Panse
La panse, aussi appelée rumen, est le premier des quatre compartiments du système digestif des ruminants. Il est de loin le plus volumineux et joue un rôle indispensable dans la dégradation des molécules complexes présentes dans les aliments ingérés (celluloses, amidons, une partie des lignines et des protéines. Cela est assuré par le microbiote du rumen à travers un processus complexe de fermentation anaérobie[1].


m. œsophage, v. rumen ou panse, n. réticulum ou réseau, b. omasum ou feuillet, l. abomasum ou caillette, t. partie pylorique de la caillette.
Le volume de la panse varie de 120 à 200 litres chez les bovins, de 10 à 20 l chez le mouton, et un litre chez le duiker[2].
Éléments historiques
modifierLes techniques de culture in vitro des micro-organismes du rumen sont développées en 1947 par l'écologiste microbien Robert Hungate (en)[3].
Anatomie
modifier-
Papilles ruminales de la panse d'un impala.
-
Paroi interne du rumen d'un impala.
Topographie
modifierLe rumen occupe la partie gauche de l'abdomen[4]. Dans sa partie crâniale, il reçoit la fin de l’œsophage et il abouche également sur le réticulum ou réseau via le large ostium rumino-réticulaire[4]. L'omasum, l'abomasum et les intestins s'appuient sur la face viscérale du rumen[4]. La rate est posée sur la partie dorso-crâniale du rumen[4].
Conformation extérieure
modifierLe rumen dispose d'une face pariétale et d'une face viscérale, toutes deux lisses. Le rumen est composé d'un sac dorsal un peu plus sur la gauche et d'un sac ventral un peu plus sur la droite, qui se finissent chacun en cul-de-sac dans leur partie caudale. Les deux sacs sont séparés par le sillon longitudinal gauche sur la face pariétale et le sillon longitudinal droit sur la face viscérale, sillons qui servent tous deux d'attache au grand omentum[4]. Caudalement, les deux sacs du rumen sont séparés par le sillon caudal, formant ainsi deux culs-de-sac. Chaque sac forme une courbure, donnant une courbure dorsale et une courbure ventrale[4].
Conformation intérieure
modifierFonctionnement
modifierLe rumen permet la digestion des fibres végétales par le microbiote notamment bactérien. Le rumen est une véritable cuve de fermentation. Il contient une phase gazeuse (certains acides gras volatils, gaz carbonique, hydrogène, méthane) située dans la partie haute du rumen. Ces gaz sont issus de la fermentation. Il contient également une phase solide située dans sa partie intermédiaire. Cette phase solide est un amas fibreux issu des aliments ingérés (foin, herbe, etc...). Enfin la partie basse du rumen est constituée d'une phase liquide formée d'eau, de salive et d'éléments dissous.
Les micro-organismes du rumen (bactéries, protozoaires, champignons, archées et virus) dégradent les glucides complexes présents dans l'amas fibreux en acides gras volatils (AGV) et utilisent également la totalité des glucides simples. Ce sont ces AGV qui fournissent l'essentiel de l'énergie nécessaire à l'animal. La flore ruminale permet également la synthèse de certaines vitamines telles que les vitamines B et K[1].
Afin de permettre le bon déroulé de cette fermentation un brassage continu du contenu du rumen est assuré par des contractions du réticulo-rumen. Une bonne digestion au sein du rumen est indissociable du phénomène de rumination qui se défini par des aller-retours entre la rumen et la bouche[5].
La fermentation des particules fibreuses est un processus lent si bien que, suivant la rapidité avec laquelle les fibres fermentent, elles peuvent y rester de 20 à 48 heures avant de passer dans le feuillet, la troisième poche de l'estomac.
Ce processus de fermentation anaérobie permet de fournir environ 70 % de l'énergie nécessaire aux ruminants[6].
Références
modifier- Robert Jarrige, Yves Ruckebusch, Nutrition des ruminants domestiques, éditions Quæ,
- ↑ Gérard Fonty, Annick Bernalier-Donadille, Evelyne Forano, Consommation et digestion des végétaux. Rôles des microbiotes et fonctions essentielles à la biodiversité, Quae, , p. 98.
- ↑ François Meschy, Nutrition minérale des ruminants, Quae, , p. 12.
- Robert Barone, Anatomie comparée des mammifères domestiques : Splanchnologie I - Appareil digestif, appareil respiratoire, t. 3, Vigot, , 4e éd. (ISBN 9782711490462), p. 339-355.
- ↑ Meynadier A. & col., « La digestion ruminale des aliments », sur Planet-vie,
- ↑ Sherwood L., Klandorf H., Yancey P., Cornec J-P., physiologie animale, Boeck Supérieur,
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Sur le système digestif des Ruminants de la FAO
- Board of Regents of the University of Wisconsin System, « Digestion chez la vache laitière »