LA SECONDE FORCE MULTINATIONALE
A BEYROUTH 24 septembre 1982 — 31 mars 1984
Alain BROUILLET
A la mémoire des soldats morts pour la paix au Liban.
Après les massacres perpétrés dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, le 16 et le 17 septembre 1982, à la demande du gouvernement du Liban, une seconde Force Multinationale (F.M.) a pris position à Beyrouth. Cette seconde F.M. était composée, comme la F.M. qui l'avait précédée (1), de contingents américain, français et italien. Un détachement précurseur des forces françaises s'est déployé, dès le 24 septembre 1982, dans le port de Beyrouth, où il a été rejoint, le 25 septembre 1982, par le premier échelon des soldats italiens. Les marines des Etats-Unis ont occupé l'aéroport de Beyrouth, à partir du 29 septembre 1982 (2). Aux forces américaines, françaises et italiennes est venu s'adjoindre, le 8 février 1983, un contingent britannique de cent « Dragons de la Reine ».
La seconde F.M. avait deux missions, selon les échanges de lettres entre les gouvernements américain, britannique, français et italien et le gouvernement du Liban (3). La F.M. devait aider « le gouvernement du Liban à restaurer sa souveraineté et son autorité à Beyrouth et à ses alentours, et assurer ainsi la sécurité des habitants de ladite région » (4).
La F.M. n° II était, comme la première F.M., une solution alternative à l'envoi d'une force de l'O.N.U.. Mais, à la différence d'une force de l'O.N.U., la seconde F.M., comme la force précédente, n'était pas une force intégrée : chaque contingent est resté sous commandement national. D'autre part, le mandat qui a été confié à la F.M. n° II dépassait le cadre normal des fonctions dévolues à une force de l'O.N.U.
(*) Alain Brouillet, Diplômé de l'Académie de Droit International de La Haye, Assistant à l'Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Contributions à YA.F.D.I. 1979, 1981, 1982. Directeur de la Revue des Revues, cet Annuaire.
(1) Sur la première F.M., voir Alain BROUILLET, cet Annuaire, 1982, pp. 293-336.
(2) Le contingent des Etats-Unis a refusé de se déployer tant que les forces israéliennes occupaient l'Aéroport International de Beyrouth, où les marines devaient prendre position.
(3) L'échange de lettres entre le Liban et les Etats-Unis est reproduit dans le Department of State Bulletin, vol. 82, no 2 068, novembre 1982, pp. 50-61. L'échange de lettres entre le Liban et l'Italie, approuvé par le Parlement italien, est devenu la loi no 970 du 29 décembre 1982. Le Times du 8 décembre 1983 a publié l'échange de lettres entre le Liban et le Royaume Uni, signé le 31 janvier 1983. L'échange de lettres entre le Liban et la France n'a pas été rendu public. Le gouvernement français s'est limité à informer M. Louis Mermaz, président de l'Assemblée nationale et M. Alain Poher, président du Sénat, du contenu de l'accord.
(4) Extrait de l'échange de lettres entre le Liban et la France.



















