Denise Glaser

productrice et présentatrice de télévision française

Denise Glaser, née le à Arras (Pas-de-Calais) et morte le à Paris 15e[1], est une productrice et présentatrice de télévision française, connue pour avoir produit et présenté l'émission musicale Discorama de 1959 à 1975[2].

Denise Glaser
Biographie
Naissance
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Activité

Biographie

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Famille et jeunesse

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Image externe
  Portrait de Denise Glaser[3].

Denise Glaser naît dans une famille de commerçants juifs qui tient à Arras le magasin de vêtements et de tissus « À la maison bleue ». Yvonne Stein, sa mère, est la fille des créateurs du magasin. Son père, Roger Glaser, grièvement blessé durant la Première Guerre mondiale, a reçu la Croix de guerre à la fin du conflit. Elle a un frère, Jean, qui deviendra médecin[4],[5].

À l'adolescence, Denise rêve de devenir pianiste[6], mais pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de leur judéité, ses parents voient leur magasin confisqué et aryanisé : de 1942 à 1944, il est le siège de la Deutsche Werbestelle, office qui gère le Service du travail obligatoire[5].

Réfugiée à Clermont-Ferrand en 1943, Denise étudie la philosophie et fait une rencontre capitale, celle du couple d'enseignants et résistants Dominique et Jean-Toussaint Desanti qui, plus tard, la présenteront à Frédéric Rossif à l'ORTF[5]. Elle rejoint leur réseau de résistance, le Mouvement national contre le racisme, dont le but était d'aider des enfants risquant la déportation[7].

Toujours en 1943, recherchée, elle se réfugie en Lozère, à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban dirigé par les docteurs Lucien Bonnafé et François Tosquelles, où se cachaient des juifs et des résistants. Elle y rencontre Paul Éluard[8].

Selon ses dires, Denise Glaser reste à jamais marquée par la Shoah[4], déclarant en 1964 : « Les fours crématoires, j'y pense continuellement[9]. »

Conflit familial et débuts professionnels

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En 1945, ses parents, qui ont retrouvé leur magasin de confection à Arras[5], lui demandent de travailler avec eux ou, à défaut, à l'usine. Denise Glaser refuse, car elle souhaite se diriger vers une carrière dans le spectacle, le journalisme ou la mode. Il en résulte une brouille d'une dizaine d'années[6].

Elle est journaliste pour Paris Midi avec Dominique Desanti[7], tout en poursuivant des études de philosophie, et obtient une licence[9].

En 1948, elle entre à la discothèque de la Radiodiffusion française, la RDF[10], future RTF, puis en 1964 l'ORTF. Elle apprend le métier d'illustratrice sonore auprès de Jean Guignebert ; elle est chargée ensuite de l'habillage musical du journal télévisé de Pierre Sabbagh[11].

Parallèlement, elle rencontre des personnalités décisives pour sa carrière à la télévision : Boris Vian, et Jacques Canetti, découvreur de talents et propriétaire du théâtre des Trois Baudets où défilent les plus célèbres noms de la chanson française[4].

Pendant trois ans, elle soumet à Jean d'Arcy, patron de la RTF, un projet d'émission sur l'actualité de la chanson, du disque, du théâtre et du cinéma. En 1959, il finit par accepter et l'émission Discorama voit le jour le [12], diffusée le dimanche à l'heure du déjeûner[13].

Les années Discorama

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Dans un grand studio vide et peint de blanc, Denise Glaser invite vedettes ou débutants à se dévoiler[14]. Beaucoup lui doivent le succès de leur carrière : Barbara, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Paco Ibanez, Michel Polnareff, Georges Moustaki, Maxime Le Forestier, Atahualpa Yupanqui[2]. En une quinzaine d'années[5], Discorama se place parmi les meilleures émissions de variétés de la télévision[15]. Parallèlement, Denise Glaser anime en 1970 Comme il vous plaira diffusée en seconde partie de soirée.

En 1974, Valéry Giscard d'Estaing, récemment élu président de la République, démantèle l'ORTF — symbole du contrôle gaullien de l'information — en différentes sociétés. Entre et , 2 702 agents sont licenciés dont 160 journalistes membres du SNJ[16] et Denise Glaser, cataloguée comme gauchiste[5], entame une longue période noire : Discorama est supprimé le [6] et l'animatrice se trouve privée d’antenne.

Timide retour

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L'arrêt de son émission lui porte un coup fatal, tant elle s'y est identifiée[2]. Elle tente de faire de la radio, mais Europe 1 et RTL ne l'engagent pas. Dans une interview — en 1976, à Philippe Bouvard[17] —, elle indique qu'elle est au chômage et qu'elle a des dettes ; elle prête finalement sa voix à des annonces publicitaires et participe à des courts-métrages grâce à quelques relations restées fidèles[6],[5].

En 1981, au moment de toucher sa retraite, elle entre en conflit avec TF1 qui ne lui verse qu'une petite pension. L’année suivante elle obtient une chronique culturelle pour Soir 3 en compagnie d'Henry Chapier sur FR3, où elle revient sur les grands moments de Discorama[6].

Maladie et mort

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En 1982, Denise Glaser, en dépression, a un cancer du poumon, qui l’éloigne encore plus des plateaux télévisés. Elle ne quitte bientôt plus son logement, et le , appelés par ses voisins qui ne l'entendent plus se déplacer, les pompiers la trouvent victime d’un infarctus[6].

Les obsèques de Denise Glaser ont lieu dans le carré juif du cimetière Saint-Roch à Valenciennes[14], où les seules artistes qui ont fait le déplacement sont Catherine Lara et Barbara[6],[10].

Le journal Le Monde écrit que la présentatrice « au large sourire » et à « la maïeutique étudiée » était « une productrice enthousiaste doublée d'une intervieweuse intuitive », et qu'« avec près de 300 heures de programmes, son Discorama est l'un des trésors d'archive de l'Institut national de l'audiovisuel[2]. »

Filmographie

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Parolière

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Hommages

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Par décision municipale prise en [18], il existe une « rue Denise-Glaser » à Valenciennes, ville où elle est inhumée.

Notes et références

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  1. Insee, « Acte de décès de Denise Glaser », sur MatchID
  2. a b c et d Discorama, signé Glaser, Macha Séry, Le Monde, 23 novembre 2007.
  3. Source : le CNC, Centre national du cinéma et de l'image animée.
  4. a b et c Denise Glaser, une pionnière de la télévision et des interviews, sur Radioj.fr, 22 avril 2021.
  5. a b c d e f et g Denise Glaser, ses racines à Gundershoffen, Véronique Muller et Bertrand Rietsch, 29 nov. 2020, sur DNA.fr.
  6. a b c d e f et g Denise Glaser, sur le site de Melody.tv.
  7. a et b GLASER, Denise, sur le site de Maitron .fr.
  8. Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Paris, Éditions Bruno Doucey, coll. « Sur le fil », , 118 p. (ISBN 978-2-36229-084-8)
  9. a et b Télé 7 Jours no 222, semaine du 20 au 26 juin 1964, page 9, portrait interview de Denise Glaser réalisé par Janine Brillet.
  10. a et b Denise Glaser, une femme discrète, Jacques Sanchez, Ozap.com, 4 Décembre 2011.
  11. Télé 7 Jours no 666, semaine du 27 janvier 1973, page 97, article d'Eric de Goutel.
  12. Le troisième septennat de Denise Glaser, Jacques Siclier, Le Monde, 26 février 1973.
  13. Les écrivains, images de marque, Pierre Assouline, La République des livres.
  14. a et b Naissance de Denise Glaser à Arras, sur Archivespasdecalais.fr
  15. DISCORAMA : revue internationale, Le Monde, 22 décembre 1967.
  16. Sophie Bachmann, L'éclatement de l'O.R.T.F. La réforme de la délivrance, L'Harmattan, , p. 195.
  17. [vidéo] « Interview de Denise Glaser (1976) », sur YouTube
  18. « Les échos du conseil de Valenciennes où se sont invités Denise Glaser, des chèvres mais aussi Stars Wars », sur La Voix du Nord (consulté le ) : « Inhumée au cimetière Saint-Roch, à Valenciennes, la productrice et présentatrice de télévision Denise Glaser va laisser son nom à une rue, dans le quartier de la Chasse Royale. »

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Discorama. Coffret de 3 DVD, comprenant également un documentaire d'une heure sur Denise Glaser. INA, 2008.

Articles connexes

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Liens externes

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