Caldeira de Santorin

La caldeira de Santorin est une baie délimitée par les différentes îles de l'archipel de Santorin, constituée d'une caldeira submergée et cernée par des falaises. Cette caldeira s'est formée vers 1600 av. J.-C. au cours de l'éruption minoenne, qui a détruit une majeure partie de l'ancienne île (qui comportait déjà une caldeira, mais plus petite). Ses vestiges constituent les îles actuelles de Santorin, Thirassía et Asprónissi.

Caldeira de Santorin
Image illustrative de l'article Caldeira de Santorin
Image satellite de Santorin et de sa caldeira.
Localisation
Coordonnées 36° 24′ 13″ N, 25° 23′ 47″ E
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Égée-Méridionale
Nome Cyclades
Géologie
Massif Santorin (arc égéen)
Âge env 1600 av. J.-C.
Type de cratère Caldeira
Activité Actif
Dernière éruption 10 janvier au 2 février 1950
Code GVP 212040
Découverte
Découvreur Grecs (Antiquité)
Éponyme Santorin
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Caldeira de Santorin

Géographie

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La caldeira mesure douze kilomètres de longueur pour sept kilomètres de largeur et une profondeur maximale de 385 mètres[1]. Elle est bordée par des falaises atteignant 300 mètres de hauteur au niveau des îles de Santorin, Thirassía et Asprónissi disposées en cercle. En son centre, elle comporte deux îlots : Paléa Kaméni et Néa Kaméni.

La caldeira de Santorin et les îles : Néa Kaméni, Paléa Kaméni, Thirassía et Santorin.

Histoire géologique

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Vue aérienne de Santorin.

L'actuelle caldeira est précédée d'autres structures géologiques qui se succèdent durant plusieurs dizaines de milliers d'années. Ainsi, ces différents stratovolcans et caldeiras qui se chevauchent partiellement ont commencé à se constituer il y a 180 000 ans avec la caldeira la plus méridionale ; viennent ensuite la caldeira Skaros formée il y a 70 000 ans, la caldeira Cape Riva formée il y a environ 21 000 ans et l'actuelle caldeira formée au cours de l'éruption minoenne vers 1610 av. J.-C.[2].

Depuis sa formation, le magmatisme est toujours actif dans la caldeira. Il s'est notamment manifesté par l'apparition, au centre de la caldeira, de l'îlot volcanique de Paléa Kaméni en 197 av. J.-C., de l'îlot Mikri Kaméni entre 1570 et 1573 et de l'île et volcan Néa Kaméni entre 1707 et 1710. Néa Kaméni s'est depuis agrandie au cours de plusieurs éruptions, notamment entre 1866 et 1870, de 1925 à 1928 (Mikri Kaméni a alors été rattaché à l'île) et entre 1939 et 1941. La dernière éruption de Néa Kaméni date de 1950.

Un autre volcan, le Kolumbo, a émergé en 1649-1650 environ km au nord-est du cap Kolumbo de l'île de Santorin. En 2022, le traitement haute-résolution des données sismiques démontre un accroissement significatif de la quantité de magma présent dans la chambre magmatique. Le réservoir magmatique pourrait ainsi avoir atteint les 1,4 km3. Si l'augmentation de volume continue au même rythme qu'actuellement, le réservoir devrait atteindre les km3 d'ici 150 ans, ce qui est le volume mis en jeu lors de l'éruption de 1650[3].

La caldeira de Santorin subit un épisode d'inflation mi-2024, suivi le d'un essaim sismique au niveau du Kolumbo avec plusieurs centaines de séismes quotidiens dont certains dépassent une magnitude de 5[4]. Cette activité est due à l'intrusion d'un dyke magmatique issu du réservoir situé dans la croûte moyenne sous le Kolumbo, confirmant le lien entre les deux volcans. L'inversion des données de déformation indique qu'environ 0,31 km3 de magma s'est introduit sur une longueur d'environ 13 km, réactivant les principales failles régionales et s'arrêtant à 3 à 5 km sous le fond marin. La résurgence de l'activité magmatique sous les deux centres volcaniques en 2024-2025 et leur couplage permettent de mieux comprendre l'interaction dynamique entre le stockage, le transport et la rupture des réservoirs magmatiques sous ces deux volcans voisins[5].

Notes et références

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  1. (en) Jonas Preine, Jens Karstens, Christian Hübscher, Tim Druitt, Steffen Kutterolf, Paraskevi Nomikou, Michael Manga, Ralf Gertisser, Katharina Pank, Sarah Beethe, Carole Berthod, Gareth Crutchley, Iona McIntosh, Thomas Ronge et Masako Tominaga, « Hazardous explosive eruptions of a recharging multi-cyclic island arc caldera », Nature Geoscience, vol. 17, , p. 324 (ISSN 1752-0894, DOI 10.1038/s41561-024-01392-7 Accès libre, lire en ligne)
  2. (en) « Santorini », sur volcano.si.edu, Global Volcanism Program, Smithsonian Institution (consulté le )
  3. (en) K. Chrapkiewicz, M. Paulatto, B. A. Heath et E. E. E. Hooft, « Magma Chamber Detected Beneath an Arc Volcano With Full‐Waveform Inversion of Active‐Source Seismic Data », Geochemistry, Geophysics, Geosystems, vol. 23, no 11, (ISSN 1525-2027 et 1525-2027, DOI 10.1029/2022GC010475, lire en ligne, consulté le )
  4. « Tremblements de terre à Santorin : ce que l'on sait de l'activité sismique exceptionnelle qui secoue l'île grecque », France Info, (lire en ligne, consulté le )
  5. (en) Marius P. Isken, Jens Karstens, Paraskevi Nomikou, Michelle Maree Parks, Vincent Drouin et al., « Volcanic crisis reveals coupled magma system at Santorini and Kolumbo », Nature, vol. 645, , p. 939-945 (DOI 10.1038/s41586-025-09525-7 Accès libre).

Voir aussi

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