Arthur Dansereau
Arthur Dansereau, né à Contrecoeur le et mort à Montréal le , est un journaliste québécois, rédacteur en chef de La Minerve puis directeur politique du journal La Presse.
| Rédacteur en chef La Presse | |
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| Rédacteur en chef La Minerve | |
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Joseph Provencher (en) |
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Université McGill (licence en droit) ( - |
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Biographie
modifierSon père, Clément Dansereau, et sa mère, Louise Fiset, habitaient à Contrecœur[1]. Il fait ses études chez les « Clercs de Saint-Viateur » à Verchères. Il entre au collège de l'Assomption et y suit son cours classique de 1855 à 1862, avec brio, selon les cahiers d'honneur de l'institution[1].
Il finit ses études en 1862, et choisit d'étudier le droit. Son père, le conduit à Montréal, chez son ami Georges-Étienne Cartier, qui lui dit : « Clément, [...] ton garçon n'entrera pas dans mon bureau. Il se fait trop de politique ici. »[réf. nécessaire] Il s'inscrit aux cours de droit de l'Université McGill et est admis au barreau.[réf. nécessaire]
Carrière journalistique
modifierLe nouvel avocat écrivait dans le journal La Minerve depuis 1862. Il s'oriente vers le journalisme à temps plein dans ce journal dès 1863[1]. C'était alors le principal organe conservateur qui bataillait pour les idées de Cartier et de MacDonald.
En 1866, Dansereau y remplace Provencher à la direction. En 1872, il en devient l'éditeur-propriétaire, tout en continuant d'en être le rédacteur en chef, et cela pendant une dizaine d'années. En 1882, La Presse est fondée à Montréal par Alphonse Nantel et Blumhart ; Dansereau en devient directeur.
L'année suivante, il est chargé par le gouvernement Mousseau de mettre sur pied la bibliothèque du Parlement provincial. Il fait un voyage d'études et de recherches en Europe. Revenu au pays, il reprend sa plume de rédacteur et directeur à La Presse.
En , le gouvernement d'Ottawa nomme Dansereau maître des postes à Montréal. En 1899, il démissionne de cette fonction, et retourner à La Presse, dont il redevient le directeur politique[1].
Selon L.-O. David, il convainc Trefflé Berthiaume d'acheter le journal, bientôt puissamment organisé. Dansereau garde son fauteuil de directeur jusqu'à la fin de sa carrière. En , ses amis fêtent ses quarante-cinq ans de journalisme par un banquet au Canadian Club.
La maladie l'emporte en 1918. Peu avant, il a pris une retraite complète. « Le plus vieux et l'un des plus instruits et des plus forts journalistes de son temps, Dansereau, pendant près d'un demi-siècle, a brillé au premier rang dans l'état-major du journalisme. », dit David à ses obsèques.
Ses combats
modifierDansereau a pris part, dans La Minerve et dans La Presse, à de nombreux combats. Il traitait l'article du jour avec le souci de l'actualité, habileté et conviction. Confident de tous les chefs politiques, il connaissait le dessous des cartes. Il évoluait avec une aisance pour l'affirmative ou pour la négative.
À l'occasion, il traitait de théologie ou de sociologie, d'histoire ou de sciences. Il affichait une assurance imperturbable. S'il se trompait, ce qui est humain, il avait une manière à lui de s'expliquer, sans en avoir l'air, et il se tirait d'affaire sans dommage. Les initiés seuls comprenaient, la masse n'y voyait que du feu.
Sa plume était alerte et facile, quelque fois fautive. Son érudition lui permettait d'écrire chaque jour. Les grandes questions, qui l'ont passionné, étaient celle de la Confédération en 1866 et 1867, celle du Pacifique Canadien en 1870, 1872 et 1880, celle du Chemin de fer du Nord en 1881 ou 1882, celle du Grand-Tronc-Pacifique en 1903. Il pouvait rester des semaines et des mois sur la brèche, jamais déconcerté, toujours prêt à attaquer ou riposter.[réf. nécessaire]
Dansereau a tenu une chronique scientifique dans le quotidien La Presse à partir de 1894[2]. Il a couvert régulièrement les sciences dans un média de masse québécois. Il se documentait sur des sujets divers : médecine, darwinisme, aéronautique, automobile, sous-marins, téléphone, télégraphie, etc. Ses textes incitaient à l'ouverture d'esprit sur les sujets scientifiques de l'époque. Son intérêt pour les sciences se transposait dans sa pensée sociale et politique. Plusieurs de ses éditoriaux concernaient la médecine et l'alimentation. Par exemple, dans une chronique de 1916, il soutenait que la margarine constituait un aliment économique qui devait être accessible aux familles en temps de guerre. En 1917, il a prôné les bienfaits du pain brun par rapport au pain blanc et il a mis en garde la population contre les modes dans l'alimentation.
Il bataillait ferme et allègrement pour toutes les mesures qu'il jugeait progressives. Confident de Cartier en sa jeunesse, grand ami de Chapleau plus tard, soutien de Laurier sur la fin, il ne s'embarrassait guère de ce qu'il avait pu écrire précédemment. Il aurait fait siens les mots de Louis Barthou : « Mauvais éloge d'un homme que de dire de lui : « Son opinion politique n'a pas varié depuis quarante ans. » C'est dire que pour lui il n'y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C'est louer une eau d'être stagnante, un arbre d'être mort, c'est préférer l'huître à l'aigle. Tout est variable au contraire dans l'opinion. Rien n'est absolu dans les choses politiques, excepté la moralité intérieure de ces choses... ».
Dansereau, conseiller des uns, défenseur des autres, pourvoyeur d'idées et d'arguments pour beaucoup, fut longtemps, en retrait de la scène, embusqué dans son journal. DeCelles, au lendemain de sa mort, écrit : « Toutes les grandes polémiques du temps le virent sans cesse, au plus fort de la mêlée, avec sa plume redoutable comme une épée. »
Avec difficultés sur la fin, sur ses béquilles, assisté de sa fille, Mlle Jeannine, il allait recevoir la communion : « C'est à moi d'aller au bon Dieu, ce n'est pas au bon Dieu de venir à moi ». Il meurt à Montréal le , travaillant encore au journal La Presse[1].
Ses oeuvres
modifierLa liste de ses publications n'est pas exhaustive[3],[4].
- Les Rouges et les Bleus devant le pays : quelques pages de politique (Montréal, 1875)
- Le Lieutenant-Gouverneur de Québec et les Prérogatives royales (Montréal, 1878)
- Les Ruines libérales (Montréal, 1878)
- Cantate : les Cygnes malades (Montréal, 1879)
- La Crise politique de Québec : notes et précédents (Québec, 1879)
- Le Refus des subsides : autorités et précédents (Montréal, 1879)
- Protection et Libre-Échange, quelques statistiques (Montréal, 1879)
- Les Contes de M. Mercier (Montréal ?, 1883 ?)
- George-Etienne Cartier, 1914[5]
Le fonds d'archives de la famille de Clément-Arthur Dansereau est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[6].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 « Dansereau, Arthur », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le )
- ↑ Le traitement de la science par les médias: http://journalisme-scientifique.podcastmcq.org/fr/le-traitement-de-la-science-par-les-medias1.php, sur le site du Musée de la civilisation (consulté le 21 janvier 2014)
- ↑ (fr) « dansereau, arthur », sur www.biographi.ca (consulté le ).
- ↑ (fr) « Arthur Dansereau 1844 - 1918 », sur openlibrary.org (consulté le )
- ↑ (en) « Books by this Author », sur openlibrary.org (consulté le )
- ↑ Fonds Famille Clément-Arthur Dansereau (P673) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Elie Joseph Arthur Auclair, Figures canadiennes, A. Lévesque, (présentation en ligne)
Liens externes
modifier- Ressource relative à plusieurs domaines :
