ASBA est une marque française de batteries et de percussions fondée en 1927 par Alfred Boudard.

ASBA
logo de ASBA

Création 1927
Fondateurs Alfred Boudard
Forme juridique SCOP/SARL
Slogan The best sound is yours
Siège social Drapeau de la France Lyon
Drapeau de la France France
Activité Batterie et Percussions
Produits Batterie, Fûts, Bongo, Tambourin. Congas...
SIREN 832784896Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web https://www.asbadrums.com/

Histoire

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Origines et développement (1927-1983)

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Le nom ASBA provient de la contraction des initiales de ses fondateurs, Alfred et Simone Boudard, associées au mot Accessoires, soit Alfred et Simone Boudard Accessoires.

L'entreprise commence son activité en 1927 à Limeil-Brévannes, en banlieue parisienne, par la fabrication d’accessoires musicaux et scéniques. À cette époque, dans les métiers de la musique, le terme « accessoires » désigne l’ensemble des objets utilisés pour le bruitage au théâtre, au cinéma ou pour les effets sonores : sourdines de trompette wha-wha, sifflets de train, fouets, crécelles et autres accessoires sonores, machines à vent, ou encore pupitres. L’entreprise fabrique alors des pupitres et des supports pour instruments à vent.

La production cesse durant la Seconde Guerre mondiale, puis reprend à la Libération, avec un élargissement du catalogue incluant les premiers instruments de percussion de la marque – notamment des timbales et bongos, alors populaires dans le contexte du cha-cha-cha et du mambo des années 1950.

Avec l’arrivée de Jacques Périn comme collaborateur, ASBA met au point le prototype d’une caisse claire, puis lance la production de fûts afin de constituer des kits de batterie complets. Ces modèles entrent alors en concurrence avec ceux des marques françaises Metjazz, Sonic et Gary, ainsi qu’avec ceux des fabricants britanniques et américains présents sur le marché français. Les instruments sont d’abord fabriqués en dimensions métriques, puis ASBA passe au système international en 1963.[pas clair]

ASBA développe une coopération technique et commerciale avec les batteurs de l’époque, tels qu'Armand Molinetti, Christian Garros et Daniel Humair, afin d’améliorer la conception de ses instruments. C’est dans ce cadre que naît la pédale de grosse caisse « Caroline », conçue avec Daniel Humair (du prénom de sa fille). Ce modèle est ensuite distribué aux États-Unis par la marque Ludwig, rencontrant un certain succès à l’étranger auprès de batteurs comme Mitch Mitchell, John Robinson ou Mike Baird[1].

À la mort d’Alfred Boudard en 1970, Jacques Périn reprend la direction de l’entreprise. En collaboration avec des musiciens tels que Christian Vander, il développe des kits de batterie en acier inoxydable, puis en cuivre ou en métal laqué. Les finitions s’enrichissent avec le liège, le teck ou le palissandre, et avec de nouveaux matériaux tels que l’« altuglass » ou la fibre de verre « fibercel », popularisée notamment par René Guérin (Martin Circus) avec un double kit bleu-blanc-rouge.

Le marketing est renforcé sous l’impulsion de Marc Périn, fils de Jacques, avec un positionnement centré sur la fabrication 100 % française.

Au début des années 1980, la concurrence japonaise fragilise l’entreprise, qui entre en déclin[2]. L’usine de Limeil-Brévannes ferme en 1983, et la société dépose son bilan.

De 1983 à 2017

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Relance de la marque (depuis 2017)

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En 2017, Guillaume Pornet annonce la relance d'ASBA lors de la 15e édition du salon professionnel BagShow[source secondaire souhaitée]. La nouvelle équipe entreprend de reconstituer un réseau de fournisseurs et de partenaires commerciaux.

La pandémie de Covid-19 freine cependant le redéploiement de l’activité, les concerts et festivals étant annulés et les magasins de musique contraints de fermer. Malgré ces difficultés, la manufacture relance la production de la pédale Caroline, conçue à l’origine dans les années 1960. En collaboration avec l'INSA de Lyon, l’entreprise consacre deux ans à la reconstitution du modèle[source secondaire souhaitée].

En 2023, la société et la marque sont rachetées aux enchères par trois anciens salariés de la manufacture, Benjamin Gravelat, Jean-Marc Anthoard et Léo Loisy. Ils s'associent à Thomas Millo, alors impliqué dans le secteur de la musique et de la communication spécialisée. Les quatre associés décident de relancer l’activité avec une répartition des rôles structurée : Benjamin Gravelat et Jean-Marc Anthoard assurent la fabrication des instruments, Léo Loisy est en charge la communication, tandis que Thomas Millo développe les activités commerciales et les relations avec les artistes.

La relance s’appuie sur un retour à une fabrication artisanale, avec la production de fûts réalisés selon la technique traditionnelle du lamellé-collé, ainsi que sur la conception d’un accastillage propre à la marque. L’entreprise revendique et renoue ainsi avec une fabrication en France, en s’approvisionnant de bois issus de forêts certifiées FSC et PEFC et notamment l'érable sycomore. La production inclut également des fûts en métal, dans la continuité des expérimentations historiques de la marque.

L’activité est relancée depuis un atelier de 400 m² situé à Lyon, où sont conçus, fabriqués et assemblés les fûts. La marque développe progressivement sa présence sur la scène musicale contemporaine, ses batteries étant jouées dans des contextes variés et styles musicaux différents, allant de la scène rock, aux clubs de jazz, des festivals aux productions audiovisuelles. Elle renforce ainsi sa visibilité en collaborant avec de nombreux artistes et groupes.

En 2026, la marque poursuit le développement de nouveaux modèles, parmi lesquels figure le modèle d'entrée de gamme « Paname », conçu dans une logique d’accessibilité tout en conservant une fabrication française. La marque relance une batterie acrylique avec le modèle « Fantôme », réalisé en matière recyclé et coulé, illustrant une orientation vers l’innovation et l’utilisation de nouveaux matériaux.

Cette nouvelle phase de développement s’inscrit dans une volonté de concilier héritage et innovation, en s’appuyant sur les savoir-faire historiques de la marque tout en explorant de nouvelles solutions techniques et esthétiques.

Références

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  1. notsomoderndrummer.com
  2. Geoff Nicholls, The Drum Book: A History of the Rock Drum Kit, Backbeat Books, 2008 lire sur Google Livres

Liens externes

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