The Son Also Rises (3-18)
Je doute donc je suis
Un bon épisode de préparation, un prologue qui vise à mettre en place la fin de la saison 3 qui promet d’être captivante. La tension monte au fur et à mesure des confrontations « père – fils » et laisse au téléspectateur un frisson d’appréhension pour la suite.
1 Le poids de la disparition de Starbuck
La disparition de Starbuck pèse énormément dans les événements qui vont suivre. Il est bon de voir cette notion de deuil et de chagrin traités, ici et vécu différemment par les trois principaux hommes concernés.
Anders laisse éclater sa peine au grand jour, il est le mari et peut donc s’extérioriser. Il est touchant. Il trouve un apaisement à la fin de l’épisode dans la galerie des portraits.
Je ne sais pas encore si j’apprécie que ce ne soit pas lui qui y accroche le portrait de son épouse, de la femme qu’il aime.
Pour contraster, Lee doit vivre cette douleur d’une manière plus cachée, c’est tabou en quelque sorte. Il aimait Kara, mais tous deux avaient mis fin à leur liaison, sachant qu’elle n’avait pas d’avenir et qu’elle était plus ou moins condamnée.
De plus en tant que militaire, héritier présumé de son père, il doit afficher une attitude stoïque. Cependant, ce n’est pas si simple et les petits faux pas qu’il commet donne une idée de sa peine.
Afficher la photo de Kara nous donne à penser que son deuil est en bonne voie. Qu’il va passer le cap.
Ce stoïcisme, Adama le met en pratique. Mais dans ces quartiers, à l’écart, seul, il prend le temps de feuilleter le dossier de sa fille adoptive. C’est la scène d’ouverture de cet épisode, elle est puissante et prend aux tripes, EJO est grandiose. La lumière tamisée, l’image serrée de près rajoute un degré supplémentaire à cette intimité.
C’est terrible pour un parent de perdre son enfant. Il n’y a pas qu’un lien d’amour qui est touché, ce n’est pas seulement cette sensation de perte qui accompagne la disparition d’un enfant. Se sont évanouis tous les espoirs, toutes les perspectives d’avenir et de continuité à travers lui, et aussi inconsciemment une partie d’immortalité.
Et quand Lee lance à son père qu’il ne reste plus que lui pour reprendre la flambeau, la réponse est bien évidemment oui. Adama n’a plus que lui.
2 Père et fils : une raison d’exister
La scène d’ouverture est intéressante à deux titres. La première vient d’être évoquée.
La seconde, c’est qu’Adama est choisi comme un des 5 juges du procès, mais, c’est un Adama plus instable et qui n’a pas passé le cap de cette perte. Et cette émotion tout juste contenue va être présente tout au long de l’épisode, et sans doute dans les suivant. Il va être plus à cran, plus à fleur de peau, ce qui ne peut que jouer en faveur de Baltar, lui qui est toujours apparu face aux autres comme un roc.
D’une part, nous avons Lee consigné à bord car, il n’est pas à 100% de son efficacité. Il est donc assigné à la sécurité de l’avocat de Baltar par son père. Adama se montre surprotecteur, et ce n’est sans doute pas le meilleur service qu’il peut lui rendre. Dans l’ensemble, c’est apparemment Lee qui gère le mieux la disparition de Kara.
C’est à partir de là que les tensions vont monter, et que les pièces du puzzle se mettre en place.
Lee est vulnérable, Adama montre encore cette inaptitude à traiter avec son fils dans des moments pareils. Il ne prend pas le temps d’écouter son fils exprimer son désarroi, aveuglé par sa propre peine ; Sa seule parade est de prendre le masque de l’amiral au lieu de se comporter en père.
L’avocat très perceptif, va profiter de ce moment pour manipuler le fils. Il sent parfaitement que c’est la période la plus judicieuse et que c’est une opportunité pour le procès.
Et tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins, comme le lui a enseigné son mentor.
C’est un incroyable jeu de séduction, et Mark Sheppard est époustouflant, cynique et ambivalent !
Il utilise à la fois l’amour et la perte de celui-ci. La scène avec n°6 n’était pas que destinée à la cylon… Et, par ce biais, il l’encourage à convertir cette peine vers un autre but, ou de se fixer un objectif louable pour passer le cap, comme lui a pu le faire.
Il exploite aussi l’admiration de Lee envers son grand-père, et ce désir de ne pas être que le fils du « Grand Adama »…
C’est imparable, Lee tombe dans le panneau. Adama le comprend mais trop tard (il lui dit qu’il a finit de lui donner des ordres et de retour au CIC, il demande l’effacement de son nom sur le tableau de service, « Mon fils a d’autres priorités »).
Et les scènes entre eux qui émaillent l’épisode ne font que renforcer leur incompréhension, leurs tensions et leur compétition…
William s’excuse de s’être trompé, il se rend compte qu’il n’a pas rendu un grand service à son fils et cherche à réparer, mais là aussi c’est trop tard. Lee ne cherche pas à comprendre son père, ni ses motivations (l’amour paternel). Leurs divergences sont profondes. Il est clair qu’Adama souhaite qu’il lui succède, mais Lee ne veut plus de cette vie…
De plus, Bill ne veut pas le voir de l’autre côté de la « barrière ». Et Lee judicieusement demande si c’est lui ou quelqu’un d’autre qu’il ne veut pas voir aux côtés de Baltar. (Granpa Adama)
Car, c’est là où réside l’intelligence du scénario. C’est qu’il n’y a pas qu’un seul fils qui a voulu se dégager de l’ombre de son père. William Adama a lui aussi choisi une voie tout autre que son père pour se démarquer de lui, pour évoluer en dehors de son ombre et de son aura.
Et on comprend d’autant mieux la psychologie de l’Amiral et son attachement à parvenir à ses fins mais pas sous n’importe quelles conditions, ni par n’importe quel moyens.
Il a eu déjà des prises de positions différentes de l’Amiral par le passé ou c’est élevé contre ce qu’il considéré « mal ». Espérons que ces aspirations permettront de servir ces idéaux de justice et de « bien » .
3 La mythologie BSG : les promesses d’un procès houleux.
Le procès qui s’ouvre est directement lié à l’actualité de fin 2006 avec le jugement et l’exécution de Saddam Hussein, les attentats visant les avocats de la défense, etc..
C’est un avocat qui est né pour ça qui est en charge de la défense de Baltar. Il est très peu conventionnel, manipulateur comme pas deux, car il se joue de tous et de la cylon aussi. Il est incroyablement séducteur et est accompagné d’une aura toutefois négative…. Ne serait-ce pas un cylon.
J’ai la sensation que ce gars va semer la panique et surtout réussir l’incroyable tour de force de faire acquitter ou autre, l’homme le plus haï de la Flotte !
J’espère que ne Lee va pas être ce levier, mais rien n’est moins sûr, à la lecture du mot que reçoit Gaïus en fin d’épisode…
Le climat de suspicion et de danger est bien rendu, le suspens aurait pu être un peu plus accentué.
4 Les interactions : confiance et complicité.
Adama et Roslin
Pas grand-chose, si ce n’est que Roslin appelle pour la première fois l’Amiral Bill devant de tierces personnes…
5 les plus et moins
L’idée des attentats n’est pas assez exploitée, et il en ressort une impression de déséquilibre. Il aurait été judicieux de consacrer une ou deux minutes supplémentaires pour renforcer peut-être le rythme de l’épisode.
La scène bonus Cally/Sharon aurait été superbe si elle avait été intégrée.
EJO arrive à transmettre une puissance émotionnelle qui me surprendra toujours !
Pas directement lié à cet épisode, amis quelques scènes supplémentaires des liens Adama/Kara auraient été les bienvenues.
Toujours pas de batailles spatiales ou un danger directement lié à l’action des cylons…
Roslin surprise que le nom d’Adama sorte de la boîte et qui trébuche sur son nom…
Mark Sheppard est excellent.
En conclusion
Un bon épisode de préparation. Un peu lent et qui laisse sur notre faim.
Acteurs : 1,5/2
Scénario : 1,5/2
Direction : 1,5/2
Mythologie BSG : 1,5/2
Originalité : 0,5/1
Son, photo : 1/1
