Taï Phong

groupe de rock progressif français

Taï Phong est un groupe de rock progressif français formé en 1972 par deux frères vietnamiens, Khanh Maï et Taï Sinh, et dont la composition a régulièrement changé avec le temps (Jean-Jacques Goldman, Michael Jones, Stéphan Caussarieu et Michaël Zurita en ont fait notamment partie).

Taï Phong
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Rock progressif
Années actives 19721982, 1986, 1992, depuis 2000
Labels Vivid Sound, XIII Bis Records, Warner Music Group
Composition du groupe
Anciens membres Khanh Maï
Jean-Jacques Goldman[1]
Jean-Alain Gardet
Taï Sinh
Pascal Wuthrich
Michael Jones
Stéphan Caussarieu
Romain Montañana-Alba

Le nom du groupe vient du vietnamien tài phong (« génie du vent »), đại phong signifiant « typhon ».

Le groupe est principalement actif entre 1975 et 1979, années durant lesquelles il produit trois albums studio, et s'est reformé en 2000 autour d'un nouvel album.

Biographie

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Origines

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Taï Sinh (basse, guitare, chant, claviers), né en 1946, et Khanh Maï (guitare, chant), né en 1948, deux frères nés au Vietnam[2], forment un premier groupe, The Monsoons (Mousson), qui remportera quatre années consécutives un prix régional en Île-de-France, mais ils sont contraints d'arrêter l'expérience à cause de pressions familiales. Khanh arrête la musique, tandis que Taï retourne vivre en Angleterre où les deux frères avaient fait leurs études. En 1972, ils décident cependant de former un nouveau groupe avec quelques amis, mais au bout de six mois, cette équipe se dissout par manque de motivation. Une annonce dans le magazine Melody Maker permet de recruter deux nouveaux membres, un anglais et un américain, mais là encore, l'alchimie ne prend pas[3].

Succès (1972-1979)

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Le groupe trouve sa physionomie définitive en 1974 avec les arrivées successives de Jean-Jacques Goldman (guitare, chant, violon), puis de Jean-Alain Gardet (claviers), présenté par des amis, de formation classique mais également amateur de jazz. Le batteur d'alors sera rapidement remplacé au début de l'enregistrement du premier album, le groupe estimant qu'il n'était pas assez « en place ». Sélectionné parmi une quinzaine de candidats, le jeune Stéphan Caussarieu (batterie, percussions) complète la formation, fin 1974. Khanh, à l'époque, est ingénieur du son dans un studio parisien, tandis que Taï officie comme directeur artistique chez Barclay puis Philips[2]. Le groupe est désormais baptisé Taï Phong (tài phong), « grand vent » en vietnamien[4].

C'est cette formation qui réalise deux premiers albums. Le premier, Taï Phong, est mixé par Andy Scott et publié en juin 1975 par le label WEA[3] ; il se vend à plus de 50 000 exemplaires[2], félicité par la presse spécialisée comme Rock & Folk[3],[4]. Le deuxième, Windows, est publié en 1976. Les textes de chanson sont essentiellement en anglais ; l'une d'elles, Sister Jane, premier extrait du premier album, connaît un large succès sur les ondes et dans les discothèques. Sister Jane fait peut-être référence à la sœur de Philip K. Dick, ou aux chansons du Velvet Underground Sister Ray et Sweet Jane.

En 1977 et 1978, s'ensuit la sortie de singles comme Follow Me et Back Again, qui passent inaperçus[2]. En 1978, Jean-Alain Gardet et Taï Sinh quittent le groupe et sont remplacés par Pascal Wuthrich et Michael Jones. Jean-Jacques Goldman songe aussi à partir, de plus en plus critique par rapport au fait de chanter en anglais et non en français ; par ailleurs, il ne souhaite plus participer aux tournées (c'est alors Michael Jones qui le remplace), mais il accepte cependant de participer au nouvel album du groupe, Last Flight, en 1979. Après ce troisième album, le groupe se dissout.

Retours (1986 et 1992)

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En 1986, sort un nouveau titre écrit par Stéphan Caussarieu, I'm Your Son, qui marque une tentative de relance du groupe. Jean-Jacques Goldman y participe également, en y faisant les chœurs. Sur la pochette, on peut lire que le groupe sortira un album intitulé The Return of the Samurai, album qui verra finalement le jour en 2013... après 27 ans d'attente.

Le , sous le nom de Taï Phong, Stéphan Caussarieu accompagné de trois musiciens joue en première partie de Gong à Élancourt. Le groupe joue 45 minutes et interprète les grands titres du groupe[5]. En 1994, ce même Stéphan Caussarieu annonce la sortie prochaine d'un album et la reformation du groupe avec Khanh Maï[6].

Second retour (depuis 2000)

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Le groupe se reforme en 2000 avec Khanh Maï et Stéphan Caussarieu, rejoints par Hervé Acosta (chant) et Angelo Zarzuelo (claviers), et sort un nouvel album intitulé Sun[7]. En 2007, un nouvel album est annoncé, toujours sous le nom de The Return of the Samurai comme promis en 1986, avec des titres de Khanh Maï qui n'avaient pas été retenus pour l'album Sun. Il ne reste alors que ce dernier de la première formation du groupe désormais composé de Khanh Maï (guitare et chant), Michaël Zurita (guitare), Jean-Philippe Dupont (claviers), Claude « Klod » Thill (basse), Barbara Tomachot, Sylvie Tabary et Aïna Quach (chant) et Benjamin « Benj » Bergerolle (batterie).

Cet album, 5e opus du groupe, sortira finalement en 2013, entièrement composé par Khanh Maï. En 2014, le groupe connaît certaines modifications : Romuald Cabardos est recruté à la batterie, Bastien Mcone et Jean-Phillipe Dupont aux claviers, Gilles le Moyn à la guitare et Davy à la guitare, Klod restant à la basse et Aïna au chant. Cette même année, le groupe effectue une tournée au Japon[8].

Discographie

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Albums studio

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Singles

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  • 1975 : Sister Jane / Crest
  • 1975 : (If You're Headed) North For Winter / Let Us Play
  • 1976 : Games / The gulf of knowledge
  • 1977 : Follow Me / Dance
  • 1978 : Back Again / Cherry
  • 1978 : Fed Up / Shanghai Casino
  • 1979 : Rise Above the Wind (supplément enregistré pour la revue Sono)
  • 1986 : I'm Your Son / Broken Dreams

Notes et références

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  1. Laurent Abrial, Petites histoires des grandes chansons, , 304 p. (ISBN 978-2-268-09139-6 et 2-268-09139-2, lire en ligne), À cette époque, Jean-Jacques Goldman fait partie d'un groupe baptisé Taï Phong.
  2. a b c et d Hervé, « Encyclopédie du Rock - Taï Phong », sur rockmadeinfrance.com, (consulté le ).
  3. a b et c Sandro Cassati, Jean-Jacques Goldman, authentique, , 256 p. (ISBN 978-2-8246-4929-0 et 2-8246-4929-1, lire en ligne).
  4. a et b Jean-Louis Beaucarnot et Frédéric Dumoulin, Dictionnaire étonnant des célébrités, , 754 p. (ISBN 978-2-7540-7767-5 et 2-7540-7767-7, lire en ligne).
  5. Magazine Varia n°14, 1er trimestre 1993, p.12
  6. Magazine Rock Style n°3 (fev/mars 1994), interview de Stéphan Caussarieu : "Taï Phong, le retour"
  7. « TAI PHONG: SUN (2000) - ALBUM - XIII BIS - ROCK - PETE_T - 21.02.2012 », sur MusicWaves (consulté le ).
  8. « Salut les Sixties du 25 mai 2014 est en ligne. », sur musicfranco.net (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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