Parc national de Maria Island
Le parc national de Maria Island, créé en 1972, est un parc national australien situé en Tasmanie, à 60 km à vol d'oiseau au nord-est de Hobart, mais à 90 km par la route jusqu'à Triabunna où se trouve un ferry. Le parc occupe la totalité de l'île Maria.
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| État | |
| Ville proche | |
| Superficie |
115,7 km2[1] |
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| Catégorie UICN |
II |
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| Création | |
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| Site web |
Toponymie
modifierL'île est baptisée en 1642 par Abel Tasman en hommage à la femme du gouverneur de Batavia Anthony van Diemen, née Maria van Aelst. Son nom aborigène était Wukaluwikiwayna[2].
Géographie
modifierL'île a une superficie totale de 115,5 km2 et comprend une zone maritime de 18,78 km2 au nord-ouest. Elle mesure environ 20 km de long du nord au sud dans sa partie la plus large, et environ 13 km d'ouest en est. À son point le plus proche (Point Lesueur), l'île se trouve à quatre kilomètres au large de la côte est de la Tasmanie. Elle est accessible par un ferry partant de Triabunna.
L'île est presque coupée en deux par deux baies en forme de croissant. Un isthme étroit, d'environ 200 mètres de large à son point le plus fin, relie la partie nord, nettement plus grande, à la partie sud. Le point culminant est le mont Maria, à 709 mètres d'altitude.
Sur l'île se trouvent des falaises aux couleurs étonnantes et aux motifs tourbillonnants (Painted cliffs). Ces motifs sont le résultat de l'infiltration des eaux souterraines à travers le grès, qui colorent la roche. L'action des vagues et des embruns a poursuivi l'érosion, créant ainsi des motifs alvéolés, des marmites de géant et des encoches[3].
Histoire
modifierLes aborigènes du clan Puthikwilayti, faisant partie de la nation d'Oyster Bay (en) peuplaient l'île depuis plus de 35 000 ans.
En 1802, une expédition française menée par Nicolas Baudin explore et cartographie l'île en détail. L'intérêt manifesté par les Français accélère la colonisation anglaise de la Terre de Van Diemen un an plus tard.
Des chasseurs de phoques commencent à opérer dès 1805, rejoints par des baleiniers qui installent des camps temporaires pendant les mois d'hiver.
L'île sert de bagne entre 1825 et 1832. Les condamnés travaillent dans l'exploitation forestière, le tannage, la cordonnerie et la production textile, assurée par une usine mécanisée à propulsion hydraulique. Après de fréquentes évasions le bagne est fermé et les prisonniers transférés à Port Arthur en 1832.
Le site rouvre en 1842 comme centre de probation et un second bagne est construit en 1845. Ils ferment tous deux en 1850. Le nationaliste irlandais William Smith O'Brien y passe quelque temps.
En 1884, l'entrepreneur italien Diego Bernacchi construit une cimenterie afin d'exploiter les gisements de calcaire et tente d'y cultiver la vigne, mais ces entreprises échouent et la cimenterie ferme en 1930. Ne restent sur l'île que quelques agriculteurs et pêcheurs[4],[2].
L'île est classée Parc national en 1971.
Faune
modifierEn 1965, l'île est déclarée réserve de faune, et des spécimens d'espèces protégées ou en danger y sont transportés : 45 kangourous géants, 127 wallabies de Bennett, 28 wombats de l'île Flinders, 15 opossums à queue en brosse, 16 opossums à queue annelée, 136 potorous, 123 bettongs, 43 échidnés, 16 souris marsupiales, 42 bandicoots bruns, 55 bandicoots rayés et 13 pademelons[5].
En 2012, un petit nombre de diables de Tasmanie sont relâchés sur l'île, afin de créer un sanctuaire pour cette espèce menacée d'extinction par une maladie infectieuse. Grâce à cette mesure la population de diables de Tasmanie se stabilise mais l'écosystème de l'île Maria subit de graves dommages. Alors qu'environ 3 000 couples reproducteurs de manchots pygmées étaient observés en 2012, ils avaient complètement disparu en 2021[6],[7]. La colonie de reproduction de puffins à bec grêle a également été quasiment anéantie par les diables de Tasmanie[8].
L'île est considérée par BirdLife International comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO), car elle abrite des espèces menacées comme la perruche de Latham et le pardalote de Tasmanie. L'île abrite plus de 1 % de la population mondiale de goéland austral ainsi que des populations de la plupart de espèces d'oiseaux endémiques en Tasmanie. Le céréopse cendré est commun, comme le sont les kangourous, les bettongia et d'autres marsupiaux. On peut voir des wombats à peu près partout sur l'île. On y trouve aussi trois espèces de serpents venimeux dangereux pour l'homme : le serpent-tigre, austrelaps superbus et drysdalia coronoides.
Galerie
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Painted Cliffs
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La jetée de Maria Island
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Fossil Bay
Notes et références
modifier- ↑ Reserve Listing
- « Maria Island History | Parks & Wildlife Service Tasmania », sur parks.tas.gov.au
- ↑ « Painted Cliffs | Parks & Wildlife Service Tasmania », sur parks.tas.gov.au
- ↑ (en) Hamish Maxwell-Stewart, « Maria Island », dans The Companion to Tasmanian History, University of Tasmania, (lire en ligne)
- ↑ Mendel 1999, p. 123.
- ↑ (en-GB) « Tasmanian devils devastate penguin population on Australian island », www.bbc.com, (lire en ligne)
- ↑ (en-GB) Donna Lu, « Tasmanian devils wipe out thousands of penguins on tiny Australian island », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
- ↑ (en) Vincent P. Scoleri, Christopher N. Johnson, Peter Vertigan, Menna E. Jones, « Conservation trade-offs: Island introduction of a threatened predator suppresses invasive mesopredators but eliminates a seabird colony », Biological Conservation, vol. 248, (lire en ligne)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Louise Mendel, Scenery to wilderness: National park development in Tasmania, 1916-1992, University of Tasmania, (lire en ligne), p. 117-124
- (en) Debbie Quarmby, The Politics of Parks, A History of Tasmania’s National Parks 1885-2005, Perth, Murdoch University, (lire en ligne), p. 154-160
Liens externes
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- Site officiel
- Ressource relative à la géographie :
- (en) Site officiel du parc national
