Bordelais (pays)
On appelle Bordelais (Bordalés en occitan) la région sur les deux rives de la Garonne où s'est développée l'agglomération bordelaise.

Plus largement, le terme désigne aussi la région viticole située autour de Bordeaux.
En géographie historique, pour l'époque moderne, Bordelais s'emploie pour désigner les territoires — et les terroirs — constituant le diocèse de Bordeaux ou la sénéchaussée de Guyenne ou l'étendue du ressort de la Coutume de Bordeaux[1],[2],[N 1]
Géographie
modifierOuvert à l'ouest sur les Landes de Gascogne, le Bordelais est compris entre le Bazadais au sud et le Médoc au nord. Il prolonge le Médoc viticole mais on considère le Médoc comme une entité cohérente du fait de sa situation de presqu'île.
Bien sûr, la partie rive droite de l'agglomération bordelaise en fait partie. Bordeaux a toujours joué le rôle de capitale pour les terres de la rive droite de la Garonne. Mais là encore la géographie pousse à distinguer l'Entre-deux-Mers qui contraste nettement par son paysage vallonné.
Au sud du Bordelais, se trouve le vignoble des Graves de grande réputation, en particulier pour ses vins rouges et ses blancs de garde.
Plus au sud, on trouve le Sauternais, c'est-à-dire le val inférieur du Ciron, de réputation mondiale pour sa production de vins moelleux (sauternes et barsac).
Histoire
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À l'Antiquité, le Bordelais passait sous contrôle des Bituriges Vivisques, un peuple celte, installé là par les Romains[4].
Bordeaux s'imposera vite comme capitale de la Gaule aquitaine, de l'Aquitaine seconde puis de l'Aquitaine d'Aliénor qui deviendra la Guyenne sous l'époque anglaise.
Culture
modifierHistoriquement tourné vers la Guyenne, dont Bordeaux est la capitale, le Bordelais est de tradition gasconne.
La langue vernaculaire est le gascon, et la variété locale de Français est appelée le bordeluche.
Quelques mots locaux utiles à connaître :
- adieu, bonjour ou au revoir, à une personne que l'on tutoie.
- aste et cot, respectivement courson long et courson court : ce qu'il reste après la taille de la vigne en hiver.
- aubarède f., plantation de peupliers sur les terres alluvionnaires du val de Garonne.
- barragane f., poireau sauvage poussant dans les vignes.
- bourdieu f., domaine viticole (de borde).
- cournau m., quartier (situé à un coup de corne d'un village).
- échoppe bordelaise, maison urbaine, de plain-pied, à façade en pierres de taille calcaires.
- estey m., affluent de la Dordogne ou de la Garonne en aval de Bordeaux, dont la particularité est de se trouver à sec à marée basse. (La marée se fait sentir jusqu'à 50 km en amont de Bordeaux.)
- goudale f., chabrot.
- grave f., terrain constitué de graviers fluviatiles, prisé pour la viticulture.
- gueilles f., chiffons.
- guite f., petite amie, terme familier.
- jalle f., cours d'eau se jetant dans l'estuaire (en aval de Bordeaux sur la rive gauche).
- mounaque f., poupée, par extension épouvantail, personnage en chiffons grandeur nature.
- pibale f., civelle (alevin d'anguille).
- pichadey, parler bordelais, par extension Bordelais.
- pignada (mot masculin), pinède.
- piple m., bolet rugueux poussant sous les bouleaux (de populus peuplier).
- pitey m., échelle entaillée du résinier ; tour pour la chasse aux grives.
- rouille f., ruisseau (gascon arrouilh(e), m. ruisseau, f. rigole)[5]
- sangogne f., lézard des murailles.
- tricandilles f., charcuterie typique de la Gironde.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ À la suite des frères Lamothe, le ressort de la Coutume de Bordeaux est présenté comme celui de l'ancienne sénéchaussée de Bordeaux, tel qu'il existait avant que certaines juridictions n'en soient démembrées pour former les sénéchaussées de Libourne, de Castelmoron et de Tartas[3]. Elle comprend le Bordelais propre, le Médoc, le Vitrezais, le Blayais, la Benauges, les Landes de Bordeaux, le Pays de Buch et celui de Born[3].
Références
modifier- ↑ Aubin 1989, introd., § I, p. 14.
- ↑ Lafon 1972, introd., p. 15.
- 1 2 Aubin 1989, introd., n., p. 24, n. 38.
- ↑ Madeleine Lasserre, Histoire de Bordeaux, Sud-Ouest, , 320 p. (ISBN 978-2817705002)
- ↑ rien de ferrugineux donc.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- [Aubin 1989] Gérard Aubin, La seigneurie en Bordelais au XVIIIe siècle : d'après la pratique notariale (-) (texte remanié de la thèse de doctorat d'État en droit, préparée sous la dir. de Pierre Jaubert, et soutenue à l'université Bordeaux-I en ), Rouen, PURH, coll. « Publication de l'université de Rouen » (no 149), (réimpr. ), 1re éd., [1]-473 p., 16 × 24 cm (ISBN 2-87775-007-8, EAN 9782877750073, OCLC 24760811, BNF 35070997, S2CID 233062295, SUDOC 001586963, présentation en ligne, lire en ligne).

- [Lafon 1972] Jacques Lafon, Les époux bordelais : régimes matrimoniaux et mutations sociales (-) (texte remanié de la thèse de doctorat d'État en droit, soutenue à l'université de Bordeaux en ), Paris, Impr. nat. (diff. SEVPEN), coll. « Publication de l'École pratique des hautes études – VIe section – centre de recherches historiques / démographie et société » (no 16), , 1re éd., 345-[1] p., 24 cm (OCLC 31821114, BNF 35275486, SUDOC 127704922, présentation en ligne, lire en ligne).

- [Lamothe et Lamothe 1768] (fr + oc) Delphin de Lamothe et Alexis de Lamothe, Coutumes du ressort du parlement de Guyenne : avec un commentaire pour l'intelligence du texte, et les arrêts rendus en interprétation, t. Ier : Coutumes, anciennes et nouvelles, de la ville de Bordeaux, sénéchaussée de Guyenne et pays Bordelais, Bordeaux, Labottière, hors coll., , 1re éd., [4]-LXVI-448-[10] p., in-8o (OCLC 1516150382, BNF 33332792, SUDOC 195192702, lire en ligne
[PDF]) — rééd. (fac-sim.) Bordeaux, PRES UBx – documentation, coll. « Babord-Num / patrimoine juridique » (no 155), .