Chantier naval Electric Boat de Groton
Le chantier naval Electric Boat de Groton est un important centre de construction de sous-marins, situé à Groton, dans le Connecticut (États-Unis). Electric Boat y construit des sous-marins depuis 1925. La plupart des sous-marins à propulsion nucléaires des États-Unis y ont été construits.
| Fondation |
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| Domaine d'activité | |
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| Pays |
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19 500 (2023) |
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| Fondateur | |
| Propriétaire | |
| Organisation mère | |
| Organisme affilié | |
| Produits | |
| Site web |
(en) www.gdeb.com |
Electric Boat est également le nom d'une entreprise américaine, actuellement filiale de la General Dynamics et à l'origine de la création celle-ci en 1952. C'est une des principales entreprises du complexe militaro-industriel des États-Unis d'Amérique.
Origines du chantier naval
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L'Electric Boat Company est créée en 1899 par Isaac Rice pour achever le USS Holland, premier véritable sous-marin, nommé d'après son inventeur, John Philip Holland. Pendant ses premières années d'activité, Electric Boat construit des navires de surface pour le Royaume-Uni, la France, l'Empire ottoman, le Mexique, la Suède et d'autres pays. Elle est en concurrence pour le domaine des sous-marins avec la Lake Torpedo Boat Company.
En 1913, Electric Boat, malgré une commande de 25 sous-marins par la Marine américaine, est au bord de la faillite. Le drame du Lusitania, paquebot britannique coulé par un sous-marin allemand en 1915, va renverser la situation. Du jour au lendemain, les commandes affluent : vingt sous-marins pour le Royaume-Uni, douze pour l'Empire de Russie, huit pour le royaume d'Italie. La Marine américaine commande pour sa part 88 sous-marins, sans compter la révision de 30 autres dans le chantier de Groton.
Mais après la Première Guerre mondiale, Electric Boat ne recevra plus aucune commande de la Marine américaine, et ce jusqu'en 1934. Entre-temps, le chantier va construire des remorqueurs, des chalutiers, des ferries et des yachts. En 1934, le Cuttlefish, un sous-marin à coque soudée, est lancé à Groton, c'est une innovation majeure et l'US Navy passe une première commande de trois sous-marins de ce type par an.
Visitant le chantier naval en , le président Roosevelt évoque la construction de douze sous-marins par an.
La Seconde Guerre mondiale
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Pendant les années de la Grande Dépression, Electric Boat est l'un des deux seuls chantiers américains à poursuivre la construction de sous-marins, l'autre étant le Portsmouth Naval Shipyard (New Hampshire). Pendant la Seconde Guerre mondiale, entre le et le , Electric Boat va construire 74 sous-marins à Groton, premier centre de construction de sous-marins des États-Unis. Ces bâtiments sont des sous-marins d'attaque de deux types :
- 41 sous-marins de la classe Gato, livrés de décembre 1941 à avril 1944 ;
- 33 sous-marins de la classe Balao, livrés de janvier 1944 à la fin de la guerre.
Par année, le nombre de sous-marins livrés par le chantier de Groton à l'US Navy est le suivant :
- 1941 : 1 sous-marin de la classe Gato
- 1942 : 15 sous-marins de la classe Gato
- 1943 : 21 sous-marins de la classe Gato
- 1944 : 4 sous-marins de la classe Gato et 23 de la classe Balao
- 1945 : 10 sous-marins de la classe Gato.
Ces sous-marins sont crédités de 39 % du tonnage total des navires japonais coulés pendant la durée de la guerre, soit 1 178 navires de commerce et 214 vaisseaux de guerre. Les sous-marins construits à Groton étaient vendus au prix le plus bas de tous les chantiers navals américains (2 765 000 dollars l'unité). En revanche, les délais étaient plus longs : 14 mois à Groton contre 10 au Portsmouth Naval Shipyard.
Electric Boat supervisera également la construction de sous-marins par la Manitowoc Shipbuilding Company, un chantier naval établi sur la rive occidentale du lac Michigan qui livrera 28 bâtiments à l'US Navy avant la fin de la guerre.
La guerre froide
modifierAprès la capitulation du Japon, l'US Navy annule les commandes de 36 sous-marins, ce qui va plonger une nouvelle fois Electric Boat dans de graves difficultés. L'effectif du chantier de Groton passe de 13 000 à 4 000 salariés. L'entreprise diversifie ses activités et sera chargée de la réparation ou transformation de navires militaires de la Seconde Guerre mondiale.

En 1950, Electric Boat s'engage dans la construction du premier sous-marin à propulsion nucléaire navale, le USS Nautilus (SSN-571), qui sera lancé en 1954. Entre-temps, en 1952, Electric Boat était devenu une division de la General Dynamics Corporation.
Au cours des années suivantes, le chantier naval de Groton ne cesse d'innover dans la conception et la construction de sous-marins nucléaires. Electric Boat concevra quinze des dix-huit classes de sous-marins nucléaires des États-Unis, y compris les sous-marins lanceurs de missiles balistiques.

L'USS George Washington (SSBN-598) sera, en 1960, le premier de ces sous-marins. Le chantier va également produire le plus petit sous-marin nucléaire du monde, le NR-1. Leur réalisation assure alors une grande stabilité financière à Electric Boat, laquelle lui permet de réaliser de considérables investissements sur ce site. Le chantier naval de Groton emploie ainsi 12 500 salariés en 1973.
En 1977, l'US Navy met publiquement en cause Electric Boat pour la mauvaise qualité du travail et pour des dépassements de coûts sur les 18 sous-marins de la classe Los Angeles. Un litige va opposer l'entreprise au département de la Défense des États-Unis pour déterminer qui prendrait en charge les surcoûts. Cette question finira par se résoudre, mais General Dynamics se rend compte qu'une partie de ses problèmes à Groton provient d'une faible productivité, sérieusement compromise par l'absentéisme et un taux de rotation du personnel très élevé, de même que d'une mauvaise gestion des inventaires. En , Takis Veliotis, qui dirigeait le chantier de Quincy, est transféré à Groton et parvient en quelques mois à rétablir la discipline, l'efficacité et la situation financière d'Electric Boat[1].
Situation après la guerre froide (depuis 1989)
modifierEn 1989, Electric Boat entreprend la construction d'un type entièrement nouveau de sous-marins, la classe Seawolf. Mais la réduction des dépenses militaires conduit la Marine américaine à revoir ses projets. En 1999, l'effectif du chantier naval était descendu à 9 500.
Pour répondre aux exigences du XXIe siècle, Electric Boat se lance dans la construction d'un nouveau type de sous-marin d'attaque, la classe Virginia, en collaboration avec le chantier naval Newport News Shipbuilding, en Virginie. Mis en service en 2014, c'est le premier sous-marin américain à avoir été conçu par ordinateur sur le logiciel CATIA de Dassault Systèmes.
L'effectif du chantier est retombé alors à 7 500 personnes pour la plupart hautement qualifiées. En 2023, on compte 19 500 employés[2].
- Sous-marin d'attaque Seawolf (SSN-21) en construction au chantier naval Electric Boat de Groton en 1995.
- Sous-marin d'attaque à propulsion nucléaire Virginia en construction au chantier naval de Groton en 2003.
Sources
modifier- (en) Nathaniel French Caldwell Jr., « Electric Boat between the wars », Sea Power, .
- (en) John K. Welch, « Electric's Boat Centennial », Sea Power, .
- (en) David F. Winkler, « WWII submarines and the naval industrial complex », Sea¨Power, .
- (en) David F. Winkler, « Herculean Effort Got Nautilus Underway on Nuclear Power », Sea Power, .
Notes et références
modifier- ↑ (en) Wayne Biddle, « General Dynamics faces cost query », The New York Times, .
- ↑ Alain Bovis, « Les difficultés des chantiers navals américains », Défense Expert, no 18, , p. 89.