Les Peuls, appelés aussi Foulani, Fulbhés, Fulfulde, Pular ou encore Fellata selon les pays, sont un peuple traditionnellement pasteur établi dans toute l'Afrique de l'Ouest et au-delà la bande sahélo-saharienne, soit au total une quinzaine de pays différents1 et pour un total estimé entre 25 et 65 millions de personnes selon les critères retenus2.

Culture modifier

La culture peule est une culture comprenant de nombreuses légendes et traditions orales.

Transmission orale modifier

La transmission orale des traditions et des légendes est très importante chez les Peuls. La plupart des Peuls sont polyglottes. Enseignée auprès des adolescents par les personnes les plus âgées et en particulier les femmes par le moyen de chants, de comptines. La langue est encore essentiellement orale et transmise par les femmes. Elles véhiculent l'histoire du peuple, ses exploits, ses rites et ses vertus. Dans cette transmission orale des traditions, il faut aussi mentionner le rôle important que jouent les griots (historiens).

La beauté est recherchée, la probité, la sagesse, l'intelligence et la discrétion figurent parmi les règles à suivre du pulaaku.

Les épopées semi-historiques sont un genre très développé de la littérature orale peule. L'une des plus connues est l'épopée de Silâmaka et Poullôri, qui met en scène deux héros peuls luttant contre la domination du royaume bambara aux XVII-XVIIIème siècle. Une autre épopée peule est la geste de Ham-Bodêdio, dit Hama-le-Rouge, beau-fils de Da Monzon, roi de Ségou, dont il devient l'ennemi en raison de la discorde persistante entre Peuls et Bambaras à l'époque3. Il existe de nombreuses autres épopées peules, plus ou moins proches d'événements historiques réels ou optant pour des péripéties relevant du merveilleux. Certaines évoquent les conflits survenus dans la région du Macina, notamment à l'époque de l'empire peul du Macina4. L'épopée de Boûbou Ardo Galo se situe ainsi au XIXe siècle, à l'époque où la région du Macina voit la confrontation entre les différentes factions peules, parfois rivales entre elles, et la diffusion de l'islam, dont les valeurs morales divergent de celles du pulaaku peul5.

La poésie peule montre une grande variété de formes. Dans la région du Macina, certaines formes poétiques sont pratiquées par les jeunes bergers tandis que d'autres sont maîtrisées par tous les poètes6. La culture musulmane a donné naissance à une poésie mystique7.

Les contes dans la culture peule peuvent être racontés de façon informelle au cours de soirées entre amis, où ils peuvent être dits par des narrateurs de sexe, d'âge et de métiers variés8.

Exemple d’un conte : l’offense de Yama modifier

Il était une fois, dans un petit village lointain où vivait une jeune fille nommée Yama. Yama était une fille adorable, très belle, grande de taille et de teint clair. Elle était très gentille. Elle vivait avec ses parents. Elle était appréciée de tous. Elle menait une vie amoureuse avec un garçon du village nommé Famory. Ces deux enfants s’aimaient bien. Ils ne voilaient se séparer. Ils étaient toujours ensemble. Ils se promenaient jour et nuit. Lorsqu’ils sortaient, ils duraient sans revenir. Bouleversés par les nouveaux comportements de sa fille, la maman de Yama la conseillait. Mais elle n’écoutait pas sa mère. Elle continue à voir Famory. Un jour, les parents de la fille les surprirent entrain de jouer ensemble. La mère de la fille mécontente s’est mise à gronder sa fille Yama touchée par l’action de sa mère, grimpa sur un grand arbre et menaça de se suicider. Tous les villageois sont venus pour la secourir. Sa mère a supplié sa fille pour qu’elle descende de l’arbre Depuis ce jour, on n’empêche plus les garçons et les filles de jouer ensemble.

Pastoralisme modifier

Dernièrement, les arabes du Tchad, descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs peuls à descendre en Centrafrique, Côte d'Ivoire, Cameroun, Nigeria) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs peuls.

En 2005, l’UNESCO procéda à l’inscription de « l’espace culturel du ƴaaral et du degal » à la liste des « chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité »9.

Références modifier

  1. Atlas des minorités dans le monde, 2008 / Cartes de la répartition géographique des Peuls, Roland breton, 2008 (ISBN 978-2-7467-10917)
  2. https://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/peuls-map.htm
  3. Jacques Chevrier, L'Arbre à palabres, Paris, Hatier, coll. « Monde noir », 2005 (1re édition : 1986).
  4. Christiane Seydou (éd.), Les Guerres du Massina. Récits épiques peuls du Mali, Paris, Karthala, 2014. Voir aussi, Christiane Seydou (éd.), Héros et personnages du Massina. Récits épiques peuls du Mali, Paris, Karthala, édition bilingue peul-français, 2014.
  5. Christiane Seydou (éd.), L'épopée peule de Boûbou Ardo Galo. Héros et rebelle, Paris, Karthala, 2010.
  6. Christiane Seydou (éd.), Bergers des mots. Poésie peule du Massina, Paris, Karthala, coll. "Classiques africains", 1991.
  7. Christiane Seydou (éd.), La Poésie mystique peule du Mali, Paris, Karthala, 2008.
  8. Christiane Seydou, Contes peuls du Mali, Paris, Karthala, 2005 (contes enregistrés dans les années 1970 et 1980).
  9. https://journals.openedition.org/gc/362
 
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