Denneville

ancienne commune française du département de la Manche

Denneville est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de 550 habitants, commune déléguée au sein de Port-Bail-sur-Mer depuis le .

Denneville
Denneville
L'église Saint-Rémy et son cimetière.
Blason de Denneville
Héraldique.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
Statut commune déléguée
Maire délégué Alain Laisné
Code postal 50580
Code commune 50160
Démographie
Population 550 hab. (2022)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 18′ 50″ nord, 1° 39′ 32″ ouest
Altitude Min. 4 m
Max. 38 m
Superficie 8,24 km2
Élections
Départementales Créances
Historique
Fusion
Intégrée à Port-Bail-sur-Mer
Localisation
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Géographie

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Localisation

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Denneville est un village côtier situé sur la côte ouest, la Côte des Isles, en face des îles Anglo-Normandes.

Les communes limitrophes sont Baudreville, Canville-la-Rocque, Saint-Lô-d'Ourville, Saint-Rémy-des-Landes et Saint-Sauveur-de-Pierrepont.

Urbanisme

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Les deux principaux ensembles d'habitation sont Denneville-Plage, petite station balnéaire créée au début du XXe siècle, et Denneville-Bourg, autour de l'église et de la mairie

Toponymie

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Le nom de la localité est attesté sous les formes Danevilla en 1159 et en 1181[1], [haia] Daneville 1162[2], [haia de] Danevilla entre 1174 et 1182[3], Danevilla [supra mare] vers 1280[4].

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural », précédée d'un anthroponyme selon le cas général. François de Beaurepaire et à sa suite, René Lepelley proposent le nom de personne germanique Dano / Danno[4],[5].

Parmi les attestations anciennes de ce nom, les toutes premières appellations latinisées haia Daneville, haia de Danevilla au XIIe siècle, correspondent à la forme romane La Haie-de-Denneville, très rapidement remplacée par la variante simple Denneville. La mention de haies dans les toponymes anciens de Normandie fait généralement référence à des lisières de bois, et donc à des défrichements médiévaux.

On remarquera également, à la fin du XIIIe siècle, l'appellation de Danevilla supra mare, c'est-à-dire « Denneville-sur-Mer », qui ne s'est pas imposée[4].

Par ailleurs, il existe un nom de personne norois Danr / DanR[6] (variantes masculine Dani et féminine Dana[7]) surnom signifiant « le Danois ». Il y a aussi les noms de lieux Les Damps (Eure) attesté sous la forme Danas (accusatif pluriel) « les Danois » au Xe siècle et (portu) Dancs « danois » (adjectif) en 1021 - 1025[8], ainsi que Necqueville (pays de Caux, Hautot-Saint-Sulpice, Danesquevilla 1257) littéralement « domaine rural danois » et des noms de familles fréquents dans la Manche, Ledanois et dans l'Eure, Danois.

Histoire

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Moyen Âge

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Un seigneur de Foliot figure parmi les compagnons de Guillaume le Conquérant[9] et obtint d'importants biens en Angleterre. Sous Henri II, Gilbert Foliot (fl. au XIIe siècle) fut évêque de Londres et le soutint contre Thomas Becket de Cantorbéry[9].

Au XIIe siècle, la paroisse relevait de l'honneur de Néhou[10].

Temps modernes

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En 1567, Jehan Eustace, sieur du Breuil et de Meautis à Bretteville-sur-Ay, est taxé pour ces fiefs de 12 livres et 16 solz dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief du Breuil à Denneville, qui valait un huitième de fief de haubert, était tenu du fief de Vauville à Omonville-la-Folliot[11].

Époque contemporaine

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En 1812, Denneville absorbe Omonville-la-Folliot.

Denneville a été réunie à Canville-la-Rocque de 1972 à 1978, puis a repris son autonomie[12].

Le , Denneville fusionne avec Portbail et Saint-Lô-d'Ourville pour créer la commune nouvelle de Port-Bail-sur-Mer par arrêté préfectoral du [13]. Les trois anciennes communes deviennent communes déléguées.

Politique et administration

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Liste des maires

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Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
v. 1860   Pierre-Joseph-César-Eustache de Denneville[14]    
Les données manquantes sont à compléter.
v. 1960 ? Eugène Cuquemel   Agriculteur
1972 1978 commune fusionnée à Canville-la-Rocque    
1979 2000 Marie-Thérèse de La Fournière DVD  
2000 mars 2001 Henri Lempérière DVD  
mars 2001 2014 Gérard de La Fournièren DVD Gérant de société (retraité)
2014[15] décembre 2018 Marie-Josèphe Haize SE Retraitée
Liste des maires délégués
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2019 mai 2020 Marie-Josèphe Haize SE Retraitée
mai 2020[16] septembre 2022[17] Philippe Pellerin   Retraité artisan
novembre 2022 [18] en cours Alain Laisné   Chef d’entreprise
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages

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  Dennweiler-Frohnbach (Allemagne) depuis 2006

Population et société

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Les habitants de la commune sont appelés les Dennevillais.

Démographie

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[20],[Note 2].

En 2022, la commune comptait 550 habitants, en évolution de −4,68 % par rapport à 2016 (Manche : +0,44 %, France hors Mayotte : +2,49 %).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
382450450861741751758699680
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
616605641558541552568603622
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
629542519408406414434453423
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
498506457466442478524568577
2019 - - - - - - - -
576--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique d'Omonville-la-Folliot
1793 1800 1806
229242260
(Source : EHESS[23])

Culture locale et patrimoine

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La vieille église d'Omonville-la-Folliot.

Lieux et monuments

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  • Château ou Cour d'Omonville : le château des XVIe, XVIIe – XIXe siècles flanqué de deux tours d'angles et de tourelles est entouré par des douves, dans lesquelles ont a retrouvé trois canons de fer du XVIe ou XVIIe siècle[24]. Il a été restauré après 1944.
  • Château de Denneville aussi nommé château du Breuil : château du XVIIIe remanié au XIXe siècle, laissé à l'abandon[25],[9].
  • Église Saint-Rémy des XIIIe, XVe – XIXe siècles avec sa voûte en pierre de la chapelle nord décorée de peintures de la Renaissance représentant les quatre évangélistes aux têtes nimbées[Note 3], restaurées au XIXe siècle et classées au titre objet aux monuments historiques[26]. Le clocher date du XVe siècle le chœur et la nef ont été restaurés au XIXe siècle . À voir dans le mur du chœur un bas-relief représentant la cène[27]. L'église abrite un bénitier du XVIe, des fonts baptismaux du XVIIIe, une verrière du XXe[9], ainsi que les pierres tombales armoriées de Pierre-Joseph-César Eustace de Denneville (1796-1860), d'azur à la fasce d'or accompagnée en chef de deux roses d'argent et en pointe d'une rose de même, et de son épouse, Athénaïs de Coulibœuf d'Angloicheville (1805-1889), d'azur au rencontre (tête) de bœuf d'argent, accorné d'or[28], et celle d'Alfred-Pierre-Désiré de Beaudrap (1823-1902), d'azur au chevron d'argent accompagné de deux étoiles d'or en chef et d'un croissant d'or en pointe, et de son épouse (1856), Marie-Louise-Élisa Eustace de Denneville (1834-1902), d'azur à la fasce d'or accompagnée en chef de deux roses d'argent et en pointe d'une rose de même[29].
  • Ruines de l'ancienne église Notre-Dame et du cimetière d'Omonville-la-Folliot. Probablement édifiée sur un bâtiment plus ancien, l'église qui fut paroissiale jusqu'à la Révolution, aujourd'hui en ruines, daterait du XVIIIe siècle. Il en subsiste notamment une clef de voûte armoriée d'un blason à trois besans[30].

Personnalités liées à la commune

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Héraldique

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D'azur à la fasce d'or accompagnée de trois roses d'argent.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 73.
  • René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 181.

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. Les fresques pourraient avoir été peintes par le même artiste qui a peintes celles de l'église Saint-Malo de Canville-la-Rocque.

Références

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Altitudes, superficie : IGN[31].
  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume 2, Librairie Droz, Genève, p. 953 (ISBN 2600001336).
  2. Léopold Delisle, Recueil des actes de Henri II, revu et publié par Élie Berger, Imprimerie Nationale, Paris, t. I, 1916, p. 370, § CCXXIX.
  3. Léopold Delisle, op. cit., t. II, 1920, p. 154, § DLXX.
  4. a b et c François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 109.
  5. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen, (ISBN 2-905461-80-2), p. 109b.
  6. Danr sur le site de Nordic Names (lire en anglais).
  7. Dani sur le site de Nordic Names (lire en anglais).
  8. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154).
  9. a b c d et e Gautier 2014, p. 181.
  10. Florence Delacampagne, « Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (Xe – XIIe siècles) : Étude historique et topographique », dans Archéologie médiévale, t. 12, (lire en ligne sur Persée.), p. 184.
  11. Léonor de Mons, « Rôle du ban et de l'arrière-ban de la vicomté de Valognes », Revue de la Manche, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche (SAHM), t. 57, no 227,‎ janvier-février-mars 2015, p. 40 (ISSN 1161-7721).
  12. François de Beaurepaire - Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche - Page 92.
  13. « RAA SP 94 », sur manche.gouv.fr, (consulté le ).
  14. Annuaire du département de la Manche, 33e année 1861, p 238
  15. « Denneville (50580) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
  16. « Municipales à Port-Bail-sur-Mer. François Rousseau maire de la commune nouvelle », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  17. « Pris à partie par des parents d'élèves, le maire démissionne », La Presse de la Manche, site internet, 5 septembre 2022
  18. « Maire délégué de Denneville, Alain Laisné succède à Philippe Pellerin », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  19. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  20. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 2016 2017 2018 .
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Omonville-la-Folliot », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le )..
  24. Maurice Lecœur (ill. Michel Lemonnier, photogr. Norbert Girard), Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Isoète, , 296 p., 25 × 29 cm, couverture couleur, cartonné (ISBN 978-2-913920-38-5), p. 167.
  25. Lecœur 2005, Trésors du Cotentin, p. 249.
  26. « Peintures monumentales : Les Quatre évangélistes », notice no PM50000350.
  27. Lecœur 2005, Trésors du Cotentin, p. 120.
  28. Université Inter-Âges de Basse-Normandie - Antenne de Cherbourg (préf. Rodolphe de Mons), Blasons armoriés du Clos du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 214 p. (ISBN 2-85480-543-7), p. 38.
  29. Blasons du Clos du Cotentin, 1996, p. 39.
  30. Lecœur 2005, Trésors du Cotentin, p. 254.
  31. Répertoire géographique des communes (http://professionnels.ign.fr/42/produits-gratuits/produits-gratuits-a-telecharger.htm).