; mais le contingent est renvoyé par les Spartiates car ces derniers craignent que les Athéniens ne s'immiscent dans leurs affaires internes[11]. À la suite de cet échec et de crise interne à la ligue, Cimon est ostracisé en 461, ce qui laisse le champ politique libre pour ses adversaires, pro-démocratiques, que sont Périclès et Éphialtès, même si ce dernier est rapidement assassiné.

Révoltes anti-athéniennes

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La ligue de Délos connait plusieurs révoltes et défections durement réprimées par les Athéniens. En 469 av. J.-C., Naxos se rebelle contre la ligue, peut-être à l'instigation d'une faction pro-perse[19]. L'île est assiégée par Cimon et vaincue, marquant le début de l'hégémonie athénienne en mer Égée. En 465, Thasos, se révolte avec l'espoir d'un appui spartiate qui ne vient jamais. L'île est stratégique car elle est située en face de la côte thrace riche en ressources minères. À l'issue de deux années de résistance qui se solde par sa défaite, l'ex-deuxième force de la ligue perd ses remparts, sa flotte, ses comptoirs situés en Thrace, l'exploitation de ses gisements et doit s'acquitter d'une amende considérable qui la ruine[20].

La révolte de Samos éclate en 440 à cause d'une rivalité avec Milet, une cité voisine également membre de la ligue de Délos[21]. Le contentieux porte sur la possession de Priène. Milet se tourne vers Athènes pour tenter une médiation refusée par Samos. Périclès intervient alors avec 40 trières, renverse le gouvernement oligarchique de Samos, prend des otages et laisse une garnison sur place. Soutenus par le satrape de Lydie Pissouthnès (en), les oligarques reprennent le pouvoir à Samos et livrent la garnison athénienne aux Perses. Après cette première victoire, Byzance rejoint Samos dans sa défection de la ligue. Samos étant l'une des cités fondatrices de la ligue de Délos et disposant par ailleurs d'une flotte importante, Périclès décide d'intervenir de nouveau pour empêcher toute contagion de la rébellion. Après huit mois de conflit et l'envoi de 200 trières contre l'avis de Corinthe, les Samiens capitulent en 439. Ils doivent abattre leurs murs, livrer leur flotte et fournir des otages ainsi qu'une indemnité de guerre de 200 talents[22].

Lutte contre les Perses

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Athènes et la ligue de Délos poursuivent leur lutte contre l'Empire perse, en profitant des dissensions internes qui le minent[23]. En 460 av. J.-C., une flotte de la ligue, destinée à se rendre à Chypre, est détournée par Inaros II, un Libyen soulevé contre l'occupation achéménide en Égypte[11]. La flotte grecque remonte le Nil jusque Memphis ; mais elle est finalement vaincue par les Perses. Cette défaite en Égypte convainc les Athéniens de transférer le trésor de Délos jusqu'à Athènes[11]. Les Perses cherchent de leur côté à susciter des défections au sein de la ligue, notamment parmi les cités anatoliennes[6]. En retour, les Athéniens et leurs alliés attaquent les possessions du Grand roi : Cimon commande une expédition à Chypre en 451 mais trouve la mort devant Kition. Sa mort n'empêche pas les Grecs de remporter une victoire navale face une flotte composée de navires phéniciens, ciliciens et chypriotes. Cette défaite pousse les Perses à chercher un compromis. C'est dans ce contexte que l'hypothétique paix de Callias aurait été négociée en 449[24].

Conflits avec Sparte

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Le monde égéen à la veille de la guerre du Péloponnèse.

La « première guerre du Péloponnèse »

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La rupture entre la ligue de Délos et du Péloponnèse est consommée en 462 après le renvoi par les Spartiates du contingent athénien commandé par Cimon, censé aider les Spartiates à matter la rébellion des hilotes[24]. Un conflit intermittent, parfois appelé « première guerre du Péloponnèse » (460-445) oppose Athènes (et la ligue de Délos avec le soutien d'Argos) à Sparte (et la ligue du Péloponnèse, avec Corinthe, Thèbes et Mégare).

Le conflit est provoquée par la défection de Mégare au bénéfice d'Athènes, par la construction des Longs Murs et la crainte spartiate face à l'expansion athénienne sur le continent. Dans une première phase (460–451), Athènes, forte de sa supériorité navale, remporte plusieurs succès (bataille d'Œnophyta) malgré leur défaite terrestre à Tanagra[25]. La défaite des Athéniens en Égypte face aux Perses les pousse à conclure une trêve de cinq ans en 451. En 448, la deuxième guerre sacrée éclate : les Athéniens soutiennent les Phocidiens contre les Spartiates[25]. La reprise des hostilités (447–446) voit la défaite athénienne à Coronée face aux Béotiens coalisés ; la Béotie est perdue par les Athéniens. Les Spartiates envahissent l'Attique sans engagement décisif. Le conflit s'achève par la paix de Trente Ans conclue au cours de l'hiver 446/445[26]. Ce traité consacre le statu quo : Athènes conserve son empire maritime et ses alliés mais doit renoncer à ses conquêtes continentales (sauf Égine et Naupacte) ; Sparte maintient son hégémonie continentale ; Mégare réintègre la ligue du Péloponnèse ; les deux puissances s'engagent à ne pas recruter d'alliés adverses et à soumettre les litiges à arbitrage. Cette paix fragile, loin de résoudre les tensions, prépare le terrain à la grande guerre du Péloponnèse (431-404).

Vers la guerre du Péloponnèse

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À la veille de la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.), sur les 150 cités ou îles composant la ligue de Délos, seules Lesbos et Chios conservent une relative autonomie. L'expansionnisme athénien suscite la crainte chez les cités de la ligue du Péloponnèse, dominée par Sparte depuis sa création vers 550, mais moins centralisée que la ligue de Délos[27]. La paix de Trente Ans (445) a instauré un fragile équilibre, interdisant les changements d'alliance et prévoyant un arbitrage des différends. Pour autant, la volonté hégémonique d'Athènes demeure, ce qui inquiète Sparte et ses alliés. Le décret mégarien (432), par lequel Athènes exclut Mégare (alliée de Sparte) des marchés et ports de la ligue de Délos, est perçue comme une agression économique[27]. Par ailleurs, les plaintes de Corinthe constituent l'un des éléments déclencheurs immédiats du conflit, en poussant Sparte à rompre la paix. Corinthe, puissante cité maritime et colonisatrice de la ligue du Péloponnèse, exprime en effet plusieurs griefs majeurs contre Athènes lors de l'assemblée des alliés à Sparte. Ces incidents convainquent Sparte et la ligue du Péloponnèse de déclarer la guerre à la ligue de Délos[27].

Notes et références

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  1. Hérodote, VIII, 132.
  2. Thucydide, I, 96.
  3. Thucydide, I, 99.
  4. Thucydide, I, 23.
  5. Fondation (XI, 4) ; Campagnes de Cimon (XI, 60–62) ; transfert du trésor à Athènes (XI, 70), etc.
  6. a et b Grandjean 2022, p. 186.
  7. a b et c Grandjean 2022, p. 179.
  8. a et b Grandjean 2022, p. 180.
  9. a b c d et e Grandjean 2022, p. 178.
  10. Grandjean 2022, p. 178-179.
  11. a b c d et e Grandjean 2022, p. 185.
  12. Rhodes 2010, p. 14-21.
  13. Rhodes 2010, p. 80-90.
  14. Grandjean 2022, p. 229.
  15. Grandjean 2022, p. 232-233.
  16. Grandjean 2022, p. 220.
  17. Lévy 2014, p. 130-150.
  18. Grandjean 2022, p. 183.
  19. Grandjean 2022, p. 182.
  20. Grandjean 2022, p. 184.
  21. Grandjean 2022, p. 196.
  22. Grandjean 2022, p. 197.
  23. Grandjean 2022, p. 184-185.
  24. a et b Grandjean 2022, p. 187.
  25. a et b Grandjean 2022, p. 188.
  26. Grandjean 2022, p. 195.
  27. a b et c Grandjean 2022, p. 235.

Voir aussi

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Sources antiques

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Bibliographie

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  • Catherine Grandjean (dir.), Gerbert S. Bouyssou, Véronique Chankowsky, Anne Jacquemin et William Pillot, La Grèce classique : D'Hérodote à Aristote, 510-336 avant notre ère, Belin, coll. « Mondes anciens », , 528 p.
  • Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle : De Clisthène à Socrate, Points, coll. « Histoire », , 373 p.
  • (en) Paul J. Rhodes, A History of the Classical Greek World, 478-323 BC, Blackwell, .

Articles connexes

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Liens externes

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