TOUAREG ET NOIRS AU HOGGAR ASPECTS DE LA SITUATION ACTUELLE *
Sur une- superficie de 350 000 km2, équivalente à soixante départements français, l'Annexe du Hoggar compte une population évaluée en 1949 à un peu plus de 10 000 individus, mais elle ne dispose pour les nourrir, au milieu de cette immensité, que d'une surface utile de 1 420 ha., soit, entre la superficie totale et la surface utile, un rapport de 0,00004. Encore ce pays pauvre, particulièrement déshérité, aux marges agricoles réduites, n'exploite-t-il que 460 ha. des terres cultivables qui lui sont offertes. Est-il besoin de dire combien, dans un tel état de fragilité géographique, sans compter l'imperfection de ses techniques agricoles, ce petit monde vit mal, misérablement — conditions et effets de cette misère qu'il convient d'examiner? L'indigène a récemment connu des besoins nouveaux, mais les faibles ressources du pays permettront-elles toujours de les satisfaire ? Quelle est donc la valeur de l'écart entre les ressources actuelles et les ressources possibles ? En territoire saharien, comme au reste en tout pays pauvre, de population archaïque, c'est du point de vue humain, le problème essentiel.
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Les efforts de recensement se heurtent à de grandes difficultés. Néanmoins, on peut considérer que depuis 1902 (bataille de Tit) et plus encore depuis 1920 (pacification totale), la population a connu une augmentation sensible. Mais elle comprend des éléments divers qu'il convient d'examiner séparément : les nomades, les sédentaires, les fonctionnaires européens. Le recensement nominatif de la population nomade, entrepris de 1941 à 1946, a donné un total de 6 222 individus entre qui il convient de distinguer : les Touareg proprement dits (4 611), Berbères de race blanche, vivant en isolât social, et leurs serviteurs noirs (1 642). En 1948, le recensement donne
* Nous avons, dans ce travail, largement utilisé le mémoire inédit du capitaine Cousin, Vie économique et condition humaine au Hoggar, qu'il a bien voulu nous communiquer. Nous lui devons aussi des remarques et des évaluations précieuses dont nous ne saurions trop le remercier. Nous avons consulté en outre les rapports annuels du capitaine d'Annexé du Hoggar et les archives et notes administratives de Tamanrasset. Nous avons enfin effectué sur place, au cours des hivers 1949 et 1950, sous l'égide du Centre National de la Recherche Scientifique et avec une contribution financière du Gouvernement Général, une enquête auprès des tribus Kel-Rela et Dag-Rahli et de L'administration locale.



















